‹ Voltaire apologiste de la religion chrétienneChapitre 4 sur 23 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

7> l'ouvrage, le liront non-seulement sans dé- » fiance, mais même avec édification. Par là je » pare tous les coups que Fauteur porte à la » Religion, je sanctifie des écrits plus que » profanes, et je change en un baume salu- » taire le poison qu'un ennemi si dangereux » avait préparé. » ( T. 46,/?. 356. )

Plus d'un lecteur pourra se dire à lui-même : ^Comment après tant d'hommages rendus à la Religion , Voltaire a-t-il pu s'oublier jusqu'à lui faire tant de blessures dans des ouvrages qu'il s'est cru obligé de désavouer? Nous leur répondrons : Cet aigle qui s'était élancé dans la nu6, est venu se reposer sur un fumier. ( T. 54,

Il y a véritablement deux hommes dans Voltaire. Sa première éducation, si religieuse alors, et les instructions du père Porée lui laissèrent des impressions qu'il ne put jamais effacer. De plus il avait trop d'esprit pour n'être paà frappé des caractères de divinité qu'offre la Religiop , et de sa nécessité pôUr le bonheur de la terre. Dé là, les hommages sincères qu'il lui. rend en tant de circonstances, et que nous nous sommes plus à recueillir. Un si grand exemple prouve les effets de l'éducatioia, et

AVAKT- PROPOS.

ce qui est bon à dire, qu'on ne perd pas toujours la foi, quoique devenue pour nous un tourment , parce qu'elle a cessé d'être notre guide. Voltaire lui-même n'a jamais pu l'étouffer entièrement dans son cœur; il n'a pas été complètement impie.

Mais aigri par des abus qu'il a confondus avec la Religion qui ne cesse d'en gémir ; se croyant persécuté; entraîné par l'opinion de son siècle^ et ambitionnant la gloire d'être chef de parti , il a sacrifié à l'impiété, et la vérité, et sa conviction , et sa renomn^ée. Il n'en est pas moins vrai que Voltaire a été, quelquefois librement; et souvent à son insu, l'apologiste de la Religion. Il s'en montre ici le défenseur direct et persuasif II saura plaire sans séduire^ Dans un ouvrage précédent (i), nous l'avons montré, lui et ses disciples, utiles à la Religion, comme le sont les orages à l'air qu'ib purifient, travaillant à l'çnvi à laver un beau monument de la fange dont on l'avait souillé, développant nos preuves par leurs objections mêmes, et servant d'ombres à un superbe tableau.

(j) Apologistes involontaires, 3*?« édition.

DE LA RELieiON,

ItilroHdm.

j'ai passe ma vie à marcher sur des cai^oux ^ pour chercher parmi eux des pierres précieuses, les mettre à part et en tirer partie : c'est par là que les mauvais livres sont quelquefois utiles. { f^oltaire^t. ^i,p. 167 - 1 14« )

JMous avons parcouru une carrière pénible, et nous avons dévoré de tristes écrits, remplis d'erreurs , et quelquefois de blasphèmes , les lisant avec dégoût et dans l'intention de les juger, et bientôt indignés, révoltés de l'ignorance, de la mauvaise foi et de la déraison qui les ont dictés.

Cependant ces ouvrages n'ont pas tardé à nous inspirer une sorte d'intérêt. La collee-

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