Id., p
3. Id., pp. 244-245, — Cf. Desnoiresterres, Voltaire à Cirey, pp. 35i- 352. Selon M. Desnoiresterres, la captivité de Didot ne dut pas se prolonger au delà du mois de novembre.
2127. Œuvres diverses de M. de Voltaire. Nouvelle
ÉDITION', RECUEILLIE AVEC SOIN, ENRICHIE DE PIÈCES CU- RIEUSES, ET LA SEULE QUI CONTIENNE SES VÉRITABLES OUVRAGES, AVEC FIGURES EN TAILLE-DOUCE. LondrCS {Tvé-
voux), Jean Nourse, 1746. 6 vol. in-12. (C. V. Beu-
Les figures annoncées sur le frontispice ne se trouvent pas dans l'exemplaire de la collection Eeuchot.
T. I, 2 ff. (pour le faux-titre et le titre), 53 pp. (Préface historique pour l'édition de 1745, pp. i à 7. — Lettres diverses, pp. 7-26. — Pré/ace de l'édition de 1737, par M. Linant , pp. 27-30. — Traduction d'une lettre de M. Cocchi; — Histoire abrégée des événements, etc. — Idée de la Henriade, pp. 3i-53], et 459 pp. — La Henriade, pp. 1-206. — Essai sur la poésie épique, pp. 207014. — Remarques sur la Henriade avec les variantes, pp. 3i5-4i5. — De la manière défaire un journal, pp. 416-458. — Fautes à corriger, pp. 458-459.
T. II, 2 ff. (pour le faux-titre et le titre), xxiii, i p. non chiff. pour les noms des Acteurs d'Œdipe, 477 pp. et i p. non chitf. pour les Fautes à corriger, Œdipe, pp. i-85. — Hérode et Mariamne, pp. 87-183. — L'Indiscret, pp. i85- 2 38. — Bru tus, pp. 239-36o. — Le Fanatisme, ou Mahomet le prophète, pp. 361-471. — Sur la police des spectacles, pp. 472-477-
T. III, 2 if. (pour le faux-titre et le titre), xxxi, i p. non chiff. pour les noms des Acteurs de Zayre, 492 pp. et 2 pp. non chiff. pour \esFautes à corriger. — Zayre, pp. 1-94. — Al^ire, pp. 95-191. — L'Enfant prodigue, pp. 193012. — La Mort de César, pp. 3i3-38o. — Mérope, pp. 381-492.
T. IV, 4 ff. non chiff. (pour le faux-titre, le titre, VAvis de l'éditeur et la table), 488 pp. et i p. non chiff. pour les Fautes à corriger.
Mélanges de littérature et de philosophie.
T. V, 4 ff. non chiff. (pour le faux-titre, le titre, VAvis de l'éditeur et la table), 390 pp. et : p. non chiff. pour les Fautes à corriger. Pièces diyexss^ ; — Le Temple du Goût, y pp. 2oi-25o. — Samson, pp. 251-297. — Le Temple delà
Gloire, pp. 3o3-356. — Le Poème de Fonteiioy, pp. SSy- 3go.
T. VI, 2 ff. (pour le faux-titre et le titre), xi et 383 pp. Histoire de Charles XII.
« Nous n'ajouterons rien ici, — dit la Préface historique « placée en tête du premier volume de cette édition, — tou- « chant le mérite de la Henriade à la belle Préface que « M. de Linant mit au-devant de l'édition de lySy et des << suivantes; nous nous renfermerons uniquement dans « l'historique. Plusieurs fragments de la Henriade furent « imprimés sous le nom de la Ligue en 1723, mais l'ouvrage « entier ne fut imprimé à Londres qu'en 1727 (172S), sous « son véritable nom de la Henriade, par les soins mêmes de « l'auteur. Le roi d'Angleterre Georges I'^'' et M™« la prin- « cesse de Galles, depuis reine, protégèrent l'auteur et l'ou- « vrage.
« Ceux qui s'intéressent aux anecdotes littéraires ne seront " pas fâchés de savoir que M. de Voltaire, à son abord en « Angleterre, ayant essuyé une banqueroute considérable, « le roi, qui le sut, lui envoya deux mille écus. Tout Londres « se piqua de faire imprimer la Henriade par une sou- « scription considérable, et cette générosité de la nation « anglaise rétablit la fortune de l'auteur, que des banque- « routes avaient totalement dérangée. Cependant il s'en « fallut de beaucoup qu'il fût traité de même par ses com- « patriotes. Mais M. le cardinal de Tencin, alors ambassa- « deur de France à Rome, ayant autant de goût pour les « lettres que de génie pour les affaires, lit lire quelques « morceaux de cet ouvrage au pape, et le pape défendit à « son nonce de se prêter à la persécution qu'on voulait « susciter à l'auteur.
« Cependant environ quatre-vingts particuliers de Paris <« souscrivirent pour l'édition de Londres entre les mains du « sieur T. (Thieriot) ; mais, cet argent ayant été malheureu- « sèment enlevé à ce dépositaire, sans que ce fût sa faute, << nous savons de science certaine que l'auteur remit entiè- ■( reraent cette dette, et qu'il paya de ses deniers toutes les « souscriptions de ceux qui n'eurent pas toutes les commo- « dites nécessaires pour faire venir l'ouvrage d'Angleterre. <( Nous avons vu nous-mêmes ces propres souscriptions .< quittancées. Elles sont à la Bibliothèque du roi, avec plu- " sieurs autres papiers originaux dont nous avons tire la » plupart des matériaux de notre Préface historique.
