‹ Volonté et CauseChapitre 43 sur 155 · SECTION 1. — LA DÉTERMINATION DE LA VOLONTEÉ JURIDIQUE · texte numérisé non relu

SECTION 1. — LA DÉTERMINATION DE LA VOLONTEÉ JURIDIQUE

« Il est inadmissible, a-t-on écrit, de chercher le droit dans l’espace, dans le monde des choses ; il est donc impossible d’y

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chercher ses éléments. Le phénomène juridique n’existe pas, ou c'est un phénomène de conscience ! ». Cette affirmation trouve dans le spiritualisme dont elle témoigne son attrait, en même temps que son insuffisance ; mais au total, il est vraisemblablement plus juste de dire : le phénomène juridique n'existe pas, s’il n’est qu’un phénomène de conscience. Le droit n’est pas une métaphysique ; il n’est pas même une psychologie, füt-ce dans celles de ses parties où il s'attache à des manifestations psychologiques ; ilen est une adaptation à son milieu. C’est dire que tel problème, comme celui de la volonté, peut bien fournir un chapitre et à la science de la philosophie et à la science du droit, encore qu'il ne faille point supposer trouver en chacun d’eux les mêmes préoccupations, ou simplement les mêmes méthodes. « ….. Il ne s’agit pas tant pour le juriste, a dit M. Gény, de savoir à quelles conditions précises il y a rencontre de volontés métaphysiquement incontestable, que plütôt dans quelles circonstances générales le rapprochement des vouloirs parait suffisant pour mériter leur consécration * ». Ce qui importe donc, c’est, tout d’abord, de déterminer ce qu'est la volonté juridique.

I. — La volonté, en son acception la plus générale, pourrait être définie: « La condensation en une impulsion d'un sens précis et d’une orientation déterminée des forces influençant l’esprit, et par la puissance de laquelle celui-ci passe de Ia phase statique à la phase dynamique. » Situation qui soulève un double problème.

Le premier, purement philosophique, dépasse les cadres de

cette étude. Il vise à savoir ce qu'est cette résolution de l'esprit à

s'engager du domaine du raisonnement dans la voie de l’action. Et c’est la grosse question du libre arbitre qui apparaît, dont les deux solutions extrêmes sont, l'une affirmative: ce pouvoir

(1) Grouser, Une théorie psycholog. du droit. À propos de l'ouvrage de M. Perrazycki, Rev. trimest. droit civ. 19117, p. 542. (2) Méthode d’interprétat., p.532.

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