CORRESPONDANCE
1493. Parmi les Lettres de Voltaire imprimées séparément , nous avons omis de mentionner la Lettre de M. Contant d'Orville à M. de Voltaire, en lui adressant l'ouvrage intitulé : Le Voltaire portatif, etc., suivie d'une Lettre de M. de Voltaire à M. Contant d'Orville, au sujet du même ouvrage (1766, in-S" de 7 pp. non chitf. ; C. V. Beuchot, 478; cf. notre tome IV, p. 241).
1947. Dans le numéro de mars-avril 1890 de la Revue savoisienne (Annecy, 1890), M. Eugène Ritter, doyen de la Faculté des lettres de Genève, a consacré à Mgr Biord un article des plus intéressants.
D'après M. Ritter, l'édition princeps des lettres échangées entre iMg"" Biord et Voltaire serait l'édition en "24 pages intitulée : Lettres de Mo'' l'évéque de Genève à M. de Voltaire (voyez notre tome III, p. 47), et non pas l'édition en 16 pages qui a pour titre : Lettre de Slg^ Vévêque d'A... (Annecy), etc.. Le prélat, en effet, était évêque de Genève, et c'était là son titre officiel. « Les Genevois, ajoute M. Ritter, se refusaient à reconnaître le « titre de prince-évêque de Genève aux prélats qui résidaient à « Annecy. Voltaire apprit des Genevois à qualifier évêques « d'Annecy Mg^ Deschamps de Cliaumont et son successeur, « Mgr Biord. De même, la brochure où celui-ci est qualifié c. d'évêque d'A... (Annecy) sort sans doute des presses d'un im- 0 primeur protestant de Genève ou de Lausanne.
« La généalogie de Biord se trouve, continue M. Ritter, dans « le premier volume de VArmorial et Nobiliaire du duché de « Savoie, par M. le comte Amédée de Foras : l'ascendance de « Mgr Biord n'y remonte pas plus haut qu'à son grand-père, « maître Joseph Biord, notaire ducal à Samoëns, qui épousa « .Marie, fille de noble Pierre de Marignier, seigneur de Grange. « Jean-Pierre Biord, évêque et prince de Genève, était né en « octobre 1719, à Châtillon en Faucigny, de maître Joseph Biord, « notaire ducal à Samoëns, et de Claudine de ThioUaz. »
1934. Page 77, tome IlL La lettre au maréchal de Schulenbourg a paru pour la première fois, avec la date du 2 aot'it 1740, dans la Nouvelle Bibliothèque, ou Histoire littéraire des principaux écrits qui se publient, n° d'août 1740, La Haye, Paupie, in-i2, p. 523. Il y a quelques variantes de peu d'importance. M. Eugène Ritter, qui a bien voulu nous fournir ce renseigne-
ADDITIONS ET CORRKCTIONS
ment, nous apprend en même temps que la lettre de Voltaire à Necker, que nous avons reproduite d'après le Journal de Genève du 25 février i883 (voyez notre tome III, p. 346), a été imprimée dans le Journal de Genève du 20 décembre 1788; M. Ritter ajoute que, dans ce dernier recueil, cette lettre se termine par ce post-scriptum : « Je vous supplie de vouloir bien faire mes « compliments à M. Audibert, si vous le voyez. »
Enfin, le savant doyen de la Faculté de Genève nous signale, dans le Mémoire présenté à M. le premier syndic par Jacob Vernet, pasteur et professeur en théologie à Genève, sur un libelle qui le concerne, lyôG, des fragments de quatre lettres de Voltaire à Vernet, que les éditeurs de la Correspondance n'ont pas reproduits, et dans les Actes de la Société jwassienne d'émulation, publiés à Porrentruy en iSyS, une lettre de Voltaire à M. Liomin, pasteur de Corgémont et Sombeval, qui n'a pas été recueillie.
221 5. Cette édition des Lettres choisies est de 1884,
21 16. L'édition des Lettres choisies, de M. Brunel (Hachette, Classiques français), a été réimprimée en i885 et en 188S (avec le millésime 1889); l'édition de M. Ch. Aubertin (V^ Belin et fils; voyez notre tome III, n" 21 10) a été réimprimée en 1887 et en 1890.
En 1889, la Correspondance de Voltaire avec le roi de Prusse (Notice par M. de Pompéry) a été publiée par la librairie de la Bibliothèque nationale {Paris, in-32 de 192 pp.). — On trouve dans un volume intitulé : Clioix de lettres du XYIII'-' siècle, par J. Labbé [Paris, Belin frères, 1890, in-i8), un choix assez considérable de lettres de Voltaire (pp. 78-274).
