MÉMOIRE ENVOYÉ AUX FERMES GÉNÉRALES
J'ai l'honneur de faire observer à MM. les fermiers généraux :
!° Que j'ai commencé par demander leur avis, et que je me soumets sans aucun procès à la décision de M. Chauvelin sur l'affaire du centième denier qu'on
1 Hor., liv. 111, ode 29, v. 54.
exige pour la terre de Toùruay, terre de l'ancien dénombrement:
2° Que Ton n'a pas accusé juste à MM. les fermiers généraux, eu leur disant que mou contrat porte que je serai pbligé de foire pour douze mille livres de réparations. Il est dit expressément que , si je meurs dans l'espace de trois années , cette dépense de douze mille livres ne sera point exigible. Or, il est clair qu'en cas de mort dans l'espace de trois années , mes héritiers n'étant point tenus de payer ces douze mille livres > je ne dois pas être tenu de payer aujourd'hui le centième d'un argent dont le fonds serait nul;
3° Que la terre de Tournay est tout entière dans l'ancien dénombrement de Genève; que cette terre n'est sujette à aucun droit, quel qu'il puisse être; que ne payant ni taille, ni capitation, ni dixième, ni lod , ni aucun droit , elle ne peut être sujette à celui du centième ;
4° Que M. le président de Brosses m'a garanti toutes les franchises et tous les privilèges ; qu'ainsi ce serait à lui qu'il faudrait s'adresser , en vertu de la clause particulière du 11 décembre 1758, signé de Brosses.
J'ai l'honneur d'être leur très-humble et très-obéissant serviteur.
Ce mémoire est accompagné du billet suivant : 82. - A M. DE CHAUVELIN.
Aux Délices, 26 mars 175V.
J ose représenter encore que je suis prêt à payer, si je dois.
Mais je supplie M. do Chauvelin de lire mon dernier mémoire. Je me soumets toujours à sa décision et à ses ordres.
Je lui présente mon respect. Voltaire.