‹ Voltaire à Ferney. Sa correspondance avec la duchesse de Saxe-Gotha, suivie de lettres et de notes histriques entièrement inédites recueillies et publiéesChapitre 135 sur 188 · A M""' BELLOT · texte numérisé non relu

A M""' BELLOT

CLOITBI 8AI*T-THO»A*-DC -LOCV1B , A PARIS.

Voltaire est honteux de faire codter des ports de lettres a madame B. V. lui a envoye un Pierre. Mes-

1 Nom d‘un patricien bernois.

* La guerre civile de Gen&ve.

DE VOLTAIRE (I7G3). 3ll?i

sieurs de la poste retiennent tous les livres relies. On ne sail plus comment faire ; tout commerce p6rit. V. serait fort aise que madame B. se partageat entre le Perche et les Alpes; mais le Perche est voisin, et les Alpes sonl bien loin, et le mont Jura est un rude seigneur avee ses neiges. Si madame B. voit le philosophe tres-aimable 11 ',elle est suppliee de lui dire que son frere V. est son plus zele partisan, plein de la plus tendre estime pour lui. 11 avait envoye au philosophe II. et au philosophe Spartacus 1 2 un Pierre; lout est arrcHe a la poste. V. geinit de loin sur Jerusalem.

88.— M. HE BRETEHE. ministre pi.6nipotentiaire ex ruSsie , A V0ETAIRE ».

Paris, re |#r aoi'it 1763.

J'etais parti de Russie, monsieur, quand la lettre dont vous m'avez honore y a ete apportee par M. F6ronce ; ellc m’a ete renvoyee ici depuis peu de jours. Je regrette tres-sin cerement de ne m'Otre pas trouve a Petersbourg pour temoigncr it M. Feronce tous les droits devotre recommendation aupres de moi.

II n’est pas, malheureusement pour moi, en mon pouvoir de me rappeler l'epoque de mon maillot, dont vous voulez bien dater voire connaissance ; mais je

1 Helv^tius.

* Saurin.

* La lettre de Voltaire, A laqnelle M. deRreteuil r^pond en termes si aimables, n’a malheureusement pas £t£ retrouvee. a. f. — V. p. 57.

LETTRES INfiDITES

3HG

vous prie, monsieur, d’etre tres-persuado quo je n'ai point oublie, ni n’oublierai jamais que j’ai eu souvent l’avantage de me trouver h portee, dans les premieres anneesde ma raison, de vous voir et de vous entendre. Je voudrais bien en pouvoir dire autant aujourd’hui ; j’en sentirais mieux et le prix et tous les charmes.

J'ai beaucoup vecu avec votre geant de Russie*. (Test un bomme fort estimable, et que j'aime de tout moil ccfiur. Souvent, monsieur, il me parlait de son atlachement pour vous, et tres-souvent je lui demandais de vos nouvelles ; il ne me d^mentira pas. Mais pourquoi me vanter de cette attention? Je la partage avec 1'Kurope; d’ailleurs le devoir et l'A, B, C, d’un ambassadeur esl de mettre sans cesse en avant ce qui bonore le plus son pays.

J’ai l’honneur d'etre, avec les sentiments les plus sinceres, monsieur, votre tres-humble et tres-obeissanl servileur.

Le baron df. Breteuh,.

**. — A M. I.E CONSEILI.ER TRONCH1N.

Ferney, juillet.

J'apprends, mon cher ami, que quelques malins debitent une rapsodie inlilulee : Saiil, trageclie thee de I'Ecrilure sainte, par M . de Voltaire , a Geneve. Ilest clair par 1'intitule que e’est un tourqu’on me

1 Piclel .

lit, VOLTAIHK (liblij. 397

joue. On (lit qu’il y en a tres-peu d'exemplaires, el qu’ils ont ele tres-sagemenl supprimes par messieurs les seholarques; mais c’esl assez que les miuislres du saint Evangile eu aieut un exemplaire, pour qu’ils fatiguent la prudence du Couseil. 11 me semble que, dans celte occasion, ce serait a moi el non a eux a demander justice de l'abus qu’ou a tail du nom de Ceneve el du mien, Je crois aussi que le parli le plus convenable est d’ensevelir dans son obscurite celte sottise, qui ne merite pas qu’on lui donne de l’importance; mais s’il arrivait que lesbrouillons insistassenl aupres du Conseil, il serait peul-etre alors a propos que je detruisisse leur mauvaise volonte, en deferant moi-mthne ce libelle fait en etfet contre moi, el visiblement imprime pour me nuire. Ainsi done je joins ici a toul evenement une requele que je soumets a voire prudence et que je recommande a voire amitie. Vous ne ladonncrez sans doule quequandil lafaudra donner. Vous ne ferez que ce qu’il faudra faire. Je vous avoue qu’il serait fort triste pour moi que mon nom fill compromis & mon age. Si vous et vos amis pouvez faire en sorte que cette sottise soil etoufKe, je vous eu aurai, aussi bien que mamau ', une veritable obligation. Le Conseil sait combieu je lui suis devoue. Eu un mot, je comple sue vous etsur vos amis, etje vous embrasse bien tendrement; ainsi faitmaman.

1 Madame Deni;.

LETTRES INfiDITES

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