‹ Voltaire à Ferney. Sa correspondance avec la duchesse de Saxe-Gotha, suivie de lettres et de notes histriques entièrement inédites recueillies et publiéesChapitre 62 sur 188 · A I.\ M EWE · texte numérisé non relu

A I.\ M EWE

! 0 juillct 1761.

Madame ,

On n’est pas si raisonnable h Geneve que Test Votre Altesse Serenissime. II y a bcaucoup de philosophes, a la verite, qui ont un profond mepris pour les infamcs superstitions que le vicaire Savoyard semble avoir ddtruites dans \'j£mile de ce pauvre Housseau. L’article de ce vicaire vaul mieux sans iloule que tout le reste du livre. II est goiite des grands et des petits, et cependant il est anathematise par le conseil, qui est un peu l’esclave des pretres. Tout est contradiction dans ce monde. Ce n’en est pas une petite de condamner ce qu'on eslime et ce qu'on croit dans le fond de son coeur. Deux cents citoyeus ont reclame contre l’arrdt du petit conseil de Geneve , mais bien moins par amilie pour Jean-Jacqucs que par liaine pour les magistrats. Leur requete n’a rien produit, et Jean-Jacques avanl renonce a son beau titre de citoyen, n’a plus de titre que celuide Diogene. II va transporter son tonneau en ficosse avec milord Marecbal. Ce pauvre diable traine une vie miserable, et le papc est souvcrain avec quiuze millions de revenu. Yoila corame va le monde.

Nous autres Francois, nous cliassons les jesuites; mais nous restons cn proie aux convulsionnaires. Je ne connais que les princes protestants qui se couduisent raisonnablemenl. 11s tiennent les pnHres a la place oil ils doivent etre, et ils vivcnt tranquilles (quand la rage de la guerre ue s'en mele pasj.

- - -Bigteed-by-Qaogle

A I -A DICHESSE DE SAXE-GOTHA (1700). 2il Madame , j'ai l’honneur de vous envoyer un petit catecliisme qui m’a para assez raisonnable \

Agreez mon profond respect.

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