‹ Volcans et tremblements de terreChapitre 41 sur 57 · BRUITS SOUTERRAINS · texte numérisé non relu

BRUITS SOUTERRAINS

On a remarqué que les bruits sourds dont les tremblements de terre sont souvent accompagnés n'augmentent pas dans le même rapport que la violence des mouvements d'oscillation. Au moment de la grande secousse qui détruisit Riobamba , ré%w^\l >\w 'ÀV^^^^

complet. D'autres fois, les tonnerres souterrains retentissent sans qu'il y ait de commotions.

<c La nature du bruit, dit Humboldt, varie beaucoup ; il roule, il gronde, il résonne comme un cliquetis de chaînes entre-choquées ; il est saccadé comme les éclats d'un tonnerre voisin, ou bien il retentit avec fracas comme si des masses de roches vitrifiées se brisaient dans les cavernes souterraines. On sait que les corps solides sont d'excellents conducteurs du son, et que les ondes sonores se propagent dans Targile cuite dix ou douze fois plus vite que dans l'air : aussi les bruits souterrains peuvent-ils s'entendre à une distance énorme du point où ils se sont produits. A Caracas, dans les plaines de Calabozo et sur les bords du Rio Apure, l'un des affluents de TOrénoque, c'est-à-dire sur une étendue de 1 ,300 myriamètres carrés, on entendit une effroyable détonation, sans éprouver de secousse,- au moment où un torrent de lave sortait du volcan de Saint- Vincent, situé dans les Antilles à une distance de 120 myriamètres. C'est, par rapport à la distance, comme si une éruption du Vésuve se faisait entendre dans le nord de la France. Lors de la grande éruption du Cotopaxi, en 1744, on entendit les détonations souterraines à Honda, sur les bords de la Magdalena : cependant la distance de ces deux [loints est de 21 myriamètres ; leur différence de niveau est de 5,500 mètres, et ils sont séparés par les masses colossales des montagnes de Quito, de Pasto et de Popayan, par des vallées et des ravins sans nombre. Évidemment le son ne fut pas transmis par l'air ; il se propagea dans la terre à une grande profondeur. Le jour du violent tremblement de

terre de la Nouvelle-Grenade, en février 1835, les mêmes phénomènes se reproduisirent à Popayan, à Bogota, à Santa Marta et dans le Caracas, où le bruit dura sept heures entières ; à Haïti, à la Jamaïque et sur le» bords du lac de Nicaragua.

c( Bien qu'ils ne soient pas accompagnés de secousses, ces bruits souterrains produisent toujours une impression profonde, même sur ceux qui ont longtemps habité un sol sujet à de fréquents ébranlements ; on attend avec anxiété ce qui doit suivre ces grondements intérieurs. »

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