AM
A Ferney, 3 fetrrier 1776.
Monsieur,
Sit6t que vous m’edtes fait l’honneur de m’ecrire
1 Les hull on neuf lettrea ci-dessus de Voltaire ont etc adressdes par lui au marquis d'Ossun, ambassadeur de France en Espogne. Je dia hull ou neuf, parce que celle du 13 avrll 1771, ayaut die deja publiec en partie dans Beucbot, peut & peine dtre comptde ici comme lettre inddite. — Je n’ai pu ddcouvrir k qui dtalt ecrite celle qui suit, du 3 fdvrier 1776. {Sole de M. E. B.)
72 I.ETTRES INfiDlTES
au sujet du sieur Cliabot , je demandai pour lui a M. de Trudaine un emploi dans la distribution du sel que les fermiers generaux pourraient nous fournir.
Aujourd’hui que la republique de Berne nous en donne, j'ai iusiste aupres de M. Fabri pour obtenir que l’adjudication du sel de Berne employtU avanlageusement voire protege. Je serai toutc ma vie a vos ordrcs.
J’ai l’honneur d’etre avec respect, monsieur, votre ties-hutnble et tres-obeissant servileur.
Soyez bien malade, mon cher camarade, afin que nous vous guerissions. Venez au temple d’Esculape, faites votre pelcrinage comme les dames de Paris. Nous avons ici depuis deux ans madame d’Epinay, confessee en chemin, arrivtie mourante; non-seulement elle est ressuscitee , mais inoculee. VoilA un grand triomphe et un grand exemple. Et moi done ! ne pourrai-je me citer? Je m'etais arrangd pour mourir il y a quatre ans, et je me trouve plus fort que je ne l’ai jamais-6t6, Mtissant, planlant, rimant, faisant l’histoire de cet empire russe qui nous veuge el qui nous humilie.
, O (ortunatos nimiiim, sua nam bona norunt Agricolas !
1 Sans doutc M. de Cidevillc. Celle lcltrc, comme celle de madame Denis, est due A l obligeante communication de M. Cliambry (Xote de M. E. B.)
UK VOLTAIRE (1150).
Aussi, je ne me suis point fait enduire de terfebenthine, et je n’ai point eu besoin d'envoyer chercher des capucins. Maupertuis a vecu comme un insensc et est mort comme un sot. Le roi de Prusse ne pouvait pas le souffrir; mais comme il n’avait alors de niches & faire ni k I’imp^ratrice ni au Roi, il en faisait a Maupertuis et k moi. J’ai pris le parti d’enterrer Tun, et d’etre beaucoup plus heureux que l’autre. L’ingratitude du roi de Prusse a fait mon bonheur, et le Roi, noire bon rnaltre, l’a combl6 en declarant mes terres libres. Il ne me manque que de vous voir arriver ici pour prendre, comme moi, des lettres de vie au bureau de Tronchin. Je vous embrasse de tout mon cceur.
La mode est-elle toujours dans les academies de louer les athees d'avoir eu de grands sentiments de religion?
Qu'on est sot 4 Paris ! V.
NOTES
Monsieur le Secretaire perpeluel de I'Academie des sciences morales et politiques
Monsieur ,
La bienveillancc dont I'Academie a honorti roa lecture, au mois d'aodt deri\ier, & l'occasion de dix-huit lettres de Voltaire, m’encouragc a lui communiquer quelques documents nouveaux : ce sont encore quelques lettres de Voltaire, antographes ou Writes pour lui de la main do WagniOro, son secretaire, toutes inedites.
Unit ou neuf paraissent adressees au marquis d'Ossun, ambassadcur en Espaguc.
Je n’ai pu decouvrir a qui etait adressdo la dixidme , du 3 fevrier 1776.
Une onzibmc leltre, sans date, qui se trouve a la fin do celles que j’ai I’honneur do vous presenter, semble avoir did ccrilo a M. de Cideville.
Je me permets d’ajouter, en tdlo de cette seconde partie, une lettr'e qui cependant n’est pas de Voltaire, mais de madame Denis. Les details curieux qu’elle renferme sur son oncle autorisaient, a mes yeux , cette exception.
La leltre du 16 juillel 1770 est accompagnee d'uno note indiquant le tarif des montres fabriqudes a Ferney, et d’une piece de vers relatifs au portrait du comic d’Aranda dont Voltaire parle dans cette leltre.
Recevez, monsieur, I’expression de ma haute consideration.
E. Bavoux.
Paris, 12 j&nvier 1859.
* Voir ci-riessus a la page 68 'note;.
NOTES
Page 6 (4).
Le celebro Franrklin vint, avec son petit-fils , voir, en 177S, M. de Voltaire, ct lui demanda sa benediction pour ce jeune homme qui se mit 4 genoux. Voltaire la lui donna en prononcant ces mots : Dieu , Liberte, Tolerance. II le releva en mdme temps et l’embrassa tendrement. [Him. de Wagniere et Longchamp s, 1-t26.)
Page 8 (1). — Page 20 (l , .
Jamais homme de lettres n'a eu un moment plus brillant que Voltaire, lors des representations d 'Irene. Aussi disait-il : « On a veut m’ctoufTer sous des roses. « Cependant tout cela n'avait pas faitsur lui 1’impression qu'on aurait du en attcndre. a Vous « ne connaisscz pas les Fran^ais, disait-il. Ils cn ont Fait autant o pour le Genevois Jean- Jacques; plusieurs mime ont donnd un a dcu 4 des crocheteurs pour monter sur leurs dpaules et le voir « passer. On Fa ddcrdtd cnsuitc de prise de corps, et il a cte « obligd de s’enluir. »
Aussi quand, 4 la promenade, il voyait des Parisicns courir apres son carrosse , il devenait de mauvaise humeur, faisail abrdger la route et ordonnail de rcntrcr 4 I’hdtel. (Mem. de Wagniere et Longchamps, 1-142.)
