‹ Voltaire à Ferney; sa correspondance avec la Duchesse de Saxe-Gotha, suivie de lettres et notes historiques entièrement inéditesChapitre 76 sur 95 · A M. TABAREAU · texte numérisé non relu

A M. TABAREAU

14 avril 1770.

Si vous êtes à Paris encore, monsieur, votre bibliothécaire vous présente une requête au nom du pays de Gex 2; c'est qu'aucune des lettres qu'on nous écrit ne passe par Genève, et que tout soit adressé à Versoix, où nous les envoyons chercher.

Les lettres simples de Paris à Gex et à Versoix ne doivent coûter que neuf sous, et elles en coûtent quinze en passant par Genève. Cela fait au bout de l'année un objet très-considérable pour les particuliers, surtout dans un temps où M. l'abbé Terray nous in vile à l'économie.

Oserai-je encore vous supplier de vouloir bien faire insérer dans les Petites Affiches cet avertissement :

Tous ceux qui écrivent au pays de Gex sont avertis

1 Cette lettre est adressée à Marin, ou peut être à M. Tabareau, directeur général des postes, à Lyon.

* V. précédfmmcnt, page 3C.

418 LETTOES INÉDITES

(T adresser leurs lettres à Vefsçix, et non pas à Genève; sans quoi elles courent risque £ être perdue*.

Je me charge de faire passer le même avertissement au Mercure et à la Gazette.

On me dira peut-être qu'il faut que les citoyens se retranchent , et que la ferme des postes gagne* Mais si les citoyens n'ont plus d'argent pour payer les pensées de leurs amis , que deviendrons-nous? Un peu de commisération, messieurs, je vous en supplie.

Je suis toujours ', etc.

Page 1