‹ Voltaire à Ferney; sa correspondance avec la Duchesse de Saxe-Gotha, suivie de lettres et notes historiques entièrement inéditesChapitre 74 sur 95 · Q3. -AV- HORACE WÀ^POLE · texte numérisé non relu

Q3. -AV- HORACE WÀ^POLE

6 juin U««, k Fcriwy, prètfttsè*.

Monsieur, j'appris «laps m* tftnite g«« W« . avez fait un excellent ouvrage sur le pyrrhonisome 4e ]* histoire, et que vous avez répandu une gr$n4« !?? ipière sur l'obscurité qui couvre encore les ten)p§ ge*

roses blanche et rouge, toutes deux sanglantes et fanées \

Il y a cinquante ans que j'ai fait vœu de douter; j'ose vous supplier, monsieur, de m'aider à acconaplir mon vœu. Je vous suis peut-être inconnu , quoique j'aie été honoré autrefois de l'amitié of the two brothers 4.

Je n'ai d!autre recommandation auprès de vous que

1 V. Lettresur La Beaumelle.Œuv. compl., éd. Bouchot, t. XLIII.

1 Affaires des Calas et du chevalier de la Barre (V. p. 30.)

s II s'agit de l'ouvrage intitulé : Doutes sur la vie et le règne de Richard III t où Walpole emploie son esprit et son érudition à justifier ce t\ran. De son côté, Linguet, dans ses Annales politiques, réhabilitait Néron, a. f.

♦ Robert et William Walpole.

l'envie de m'instruire : voyez si elle suffit. Voulezvous avoir la bonté de m'envotyer votre ouvrage par la poste, sous l'enveloppe de M. le chef du bureau des interprètes, à Versailles? Ma témérité va plus loin encore, monsieur. J'ai toujours douté de l'assassinat de M. de Génonville, qui a produit en France plus de mauvais vers que de représailles *. Je vois que, dans aucune pièce juridique, dans aucun manifeste, dans aucun écrit des ministres respectifs, il n'est question de cet assassinat prétendu. Si cependant il est vrai que vos soldats aient commis cette barbarie sauvage ou chrétienne en Canada, je vous prie de me l'avouer; s'ils n'en sont pas coufpables, je vous prie de les justifier par un mot de votre main. Tout ce que la renommée m'apprend de vous me persuade que vous pardonnez à toutes les libertés que je prends.

Vous pardonnerez encore plus à mon ignorance de vos titres; je n'en respecte pas moins votre personne. Je connais plus votre mérite que les dignités dont il doit être revêtu.

Je suis avec l'estime la plus respectueuse, etc.

Page 1