A CONDILLAC
Dans le fond de mon ermitage, Loin de l'illusion des cours, Réduit, hélas! à vivre en sage, Ne l'ayant pas été toujours, Et ne Tétant qu'en mon vieux âge, La retraite est mon seul recours, Je ne ferai plus de voyage.
Que la gloire avec les amours Couronne, devers Cracovie, Un prince aimé de la patrie *, Qui lui promet de si beaux jours; Trop éloigné de sa personne, Je me borne à former des vœux : On lui décerne une couronne, Et je voudrais qu'il en eût deux.
Voilà, mon cher philosophe, les prédictions du Nos-
1 V. l'édition de Beuchot, t. LXVI, p. 207. * Stanislas Poniatowski , élu roi de Pologne par l'Influence de Catherine 11, dont il avait été le favori, a. f.
tradamus de Ferney que vous pouvez montrer à M. le comte de Mnzolk, à qui je présente mes respects. J'ai déjà lu avec grand plaisir quelque chose de votre Logique1. Je me flatte que bientôt il en paraîtra dans la Gazette littéraire un extrait dont vous ne serez pas mécontent.
Conservez toujours un peu d'amitié pour ce vieux malade, qui est obligé de dicter vers et prose.
HO. — A M. TABAREAF.
mars 1770.
Partez-vous bientôt pour Paris, monsieur? Me permettrez-vous de vous adresser ce paquet que je vous supplierai de faire rendre à M. de La Harpe, lorsque vous serez arrivé? Il n'y aura qu'à le faire remettre chez La Combe, libraire, rue Christine, que tout le monde connaît.
Vous avez lu sans doute la Religieuse: c'est un ouvrage qui fera plaisir aux lecteurs et qui, si je ne me trompe, fera du bien aux familles.
Oserai-je vous demander ce que c'est que cette équipée de saisir toutes les rescriptions aux particuliers ? On m'a pris le seul argent dont je pouvais disposer. Dieu veuille que vous ne soyez pas traité de même ! Je n'entends rien à cette nouvelle opération de finances; car je suis fort ignorant.
J'embrasse de tout mon cœur M. Vasselier 2.
1 Le gouvernement de Pologne avait demandé cet ouvrage à Condillac pour l'enseignenent public, a. f. * Premier commis de la ferme des postée.