I. On lit sur les faux-titres : Œuvres de M. de Voltaire
1. Cette Dissertation porte à la signature Volt. Tome /f'. Or, cette même signature se retrouve dans les tomes VI et X {Volt. Tome VI. — Volt. Tome X). En outre, la lettre ornée I de la page i de la Dissertation est la même que celle de la page i du tome VI. Enfin, le fleuron imprimé en tête de la Dissertation est reproduit, avec une autre disposition, dans le tome VI. — Nous avons parlé dans notre tome I^i', p. 108, n° 378, d'une édition de la Henriade, avec le millésime 1752 et le nom d'Amsterdam, dans laquelle se trouve lu Dissertation historique de d'Arnaud. Dans cette édition de 1752, qui doit être une réimpression, ou plutôt un nouveau tirage de l'édition de lySo, la Dissertation liistorique (in-i2 de xxiv pp.) est placée à la fin du tome II, dont toutes les signatures portent néanmoins : Volt. Tome I^'', ce qui s'explique par cette circonstance qu'il y a unifé de pagination pour les deux tomes. C'est probablement au même endroit qu'a été inséré, dans l'édition de 1750, le travail de d'Arnaud. Constatons d'autre part que le mot Préface est placé en réclame au bas de la page xxiv de la Dissertation.
3. La préface qui se trouve en tête de la Henriade, dans l'édition de 173S-1745, est celle que Linant composa pour une édition de ce poème, publiée en 1737. (Voyez ci-dessus, p. 0, note 2.)
« Préface qu'il avait voulu mettre au-devant d'une mauvaise » édition qu'on a faite à Rouen de mes ouvrages. 11 ne savait « pas que j'avais expressément défendu qu'on fît usage de « cette rapsodie, dont, par parenthèse, j'ai l'original écrit et « signé de sa main. » Voltaire parle encore, dans une lettre à Thieriot, datée de novembre lySo, de celte préface que d'Arnaud « avait faite, // y a environ dix-huit mois, pour « une édition de ses ouvrages. » Toutes ces indications sont bien vagues, et il est d'autant plus difficile de les contrôler que nous n'avons eu entre les mains ni le tome I'"' de l'édition de 1748, ni le tome 1<"" de l'édition de lySo. Tout ce que nous savons, c'est que Voltaire avait depuis plusieurs années en portefeuille la préface de d'Arnaud; elle devait d'abord être imprimée au-devant de l'édition de Ledet; peut-être Voltaire la destina-t-il plus tard soit à l'édition de Rouen, en douze volumes, soit plutôt à l'édition de Dresde (en 1747, le poète annonce à Walther « la pré/ace historique qui doit être à la tête du tome !•■'' »'; M. 1873); mais nous ignorons absolument à la suite de quelles circonstances cette préface, devenue la Dissertation historique, tomba entre les mains des libraires de Rouen qui donnèrent, soit à la tin de 1749, soit au commencement de 1750, les premiers volumes de l'édition intitulée : La Henriade et autres ouvrages du même auteur.
11 n'est pas de notre sujet de raconter la brouille survenue en 1750, à Berlin, entre Voltaire et Bacuiard d'Arnaud; on trouvera dans la troisième partie des études de M. Desnoiresterres sur Voltaire et la société au XVIII^ siècle {Voltaire à la cour, pp. 455 et suivantes' le récit détaillé des divers incidents qui amenèrent cette rupture. Disons cependant qu'à l'occasion de ces démêlés fameux, il ne fut bruit un moment que de la Préface de 1750; l'aftaire prit même de telles proportions que Voltaire crut devoir demander à deux de ses amis, le comte d'Argental et le marquis d'Adhémar, des lettres ostensibles destinées à mieux flétrir « l'ingratitude et l'insolence » de d'Arnaud (24 et 23 novembre 1730, M. 2i3o et 2i5i ). A en croire les correspondants de \'oltaire, — ou plutôt \'oltaire lui-même, — car il paraît bien avéré que la lettre de d'Argental était presque entièrement l'œuvre du poète, — d'Arnaud aurait mandé à Fréron qu'après lui avoir fait corn-
i. Notons néanmoins que, dans la Disscrtiition historique de 1750. il est fait mention de l'e'dition de Dresde, de 1748 (p. xi de l'édition princeps , et p. .100 du tome 11 des Mémoires sur Voltaire), ce qui ferait supposer que cette Disserlatiou a été définitivement rédigée postérieurement à l'année 171N.
