A M. l/ABBE MOUSS1NOT
C e ) juillcl 1737.
Je vous avais demande, mon cher abbe, des thermometres el des baromelres. J’insisle encore forlemenl la-dessus. On en transporle au bout du monde. Vous pourriez consuller sur cela M. Grosse 1 ou M. Nolel 2, qui demeure quai des Theatins, chez M, le marquis de Locmaria.
Ce M. Nolel en vend de tres-bons. 11 cnseignera et donnera par ecrit la maniere de les faire parvenir en province en sdrele. On pourrait, je crois, tres-bien envoyer dans une caisse le mercure, les verres, I’csprit-de-vin colore, etc., chacun a pari, et on remplirail le tbermometre selon la fafon dont M. Nolet luimeme s’y prend.
Ce qui est bien sdr, c’esl qu’il me faut deux bons baromelres el deux bons thermometres; si je peux 'surtout en avoir selon la methode de Fahrenheit, je vous serai tres-obligd, diit-on me les apporter a pied. 11 n'y aurait qu’a m'envoyer ce Savoyard 3 en qui vous
1 Oiimiete.
* Phjticien.
i Voj. au commencement ilc cc volume, page 27.
LETTRES INKD1TF.S
avez confiance, el qui cst un honndle gallon. II apporlerail avee ccla des serins, suppose qu’ils soienl prives, si M. Dubreuil voulail en ceder pour de l’argent, et une pelile perruche a collier noir. Vous feriez prix avec lui pour son voyage. Vous seriez un honime charmant. 0
Au resle, mon chcr abbe, n’epargnez jamais l’argent quaud il vous faudra des voilures,et preferez loujours en fail d’achal le beau el le bon , un peu eher, au mediocre moins coilleux.
On dil bien du mal des estampes de Gaillard. Ne pourrail-on point me faire moins vilain?
Adieu , mon tres-cher abbe.
Cc 30 jnillct 1737.
J’ai 4lc un peu malade, mon cher abbe; sans cela je vous aurais ecrit par votre courrier fanlassin, qui m’a apporle le tout en assez bon ordre. Mais il est arrive depuis bien du malheur it nos barometres et a nos thermomelres. Je ne veux pas abuser de votre patience pour en demander d'autrcs pour le present. Mais en donnant une Henriade a 1’abbe Nolct, vous pourrez fort bien lui demander un plus grand thermometre selon lcs principes de M. de Reaumur. Le plus grand que j’avais, s’dtant lrouv6 encore trop petit, a pete dans 1’ ope ration.
Je vous r6itere mes petites dcmandes de ma derniere lettre. Voici le temps des reponses de M. Grosse et de celle de M. Delarue.
Si notrc chimisteaumfmier 1 tarde itparlir.ne tardez pas, je vous en prie, a m’envoyer de 1'argent par la voie du carrosse, et au lieu de deux cent cinquaute louis, envoyez-en hardiment trois cents avec les livres et les petites bagatelles que j’ai demandees.
Vous me direz ce qu’il faut faire sur le certificat de vie, et sur ce qui est necessaire pour reccvoir mes rentes viageres dont vous avez les conlrats, et ma pension dont M. Tanevot a I'ordonnance.
Je compte qu'on a ecrit a M. lc prince de Guise suivant le modele de lettre que j’avais envoyc, et, si l’on n’a pas encore 6crit, je prie instamment qu’on n’y manque point.
On a donne un ecu de trois livres de gratification au porteur des thermometres , et trois livres encore sur son payement. Combien lui donnez-vous par jour?
Adieu ; on ne peut ni vous fatiguer ni vous aimer plus que je fais. N’oublions pas l’affaire de Bouille- Menard.
Autres questions.
Que dit la perruebe? Car il faut qu'on la repute.
Avcz-vous eu la bonte de dormer a d'Arnaud un louis d’or? Dites-lui done qu’il se fasse appeler Arnaud ; e’est un beau nom de jansiniste, el Baculard est ridicule. — Fa/e, et me ama.
1 l.'obbe Nolt't, qui dcmrurnlt an chateau de Oircy,
l.hTTItES INfilHTES
17 uovcmbrc 1737.
Je refois la vfitre du 15, mon cher el veritable ami. Vous files bieu bon de soupconner M. d’Argenlal d’nvoir ecril le billet que vous m’envoyez. Je vois bien que vous ne connaissez pas l’eeriturc el le style du petit Lamare. 11 me semble qu’il devrait se servir autrement de sa plume. II pourrait avoir plus dc respect pour vous et de reconnaissance pour moi. 11 devrait au moins n’ecrire que pour me remercier de mes bienfaits. Je lui ai donne cent francs pour son voyage d’ltalie , el je n’ai pas entendu parler de lui depuis son retour. Je ne le connais que pour l’avoir fait guerir d'une maladie in fame a mes depens, el pour l’avoir accable de dons qu’il ne meritait pas. Mais je suis accoutume a I’ingratilude des homines.
Que Lamare ne m’ait paye que d’ingratitude, encore passe. Mais Demoulin y a joint la friponncric, 1’outrage et les plus indignes precedes. Sa femme, comme je vous l’ai mande , m’a ecrit pour me demander grace; mais si Demoulin ne me demaude p;is au moins pardon de ses infamies, il sera poursuivi a la rigueur.
Tfichez, mon cber abbe, d'avoir celte belle pendule a secondes.
Je vous supplie d'envoyer presser Prault tils pour l’envoi des livres que j’ai demandes.
Je prie M. votre frere de se souvenir du Cresfonte.
l)F. VOLTAIRE (1131). Mil
1'n petit billet a Thicriot, je vous prie, pour les habits. Pardon, et mille amities a vous et aux vfttrcs.