‹ Voltaire à Ferney. Sa correspondance avec la duchesse de Saxe-Gotha, suivie de lettres et de notes histriques entièrement inédites recueillies et publiéesChapitre 117 sur 188 · AM. L’ABBE MOUSSINOT · texte numérisé non relu

AM. L’ABBE MOUSSINOT

Ce 21 mars 17JV.

Cher abbe , avez-vous eu la bonte d'envoyer cent livres ct mille excuses au chevalier, et deux cents livres et deux mille excuses a Prault?

Votre frere voudrait-il m’envoyer 1c Mercure de fevrier et les journaux?

Le livre snr\e Langage dm Bete.it dupereBougeant?

El celui de D sur le change?

Ayez la bontfi d’envoyer chez M. l’abbc Nolet, pour le faire souvenir de moi.

Adieu, mon cher aini.

Ou demeure M. d’Argenson? Voulez-vous envoyer chez lui aux nouvelles? — V.

Ce 3 avril (739.

Mon cher abbe, j’ai d’ahord a vous dire qu’au lieu de recevoir deux mille livres de M. Michel, je vous prie de l'engager a prendre dix mille livres pour un an, lesquelles, avec les deux mille livres qu’il me doit, feront douze mille livres. Le resle sera pour noire voyage dans les Pays-Bas, et ces dites douze mille livres, entre les mains de M. Michel, serviront dans un an ou deux, si je suis en vie, u m’acheler quelques meubles pour le palais Lambert.

M. votre frere fait des pas tres-inutiles aupres de

DP. VOLTAIRE (1139}. 3117

M. de Guebriant. Je vous ai deji (lit quc ce n’esl pas avec les pieds, mais avecla main, qu’ on fait des affaires. On ne trouve jamais M. de Guebriant. line lettre est rendue sflrement, et cent voyages sont inutiles; on perd quatre heures de temps et toute sa journ6e h courir; on ne perd qu’un quart d'heure a £crire. 11 peutdonc6erirca M. de Guebriant, mais il ne doit jamais y aller.

II faut en user ainsi avec M. Dauneuil , lui demander permission par lettre de s’adresser a ses loeataires, a8n de ne le pas importuner. II faut de mfime un petit mot a M. de Lezeau, lui demander une delegation ou permission de s’adresser a ses formiers, et agir en consequence. Toutcela ne doit couter qu’une demi-heure d’^criture.

Faitcs-moi l'amiti£, mon cher abbe, d'envoyer encore trois louis au chevalier de Mouhi ; mais e'est a condition que vous lui ecrirez ces propres mots : M. de f7. moil ami , me press? ioxttes les semaines de vous envoy er de T argent. Mais je n en toucherai pour lui peul-Slre de six mois. Void trois louis quime restent , en attendant mietir.

Envoyez chercher le grand d’Arnaud, et dites-lui qu’il peut venir a Cirey quand il voudra avec M. Helvetius; que madame la marquise le trouve bon.

Voici une autre affaire : je voudrais au moins presenter requite au lieutenant crimincl 1 pour etre a deux de jeu avec Desfontaines. C’est, comrne vous savez, en general contre la Volt air omanie qu’il la faut

1 M. Negro.

.ics

LETTHES INEUITKS

presenter, avec demande de permission d’informer. Cela ne peut nuire, et peutservir. Je vous prie, mon cherami, d'allerchez M. d’Argenson l’ambassadeur de Ini dire que cette demarche ne s'oppose point a ses vues, que ce n'est qu'une precaution sage , et que je ne veux la faire que par ses ordrcs. Je vous prie d’cn ecrire autant a M. d’Argental et a M. du Chatelet, en les assurant que ce n’est qu’une precaution.

Je vous embrasse du meilleur de mon cocur. V.

Comptez que voila la derni^re corvee de cette indigne affaire.

L’aljfoe Desfuntaines remit a M. Herault, lieutenant de police, le desaveu suivant, qui termina cette affaire :

« Je declare que je ne suis point l’auteur d’un « libelle imprime, qui a pour litre la Voltairomanie, « et que je desavoue en son entier, regardant comme « calomnieux tous les fails qui sont imputes a M. de « Voltaire dans ce libelle, et que je me croirais des- « honore si j’avais eu la moindre part a cet ecrit , « ayant pour lui tous les sentiments d’estime dus a « ses talents, et que le public lui accorde si juste- « ment.

« Fait a Paris, le 4 avril 1739.

(i Sigue Desfontaines. »

1 En I’urtugid.

bE VOLTAIRE (1139J.

Page 1