PRÉFACE
considérer; premièrement, la bonté absolue dn projet ; en second lieu, la facilité de l'exécution.
An premier égard, il suffit, pour que le projet soit admissible et praticable en lui-même, que ce qu’il a de bon soit dans la nature de la chose ; ici , par exemple , que l’éducation proposée soit convenable à l’homme , et bien adaptée an cœur humain.
La seconde considération dépend de rapports donnés dans certaines situations ; rapports accidentels à la chose , lesquels , par conséquent , ne sont point nécessaires, et peuvent varier à l’infini. Ainsi , telle éducation peut être praticable en Suisse, et ne l’être pas en France ; telle autre peut l’être chez les bourgeois , et telle autre parmi les grands. La facilité plus ou moins grande de l’exécution dépend de millecirconstances qu’il est impossible de déterminer autrement que dans une application particulière de la méthode à tel ou tel pays , à telle ou telle condition. Or toutes ces applications particnlieres , n’étant pas essentielles à mon sujet, n’entrent point dans mon plan. D’autres pourront s’en occuper s’ils veulent , chacun pour le pays ou l’état qu’il aura en vue. Il me suffit que, par-tout où naîtront des hommes, on puisse en faire ce que je propose; et qu’ayant fait d’eux ce que je propose on ait fait ce qu’il y a de meilleur et pour eux-mêmes et pour autrui. Si je ne remplis pas cet engagement, j’ai tort sans doute ; mais si je le remplis on auroit tort aussi d’exiger de moi davantage, car je ne promets que cela.
OU
DE L’ÉDUCATION