AU PRINCE ANTIOCHLS CANTEM1R
A Cirey, ce 19 avril 1739.
Monseignedr,
J'apprends avec chagrin que l’edition des Ledct est deja faite. Je leur ordonne de faire un carton concernant ce qui regarde votre illustre pere; mais les ordres des auteurs ne sont pas plus executes par les libraires que ceux du divan ne le sont par les Arabes voleurs. J’ai eerit, et je vais ecrirc encore; mais je ne reponds pas de l’autorite de tnon divan. J’ai l’honneur de renvoyer A Votre Altesse YHistoire ottomane qu’elle a bien voulu me prAter, et e’est avec regret que je la rends. J’y ai appris beaucoup de choses. J’en apprendrais encore davantage dans votre conversation; car je sais que vous Ates doctus sermones cujuscumque lingua" el cujuscumque arlis *.
1 Cette epigranmie, que nous oroyons luddite, est copiee sur un manuscrit fort intdreuanl que M. Miller a rapporte de Ssint-Petersbourg. a. r.
1 Imitation d'Horacc, I. Ill, ode vm, v. i.
LETTRES INEDITES
Je renvoie V Histoire ollomane par le carrosse public de Bar-sur. Aube, qui part mercredi prochain, 22 du mois; le paquet est a votre adresse, a votre hotel ', et les registres du bureau public en sont charges a Bar-sur-Aube. Si on ne le porte pas chez vous, monseigneur, vous pouvez envoyer vos ordres au bureau de Paris.
J’ai plus d’une raison de me plaindre de la precipitation de mes libraires. 11s s’empressent de servir des fruits qui ne sont pas mtirs; mais, de quelque mauvais goilt qu'ils soient, j’aurai l’honneur, monseigneur, de vous les presenter des que je pourrai en -avoir. Je sais que vous faites [nattre?] sous vos mains les fruits et les fleurs de tous les climats ; les langues modernes et les anciennes, la philosopbie et la poesie vous sont egalemenl familieres; votre esprit est comme l’empire de votre autocratrice, qui s'etend sur des climats opposes et qui tient la moitie d’un cercle de noire globe. Parmi les Frangais qui connaissent votre merile, il n’y en point, monseigneur, qui soil avec plus de respect que je suis, votre treshumble et tres-obeissant serviteur, Voltaire.
Paris. 26 septcmbre 1739.
Malgre votre prodigieuse indifference, madame la duchesse de Richelieu vous prie A souper aujourd’hui
1 Rue <tu Cotomhicr, faubuurg Saint-Germain.
t>K VOLTAIRE (1140).
samcdi. Seriez-vous assez malheureux pour D'etre point a Paris'? Pour moi, je le suis fort de n'avoir pu vous faire nia eour. C’etait bien la peine de quitter Bruxelles! V.