‹ Voltaire à Ferney; sa correspondance avec la Duchesse de Saxe-Gotha, suivie de lettres et notes historiques entièrement inéditesChapitre 33 sur 95 · A M. L'ABBÉ MOUSSINOT · texte numérisé non relu

A M. L'ABBÉ MOUSSINOT

Ce 2 1 juillet 1738.

En réponse à votre paquet du 19, mon cher ami, je vous renvoie la préface de M. Darnaud. Je vous prie de lui mander sur-le-champ de la bien copier sur du papier honnête, et de tâcher, s'il se peut, de l'écrire d'une écriture lisible. Aprèsquoiil vous laremettraavec un mot d'avis qu'il écrira aux libraires de Hollande.

Vous aurez la bonté de faire mettre le tout à la poste, à l'adresse de MM. Westein et Smith, Amsterdam.

Et vous me renverrez le brouillon corrigé que je vous envoie.

J'ai reçu le télescope et les pantoufles. Le télescope est très-bien raccommodé, et ces pantoufles sont fort bien faites. Mes pieds et mes yeux vous sont fort obligés. Envoyez-moi encore, quand il vous plaira, trois paires de ces belles pantoufles.

Le procédé de Demoulin est d'un coquin, et celui

1 Éléments de la philosophie de 'Newton. Œuvres complètes,

t. xxxvm.

* C'est au savant M. Barbier, bibliothécaire du Louvre, gendre de Beuchot, que Ton doit le texte complet et exact de cette correspondance intime avec Moussinot. a. f.

de Lamarre d'un étourdi. Je veux absolument que Demoulin paye au moins 1,000 livres ce mois d'août, et qu'il donne des sûretés pour les 2,000 livres restantes. C'est ce qu'il faut que le procureur lui fasse dire, et cela à condition qu'il me demandera pardon de l'insolence qu'il a eue de me menacer d'un mémoire. Sans ce préalable, je veux qu'on le poursuive à la rigueur.

Je vous ai écrit au sujet du sieur Dupuis, libraire, qui doit fournir pour environ 80 * de livres, en lui rendant son billet, qui est, je crois, de 96 livres; il doit être content de mon procédé.

De plus, il pourra me fournir des livres que je lui payerai comptant par vos mains, si vous le trouvez bon.

Je suis bien mécontent de la négligence de Pratilt, qui ne me fournit jamais les journaux, ni ce dont il est convenu, à temps.

Je vous prie de faire venir chez vous le chevalier de Moulu, et de lui demander naturellement ce qu'il faut par an pour les nouvelles qu'il fournit, et ensuite je vous dirai ce qu'il faudra donner à compte. Il pourrait peut-être se charger d'envoyer les Mercure* et pièces nouvelles.

A propos de pièces nouvelles, je vous prie de m'envoyer une rescription de 4,000 livres; et sur ce, je vous embrasse du meilleur de mon cœur. Y.

Je prie M. votre frère de souscrire de ma part pour

h\ livre de M. de Brcmont. C'est une traduction des

Transactions philosophiques. II y a déjà deux tomes

d'imprimés. Je prie qu'on les achète, et que M. de Bré-

• mont puisse savoir que je suis un de ses partisans.

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