JS. — A LA ME.ME
Aux Delices, 'J fevrier 1760.
Madame ,
Que ne dois-je point t\ la coquette infidclc ct a
1 l.c t-tineral mitrichicn qui avail kallu plusictirs lots Frederic.
LETTRES DE VOLTAIRE
Alzire! EUes in’ont valu, de la pari de Voire Altesse Serenissime, des letlres dont je fais plus de cas que de la coquelterieel des tragedies. Je m'imagine que voire auguste el charmante famille a fail bien de l'honneur a l'Amerique. 11 faut done a present chercher son plaisir dans un nouveau monde, l'ancien ne fournit aujourd'liui que des spectacles d’horreur Irop vrais ct Irop reels pour sen amuser.
II est bien singulier que les Poesies du p/tiloso/>/ie de Sans-Souci paraissent precisement dans ce tempsci. Je ne sais pas comment les ministres de la confession d'Augsbourg et ceux de Geneve prendront une certaine epltre au marechal Keit, dans laquelle le roi pliilosoplie assure que l’Ame est tres-mortcllc, et ces pelils vers :
Allez, laches duetiens, elc.
Cependant le roi de Prusse ne paralt pas etre a la tele d’une armee d’epicuriens; il parait plulOl suivi de soldats stoiciens, tant il les a accoutumes a braver les peines de cctte vie , apparemment dans l'esperance d’une meilleure. Quoi qu’il en soit, il faut absolument avoir cent mille braves gens a son service, quand on dcrit de telles cboses. Le roi de Prusse est hardi l'epee et la plume h la main. Mais comment finira tout ceci? Yaincra-t-il tous ses ennemis, et Aulrichiens, et busses, el lheologiens?Maupertuis aurail resolu ceprobleme, car il pr&endait qu’ou pouvait predire 1'avenir en exaltant son ame. 11 a apparemment laisse son secret aux deux capucins enlre lesquels il est mort a Bale.
A I.A MTEIIESSE DE SAXE GOTIIA ( 1 7 GO).
Madame, je n’exaltc point mon ;\mc ; maisje la sens tres-lourmentec dc la douleur dc n’etre pas k vos pieds.
L'esperance console ce pauvrc Suisse V.
Au chateau dc Tourney, |o fe^rier, partira le 22 ou 23.
Madame,
Jc n’ai rien dc nouveau touchant lc mariage de la coquette. II est plaisant quo Votre Altcssc Serenissime ait pris un moment ccltc belle epithete de coquette pour elle; non, madame, vous n’avcz dc votre sexc que la beaute. Je m’imagino que la charmante et respectable Alzire, de Thuringe, vous rcssemble. Ah I madame, qu’elle mette des bas dc soie ou des bottines, ou qu’elle soit nu-jambes si elle veut, tout sera bon si elle lient de sa m&re, comme je lc crois. Je n’aime point les bottines : j’ai vu tout le mondc botte a Berlin; mais les princesses portaient des bas; pour les autres dames, j’ai peur que bienttit elles ne portent point de chemise , si la guerre dure encore un an.
Lc Brandebourg doit 6tre dans un ctat pitoyable par la cessation du commerce, par le nombre enorme de recrues, par la devastation des pays voisins. Voili, madame, k la longue, tout le fruit de la guerre, cl les suites en peuvent etre encore cent fois plus affreuses. II est desagreable qu’un livre de poesies du roi de Prusse paraisse dans ce lemps-ci. La police en a fait