‹ Voltaire à Ferney. Sa correspondance avec la duchesse de Saxe-Gotha, suivie de lettres et de notes histriques entièrement inédites recueillies et publiéesChapitre 8 sur 188 · I.ETTRES INEDITES · texte numérisé non relu

I.ETTRES INEDITES

HU

pretend avoir vu passer aujourd’hui , a cinq heures du matin, quatre-vingts contrebaudiers, dont l’unlui a demand^ le chemin du Mandement. Ce ue serait pas la premiere fois qu’ils auraient passe par Ferney. On pretend que cette troupe est eonduite par la sceur de Mandrin. Si celaest, il paralt qu'il faudrait avoir un bataillon a Gex. Pourriez-vous avoir la bont6 de venir diner a Ferney et me donner vos ordres?

Votre t.-li. ob. sr. Volt.

I«. - At MEME.

3 Wvrier <765.

Jen’aieu, monsieur, nulle nouvelle de MM. Lamain et Mattbieu ; mais je prends beaucoup de part k la petite incommodite que M. Mattliieu a dans ses chausses. Les sieurs Bade et Galline sont toujours pour moi des etres incomprdiensibles. On les a vus passer hier a Mijoux, et vous en Stes sans doute informd Nous avous beaucoup de fusils et quelques balonnettes; mais nous manquons de bois pour nous chauffer. Nous avons recours a vos bonles; vous avez bien voulu nous promettre de nous faire avoir des moules de bois a Sessy. Nous vous demaudons bien pardon de noire importunite , mais nous vous supplions de nous faire dire quand nous pourrons envoyer des voitures, ou quand nous pourrons faire un marehe avec ceux qui fourniront et auieneront le bois.

Un habitant de Ferney, nomine Benoit L’Archeveque, a achete des boeufs vers Allamogne, il y a environ six semaines; l’un est fort malade el jette par

les oreilles ; on lie sail pas encore s’il est attaque de la maladie qui regne & Saint-Genis. Nous 1'avons fait visiter, et nous avons recommande qu’on ne laiss&t point sortir lc boeuf de l’ecurie : on la parfume tous les jours. Nous esperons que le mal ne se comtnuniquera pas.

Agreez, monsieur, les sentiments que vous a voues pour sa vie voire tres-humble et tres-obeissant serviteur.

Jeudi soir, l \ terrier 1765, a Feruey.

M. de Voltaire, madame Denis et toute la maison font leurs tres-humbles compliments a M. Fabri. II est tres-instamment prie de vouloir bien mander s’il est vrai qu’on ait arrete dans le bailliage de Nyon i]uelques-uns des brigands denonces par les sieurs Bade et Galline.

Voici un petit mdnoire qui pcut servir h tirer quelques eclaircissements de Matringe. II serait dangereux de le lacher dans le pays.

17 terrier 1765, a Fcruey.

Monsieur ,

Par toutes les informations que j’ai prises depuis votre derniere lettre, il parait que le nomme Matringe n’a nulle correspondence avcc la bande de voleurs que les deux Genevois ont denonces. Carry,

LETTRES lNfiDITES

marechal a Ferney, est celui qui a donnA le premier avis des menaces de Matringe, tandis que tout le pays etait en alarme. II a ete arretA sur ces menaces. Je ne mets assur6ment aucun obstacle k son elargissement. Je vous supplie d’en assurer M. le prevAt ; et si vous voulez mAme avoir la bontA de faire dire a Matringe qu’il vienne me parler, je lui donnerai de quoi achever le voyage cfu’il jlit devoid faire en Lavoie, k condition qu’il ne vienne plus troubler la tfanquillitA de notre pays.

J’ai donne une carte au nomme Pinier, habitant de Ferney, qui fait venir des bois de construction pour sa grange. Je prends la liberie de le recommander k vos bontes.

J’ai l'honneur d’etre, avec tous les sentiments que vous me connaissez, monsieur, votre tres-humble et tres-obeissant serviteur.

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