'< Non seulement donc il en coûta beaucoup à l'auteur de « la Henriade pour avoir fait le seul poème épique qu'on « ait en France, mais on ne saurait croire à quel point
« l'envie des auteurs le persécuta; on écrivit cent brochures «calomnieuses contre lui; on joua la Henviade sur le « théâtre qu'on nomme la Comédie-Italienne et sur celui de « la Foire. Mais toute cette cabale et cet acharnement ne « purent empêcher le succès de la Henriade ; on en fit plus « de vingt éditions, plusieurs cTiants en furent traduits en « vers italiens par le marquis Maffei. par M. Ortolani et « par M. Nenci; il fut traduit entièrement en vers anglais " par M. Lockman, et en vers allemands par M™'' Gottsched « et par d'autres ; en vers hollandais par M. de Feitama.
« La lettre de M. Cocchi, célèbre lecteur de Pise, prouve « le cas que les Italiens font de cet ouvrage. Nous donnons « ici la traduction de cette lettre, faite par un chambellan « du roi de Suède, qui était alors envoyé de Holstein à « Paris.
« En lySô, le roi de Prusse, alors prince royal, fit com- « mencer à Londres une édition gravée de la Henriade, « avec des vignettes à chaque page; il honora même cette « entreprise d'une préface qu'il daigna composer lui-même, « et cet honneur si rare fut le plus beau dédommagement « que l'auteur eut à souffrir dans sa patrie.
« L'avènement du prince de Prusse au trône et les guerres « qu'il eut à soutenir empêchèrent l'exécution d'un projet « si honorable aux arts, mais qui exigeait de très grandes « dépenses. M. de Voltaire, dans le court séjour qu'il avait « fait en Angleterre, avait appris assez d'anglais pour écrire « en cette langue : on imprima en effet à Londres un Essai « de lui sur la poésie épique en anglais, et il y en a cinq « éditions. L'abbé Desfontaines traduisit cet ouvrage en « français et le fit imprimer à Paris, chez Chaubert; mais « l'abbé Desfontaines, sachant médiocrement l'anglais, fit « plusieurs fautes considérables dans cette traduction, et « l'auteur de la Henriade fut obligé d'en donner lui-même « une version nouvelle ; c'est celle qu'on imprima à la fin « du poème. 11 y a depuis changé beaucoup de choses, et « c'est presque un ouvrage nouveau aujourd'hui.
« Ce fut là, apparemment, une des causes qui excitèrent « la haine et les calomnies dont l'abbé Desfontaines voulut " accabler un homme de qui il n'avait certainement point à « se plaindre. L'abbé Desfontaines, dans cent brochures sous « des noms différents, fit ce qu'il put, pendant plus de dix « années consécutives, pour abaisser et pour outrager M. de « Voltaire.
« Nous avons mis à la fin du poème les variantes re- « cueillies par M. Lenglet-Dufresnoy, lesquelles il fit im- « primer chez Michel Gandouin, en 1740, et nous avons « ajouté à ces variantes, qui sont très curieuses, quelques « notes qui ne le sont pas moins. Elles sont toutes mar- « quées ainsi : A''. B.
« Le second et le troisième tomes contiendront les pièces « de théâtre. Dans le quatrième et le cinquième, nous avons « mis les pièces fugitives, les odes, les épîtres familières en « vers, les morceaux de littérature et de philosophie, que « nous avons recueillis avec un très grand soin. Nous pou- « vons dire que, pour la correction et la fidélité, cette édi- « tion l'emporte sur toutes les autres, dont l'auteur s'est '< plaint avec raison : elles sont pleines de fautes grossières « et d'ouvrages qui ne sont pas de lui. Nous donnons celle- « ci avec confiance. Les petites pièces de prose et de vers « qui remplissent le cinquième tome plaisent beaucoup à « tous ceux qui ont quelque goût pour la philosophie et à « ceux qui ont celui de la société. On y voit partout le « caractère d'un honnête homme, libre et plein d'humanité, '<■ qui se délasse de ses grands ouvrages en répandant ses « sentiments dans les petites pièces, toutes faites pour des '( amis particuliers.
« J'ajouterai qu'il n'y a point d'ouvrages profanes où <c l'amour du bien public, l'honnêteté des mœurs, la vertu « véritable et la religion, soient plus caractérisés. Quels « portraits de la religion au IV" chant de la Henriade, au « VII'^ et au X'' ! Quels éloges de l'amitié dans presque « toutes les petites pièces que nous imprimons!
« La calomnie a attaqué notre auteur de la manière la « plus lâche et la plus injuste au sujet de ses Remarques « sur les Pensées de Pascal. II n'y a point d'homme sensé « qui ne voie combien M. de Voltaire a raison dans cette « dispute.
« M. Pascal dit qu'il ne se sent pas asse:{fort pour prouver « Vexistence de Dieu par la simple raison indépendante de « la révélation, et il avance que la raison suffit pour prouver « le péché originel.
« M. de Voltaire, avec tous les bons philosophes, pense a tout le contraire : il dit que la raison suffit pour démon- « trer l'Être suprême et que la foi seule peut nous instruire « du péché originel.
« Voilà tout le fond et toute la quintessence de cette fa- « meuse dispute. Il est aisé de voir de quel côté est l'avan- « tage. La jalousie, le préjugé, l'envie de nuire, l'esprit de « parti, et souvent même une dévotion fausse et aveugle, « soulèvent pour un temps les esprits contre l'évidence; « mais enfin il faut se rendre à la vérité qu'on a persécutée.
