‹ Voltaire à Ferney; sa correspondance avec la Duchesse de Saxe-Gotha, suivie de lettres et notes historiques entièrement inéditesChapitre 21 sur 95 · A M. THlERlOT · texte numérisé non relu

A M. THlERlOT

▲ LA ftlVIKRB BOUBDIT.

de samedi, 1723.

Je viens de recevoir ce que vous savez. Effectivement, cela n'est pas trop bon; mais on pourrait le

rendre passablement plaisant, en y travaillant un peu ; j'y songerai à mes heures de loisir. A l'égard du petit imprimé dont je vous ai parlé, je vous le porterai à la Rivière. Je ne compte revenir vous voir que lorsque j'aurai attrapé quelque chose des Paris pour vous. Je vous suis extrêmement obligé de l'argent que vous avez donné à Yiret ; s'il faut le rendre avant mon retour, vous n'avez qu'à me dire sur qui il faudra tirer une lettre de change à Paris.

Je viens de lire les nouveaux ouvrages de Rousseau ; cela est au-dessous de Gacon !.

CHBI MADAHB DE BRBIUBRES , Â LA RIYIBRB BOUBDBT.

J'arrive de Villars avec un grand mal de gorge. J'y ai reçu une lettre de vous, par laquelle vous nie paraissez plus innocent et plus mon ami que jamais : cela augmente l'envie que j'ai de vous revoir et de retourner dans la belle solitude où vous êtes : je n'attends que le jour de mon départ. Je n'écris point à madame de Dernières, parce que je veux auparavant avoir entièrement achevé l'affaire dont elle m'a charge auprès de Francine. Je n'oublie assurément pas le» vôtres, et vous me verrez arriver bien honteux et bien mortifié si je ne vous apporte quelque bonne nouvelle.

1 V. Œuv. conip'.t édition lioudiol, t. M, [k 83.

Adieu. Écrivez-moi toujours un petit mot, et présentez mes respects à madame de Lezeau et au maître de la maison. Demandez à madame de Bernières si elle n'a point quelque ordre à me donner avant mon départ.

A LA BIV1BRB.

Mon cher Thieriot , envoyez-moi mes lettres dans une enveloppe à Villars; je reviendrai bientôt vous retrouver. Je crois que Marianne sera, avec un peu de soin, digne de l'amitié que vous avez pour Fauteur. Je ne souffrirai pas qu'elle soit jouée sans que vous ayez les grandes entrées dans mon Louvre; ce sera une nouvelle facilité de me trouver souvent avec vous, et cette raison est aussi forte pour moi que la petite utilité que vous y pouvez trouver.

Renvoyez les journaux, songez à Henri et aimez François.

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