‹ Voltaire à Ferney; sa correspondance avec la Duchesse de Saxe-Gotha, suivie de lettres et notes historiques entièrement inéditesChapitre 25 sur 95 · AU MARQUIS D'ARGENS · texte numérisé non relu

AU MARQUIS D'ARGENS

A Cirey en Champagne, ce 18 août 1736.

Auriez-vous vu, monsieur, un libelle diffamatoire que Rousseau a fait imprimer dans la Bibliothèqve française? L'ouvrage est digne de lui; il est mauvais cl plein de calomnies: vous y êtes indignement traité. Ce monstre décrépit, qui n'a ni dents ni griffes, cherche encore par une vieille habitude à mordre et à déchirer. Voici une petite crêpinade ou roussade 2 que je vous envoie, c'est un coup de fouet pour faire rentrer dans son trou ce vieux serpent. Si vous voulez, je vous enverrai la réponse à son libelle. Vous serez peutêtre bien aise de savoir que M. le duc d'Aremherg lui a fait une réprimande publique, et Ta traité comme un laquais pour l'avoir osé citer dans son libelle. M. d'Aremherg m'a écrit pour désavouer l'insolence de son domestique.

S'il y a quelque chose de nouveau, je vous supplie

1 V. Œitr. compl., t. XIV et XXXYIU.

de vouloir bien me le mander. Si je pouvais être assez heureux pour vous être bon à quelque chose , je vous supplierais bien plus instamment encore de m'écrire. Je suis avec bien de l'estime et de rattachement , monsieur, votre, etc. V.

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