« Nous joignons ici quelques lettres du roi de Prusse, du « cardinal Albéroni et du cardinal de Fleury, avec quelques- « unes de l'auteur, tant en vers qu'en prose, que nous avons « retrouvées. »
Voltaire trouvait cette édition de 1746 (faite à Trévoux) '( si mauvaise, si infidèle et si pleine de fautes, qu'il avait
« supplié instamment M. Fallu de la supprimer autant qu'il « pourrait ». (Au lieutenant général de police, n" i8tj'5 de l'édition Moland.) On y trouve (chant VII de la Henliade) la note sur Colbert (le peuple, ce monstre féroce et aveugle, détestait le grand Colbert, etc.), et, ajoute Beuchot, à qui nous empruntons ces détails, « celle qu'on ap- « pelle la note des damnés, parce qu'elle donne un calcul « sur le nombre des damnés. La nouvelle préface com- « posée pour cette édition est intéressante. Dans quelques « notes (pages 3i6, 844, SSg, 36o, 367, 371, 379, 38i, 385, « 388) sont réfutées des remarques de Lenglet-Dufresnoy » (éd. Lefèvre, t. X, p. ix).
Des Avis de l'éditeur 'que nous croyons inutile de reproduire) sont placés en tête des tomes IV et V.
2128. La Hexriade, où sokt joikts les poèmes [sic) sur la
BATAILLE DE FOXTEXOY ET l'ÉpITRE A SoK AlTESSE Ma- DAME LA DUCHESSE DU MaIXE, CtC, CtC. NOUVELLE ÉDITION, REVUE, CORRIGÉE ET AUGMENTÉE PAR M. DE VOLTAIRE.
Amsterdam (Rouen), Aux dépens de h Cofnpagnie, 1748, in-8 de 2 ff. lim., Vl, i p. non chiff. pour le faux-titre et 263 pp. Figg. (Bibl. nat. Y, 3452, A + + a.)
C'est là, croyons-nous, le tome I"" d'une édition en douze volumes dont Voltaire parle, dans les termes suivants, à d'Argental, le 10 juin 1748 :
« D'ailleurs me voilà, outre mes coliques, attaqué d'une « édition en douze volumes qu'on vend à Paris, sous mon » nom, remplie de sottises à déshonorer et d'impiétés à « faire brûler son homme. » Le poète veut sans doute faire allusion à la note dite des damnés, dont il a été question sous le numéro précédent, et au sujet de laquelle Voltaire écrivait à Moncrif, en 1748 : « Mon très aimable Al- << manzor, j'ai été chez vous aujourd'hui pour vous dei< mander en grâce de vouloir bien engager le libraire qui « débite la nouvelle édition de la Henriade à ne laisser « échapper aucun exemplaire qui ne soit yurgé de la note « en question. Je fis saisir, il y a deux ans, une édition dans « laquelle on avait mis cette note avec plusieurs autres qui
« me révoltèrent beaucoup Je suis persuadé que, si vous
« voulez bien écrire au libraire, il mettra un carton tel que K je le lui ai fait fournir. » (Éd. Moland, n° 1879.)
Et en effet, dans cette édition de la Henviade de 1748, la note sur les damnés (on compte plus de 920 millions d'hommes sur la terre, etc., etc.) qui se trouve dans l'édition de 1746 (voyez le numéro précédent) est remplacée par la note suivante :
« Ces vers ont un rapport bien sensible à la terrible vé- « rite du petit nombre des élus; et, sans vouloir ici effrayer « les imaginations faibles par un calcul qui n'est que trop « juste, il suffit de renvoyer aux paraboles des épis laissés « après la moisson et des grappes échappées à la diligence << du vendangeur. Voyez surtout le sermon de Tévéque de « Clermont (Massillon) sur le petit nombre des élus, lequel « est un chef-d'œuvre d'éloquence et le modèle presque « inimitable des sermons. » (P. i37.)
Mais cette correction ne satisfait point Voltaire, et, en outre, il a sans doute à se plaindre des volumes suivants, car, le 11 juin, il écrit à Clément, receveur des tailles à Dreux : « J'apprends qu'on vient d'imprimer en « Normandie, les uns disent à Rouen, les autres à Dreux, ■< douze volumes, sous le nom de mes Œuvres, remplis « d'ouvrages scandaleux, de libelles diffamatoires, et de « pièces impies qui méritent la plus sévère punition. L'édi- « tion est intitulée A'Ai)istevdam , par la Compagnie des « libraires; mais il est démontré qu'elle est faite en Nor- « mandie, puisque c'était de là que venait le premier vo- « lume, qui contient la Henriade, et que j'ai vu vendre « publiquement à Versailles, au commencement de cette
« année » Cf. Voltaire au lieutenant général de police,
II juin 1748 : « II paraît depuis quelques jours, dans << Paris, une édition en douze volumes de mes prétendus << ouvrages. Dans cette édition subreptice, il y a quatre « tomes entiers de pièces étrangères, remplies des plus af- « freux scandales, de libelles diffamatoires contre des per- « sonnes respectables, et des impiétés les plus abominables. <■ Je sais, à n'en pouvoir douter, que l'ouvrage est imprimé « à Rouen, et j'en ai fait écrire à M. le premier président, à « qui j'ai eu aussi l'honneur de m'adresser. » Et dans une lettre au même : « Jamais rien n'a été imprimé de plus
« punissable Cette édition porte : A Amsterdam, par la
« Compagnie. Voici, Monsieur, un petit Mémoire que j'ai « l'honneur de vous envoyer à ce sujet. J'envoie le pareil à « M. le comte de Maurepas, et j'attends vos ordres et les « siens avant de faire aucune démarche. »
Mémoire de Voltaire au sujet de Vedition en douje volumes faite à Rouen, avec le titre : Amsterdam , par la Compagnie des libraires.
