‹ Voltaire à Ferney. Sa correspondance avec la duchesse de Saxe-Gotha, suivie de lettres et de notes histriques entièrement inédites recueillies et publiéesChapitre 126 sur 188 · A M. LE M A ROllS DE VOYER · texte numérisé non relu

A M. LE M A ROllS DE VOYER

IVTrWURT ItKS ECLRIES DC KOI.

A» clidteau dc Ferncy, pays de Gex, roule de f.cni'xp, 16 doccmbre 1757.

Monsieur, daignez-vous vous souvenir encore d’un solitaire el d’un malade attache a toute voire maison depuis qu’il respire, et a vous depuis que vous etes ne? J’acheve mes jours dans le pays de Gex. Ilest vrai que j’ai une jolie maison de campagne dans le lerritoire helvdlique de Geneve; mais j’ai des terres considerables a deux lieues de Gex, en France. 11 n’y a point de haras dans le pays : ce pays est tres-propre a fournir d’excellents cbevaux. Je possede huil cavales fort belles. J’ai aupres de moi un de mes parents, nomine Daumart, mousquelaire du roi, qui me parait avoir beaucoup de talents pour les haras.

Je vous oflre mes services, monsieur, et ceux de mon pan m. On dit que vous voulez bien preter des etalons du roi aux seigneurs des terres qui veulent

1 AIIiihou au nouveau roi, h Louis XVI.

UK VOLTAIRE (1758;. 3«i

s’en charger : c’est a vous a decider jusqu’oii vos bontes pour moi peuvent s'etendre. Je vous serai tresoblige de me vouloir bien honorer d’une patente de voire capitaine el direcleur des haras dans le pays de liex. Si, au boul de quelque temps, vous dies satisfait de mun administration, vous pourrez alors donricr des appointements a mon parent Daumart.

Voila ma requete presentee; j'attends vos ordres el vos bontes.

J'ai l’honueur d’dtre, etc. Voltaire,

(•eutilhumiue ordinaire du roi.

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