Les lettres Ô387 (à M""" GeolTrin) et 8235 (à La Condamine), qui, dans notre Répertoire chronologique de la Correspondance, sont données comme ayant paru pour la première fois, la première dans le recueil de Dublin (1781), et la seconde dans l'édition Lefèvre, ont été imprimées l'une et l'autre dans le volume intitulé : Épitres, Satires, Contes, Odes, etc. Londres (Genève), 1771, pp. 401 et 28.
Nous ne saurions mieux terminer cet Errata de la Correspondance qu'en réimprimant à cette place deux lettres inédites de Voltaire publiées : l'une dans le Journal des Débats du 3 août 1890, l'autre dans les Arcliives historiques, artistiques et littéraires, livraison du 1"='' octobre 1890 (Bourloton, éditeur).
ADDITIONS ET CORRECTIONS
A M. DU TiLLET '
(i A Potsdam, 8 juillet 1752.
« Si bene vales, ego qiiidem non valeo. Je suis très aise, Mon- « sieur, que vous ayez soixante et seize ans, et quatorze arpens « dans Paris. Je voudrais de tout mon cœur vous voir un jour à « cent ans avec cent arpens; un beau jardin dans le fauxbourg « Saint-Antoine vaut mieux que les deux coteaux du Parnasse. « Jouissez de la vie, si vous pouvez, moquez-vous de tout le reste, « et surtout de mon médaillon. Je crois vous avoir déjà mandé « autrefois que je ne suis point dignusque numismate vultus. Je « pourrais bien être un visage; mais je n'en ay point. Je ne suis « plus qu'une pomme cuitte sur un cou de grue. 11 n'y a pas <c moyen de donner cela à graver. Et puis, croiriez-vous bien « que j'ay appris dans la cour d'un grand roy à mépriser les c< vanités humaines! Il n'y a pas longtemps que M'"'^ la duchesse « de Brunswick pria si instamment le roy de Prusse de lui « envoyer sa statue (dans le goût de celle de Louis XIV à la place « des Victoires) que le roy ne peut la refuser. Il se fit sculpter, « et voici comment : on le mit à cheval sur un coq d'Inde, et, « au lieu de quatre esclaves autour de la baze, il y avait quatre « singes qui faisaient la grimace; vous m'avouerez qu'après cela « il siérait mal aux petits d'avoir de la vanité. Si vous voulez, je « vous enverrai un des singes de la statue, et on mettra mon « nom au bas. Ne faisons cas, mon cher Monsieur, que de la « santé et du repos. Tout le reste est de la fumée, et j'ay trop » couru après la fumée dans ma vie. Je vous souhaite un bonheur « solide, s'il y en a.
« J'ay l'honneur d'être bien sincèrement, Monsieur, votre très « humble et très obéissant serviteur.
A Monsieur Jeannaire-
Trésorier de la Régence, à Montbéliard.
« A Ferney, 171^ octobre 1772.
<c Vous ignorez, Monsieur, que j'ai établi à Ferney une colonie
I. Journal des Débats du 3 août 1890 : Du TiUet voulant faire un a Parnasse contemporain », c'est-à-dire une œuvre où figureraient les me'daillons des principaux écrivains du XYIIle siècle, s'était adressé à Voltaire pour lui demander la permission de graver le sien. Cette lettre de Voltaire à du Tillet figure dans la collection d'autographes de Lebrun (le poète), dont M. Dide, sénateur, possède aujourd'hui la plus grande partie.
3. Archives historiques, artistiques, etc.. Bourloton, éditeur. Paris,
ADDITIONS ET CORRECTIONS
(i et des manufactures qui me ruinent. Loin de pouvoir vous « prêter de l'argent, je suis obligé d'en emprunter. Mon empres- « sèment à servir Mg'' le duc de Wurtemberg me fera tenter << toutes les voies possibles de lui trouver de l'argent à Genève. « Je ne sais si je pourrai y réussir; je ne réponds que de ma « bonne volonté. En attendant, je vous prie de recommander au « sieur Rosé de me payer mon quartier; il est juste que vous « fassiez quelque chose pour moi tandis que je travaille pour «■ vous.
« J'ai l'honneur d'être, Monsieur, votre très humble et très « obéissant serviteur.
« Cette lettre, ajoute son éditeur, M. Alph. Roserot, porte encore le cachet sur cire rouge aux armes d'Arouet de Voltaire, qui sont : d'azur, à trois plumes d'or; écu surmonté d'une couronne de marquis, et soutenu de deux lévriers. »