3o VOLTAIRE
« Il y a quelques mois que je trouvai, chez un homme « qui étale des livres à Versailles, une nouvelle édition de « la Henviade, 1748, avec la Bataille de Fontenoy, etc., « en un volume. J'achetai douze exemplaires de cet homme « pour en faire des présents.
« A mon retour de Lunéville, j'ai trouvé dans Paris une « édition en douze volumes, remplie de libelles et d'impu- « retés, de laquelle ce même volume de la Henviade fait le « premier tome.
« J'ai jugé que ce volume, d'abord séparé, contenant la « Henriade, avait d'abord été vendu pour essayer le débit, et >< qu'ensuite on y avait ajouté les onze tomes.
« Je me suis adressé au même homme qui étale à Ver- « sailles. Il m'a dit ingénument que la Henriade qu'il m'a- << vait vendue avait été imprimée à Rouen.
« Je lui ai demandé les onze autres volumes : il m'a dit « qu'il les chercherait chez ceux qui les ont à Paris, et « qu'il ni'en ferait tenir un exemplaire dimanche, 16 du « mois, ou même samedi.
« Si on peut, à l'amiable, savoir de cet étaleur où se vend « cette édition, il sera aisé de remonter à la source. Il peut « d'autant plus faire cet aveu que, n'ayant aucune part à « cette entreprise, il n'a point d'intérêt à déguiser la vé- « rite.
« L'étaleur en question est un relieur nommé Fournier; « il demeure rue des Récollets, à Versailles, et paraît un « honnête homme. » (Éd. Moland, n° iSgS.)
Citons, au sujet de cette édition de 1748, une dernière lettre de Voltaire au lieutenant général de police. (M. 1895.)
« Monsieur, le premier président de Rouen me fait l'hon- « neur de me mander qu'il y a apparence que le dépôt de ■< l'édition infâme que j'ai déférée est probablement auprès « de Paris, selon l'usage des imprimeurs de Rouen, qui, « lorsqu'ils ont fait une édition subreptice, l'envoient dans « des magasins sur la route, d'où ils la font entrer dans « Paris.
« Voici, Monsieur, une lettre ci-jointe qui m'arrive de « Versailles, par laquelle on m'instruit que le nommé Le- « fèvre, libraire, étaleur à Versailles, vend le tome de la « Henriade, qui sert de premier volume à l'édition en « douze tomes déférée à la justice du ministère.
« Le colporteur qui vend dans Paris à M™'= Doublet et à « M. de Bachaumont, aux Filles de Saint-Thomas, leur a « vendu un exemplaire de cette édition en douze tomes. J'ai « vu cet exemplaire. Je Tai exactement confronté avec le « volume contenant la Henriade, lequel se vend séparé-
BIBLIOGRAPHIE DE SES ŒUVRES 3i
« ment, qui vient du même magasin, qui est imprimé par « les mêmes éditeurs, et qui est débité à Versailles, par le « nommé Lefèvre, publiquement.
« J'ai l'honneur. Monsieur, de vous présenter une de ces « Henriade que Lefèvre vend. Vous pourriez, je crois, sa- « voir aisément de lui où est le magasin de toute cette édi- « tion. Il ne peut vous refuser de vous dire d'où il tient sa « Henriade. Ce livre étant permis, il ne doit point celer «■ d'où il le tire, et, s'il ne l'avoue pas, c'est s'avouer cou- « pable de l'édition scandaleuse dont cette Henriade fait le " premier tome »
Il paraît qu'en 1749 Voltaire était parvenu à apprendre le nom du libraire de Rouen, « éditeur de cette infâme collection » ; ce libraire, qui s'appelait Vatiltin ou Ratiltin, « avait mis, soit dans Paris, soit dans les environs, son édi- « tion en douze volumes ». Dans une lettre adressée au lieutenant général de police (M. igSi), Voltaire déclare « qu'on ne peut rien faire de cette édition que de la brûler », et il prie ce magistrat de « déterrer cet homme de Rouen, « nommé Vatiltin, et de se faire remettre par lui toute l'édition ».
Ni l'auteur des Recherches sur les ouvrages de Voltaire, ni Beuchot, ni Quérard, n'ont eu entre les mains des volumes appartenant à l'édition de 1748, et, sauf l'exemplaire de la Henriade que nous avons décrit en tête de ce numéro, et qui faisait, comme nous l'apprend Voltaire lui-même, le tome P"" de cette édition, nous n'avons jusqu'à présent rencontré aucun exemplaire des tomes II à XII. Peut-être l'édition fut-elle tirée à petit nombre; peut-être, — ce qui est plus probable, — fut-elle saisie et détruite, sur les instances réitérées de Voltaire.
2129. Œuvres de M. de Voltaire. Nouvelle édition,
. revue, corrigée et considérablement augmentée par
l'auteur. Enrichie de figures en taille-douce. Dresde,
George-Conrad Walther, 1748 {de V imprimerie de Breitkopf,
à Leipiig), 8 vol. in-8. (C. V. Beuchot, 10.)
