PREMIERE MAXIME
« Il n’est pas dans le coeur humain de se mettre ; la place des gens qui sont plus heureux que nous mais seulement de ceux qui sont plus à plaindre. •
Si l’on trouve des exceptions à cette maxime elles sont plus apparentes que léelles. Ainsi l’on m se met pas à la place du riche ou du grand auque on s’attache ; même en s’attachant sincèrement , oi ne fait que s’approprier une partie de son bien-être Quelquefois on l’aime dans ses malheurs : mais tant qu’il prospéré, il n’a de véritable ami que celu qui n’est pas la dupe des apparences , et qui le plain plus qu’il ne l’envie , malgré sa prospérité.
On est touché du bonheur de certains états , pai exemple, de la vie champêtre et pastorale. Li charme de voir ces bonnes gens heureux n’est poin empoisonné par l’envie ; on s’intéresse à eux véri-
laidement. Pourquoi cela? parcequ’ou se seut maître de descendre à cet état de paix et d’innocence, et de jouir de la même félicité : c’est un pis-aller qui ne donne que des idées agréables, attendu qu’il suffit d’en vouloir jouir pour le pouvoir. Il v a toujours du plaisir à vo.r ses ressources, à contempler son propre bien, même quand on n’en veut pas user.
Il suit de là que, pour porter un jeune homme à l’humanité, loin de lui faire admirer le sort brillant des autres , il faut le lui montrer par les côtés tristes, il fiant le lui faire craindre. Alors, par une conséquence évidente , il doit se frayer une route au bonheur, qui ne soit sur les traces de personne.