A LA MKJIE
A Colmar, 2t novembre.
Madame,
Je re^ois la uouvelle marque de bontd dont Yotre Altesse Serenissime m’honore. J’ai la goutte; le courrier qui ne l’a pas, va partir; jen’aique le temps d’assurer a votre Altesse Serenissime que votre cour est la seule oil je voudrais vivre.
Je respecte trop votre mediation pour la rendre iufructueuse par une pbilosopbie trop opiniatre. Je prends la liberte de joindre ici ma reponse a M. de (loiter, et je vous supplie, madame, de l’engager a la faire parvenir a mon iulidele 1 . Si elle ne fait pas de
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1 Frederic.
A U DL'CHESSE DE SAXE GOTH V (I tit). 103 bien, il est silr qu’elle ne fera pas de mal. L'ingral dans le fond de son coenr doil rougir d’avoir fait tout ce fracas dans l’Europe, pour unc sottise de Maupertuis dans laquelle il n’entend rien. II a cu la rage d’auteur bien mal a propos. Il n'y aurait que les graces conciliantes de madame la ducliessede Golliaqui pussent le guerir; mais de telles grAces ne sont pas celles auxquelles il sacrifie. Que dit a cela la grande maltresse des coeurs? Cinquante Empercurs se mettent ii vos pieds, madame; la goutte qui tourmente les miens, m'empeche de me livrer davantage aux transports de ma reconnaissance, et de cet attachement respectueux et inviolable que j’ai vouc a Yotre Altesse Serenissime.
A Colmar, l i decembre 1753.
Madame,
J’ai appris en meme temps la maladie et la convalescence dc Voire Altesse Serenissime. Je suis dans la foule de ceux a qui votre vie est precieuse; vous etes adorec, madame, de quiconque a eu l'honneur de s’approcher de votre personue. La'crainte a ete generale; la joie l’a ete, quaml on vous a su relablie. Daignez recevoir mes respectueux sentiments parmi tous ceux qu’on vous preseule. Votre Altesse Serenissime aura ete bien touchee sans doute de tous les voeux qu’on a fails pour elle, et des alarmes qu’elle a causees. Elle ne peut mieux marquer sa reconnaissance au public qu’en conservant sa saute; e’est le plus grand plaisir qu’elle puisse nous faire; le mien,