Portrait de Voltaire gravé par Balechou, d'après de La Tour; fleurons sur les frontispices, vingt figures gravées par Bernigeroth (1747 et 1748), d'après les planches des éditions de la Henriade (1728, in-4'') et d'après les figures des éditions collectives et séparées du Théâtre de Voltaire, données par Ledet et Desbordes, d'Amsterdam.
T. I, I f. de titre, i f. pour le Privilège {du. 26 avril 1747); 2 ff. non chitf. pour la dédicace à S.A. R. M'"'= la princesse royale de Pologne, princesse électorale de Saxe (cette dédicace est signée G.-C. Walther); 4 ff. pour la Préface des éditeurs (cette préface est signée H, du Mont et J. Bertaud ; elle est datée de Paris, i"^"" septembre 1748); 1 1 f. non chifF. pour la Lettre de Voltaire à Waltlier, du i5 juin 1747, et pour la table ; 8 if. non chiff, pour la Préface de Marmontel, et 376 pp. La Henriade, pp. 1-192; Seconde partie contenant les variantes et VEssai sur la poésie épique, pp. 193-368; Dissertation sur la mort d'Henri IV (pp. 369-376). Fautes à corriger, au bas de la page 376 ; i portrait et 1 1 fig.
T. II, 2 ff. (pour le titre et la table) et 378 pp. Mélanges de littérature et de philosophie . Il existe à la Bibliothèque nationale (Z. Réserve) un exemplaire de ce tome II, avec des corrections et des additions, dont quelques-unes sont de la main de l'auteur. L'exemplaire de l'édition de 1748 (Dresde), qui fait partie de la collection Beuchot, a aussi des corrections manuscrites, de la main de Longchamp. Quelquesunes de ces corrections ont été admises, dit Beuchot, dans l'édition des Œuvres de 1751 (t. XVI de l'édition Moland, p. 120). — «M. F. -A. Ebert, dans le tome II de son Diclion- « naire général de Bibliographie (en allemand), i83o, dit, à « l'article Voltaire, qu'on a retrouvé l'exemplaire de la pre- « mière édition, imprimée chez Walther, à Dresde (1748- « 1754), avec des corrections et des changements pour une « édition nouvelle... " (Note de Beuchot, t. XIV de l'édition Moland, pp. xiv-xv ; Cf. AUgemeines Bibliographisches Lexikon, Lep^ig, i83o, II, io65.)
T. III, 2 ff. (pour le titre et la table) et 392 pp. Lettres, pp. 1-56; LeJlres-eu-V£t:s, pp^ 57.-,88; Discours en vers sur l homme, pp. 89-1 32 ; Odes, pp. 1 33-i62; Stances, pp. i63-i66 ; Poésies diverses, pp. 169-238; Le Temple du Goût, pp. 239- 272; Samson, pp. 273-320: Pandore, pp. 32 i-36o ; Le Poème de Fontenoy, pp. 361-392. Fautes à corriger, au bas de la page 392.
T. IV, 2 ff. (pour le titre et la table) et 464 pp. Œdipe, pp. 1-106; Hérode et Mariamne, pp. 107-196; l'Indiscret, pp. 197-246; Bruius, pp. 247-348; le Fanatisme ou Mahomet, pp. 349-448; De l'Alcoran et de Mahomet, pp. 449- 454; De Cromwell, pp. 455-460; Sur la police des spectacles, pp. 4G1-464. Fautes à corriger, au bas de la page 464; 5 figg.
T. V, 2 ff. (pour le titre et la table) et 488 pp. Zayre,
BIBLIOGRAPHIE hE SES ŒUV^RES 33
pp. 1-112; Al:{ire, pp. \ i:<-j.oo ; L'Enfant prodigue, pp. 201- ■316; La Mort de Ccsar, pp. 3 17-380; Mcrope, pp. 38i-4<S8. Failles à corriger, au bas de la page 488.
T. VI, 2 ft". pour le titre et la table', 280 pp. et 4 tl". non chirt". pour la table des matières; plus 17 planches et i f. non chiff. pour un Avis au relieur.
Dissertatio)i envoyée par Vauteur, e)t italien, à l'Acadeniie de Bologne, et traduite par lui-même en français, sur les changements arrives dans notre globe, etc., pp. 1-12; Digression sur la manière dont notre globe a pu être inondé, pp. i3-i4; Epitre dedicatoire à M"'e la marquise du Clidtejet, pp. i5-i6; Première, deu.xième, troisième partie des Eléments de la philosophie de Newton, pp. 17-271 ; Lettre sur le chancelier Roger Bacon, pp. 272-276; Sur l'Anti-Lucrèce de M. le cardinal de Polignac, pp. 277-280. Fautes à corriger, à la tin de la table (alphabétique) des matières.
T. \ 11, m tV. non chirt". titre, table, Préface et Discoui s sur l Histoire de Charles XJL, 280 pp. et N fl'. non chitV. pour la table des matières. Histoire de Charles XH. Fautes à corriger, à la rin de la table (alphabétique) des matières.
1'. NUI, 2 tV. (pour le titre et la table) et 2(34 pp. Zadig, pp. 1-82; Le Monde comme il va, pp. 83-io8; Discours de M. de Voltaire à sa réception à l' Académie, pp. inQ-128; La Prude, ou la Gard. use de casselt:, pp. i2()-2G4. Faites à corriger, au bas de la page -ihj^.
