‹ Voltaire à Ferney. Sa correspondance avec la duchesse de Saxe-Gotha, suivie de lettres et de notes histriques entièrement inédites recueillies et publiéesChapitre 102 sur 188 · AM. L’ABBfi MOUSS1NOT · texte numérisé non relu

AM. L’ABBfi MOUSS1NOT

Cc SI juillet 1733.

En reponse a votre paquel du 19, inon clier ami, je vous renvoie la preface de M. Darnaud. Je vous prie de lui mandersur-le-champ de la bien copier sur du papier honn6te,etde tdcher, s'il se peut.de l’ecrire d' une ecrilurelisible. Apresquoiil vous laremettraavec un mot d'avis qu'il ecrira aux libraires de Ilollande.

Vousaurezlabontedefaire metlreletouta laposte, a l'adresse de MM. Westein et Smith, Amsterdam.

Et vous me renverrez le brouillon corrig£ que je vous envoie.

J’ai re?u le telescope et les pantoufles. Le telescope est tres-bicn raccommode, et ces pantoufles sont fort bien faites. Mes pieds et mes yeux vous sont fort obliges. Envoyez-moi encore, quand il vous plaira, trois paires de ces belles pantoufles.

Le procede de Demoulin est d’un coquin, et celui

1 Elements de la philosophic de Newton. OEuvres completes, t. XXXVIII.

1 CVrt au savant M. Barliicr, biblinthdcsire (In Louvre, gendrede lleuchot, que I’on doit Ic texte complet et exact dc celte correspondence intime avec Muussinot. *. t.

LETTUES INEUITES

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de Lamarrc d’un etourdi. Je veux absolument que Demoulin pave au moins 1,000 livres ce mois d'aoul, et qu’il donne ties suretes pour les 2,000 livres restantes. Cost ce qu’il faut que le procureur lui fasse dire, et cela a condition qu’il me demandera pardon de l'insolence qu’il a eue de me menacer d’un memoire. Sans ce prealable, je veux qu’on le poursuive a la rigueur.

Je vous ai ecril au sujel du sieur Dupuis, libraire, qui doit fournir pour environ 80" de livres, en lui rendanl son billet, qui est, je crois, de 90 livres; il doit (Hre content de mon procede.

De plus, il pourra me fournir des livres que je lui payerai complant par vos mains, si vous le trouvez bon.

Je suis bien raecontent de la negligence de Prault, quine mefouruil jamais les jouruaux, ui ce donl il est convenu, a temps.

Je vous prie de faire venir ehez vous le chevalier de Mould, et de lui demander nalurellement ce qu’il faut par an pour les nouvelles qn'il fouruit, el ensuite je vousdirai ce qu’il faudru donuer a comple. 11 pourrait peut-etre se charger d'envoyer les Mercures et pieces nouvelles.

A propos de pieces nouvelles, je vous prie de m'envoyer une rescriplion de 4,000 livres; et sur ce, je vous embrasse du meilleur de mon cocur. V.

Je prie M. voire frere de souscrire do ma part pour le livre de M. de Bremonl. Cost une traduction des Transactions p/iilosophigves. II y a deja deux tomes d’imprimes. Je prie qu’on les achete, et que M. de Bremout puisse savoir que je suis un de ses partisans.

3fi. — A M. L’ABBE MOI SSINOT.

'i aout 1734.

Mon cherabbe, je regois une nouvellebien agreable: je Irouve l'occasion d’obliger M. Pitol ’.

Je vons prie de vouloir bien passer cbez lui. Yous airaez volontiers a courir cbez les gens, quand il faut rendre service. Je ne pcux guerejui prater que 800 livres, a cause des grandes depenses quejefais; car, outre les 4,000 livres que vous m’avez envoyees, il faut encore que vous donniez a compte 100 pistoles a M. Cousin, qui doit devenir mon compagnon de solitude et de chimie. PrrStez done ces 800 livres a M. et madame Pitol. 11s me les rendront dans l’espace de cinq aunees, ricn la premiere, et deux cents livres la seconde anniie, autant la troisieme, ainsi du reste. Le billet de M. et madame Pitot, portant payement sur leur terre, suflira sans contrat. 11 ne faut point, me semble, de notaire avec un pbilosopbe.

Assurez M. el madame Pilot que s'ils se trouvaient presses dans la suite, je n’exigerai pas le payement, el qu’au contraire ma bourse serait encore a leur service.

Des que les Transactions philosophiques seronl en vente, vous aurey done la bonte de les acbeter, el de souscrire. En attendant, je prie M. Cousin ou vous, mon cher abbe, de vouloir bien presenter les Elements de Newton , bien relies, ;1 M. de Brcmont.

Jo veux bien encore pardonner a Demoulin , el j’accepte le marcbe qu’il propose : 1,000 livres sur l)u-

1 Dc rAea<lemic <lcs scirnrps.

LETTRES INfiUITES

chauson, et 400 comptant. Vous pouvez conclurc.

Voici un papier qui vous fera voir les dimensions de ma table de marbre, et celles de la jolie commode que je demande. Prenez le tout comme il vous plaira.

J'ai re$u la montre.

Je ne sais ce quest devenue une caisse que Prault dit avoir envoyee.

Le chevalier de Mouhi demeure rue des Moineaux, butte Saint-Roch. Vous pourriez lui 6crire un mot pour savoir ce qu’il faut par mois, et pourquoi il n'envoie plus de nouvelles depuis huit jours.

Et M. d'Auneuil?

Voulez-vous bien m'envoyer un Mton d’ebene, long de deux pieds ou environ, pour servir de manche a une bassinoire d’argent? Je suis un philosophe tresvoluptueux.

Si de Moucki veut 200 iivres par an, a condition d’etre mon correspondant iilleraire el d'etre inflniment secret, voloqtiers. J'aurais mieux aime mon Darnaud ; mais il n’a pas voulu seulement apprendre a former ses lettres.

Je vous embrasse de tout mon cocur.

Connaitriez-vous quelqu'un qui veuille servir de valet de chambre, et qui sache bien ecrire? Il y a 200 Iivres de fixe, beaucoup de presents en habits et un honnete ordinaire.

P. S. Je vous .prie d’envoyer ou de vouloir bien porter ce memoire 1 a M. l’abbe Trublet, rue Guenegaud, pour etre insere au Journal des Savants.

Voy. (Euvres completes, t XXXVII, p. 5UU.

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