SOURCES THERMALES — GEYSERS DE LA NOUVELLE-ZÉLANDE
La formation des sources thermales doit être aussi attribuée en grande partie au phénomène lent, continu et régulier des infiltrations. Ces sources sont répandues sur toute la surface du globe et jaillissent depuis le lit de la mer jusqu'aux couches les plus élevées des montagnes. Les sources bouillantes ne se trouvent qu'aux environs des volcans en activité. Nous avons déjà décrit les sources intermittçntes d'Islande, les geysers; des sources semblables ont été découvertes en Californie, sur le versant oriental de la chaîne de Sierra Nevada, non loin du lac de Washo. L'eau s'élève en jets à une hauteur de 7 mètres; les jets se suivent à un intervalle de cinq minutes et produisent un bruit qui imite le fracas dû tonnerre.
Un savant naturaliste, M. Ferdinan4 de Hochstetter, a récemment décrit, dans son Voyage de la Nouvelle- Zélande (Tour du monde) j les nombreux volcans, les^
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eaux thermales, les geysers, qui présentent tant de curieux aspects et de grands contrastes dans cette magnifique contrée :
« Sur la côte orientale du lacTaupo sont des sources chaudes jaillissantes que les indigènes désignent sous le nom de Wairaikies. Je m'y rendis par la rive gauche du Waikato.
«... Des deux côtés du fleuve, les buissons des rives recouvrent des amas de vase bouillante dont on ne doit s'approcher qu'avec une extrême précaution, car le sol amolli cède sous le moindre poids. Le plus grand de ces bassins limoneux a une forme elliptique et mesure 14 pieds de long, 8 de large et autant de profondeur. Là bouillonnait une vase d'oxyde de fer d'un rouge vif, et des bulles visqueuses éclataient en répandant une fétide odeur de soufre. C'était un spectacle vraiment infernal.
« Sur la rive opposée se trouve la source thermale de Tuhi-Tarata. L'eau, d'un bleu d'azur, forme une cascade entourée de vapeurs sur des gradins de tuf dpnt les étages descendent jusqu'au fleuve, et qui brillent des couleurs les plus variées. Le même spectacle se reproduit sur différents points, accompagné de jets périodiques à intervalles plus ou moins longs.
« ... Je me dirigeai ensuite vers le Rorotua, lac volcanique qu'alimentent des sources thermales. Dans le voisinage de ce lac se trouve un petit bassin, le Rotomahana, qui mesure à peine 1,300 mètres en longueur sur 500 de large. C'est un vrai cratère d'explosion, profond à son centre, bordé de marécages au nord et au midi, encadré de rochers à Test comme à l'ouest. On
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lui a donné avec raison le nom de lac thermal ; la quantité d'eau bouillante qui coule des sources voisines est si considérable que le lac tout entier en est échauffé.
« Au nord-est se trouve le Te-Ta-Rata, source bouillonnante, qui, descendant de terrasse en terrasse jusque dans le lac, est la plus grande merveille de ce
Le Te-Ta-RMi (KouveUe-Zébndc).
menreilleux pays. Sur la pente d'une colline couverte de fougères, à 80 pieds environ deRotomahana , se trouve le principal bassin, dont les parois d'argile rouge ont de 50 h 40 pieds de haut. 11 csl long de 80 pieds, large de 60, et rempli Jusqu'au bord.d'une eau parfaitement claire et limpide, qui doit à la blancheur de nei^edis
stalactites de ses bords de paraître d'un admirable bleu de turquoise, irisé parfois de teintes d'opale. Sur le bord du bassin, je constatai une température de 84** centigrades ; dans le milieu, où l'eau s'élève à une hauteur de plusieurs pieds, elle a la chaleur de l'eau bouillante. D'immenses nuages de vapeur, qui réfléchissent la belle couleur bleue du bassin, tourbillonnent au-dessus et arrêtent le regard ; on entend toujours le bruit sourd du bouillonnement des eaux. L'indigène qui nous servait de guide nous dit que parfois toute la masse des eaux est lancée soudainement avec une force immense, et qu'alors on peut apercevoir, à 30 ou 40 pieds de profondeur, le bassin vide, qui, à la vérité, se remplit très-promptement. Si le fait est vrai, la source du Te- Ta-Rata est sans doute un geyser à longues intermittences.
« L'eau a un goût légèrement salé, mais nullement désagréable. Comme dans les sources islandaises, le dépôt est une stalactite siliceuse. En s'écoulant du bassin, cette eau thermale a formé un système de terrasses qui, blanches et comme taillées dans du marbre de Paros, forment un coup d'oeil dont aucune description, aucune image ne peut donner l'idée; il faut avoir gravi ces gradins d'albâtre et avoir examiné les particularités de leur structure pour savoir combien elle est merveilleuse.
« Le pied de la colline s'avance très-loin dans le Ro tomahana ; au-dessus commencent les terrasses contenant des bassins dont la profondeur répond à la hauteur des degrés de ce gigantesque escalier : plusieurs ont 2 à .^ nieds, quelquefois 4 et 6. Chacun de ces gradins