‹ Volcans et tremblements de terreChapitre 43 sur 57 · DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE DES TREMBLEMENTS DE TERRE · texte numérisé non relu

DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE DES TREMBLEMENTS DE TERRE

On a remarqué que les ondulations qui se succèdent dans les tremblements de terre ont d'ordinaire une direction constante, celle vraisemblablement suivant laquelle l'ébranlement se propage dans l'intérieur du sol. Quelquefois cependant les secousses d'une certaine direction alternent avec d'autres secousses d'une direction différente. Dans les tremblements de terre de Carecas, en 1811, et du Chili, en 1822, les secousses du nord au sud se croisaient de temps en temps avec d'autres de direction perpendiculaire. Il arrive aussi que des tremblements composés résultent de secousses diverses qui se produisent simultanément.

La vitesse de propagation est variable et dépend de la nature des terrains traversés. Pour le tremblement de terre de Lisbonne on a reconnu, en se guidant d'après les renseignements recueillis, que la vitesse avait été cinq fois plus grande entre les côtes du Ççit\xv^^V ^V. ^^-

les du Ilolstein, que le long du Rhin. De Lisbonne à Glûckstadt, séparés par la distance de 295 milles, Tébranlement a parcouru 2,490 mètres par seconde ; c'est 1,075 mètres de moins que le son n'en parcourt dans un tuyau de fonte.

« Lorsque les ondes d'ébranlement, dit Humboldt, suivent une côte ou lorsqu'elles se meuvent au pied et dans la direction d'une chaîne de montagnes, elles paraissent quelquefois s'interrompre en certains endroits, et cela, depuis des siècles ; Tébranlement n'a pas cessé pourtant : il s'est propagé dans l'intérieur, sans jamais se faire sentir dans ces points de la surface. Les Péruviens disent de ces couches supérieures, où l'on ne sent jamais d'ébranlement « qu'elles forment un pont. » Comme les chaînes de montagnes paraissent avoir été soulevées sur de longues failles, il est probable que les parois de ces fissures favorisent la propagation des ondes qui se meuvent dans leur direction. Cependant les ondes d'ébranlement se propagent quelquefois dans une direction perpendiculaire à celle de plusieurs chaînes parallèles. C'est ainsi que nous les voyons traverser à la fois la Cordillère du littéral de Venezuela et la Sierra-Parime.

« Il arrive aussi que les cercles d'ébranlement gagnent du terrain : il suf6t, pour cela, d'un seul tremblement de terre plus violent que les autres. Les secousses qui agitèrent presque sans interruption, de 18H à 1813, le sol des vallées du Mississipi , de l'Arkansas et de rOhio, allaient en gagnant vers le nord d'une manière frappante. On dirait des obstacles souterrains successivement renversés ; dès aue la voie est. libre, le mouve-

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ment ondulatoire s'y propage, chaque fois qu'il se produit*. »

Le recensement des tremblements de terre conduit à un partage de la surface du globe en régions différentes. On y distingue celles dans lesquelles ils sont violents et fréquents, de celles qui n'en ont que d'insignifiants et de rares. Les cartes construites avec de telles données auront une grande utilité quand elles comprendront une assez longue période d'observations et que l'on pourra y trouver des renseignements détaillés sur la stabilité des divers pays. Nous nous bornons ici aux indications les plus générales.

La partie du globe la plus exposée aux tremblements de terre comprend la Méditerranée et les contrées adjacentes, l'Asie Mineure, le Caucase, la mer Caspienne et les montagnes de la Perse. Elle se lie à une région volcanique de l'Asie centrale dont le foyer principal paraît être voisin du lac Baïkal. Le continent asiatique est donc soumis sur une grande étendue aux tremblements de terre, mais à Texception des rivages de la mer Rouge et de la côte de Barbarie, TAfrique en est entièrement exempte. D'autre part, en dehors des terribles secousses qui agitent les pays situés à l'ouest des Andes , la chaîne même des Andes, les Antilles et les bords du golfe du Mexique, le phénomène est très-rare sur le continent américain.

On a généralement observé en Europe plus de tremblements de terre en automne et en hiver qu'au printemps et en été. Dans un mémoire présenté à TAcadé-

^ Cosmos.

mie des sciences, M. Alexis Peyré, qui recueille depuis un grand nombre d^années tous les documents relatifs à ces phénomènes, arrive à conclure que leur fréquence augmente dans les syzygies et lorsque la lune est dans le voisinage de son périgée. Les secousses, d'après lui, sont aussi plus fréquentes quand la lune est dans le voisinage du méridien que quand elle en esft éloignée de 90\

Les notions que nous possédons sur les tremblements de terre qui ont agité le sol de la France avant l'an 1000 sont peu certaines. On cite le célèbre tremblement de 468, qui ruina Vienne, en Dauphinc, et à la suite duquel saint Mamert, évêque de cette ville, institua les Rogations^ celui qui en 842 régna pendant sept jours dans le nord de la France et ceux de 801, 829 et 950, qui furent à peu près généraux en Europe.

De Tan 1000 à nos jours on trouve dix-neuf exemples de tremblements de terre ayant renversé des édifices publics ou des maisons. L'ouest, le nord-ouest et le nord de la France ont été moins maltraités que la région du sud-est, plus rapprochée du foyer volcanique actif de l'Italie. Le septième du nombre total des tremblements de terre a été observé en Provence et dans une zone qui longe les Pyrénées, quoique la surface de ces deux régions soit à peine égale à la vingtième partie de notre territoire.

Pendant l'année 1866, plusieurs secousses qui n'ont

produit que des dégâts de peu d'importance, ont été

ressenties en France. Au commencement de 1867, il y

a eu de violentes oscillations en Algérie. Le 5 janvier,

' heures treize mmwles dw maivw^ ou entendit un

roulement sourd, suivi pendant huit secondes d'une série de secousses saccadées qui se r^roduisirentà neuf heures trente-six minutes. Dans beaucoup de localités des maisons s'écroulèrent, et Ton eut à déplorer la mort de plus de soixante personnes. La partie centrale de notre colonie ressentit seule ces mouvements, dont la direction était du nord-est au sud-ouest.

Des catastrophes semblables, en corrélation manifeste avec les éruptions volcaniques de Santorin, ont bouleversé l'île de Mételin, près des côtes de l'Asie Mineure, ainsi que les îles d'Ithaque et de Céphalonie, à l'entrée du golfe de Corinthe.

Plus récemment, un formidable tremblement de terre a eu lieu à Java ; il a duré deux minutes. C'est à quatre heures vingt-sept minutes de l'après-midi que la première secousse a été ressentie. Des villages entiers ont été détruits, ensevelissant sous leurs ruines un grand nombre de victimes.

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