HERCULANUM ET POMPÉI
La chute des pierres ponces au début de Téruption montre que l'immense gerbe projetée par les gaz du nouveau cratère était formée à la fois par les cendres sorties des profondeurs de la terre, et par les débris d'une grande partie de l'ancien cône du Vésuve, qu'on désigne sous le nom de Somma, C'est par la pluie continuelle de ces matières qu'on explique d'ordinaire la disparition des villes d'IIerculanum, de Pompéi et de Stabies ; mais le transport de couches aussi épaisses est difficile à admettre pour la distance qui les sépare du cratère, et l'idée émise à ce sujet par M. Ch. Sainte- Claire Deville nous paraît beaucoup plus juste. Ce savant explorateur des volcans nous montre, en effet, qu'au moment où le Vésuve est redevenu actif, sa cime s'est étoilée, suivant des fissures transversales dont il a reconnu le lien avec tout le système volcanique de la Campanie, et que deux d'entre elles passaient précisément par les villes détruites, qui, dès lors, auraient été englouties par des cendres, des boues et des laves jaillissant de ces orifices.
On sait que, jusqu'au milieu du dernier siècle, le véritable emplacement de ces villes est resté ignoré. Une série de fouilles entreprises depuis cette époque a permis aux modernes de se transporter comme par magie au milieu de la vie antique, et de retrouver, dans les ruines conservées par les couches \oVcau\cpLfc% ^vXx^s^^'s»
dix-huit siècles, les plus précieuses révélations pou.^ j^ science et l'histoire.
Un livre très -intéressant de M. Marc Monnier * àc^nne la description de ces ruines. On a exhumé les monuments, les édifices et mille objets d'art ou d'industrie. Depuis quelques années, des formes humaines ont été retrouvées. Mais de bien tristes formes ! * les cendres, détrempées par la vapeur d'eau, se sont moulées en enveloppant les corps au moment où ils expiraient! Un procédé très-simple a permis d'en reproduire l'image en plâtre.
« Rien de plus saisissant, dit M. Marc Monnier, que ce spectacle. Ce ne sont pas des statues, mais des corps humains moulés par le A^ésuve ; les squelettes sont encore là, dans ces enveloppes de plâtre qui reproduisent ce que le temps aurait détruit, ce que la cendre humide a gardé, les vêtements et la chair, je dirais presque la vie. Les os percent çà et là certains endroits où la coulée n'a pu parvenir. Il n'existe nulle part rien de pareil. Les momies égyptiennes sont nues, noires, hideuses; «lies n'ont plus rien de commun avec nous ; elles sont arrangées pour le repos éternel dans une attitude consacrée. Mais les Pompéiens exhumés sont des êtres humains qu'on voit mourir. »