Un neu\ièine volume parut en i73u, et un itixieme en 1734. (C. V. Beuchot, 10, 12 et 12 bis.)
T. IX, 2 tV.(pour le titre et la table) et 314 pp. Sémiramis, pp. i~i 18 ^ Eloge funèbre des officiers qui sont morts dans la guerre de 1741, pp. ii()-i36; Des Mensonges imprimes, pp. 137-154; Des Titres, pp. 1 35- 164; Sottise des deux parts, pp. it)5-i74; Memnon, pp. 175-182; Lettres, pp. i83- 2iyi;Ode sur l'ingratitude cX ^\.\\.\ys pois>\(^i, pp. 2o3-2io; t/' Nanine, pp. 211-304."
T. X, 2 (f. (pour le titre et la table) et 39G pp. .\melie,ou le Duc de Foix, pp. 1-80; Rome sauvée, ou Caiilina, pp.8i- 170; Oreste, pp. 171-274; Micromégas, pp. 275-3oo; Pièces diverses, pp. 3oi-33o; Dialogues, pp. 33i-358; Lettres, epilres et autres pièces, pp. 35g-396. — Dans l'exemplaire de la collection Beuchot, cote 12 bis, la page 3 est paginée 5, la page 4, û, et ainsi de suite jusqu'à la page 80. Ce ilefaut
de pagination a été corrigé dans l'exemplaire de ce tome X, coté 12. Il y a eu réimpression pour les pages i à 80.
Voici dans quels termes est rédigée Va Préface des éditeurs placée en tête du tome \", datée, ainsi que nous l'avons indiqué plus haut, de Paris, i*""" septembre 1748, et signée H. du Mont et J. Bertaud:
« Nous avons promis une édition complète des Œuvres n diverses de M. de Voltaire, gentilhomme ordinaire de « S. M. Très Chrétienne, historiographe de France, et nous « commençons à tenir notre parole.
<< Toutes les autres éditions sont si imparfaites et si mau- « vaises de tout point que le public ne cessait d'en deman- <> der une qui contînt en effet ses vérité blés ouvrages. Celles « de Ledet, celle surtout d'Arckstée et Merkus, d'Amsterdam, << et les autres qu'on a faites d'après elles, excitent l'indi- <( gnation du lecteur, soit par les fautes grossières d'impres- << sion qui altèrent le sens, soit par les transpositions, soit « par les infidélités, soit par la hardiesse qu'on a eue d'y <c mêler quantité de mauvaises pièces faussement attribuées « à l'auteur, et par quantité d'autres plates impertinences « dont ces malheureuses éditions fourmillent.
« Pour faire voir au lecteur l'avantage qu'a notre édition « sur toutes celles dont nous parlons, il suffira de remar- « quer :
« 1° Que, dans la seule Henriade, il se trouve ici environ « 400 vers de plus que dans celles qui sont imprimées à « Amsterdam...
« 2° Presque toutes les fugitives [sic] imprimées à Amster- <( dam étaient tronquées misérablement...
« 3° Le Poème de Fontenoy, le poème de Samson et de .< Pandore, beaucoup de chapitres curieux, tels que \ts Anec- « dotes sur le czar Pierre, sur Louis XIV, sur Cromwell, << sur le cardinal de Polignac, des lettres instructives en « grand nombre, sont nouvellement imprimés dans notre « édition...
« 4° Nous avons eu soin d'enrichir de notes la plupart « des pièces fugitives, dont nous avons rétabli le texte par- << tout ailleurs...
» 5° Nous donnons une nouvelle édition de VHistoire de <c Charles XII, dans laquelle on trouve plus de i5o pages « d'additions et de corrections.
« 6° On trouve de plus dans notre édition Zadig, histoire « orientale, et la Prude, ou la Gardeuse de cassette % comé-
I. C'est dans cette édition de la Prude qu'est la version suivie par Beuchot pour les vers 3 et 4 de la scène vi de l'acte III.
die en 5 actes, en vers de dix syllabes, qui ne se trouvent dans aucune autre édition.
« Il serait inutile d'ailleurs de recommander la lecture de ces ouvrages qui se sont soutenus depuis si longtemps malgré les cabales et malgré les journaux de Hollande, dans lesquels des gens intéressés à les décrier ont débité tant de sottises et tant d'horreurs.
« Il n'y a guère de recueil plus varié et qui puisse donner aux étrangers une connaissance plus exacte des diftërents tours de la langue et de tous les différents styles. Poème épique, tragédies, com.édies, histoire, anecdotes, odes, épîtres morales, lettres familières, philosophie, tout s'y rencontre : il n'y a point d'ouvrage de belles-lettres qui rassemble plus de leçons de morale propres à tous les états de la vie. On y voit partout un amour du genre humain, une philosophie tolérante qui se fait sentir presque à chaque page. Jamais on n'a parlé de l'amitié avec plus de sensibilité.
" Non seulement ses ouvrages respirent partout la vertu la plus sociable, mais on y voit un homme pénétré de la grandeur, de la bonté et de la justice de Dieu; on n'a qu'à lire entre autres ce passage de /fl//eH?-/(3(i^, au chant septième :
Au pied du trône même une voix s'entendit. Etc.
u 11 n'est pas étonnant après cela que ses ouvrages philosophiques soient remplis des preuves de l'existence de Dieu, telles qu'on en trouve dans le premier chapitre de NenHon...