Page 11 (5). — Page 13 (I).— Page IS (t, l, 3, 4, 5, 6, 7).
Voltaire n’avait presque pas de barbe. Sur sa cheminee trois ou quatre petites pieces dpilatoires avec lesquclles il se joue ct s’arracbe de temps en temps quelqucs poils en causant avec ’un ct I’autre. (Hem. de Wag nitre et Longchamps, 1-402.)
Page li (5).— Page 14 (5). — Page IS (I, S, 3, 4, S, 9, 7.)
II avail pour principe que notre santd depend souvent de nousmdmes, que ses trois pivots sont la sobridtd, la temperance en toutes choses, ot 1’exercice modere ; que dans toules les maladies qui ne sont pas la suite d'accidents tres-graves ou de vices majeurs dans les parties intdrieures, il suffit d’aider la nature,
76 LETTUES I.NEDITES l)E VOLTAIRE.
qui lend & nous debarrasser; qu'il faul dans ce cas s’aslrcindre a unedieteplusou moins prolongec, A desboissons dclayanles,etc. (Mem. de Longchamps, 2-223.)
C’est un peu ie systdme d’un hommc pourlant celebrc dans les fastes de la mAdecine, le fameux Boerbaave, lequel disait : « II a serail plus avanlageux qu’il n’y edt jamais eu de mAdecins « dans le monde... Conservez-vous la Idle fraiche, les pieds « chauds, le ventre libre, ct moquez-vous des medecins'. »
« La mAdecine , ajoutail un aulrc docleur bien connu, Brous- • sais, la mAdecine bcrce i'Atre souflrant d’un espoir chimeri- « que... Et une parcille utilitA semble la placer sur la ligne de a 1’astrologic , de la superstition et de tous les genres do cbarla- « tanisme. »
Page 13. II prenait des roles avee madame Denis; et page 61.... Je compte le jouer (cc rile).
Madame Denis, sa niAce, avail dans sa vieillesse joue le r61o de Zaire sur un thAAtro de sociAte. Aux Aloges que lui prodiguait un spectateur naif, elle repondit avoc une feinte modestieet pour s’attircr de nouvelles flatteries : u II eClt fallu Atre jeune et jolie a pour co rdle-14. » — « Oh! madame, reprit le complimenlcur « maladroit, vous dies bien la preuve du contraire. »
Page 13. — Page 17 (1). — Page S3 (I).— Page « (*)•
Voltaire ayant fait dAtruire le petit ct job thAAtro qu’il avail construit dans une dependanco de son chAleau, prAta une somme d’argent au directeur des spectacles de Dijon, qui cn St bSlir un assez beau, au milieu de Ferney, mais qu'on laissa tomber aprAs la mort de M. de Voltaire. Lekain y vint jouer. (Mem. de Wagniere et Longchamps, tome I, pages 18 et 88.)
Voltaire jouait souvent sur son theatre 4 Lausanne , A Paris, etc. (Mim. de Longchamps, 2-93.)
II Atait d’avis que sur l’aflicbe, au lieu de ces mots : * Les coo mediens ordinaires du roi donneront. .. » on mlt ceux-ci : a Le a TheAtre-Fran^ais donnera... * (Mim. de Wagniere et Longchamps, I -159.)
NOTES
, Page JO 3).
L'imperatriee de Russie, Catherine II , fit construin' un chftteau idcntiquernenl conformo 4 celui de Ferney, avcc un monument a la niemoire de I'illustre pliilosophe. ( Mini. de Longchamps , 11, page 8.)
Page JJ (3). — Page 31 (3).
Voltaire, avecqui correspondaient la plupart des souvorains del’Europe, n’a peut-rRre jamais regu une communication de Louis XV relative a ces chofs-d'ceuvre, ornemenls d» son regne! 11 en fut m6me a peu pres reduit a s’expa trier pendant les trente derniercs annees de sa vie en Prusse el a Ferney. ( Mem. de Longchamps, 2-223.)
Page 27 (1).
Lc sculpteur de Saint-Claude (Jura), Bosset-Dupont, est le premier qui ait fait des bustes de Voltaire. N’ctant jamais sorli de sa petite ville, il semblait par son talent nalurel avoir fait un long cours d’etudes en Italic. (Mim. de Longchamps, 2-71 .)
Page 10 (4). — Page II (I). — Page 28 (2).
En 4758, M. de Voltaire acquit Ferney, au nom de madame Denis, sous reserve d’une contre-Iettre. (Mim. de Wagniere el Longchamps, I, page 38.)
Page 28 (5).
M. de Villette en prit possession en juillet 1779.
Page 28 (5).
Lc marquis de Villetto avait epouse mademoiselle do Varicourt, surnommec Belle et Bonne. — 11 demandail un jour 4 mademoiselle Arnould re qu’elle pensait de sa femme : e'est, lui repondit celle-ci, i me fort I rile idilion de la Pucelle. [Mem. de Wagniere, I, pages 434, 4 JO, 438, 470.)
— Description do I’appartement de Voltaire a pres Perquisition de M. do Villette. (UPm. de Longchamps, 2-28.)
LETTRES lNfilMTES DE VOI.TAIRE. NOTES.
l-age 30 (3).
Voltaire a laisse pen de manuscrits... Car il faisait imprinter a mesure qu’il composait; il aimait A jouir ct ne mettait ricn a foods perdu. (D’Alembert, tome XVIII , page 189.) II travaillait du reste avec une telle facilite qu’il aiiraitpu dire avec bien plus de raison que Racine : « .Ma piece est faite. Je n’ai plus qu'a faire « les vers. »