‹ Voltaire à Ferney; sa correspondance avec la Duchesse de Saxe-Gotha, suivie de lettres et notes historiques entièrement inéditesChapitre 79 sur 95 · A M. TABAREAU · texte numérisé non relu

A M. TABAREAU

28 juillet 1770.

Vous faites trop d'honneur, monsieur, à Versoix : le receveur de la poste de cette superbe ville est fort loin d'avoir deux cents louis d'or en caisse; et c'est, je crois, deux cents louis d'or que madame Denis a fait remettre à la caisse des postes de Paris pour les pouvoir faire venir de Lyon à Ferney.

Nous avions lu dans le mémoire de MM. les fermiers des postes que cet usage était établi; ainsi c'est à la fête de saint Billard et de saint Grizel que vous devez attribuer cette importunité. Nous nous servions autrefois de la voie de Genève; mais vous savez que

1 11 b'agit des escroqueries du père Grizel.

1 Le Dépositaire.

1 Le comité de la Comédie française. •

l'intention du ministère est que dorénavant nous fassions tout par la France.

Vraiment oui, je n'ai pas manqué d'écrire à M. le duc de Choiseul que j'envoyais une petite caisse de montres à Marseille par la poste; il le trouve très-bon, et vous savez que lui-même a eu la bonté d'en faire parvenir une caisse à Cadix. Il est très-important de donner à notre manufacture naissante toute la faveur possible ; c'est par là seul qu'elle peut se soutenir.

Versoix deviendra un lieu très-considérable; mais il ne l'est pas encore. Ferneyest un petit entrepôt qui s'augmente de jour en jour. Nous faisons tout ce que nous pouvons pour reconnaître les bontés de M. le duc de Choiseul pour notre zèle *.

Je me flatte bien que les nouveaux établissements vous feront faire encore un voyage dans nos quartiers. Je n'ai point assez joui du bonheur de vous voir, vous et M. Vasselier. Adieu, monsieur; personne ne vous est plus tendrement attaché que l'ermite de Ferney,

30 auguste 1770.

Mille tendres compliments à M. Tabareau et à M. Vasselier. J'ai lu le très-plat mémoire fait pour Grizel par l'avocat de l'archevêque. C'est un grand

1 V. précédemment pages 23, 32, 33, 34, 36, 47.

m LETTRES INÉDITES

tâalheur que ce Grizel ne soit pas aussi ridicule que je le croyais ; à peine y a-t-il le mot pour rire dans son aventure et dans son factura. Cet animal a trompé le public , qui s'attendait à une scène très-réjouissante.

5 novembre 1770.

Voici, mon cher correspondant, un mémoire que les esclaves dès chanoines de Saint-Claude, en Franche- Comté, envoient à leur avocat au conseil pour tâcher de jouir des droits de l'humanité '; et comme vous êtes l'homme du inonde le plus humain, je me flatte que vous voudrez bien faire parvenir le paquet à sa destination.

] Vous me feriez un très-grand plaisir de m'apprendre quel est le protecteur de l'homme en question dont vous m'envoyez la feuille ; on pourrait très-aisément ouvrir les yeux au protecteur et obtenir sa faveur, en lui faisant connaître la vérité. Mille reraerctments.

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