AM. DE CHAIVEUN
Aux I)dicc», 2t> m*r» 17M*.
J ose reprcsenter encore (jue je suis prel a payer, si je dois.
Mais je supplie M. de Cliauvelin ile lire mon dernier memoire. Je me soumels toujours a sa decision et a ses ordres.
Je lui presente mon respect. Voltaire.
*3. — All m£me.
* I.ausann*, '1 juin 1759.
Monsieur ,
Le malingre Suisse, l’importun V., vous demande tres-humblement pardon de vous exceder-, niais ayez pitie ile lui. 11 n'avnit pas ose parler de Tournay dans sa requfite an roi, parce qu’il ne voulait pas que son nom retentlt aux oreilles des monarques. II a et6 lout stup^fait et tout confondu de voir que le roi lui accordait, pour lui et pour sa niece, l'ancien denombrement de Ferney. S’il avait eu un pen de presomption, il aurait fait ais^ment inserer Tournay dans le brevet, et tout etait fini; il serait sur d'etre l’bomme le plus libre du monde : sa modeslie l’a perdu. Mais, monsieur, que vos bont^s secondent cettc modestie funeste , et que je vous aie l’obligation de ne point perdre mes droits de Tournay! si on m’en Ale un, on me les enleve tous. Je n’ai acbete cette terre a vie que par le seul motif de jouir de ces droits, et ii cette condition. M. de Brasses me les a garantis par un billet de sa main, aussi bien que l'exemption des lods et ventes. Me voil& done dans la necessite de plaider au Conseil contre M. de Brasses , et d'exiger de lui cetle
300 LF.TTRES INCITES
garantie. On peut me demander le dixieme, la capitation , etc. II est tres-certain que, hors !e droit de ressort au parlement de Dijon, Tournay et Ferney sont absolument libres ; jo pourrais meme, si j’elais calviniste, avoir un predicant dans mon chateau. Enfin, monsieur, vous sentez cotnbien des droits si singulars doivent litre chers. Je n’ai pas, en verite, le courage de demander au roi un second brevet; mais je suis persuade qu’un mot de vous vaudrail une patente. Si vous aviez la bonle de dire a MM. Faventines, Drouet ou autres, que le roi m’a accorde un brevet de franchise de tous droits a Ferney, et que vousregardez ce brevet corame une consequence des droits que M. de Drosses m’a transmis a Tournay ; si enfin vous pouviezleur remontror que, la chose etant litigieuse, on doit pencher du cMe de la faveur; si du moins vous daigniez cxiger d’eux un delai pendant lequel il se pourrait, h loute force, que je fusse assez insolent pour demander un petit mot de confirmation pour Tournay, je vous aurais la plus sensible obligation du monde.
Vous autres, messieurs du Conseil , vous n'aimez pas trop les gens qui veulent litre libres; mais daignez considerer quo j'ai Fhonneur d'etre Suisse, que vous m’avez loujours uu peu aini6, el vous pouvez me rendre le plus heureux mortel qui respire.
Voulez-vous bien permettre que je vous euvoie le memoire des fermiers generaux note de remarques de Mathanasius ?
Recevez mes impertinentes prieres ct mes tendres respects. Le Suisse V.
M. — A M. THIF.RIOT.
20 decembr® 1770
Bon ! bon ! voila un excellent renfort pour notre capilolade que cet abbe Grisel ! Ne manquez pas, je vous prie, de me faire savoir les suites de cette alfaire divine ! Comment ! einquante mille livres voltes a la terre pour enrichir le eiel? Cela va elre incessamment dans son cadre. II est bon aussi de savoir si noire cher F reran est 4croue pour 12 m” (mois); en ce cas, le Fort l'EvtSque sera son Parnasse. Je suis tres-afflige de petit Ballot1 * 3. Cinquante-sepl ans, ce n’estpas Voiture. Nous sommes plus tenaces, nous autres. Dnmestick purges procure a longlife, clit Cheyne 3 le docteur. Entcndez par la Lett re. d V Oracle lettre a r auteur de XOrach *; c’etait brrtitatis causa. Les etincelles doivent sauter an visage de ceux qui ont brill6 cette excellente brochure.
N. B. J'ai depossede les freres jesuites d’un bien assez considerable qu’ils avaient ttsurpe sursix freres, tous officiers du roi. Je leur ai prtHe sans interet tout l'argent necessairc pour rentrer dans leur heritage. Je crois vous 1‘avoir mande. Cela est bien pis que la maladie, la mort et la vision du frere Berthier. Pour me mcttre a l’abri des calomnies de frere Crousl et
1 C’cst la rraie date de cette lettre.
1 Homme de lettre , ami de Thieriot. Voltaire I’appelait Ballot— I' imagination.
* Celebre mddccin ecossais, morten 17 4?.
* Comedie de Seinte-Foii.