A M. THIERIOT
15 décembre 1737, à Cirey.
J'ai reçu, mon cher ami, la lettre du prince. Cela fait un peu de détour, mais cela est plus sûr. Vous pouvez m'écrire par la voie ordinaire, à Cirey, quand vous n'aurez rien de particulier à me faire savoir. Madame du Chàtelet vous a écrit. Je vous dis à peu près les mêmes choses qu'elle, mon cher ami, je n'ai pas un moment à moi. Une tragédie nouvelle est actuellement le démon qui tourmente mon imagination. J'obéis au dieu ou au diable qui m'agite. Physique, géométrie, adieu jusqu'à Pâques. Sciences et arts, vous servez par quartier chez moi; mais Thieriot est dans mon cœur toute Tannée.
Votre frère m'a envoyé des habits qui sont si beaux que j'en suis honteux. Je vous recommande ma nièce. M'est-il permis de dire à Pollion et àPolymnie â •combien je les révère?
Portez-vous bien, aimez-moi, écrivez-moi. A propos, j'ai corrigé les premiers actes {YOEdipe, Zaïrey et tous nies petits ouvrages. Toujours enfantant, toujours léchant; mais le monde est trop méchant.
2i>. — AL MÊME.
Cirey. ce 21 jïiivit'r 173*.
Je m;oi>, mon ri ht ami, uli paquet de vous et du
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prince royal *. Je vous eu verrai une énorme réponse incessamment. Je ne peux toujours m'empécher de vous féliciter ici, en courant, de la manière pleine de désintéressement et de sagesse avec laquelle vous vous êtes conduit auprès du prince. Je vous en parlerai plus au long dans mon premier paquet.
Voici une lettre que je vous prie de faire tenir surle-champ à M. Duclos.
Vous devez recevoir un paquet de moi, écrit avant la réception de la lettre du prince royal.
Ce SO 1738.
Je n'ai que le temps, mon ami, de vous adresser ce petit mot en vous envoyant la tragédie de M. Linant, que je vous prie de lui rendre, sans souffrir qu'il en soit tiré de copie. Il me paraît qu'il y a de très-beaux vers, et qu'il mérite toutes sortes d'encouragements.
Comment est-ce donc qu'on a imprimé ma lettre à l'abbé Dubos? J'en suis très-mortifié ; il est dur d'être toujours un homme public. — Je vous embrasse.