" Il faudrait copier plus de trois cents pages, si l'on voulait rassembler ici sous les yeux du lecteur tous les traits épars qui peignent ce que la vertu a de plus touchant et ce que la religion a de plus auguste.
« Dans sa réfutation de quelques pensées de Pascal, on laisse à juger s'il n'a pas toute la raison de son côté... « Quelques personnes se sont élevées avec violence contre cette hardiesse qu'on a eue de prouver que Pascal s'était trompé; mais notre auteur, sans se mettre en peine des injustices, des persécutions et des calomnies, a soumis tous ses écrits et toutes ses pensées à l'Église dans laquelle il est né. « Et comme en étant toujours soumis à cette Église il a toujours marqué une horreur extrême pour la persécution, il mérite bien lui-inêrae de n'être jamais persécute ; aussi a-t-il été honoré de la protection du chef de l'Église catholique et des faveurs du roi son maître. Nous n'en dirons pas davantage sur sa personne et sur ses ouvrages. »
Bcuchot croit que les deux noms signés au bas de celte Préface pourraient bien être des pseudonymes. (Voyez sa note, t. XXXVI de l'édition Moland , p. 495.) — Nous sommes du même avis, et nous pensons que Voltaire n'est pas demeuré absolument étranger à la rédaction de ce morceau. Ce qui est certain, c'est qu'il a été envoyé de Paris, d'où il est daté, au libraire de Dresde. Voyez Voltaire à \N'alther, lettre 1873 de l'édition Moland ; Voltaire au même, 19 septembre i ~^o..
A la suite de la Préface se trouve imprimée la lettre de \'o]taire à \\'alther, du i5 juin 1747 :
■■ M. le comte Algarotti, Monsieur, m'ayant mandé que vous vouliez faire une édition complète de mes ouvrages, non seulement je vous donne mon consentement, mais je vous aiderai et je vous achèterai beaucoup d'exemplaires; bien entendu que vous vous conformerez aux directions que vous recevrez de ceux qui conduiront cette impression, et qui doivent vous fournir mes vrais ouvrages bien corrigés. Gardez-vous bien de suivre l'édition débitée sous le nom de Nourse, à Londres (voyez notre n" 2127;, celle qui est intitulée de Genève (voyez notre n° 21 25), celle de Rouen (voyez notre n" 2128,, et surtout celles de Ledet et d'Arckstée et Merkus, à Amsterdam voyez notre n° 21 20; ; ces dernières sont la honte de la librairie; il n'y a guère de pages où le sens ne soit grossièrement altéré; presque tout ce que j'ai fait y est détîguré, et ces ouvriers ont, pour comble d'impertinence, déshonoré leur édition par des pièces infâmes qui ne peuvent être écrites, débitées et lues que par les derniers des hommes. Je me flatte que vous aurez autant de discernement qu'ils en ont eu peu. C'est dans cette espérance que je suis, etc.. »
Nous voyons, dans cette lettre, Voltaire promettre à son éditeur de lui acheter «beaucoup d'exemplaires »; — quatre cents, dira-t-il dans une autre lettre à Walther, du 23 septembre 1747. Mais il semble que ce beau zèle se soit vite refroidi, car le libraire, ayant fait oflrir un service en porcelaine de Saxe au poète, celui-ci lui répondit, le 19 novembre 1748, qu'il ne devait pas faire cette dépense. « Je « vous prie sérieusement de ne pas m'envoyer ce service. « Je recevrai avec plaisir quelques exemplaires de votre « édition, c'est bien assez, et, si vous m'envoyez autre chose, « je vous avertis que je vous renverrai votre présent; vous « avez fait assez de dépense pour votre édition. Encore une « fois, des exemplaires sont tout ce qu'il me faut, et tout ce << que je veux. »
Que Voltaire ait acheté de son éditeur un nombre plus ou moins considérable d'exemplaires, ou que Walther ait fait hommage de ces exemplaires à l'auteur, c'est là un point tout à fait secondaire : ce qu'il importe surtout de retenir de ces lettres du poète au libraire allemand, c'est la participation de Voltaire à l'édition de Dresde. Dès le 23 septembre 1747, il mande à son éditeur qu'il lui a envoyé « trois tomes de ses Œuvres, remplis de beaucoup de choses « qui ne sont dans aucune autre édition, et purgés de toutes « les fautes qui les défiguraient». Cf. une lettre de Voltaire au même, de septembre 1749 (lisez 1748 : M. 2019). A cette dernière date, l'auteur n'avait pas encore reçu à Paris des exemplaires de l'édition de Dresde : il parle en effet à Walther d'un « petit a\ertissement dans lequel on annoncera « les huit tomes et on désavouera les autres éditions anté- « rieures ». Au mois de janvier 1750, Frédéric était en possession de l'édition : « Comme je savais vos vieilles épîtres " par cœur, écrit-il à Voltaire, j'ai reconnu toutes les cor- '1 rections et additions que vous y avez faites : j'en ai été '< charmé. Ces épîtres étaient belles, mais vous y avez ajouté << de nouvelles beautés, et surtout quelques transitions qui « lient mieux les matières... » (M. 2o58.)