poser tine préface pour mettre à la tét^ de l'édition de Rouen, Voltaire avait jugé à propos d'y ajouter des choses si graves et d'une si grande importance que lui, Baculard, n'aurait pu ni voulu les adopter, attendu qu'il était bon Français, et qu'il n'était pas dans l'intention de s'expatrier, comme l'avait fait Voltaire; — d'autre part, Fréron, trop heureux de saisir cette occasion de dauber Voltaire, aurait << fait trophée » de la lettre de d'Arnaud, et s'en serait allé " la publiant sur tous les toits »; puis il y aurait eu une seconde lettre de d'Arnaud, annonçant que tout était raccommodé, que la préface de l'édition était l'ouvrage des libraires, etc., etc., etc. Ces lettres de d'Arnaud à Fréron n'ayant pas été imprimées dans les Lettres sur quelques écrits de ce temps, il est impossible de savoir exactement ce qu'elles contenaient, ni s'il y était réellement question de ces ■< choses horribles contre la P'rance » que Baculard accusait Voltaire d'avoir ajoutées à sa préface.
Nous possédons de cette préface, ou plutôt de cette Dissertation historique de d'Arnaud, deux textes différents : l'un imprimé en i-jDO, l'autre publié en 1821") dans les Mémoires sur Voltaire et sur ses ouvrages, par I.ongchamp et Wagnière (t. II, pp. 481 et suivantes). << Nulle trace, dit M. Des- ■i noiresterres, de ces traits contre le roi et la patrie, dont " Baculard accusait Voltaire dans sa lettre à Fréron. Frète déric, au dire de Voltaire, se lit montrer une ancienne <• épreuve de cette belle préface; il n'y trouva point un seul <i mot contre la France, et put s'assurer ainsi du peu de << bonne foi de Baculard, » Voltaire à la cour, p. 46'3.)
Les passages rayés par Voltaire sur la minute originale de la préface de d'Arnaud sont imprimés dans le tome H des Mémoires sur Voltaiie (pp. 504-509); ils y sont suivis de cette note écrite de la main de Voltaire, et qui était annexée à la préface qu'on vient de lire (pp. 5or)-5io) :
» .S'il est vrai que M. d'Arnaud ait écrit en France pour « rétracter une préface dont il m'avait demandé, l'an passé, la <i permission d'orner mes faibles ouvrages, ce procédé doit « d'autant plus m'étonner que cette préface est écrite toute « de sa main, et signée de lui, et je n'en ai retranché que les " éloges trop forts qu'il me donnait. S'il a pu penser qu'il y '< eût dans cette préface quelques réflexions dont le gouver- « nement pût être mécontent, il a encore un grand tort : je « l'ai montrée au roi de Prusse, qui n'y a rien trouve qui ■< pût blesser personne...
<< Quant à sa préface, il y a longtemps que j'avais supplié » ceux qui comptaient entreprendre une édition de mes ou- « vrages de supprimer ce morceau, paice qu'il sufllsait de
« celles dont M. Cocchi et M. Marmontel m'avaient ho- '<■ noré,.. »
Nous savons, par un passage de la Dissertation historique, que le tome II de l'édition de lySo contient « des mélanges « extrêmement curieux d'histoire, de philosophie et de litié- « rature ». La Réfutation des Pensées de Pascal se trouve à la page 214, et le chapitre xix [Histoire de Vinjini?) à la page 114.
Eeuchot porte à douze le nombre des volumes de l'édition de 1750 : elle en avait au moins dix en lySa.
21 31. Œuvres de M. de \'oltaire. Nouvelle édition,