‹ Voltaire à Ferney. Sa correspondance avec la duchesse de Saxe-Gotha, suivie de lettres et de notes histriques entièrement inédites recueillies et publiéesChapitre 84 sur 188 · A M. TI1IERIOT · texte numérisé non relu

A M. TI1IERIOT

2 juib 1711.

Comment vont vos eraintes sur la paralysie '? informez-moi, je vous en prie, de voire sante. Si M. votre pere n’etait pas k Boissette , j’irais vous y voir. Je suis encore incertain de ma destinee; j'attends M. le due de Sully pour regler ma marche. Comptez que je n'ai d’autre envie que de passer avec vous beaucoup de ces jours tranquilles, dont nous nous trouvions si bien dans notre solitude. Je viens d’ecrire une lettre k M. de Fontenelle, k l’occasion d’un ph^nomene qui a paru dans le soleil hier, jour dc la PentecAte. Vous voyez que je suis poete et pbysicien. J'ai impatience de vous voir pour vous montrer ce petit ouvrage, dont nous grossissous notre recueil. Avez-vous toujours, mon cher ami, la boute de faire en ma favour ce qu’Esdras fit pour I’Ecriture saiute, e’est-a-dire d’ecrire de m&noire mes pauvres ouvrages '1 2‘! Adieu, je vous embrasse de tout mon casur.

1 II s'aitil du 1'iTr dc Thieriot, qui mourut l'anncc euivantc.

1 V. QEuv. compl.. Cor reap, gen., t. I.

LETTRF.S INfiOITES

CUFZ V ADAME DK BEH'IIEIIF.9 , A HOP**.

Juillet 1 722.

Je suis infinimenl flatte de la confiance que vous avez eue en moi, et je ne Irouve rien de plus jusle et de plus raisonnable que d’apporter a la campagne un ouvrage de moi, et de me le cacher soigneusement lorsque je l’ai voulu avoir. Envoyez loujours eelte piece, on verra ce qu’on en pourra faire.

Je vouseu apporterai une autre que je fais imprimer actuellement a Paris. Je voudrais <Stre deja a la Riviere ; mais j’ai encore ici deux ou trois petites affaires qui me reticnnent.

II y a quelques estampes 1 qui m’ont beaucoup plu, et d’autres dont je n’ai pas etc si content ; mais les graveurs disent que celles-li sent les plus belles, et ils m’ont assure que les defauts que je trouvais etaient autant de beautes.

Je vous prie d’avancer loujours noire ouvrage, et d’effacer dans le neuvi&me chant ces deux vers :

Siege afiVeux, compose de ministres cruels ,

Et toujours arrose par le sang des models.

II faudra les passer comme bien d’autres; cela n’en sera que mieux. J’ai la fievre au moment que je vous ecris. Le lait que j’ai voulu continuer, avec l’embarras

1 Pour la Heni iade.

des affaires et le chagrin dont je suis lutine a Paris, m’a fait beaucoup de mal ; le pis que j’y trouve, c'est que cela rctarde mon relour et me fait rester malgrii moi dans une ville quo je deteste. M. de Richelieu partil hier pour Forges, et milord Bolingbrokc pour l’Auglelcrre; ainsi je ne sais plus que dcvenir dans Paris. Mandez-moi au juste ou Ton est de l’edition, el surlout ue me cachcz point l’indiscretion que vous avez eue de montrer la parodie a madame de Bernieres.

V eudredi, juillet 1722.

M. le due de Sully vient d'arriver a Villars, et m’emmene avec lui dimanchc. Je compte vous mandcr incessamment dans quel temps vous pourrez venir remplir avec moi uos grands projets de solitude. Portez-vous bien, mon cher Esdras; songez toujours a moi, a la reparation de notre gros livre, et surtout ii voire sante. Mes compliments a toute voire famille. Envoycz par le porteur le second tome de Cromwell a madame la marechale, et a moi Tacile. Adieu.

i. — AU MEME,

Ultl MAI) AM K DE BEHMUHEi , A llOfK’l.

Ce sameili , aout 1722.

. Je refois voire billet samedi matin, dans le temps qbe je vais parlir pour Villars. J’envoie cbercber Du-

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