LETTRES IN£;DITES
Mais quelque chose que je 1 ui aie dite de sa femme et de sa maison, je lie crois pas qu’il vienne sitdt les voir. II me paratl fort occupe des affaires et des plaisirs qu’il a dans ce pays-ci. Je l’ai trouve beau, brillant et pare, comme uu jeune petit-mattre a boimes fortunes.
Voilii tout ce que je sais de vos affaires. Pour les miennes, elles sont un peu plus mauvaises. J'ai perdu sans ressource mes deux mille livres de rente viagere pour avoir trop tard6 a en payer le fonds. Les affaires de ma famille commencent a tourner mal. M. de Nicolai 1 n’a pas voulu me faire accorder de provision. Ainsi j’ai plus besoin que jamais de la philosophie, dont je veux faire profession. Je vais regarder la fortune comme un avautage qui n’est necessaire qu’aux gens remplis de desirs. Les richesses sont des emp Litres pour les blessurcs que nous font nos passions. Mais un philosophe est un bomme bien sain, qui n’a pas besoin d’empkllres. Je me mets done dans la Idle d’etre heureux dans la pauvrele
La (In et Ic milieu de cette lettre manquent. (Note ile M. de Cayrol.)
A Calais, cc 5 mai 1726, chez M. Dunoquct.
Mon cher Thieriot, je n’ai que le temps de vous dire que je suis h Calais, oil je comple rester quatre ou cinq jours , que je vous aime reellement , que je re-
' President de la chambre dc& comptes.
grctle madamc de Bernieres plus qu’elle ne pcnse, quc je serais console si je pouvais trouver en Anglelerre quelque imagination comme madamc du Defiant, ct quelque malade comme le chevalier Des Alleurs; que je suis tres-fAche d’avoir connu si peu m a dame de Godefroy, et qu’il faut que vous m’ecriviez tout a l’heure quelque longue lettre, oil il y ait bien des nouvelles el bien des amities de votre part et de colie de madame de Bernieres, a laquelle je serai attache toute ma vie.