INFLUENCE DES SOURCES THERMALES
Humboldt a le premier fait connaître le remarquable phénomène d'une source thermale donnant naissance à une rivière chargée d'acide sulfurique, le Rio Vinagre,
* Tour du monde, n* 280.
r« YlKC\5S et TRElBLEXEyrS DB TERRE.
qui jaîllil i 10,000 pieds de hauteur environ, du versAut uocd-oue<l du volcan au pied duquel est bâtie la ville de Popayin. La rivière de Yinagre forme trois cascades ptttore:§que:>. dont fune tombe verticalement de 500 pieds de haut. Il existe aussi à Java un cratère-lac, nomme Tas<* hem. dont Teau est si fortement imprégnée d'acide sulfurique« qu^aucun poisson n'y peut vivre.
Les sources thennales sont presque toujours chargées de matières minérales en dissolution, qu'elles empruntent aux roches avec lesquelles elles entrent en contact. Elles reportent souvent ces éléments à d'autres roches, et sont aitisi d'une haute importance géologique. M. de Séuarmont. dons ses belles recherches sur la formation I des minéraux ^ a montré que ces sources ne sont p» 1 seulement dos a;;;ents de destruction, mais aussi qu'elles ^ transforment et créent^ en circulant à l'intérieur de la terre^ et qu ainsi l'existence des gîtes métallifères trèsim|K>rtants « ne suppose pas toujours des conditions ou des agents très-êloignés des causes actuelles. »
Au moyen des agents chimiques, les plus répandus dans les sources thermales, M. de Sénarmont a pu reproduire ortiiiciellement vingt-neuf espèces minérales distinctes et imiter « les phénomènes que nous voyons encore se réaliser dans les fovers où la création miné-' raie u concentré les restes de cette activité qu'elle déployait autrefois avec une toute autre énergie. »
Nous avons déjà parlé des fumeroles ou jets de vapeur qu'on trouve sur les pentes des volcans actifs, dans les solfatares et dans beaucoup d'autres terrains. Les va-
"^nnales de chhnie et de pk^içur, t. XXXU, 1851.
SOURCES TUERUALES.
^peurs dont ces jets SB composent entraînent aussi avec |,elles diverses matières qu'on reconnaît dans les eaux qui résultent de leur condensation.
Tout nous indique que les sources thermales et les
fumeroles, maintenant assez rares, étaient infiniment plus nombreuses aux anciens âges de laTerre, et contribuaient à produire l'uniformité de température dont nous retrouvons partout les traces.
SOULEVEMENTS
Méthone. — Santorin. — L'ile Julia. — Monle Nuovo. — Mouvements des côtes du Chili el du delta de l'Indus. — Lent soulèvement de la Suède. — Lignes de dislocation. — Prévision des phénomènes.
METHONE
Le soulèvement de cette montagne sur la côte orientaie de la Morée, entre Trézène etEpidaure, a vivement frappé les anciens. Les historiens, les voyageurs et les poètes en parlent. Ovide met la description du phénomène dans la bouche de Pythagore : « On voit, près de Trézène, un pic aride et escarpé : c'était autrefois une plaine unie, maintenant c'est une colline. Les vapeurs enfermées dans de sombres cavernes cherchaient en vain une issue ; sous leur effort puissant, le sol se tuméfia comme une vessie qui se gonfle d'air ou comme une outre formée de la peau d'un bouc. La terre, ainsi soulevée, a conservé la forme d'une haute colline que le temps a changée en un dur rocher. » Cet événement, dont on fixe la date à 223 avant notre ère, parait avoir
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coïncidé avec le tremblement de terre qui détruisit Rhodes et Sicyone.
Des explosions volcaniques succédèrent au soulève ment, d'après la relation de Strabon. « Une éruption de flammes, dit-il, eut lieu près de ïrézène; un volcan surgit jusqu'à la hauteur de 7 stades. Le jour, il était inaccessible à cause de sa forte chaleur et de son odeur de soufre; mais la nuit il s'en exhalait une bonne odeur. La chaleur dégagée était telle, que la mer bouillait sur une étendue de 5 stades ; à 20 stades de là, elle était trouble et encombrée de blocs de rochers rejetés par le volcan. » On peut supposer une erreur dans la hauteur donnée à la montagne ; quant à l'odeur agréable qui se répandait autour du foyer igné, elle a été observée dans d'autres éruptions volcaniques, et il y a lieu de croire qu'elle provient généralement de la présence du naphte.
Les géologues qui ont visité le promontoire de Méthone (Mcthada aujourd'hui) constatent très-bien sa formation volcanique par les nombreux filons de trachyte qui le traversent. Il a gardé la forme conique et renferme encore deux sources chaudes et sulfureuses.
Ce site, façonné par les feux souterrains, est aujourd'hui très-beau. On y aperçoit la plus grande partie du golfe d'Athènes. Arrosées par d'abondantes sources, les collines sont couvertes de magnifiques citronniers, au milieu desquels s'élèvent les ruines d'un temple de Diane.