‹ Voltaire à Ferney. Sa correspondance avec la duchesse de Saxe-Gotha, suivie de lettres et de notes histriques entièrement inédites recueillies et publiéesChapitre 49 sur 188 · A LA M£ME · texte numérisé non relu

A LA M£ME

Au chAtcau dc Tmiruay, par Grucve f 22 octobre 1759.

Madame,

J’ai regu I’bonneur de votre lettre, et le billet que Voire Allesse Serenissime avait eu la bonte d’inserer en son paquet. La personne a qui vous aviez bien voulu faire parvenir ce que j'avais pris la liberie de vous adresser prelend qu’elle n’a point regu un assez gros paquet, jjnvoyd direclenient <t elle deux jours auparavant, par une voie qui, jusque-la, avait loujours *£te stlre. Votre Altesse Serenissime permet que je m’adresse dorenavant a elle. Je nc pourrai peut-etre de longtemps repondre au petit billet sans adresse ‘ ; il faudra, je crois, altendre la fin de la campagne. Les esprils me paraissenl bien aigris de tous les edtes. Je vois les malhcurs du genre humain augmenlcr, sans qu’ils produisent le bien de personne. L’Angleterre nous bat; mais elle se ruine. Le prince de Brunswick nous bat aussi; mais la Hesse est dans un 6tat deplorable. Les Russes ont baltu le roi de Prusse; mais ils n'ont pas de quoi subsister. Le roi de Prusse se soutient; mais tous ses fttats souffrent. L’Autriche s’dpuise. La France est accablee d’impdts malhcureusemenl necessaires. La Saxe est aussi dfeolee que du temps de la bataille de Mulhberg 1 2, et plus que du temps de

1 De Erdddric.

* Gagnee par Charles-Quint cn i &4 ? sur l’filccteur Jean-Frdderlc, qui dtait A la (Ate du parti protestant.

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