Voltaire à Ferney; sa correspondance avec la Duchesse de Saxe-Gotha, suivie de lettres et notes historiques entièrement inédites
Les archives de Gotha gardaient sous une consigne sévère ce dépôt longtemps et infructueusement assiégé par quelques éclairettrs éclairés du monde savant1. M. Bavoux en obtint la clef et s'est empressé de la remettre au public, qui va enfin prendre possession de cette curieuse correspondance. — Voilà l'origine de ce volume.
MM. de Cayrol2 et Alphonse François, depuis leur publication de 1857, avaient réuni encore une assez nombreuse collection de lettres de Voltaire, que M. Didier proposa de joindre aux deux parties dont nous venons d'indiquer la composition.
Tout cela formait un total de plus de 300 lettres, dont quelques-unes autographes, toutes inédites, divisées en trois parties distinctes : Ferney; Saxe-Gotha; Diverses.
Ces trois parties sont suivies d'un travail fort intéressant : Remarques autographes de Voltaire sur un livre anonyme du père Daniel, intitulé : Observations critiques sur l'uistoiiœ de France DE Mézerai. La relation anecdotique de cette découverte littéraire est assez piquante pour que nous nous bornions à y renvoyer le lecteur*, sans nous exposer à la déflorer ici par une communication anticipée.
C'est ainsi que les trois premiers livres forment une sorte de mosaïque épistolaire, dont les amis des belleslettres apprécieront sans doute le coloris aussi bien que l'unité ; car si les dates de cette correspondance sont diverses, on remarquera que la division en quatre parties laisse à chacun son ordre chronologique et lui
1 Voir plus loin, page 81.
7 Voir sur la mort de M. de Cayrol page 297 ci après.
3 Voir plus loin avertissement page 449.
NOTE PRÉLIMINAIRE. vu
conserve, pour ainsi dire, son unité d'actiun, et, le dirai-je? son unité de lieux, son autonomie.
Le quatrième livre est distinct des trois qui le précèdent. Ce ne sont plus des lettres, c'est de la critique historique.
Dans la première partie, c'est Voltaire à Ferney, travaillant à la prospérité et en quelque sorte à la création de Ferney et du pays de Gex.
Dans la seconde, c'est Voltaire en communication avec la duchesse de Saxe-Gotha, du 10 février 1752 au 26 août 1767, pendant une période de quinze ans, qui ne comprend pas moins de 140 lettres de Voltaire.
Dans la troisième, c'est Voltaire à ses débuts, à peine âgé de 27 ans, car il est né le 21 novembre 1694, et la première lettre de la troisième partie est datée du 2 juin 1721, tandis que la dernière de ces 144 lettres a été évidemment écrite dans le mois de mars ou d'avril 17781, et chacun sait qu'il est mort le 30 mai suivant.
La quatrième se compose de l'annexe sur Mézerai.
Tel est l'ensemble de ce volume qui, on l'espère, après le soin scrupuleux avec lequel il a été, dans tous ses détails, collationné , confronté , vérifié , annoté, ne sera pas un document perdu dans l'histoire littéraire du dix-huitième siècle.
1 On se rappelle que Voltaire arri\a le 10 février à Paris, où il mourut. (Voir ci-aprés pages 6 et suiv.)