Quelque soin qu'ait mis Walther à l'impression de cette édition, on y relève des fautes assez nombreuses. Nous avons déjà eu l'occasion de signaler l'existence de plusieurs exemplaires avec des corrections et des additions dont quelques-unes sont de la main de Voltaire (voyez ci-dessus, page 32); le 19 septembre 1750, celui-ci adresse à Walther « un exemplaire de son édition qu'il a eu enfin le temps « de corriger... Vous trouverez marquées, avec des papiers H blancs, toutes les fautes d'impression. J'ai fait refaire de " nouvelles feuilles à quelques endroits qui étaient impri- ■1 mes sur des copies trop défectueuses; j'ai ajouté deux " feuillets au commencement du troisième tome; j'ai inséré " deux feuilles entières au tome second; il y a un nouveau .. feuillet pour le tome III, p. 224; un autre nouveau feuil- K let, page 137; beaucoup de pages presque entières corrii gées à la main, beaucoup de passages rétablis. Je vous en- « voie trois exemplaires de ces feuilles nouvelles que j'ai c. fait imprimer ici, et que j'ai insérées dans votre exem- « plaire. Je vous prie de vouloir bien faire relier trois exem- .. plaires complets avec ces additions, et conformément à .• celui dont vous resterez en possession... Vous me tiendrez .< ces trois exemplaires prêts, et vous me les enverrez à la " fin d'octobre, à Berlin, par les chariots de poste. »
L'un de ces exemplaires fut olVcrt à la princesse Ulrique,
reine de Suède, et Tautre à Frédéric (Voltaire à la princesse Ulrique, 22 avril i~5i].
L'édition de Dresde a été condamnée par décret de la cour de Rome du 22 février ijSS {Catalogue des ouvrages mis à l'index^ Paris, 1825, p. 35o).
Barbier, dans son Dictionnaire des ouvrages anonymes (éd. Daffis, 111, 698;, cite une édition des Œuvres de Voltaire publiée à Dresde, en 1749, avec une préface par Baculard d'Arnaud (8 volumes in-80). Cf. la Bibliothèque annuelle et universelle Paiis, lySo et ann. suiv., t. Il, p. 240). Nous ne connaissons pas d'édition de Dresde avec le millésime 1749 ; et quant à la préface de Baculard d'Arnaud (dont il sera question sous le numéro suivant), elle n'a été imprimée qu'en lySo. Aussi présumons-nous, avec Beuchot, que cette édition de 1749 n'est autre que celle dont nous venons de parler, (^"oyez le tome I'"' de l'édition Lefèvre, p. viii.) — Sur un neuvième volume de l'édition de Dresde, publié en 1770^ voyez plus loin le n" 21 32, in fine.
2130. La Hexriade et autres ouvrages du même auteur. Nouvelle édition, revue, corrigée, avec des augmentations considérables, PARTICULIÈRES, ET INCORPORÉES DANS
tout CE RECUEIL. Enrichi [sjcj DE 36 FIGURES, Loiidres (Rouen), Aux dépens de la Sociéfé, 1750-1752. l'C. \'. Beuchot, 9 et 16. Titre rouge et noir.
Tel est le titre d'une édition faite probablement à Rouen, et dont le tome F'' doit contenir la Dissertation historique sur les ouvrages de M. de Voltaire , par M. d'Arnaud , de l'Académie de Berlin, MDCCL (in-12 de xxiv pp., C. V. Beuchot, 899, et C. V. Bengesco), Dissertation qui a si fort intrigué l'auteur des Recherches sur les ouvrages de Voltaire et Beuchot lui-même.
La collection Beuchot renferme les tomes VI et X de cette édition, le premier daté de 1750, et le second de 1752.
Le tome VI (in-12 de 4 ff. lira, 423 pp. et i p. non chiff. pour VErrata) est une réimpression du tome VI de l'édition de Dresde. — Dans le tome X on trouve : 1° (avec une pagination séparée) les Conseils à un journaliste (42 pp. et I f. non chiff. pour la Table); 2° Zadig (pp. 1-104); 3» La
BIBLIOGRAPHIE DE SES ŒUVRES 3g
Prude (pp. io5-256); 4° Rome sauvée (pp. 257-352)'. Un exemplaire de l'édition de Micromégas, avec le millésime lySo, est joint à ce volume. (Voyez notre tome I'^"', p. 441.)
Quand parurent les premiers tomes de cette édition des Œuvres de Voltaire? Très probablement au commencement de 1/50, puisque la Dissertation liistorique de d'Arnaud porte ce millésime, et que cette Dissertation appartient incontestablement à l'édition intitulée : La Henriade et autres ouvrages du même auteur-.
Dès 1738, Voltaire avait chargé Baculard d'Arnaud de rédiger une préface pour l'édition de ses Œuvres, publiée à Amsterdam. (Voyez Voltaire à l'abbé Moussinot, 12 et 17 juin, 3 et 21 juillet 1738.) Cette préface, que Voltaire avait écrite en grande partie lui-même, et qui, revue par d'Arnaud, puis corrigée par Vol taire, devaitétreenvoyéedeParisàMM.Westein et Smith, libraires à Amsterdam, ne fut pas imprimée en 1738'. Cependant d'Arnaud n'avait pas renoncé à l'idée de composer une préface pour une édition des Œuvres de Voltaire. Ce morceau parut-il, dès 1748^ à la tête de l'édition de Rouen, en 1 2 volumes, dont nous avons vu plus haut Voltaire demander instamment au lieutenant de police la confiscation et la suppression, ou bien ne vit-il le jour qu'en 1750? C'est ce qu'il est difficile d'établir. On lit dans une lettre de Voltaire à d'Argental, du 14 novembre 1750 :
« Mon Baculard a voulu aussi désavouer une mauvaise