‹ Voltaire. Bibliographie de ses œuvres (volume 2)Chapitre 41 sur 119 · II. — Éditions des Œuvres complètes de Voltaire · texte numérisé non relu

II. — Éditions des Œuvres complètes de Voltaire

publiées depuis sa mort jusqu'à nos jours.

2142. Œuvres complètes de \'oltaire. De l'imprimerie de LA Société littéraire typographique. Kehl, 1784 et 1783-1789. 70 volumes in-S, ou ^2 volumes in-12. Figg.

Un tleuron sur le frontispice (gravé) des Estampes destinées à orner les éditions de M. de Voltaire dédiées à S. A. R. Mgr. le Prince de Prusse, par J.-M. Moreau, dessinateur et graveur du Cabinet du Roi et de son Académie royale de peinture et sculpture; elles se vendent séparément des éditions. A Paris, che^ l'auteur, rue du Coq-Saint-Honoré, près le Louvre, A. P. D. R. [Beaublé scr^p); — un frontispice allégorique avec portrait de Frédéric-Guillaume, prince de Prusse (gravé par Dambrun); ^ 10 figg. pour la Henriade, gravées par Masquelier, Delignon, Dambrun, Patas, Guttemberg, Helman, Simonet, Ducios, Romanet; — 44 figg. pour le Théâtre, gravées par Lingée, Simonet, de Launay, Trière, Halbou, Ducios, Romanet, Dambrun, de Longueil, Delignon, Le Mire, Le Veau; — 21 figg. pour la Pucelle, gravées par Simonet, Dambrun, Halbou, Baquoy, Trière,

io6 VOLTAIRE

Delignon, de Longueil, Croutelle, Lingée, Duclos; — 4 figg. pour les Contes (en vers), gravées par Langlois, Duclos, Delignon et Le A'eau ; — 14 figg- pour les Romans, gravées par Trière, Duclos, de Longueil, Dambrun, Baquoy, Delignon, Simonet, Langlois, Halbou; — et 14 portraits, dont 3 seulement d'après Moreau : Agnès Sorel (les premières épreuves portent Sorelle), gr. par Maviez; Louis XIV, d'après Le Brun et Moreau, gr. par Fosseyeux, et Voltaire d'après Houdon et Moreau, gr. par Alex. Tardieu (ou par Et. Beisson). — Autres portraits : Henri IV, gr. par Alex. Tardieu; Charles VII, gr. par Maviez; Dunois, gr. par Fosseyeux; Charles XII, gr. par Alexandre Tardieu; Pierre l"'', gr. par Langlois; Catherine II, gr. par Fosseyeux; Louis XV, gr. par le même; Frédéric II, gr. par Langlois; d'Alemhert, gr. par Maviez; d'Argental, gr. par Fosseyeux; M™<=du Chàtelet, gr. par Langlois. — A ces portraits on joint :

I portrait de Voltaire, d'après Largillière ; i portrait du même, d'après de La Tour; i portrait de Jeanne d'Arc; I portrait du prince royal de Prusse; i portrait de Vertot, et I tableau des QiHJ^res (70 petits médaillons dans lesquels sont les titres des ouvrages).

En tête du tome I*^"" se trouve une dédicace gravée à S. A. R. Mgr, Frédéric-Guillaume prince de Prusse, dont voici le début :

« Monseigneur,

« C'est dans le dessein de plaire au public et à mes sou- « scripteurs, c'est pour embellir mon ouvrage que je le dédie « à Votre Altesse Royale.

« J'ai tout employé pour rendre dignement les tableaux « immortels du plus grand peintre et du plus grand poète qui " ait jamais existé!

Aurai-je enfin saisi cet art ingénieux

De peindre la parole et de parler aux yeux ' ?

« Et retrouvera-t-on sous mes crayons les transports « d'Orosraane, la tendresse de Zayre, la fermeté de Brutus, « la grandeur de César, et l'hypocrisie de Mahomet, et la « naïveté de Nanine? S'il suffit de s'être pénétré de son « modèle et d'avoir été soutenu dans ses travaux par l'en- « thousiasme, j'ai réussi. Etc., etc. »

Pour plus de détails sur cette première suite de Moreau,

I. Ces vers (de Brébeuf) sont une paraphrase des vers 220 et 221 du livre III de la Pharsale de Lucain (voyez éd. Fournier, l'Esprit des

autres^ éd. de 1879, p. 160).

nous renvoyons aux ouvrages spéciaux de MM. Emmanuel Bocher [les Gravures françaises du XVIIb siècle... sixième fascicul: ; Jean-Micliel Moreaii le jeune; Paris, Morgand et Fatout, 18S2, in-40, pp. 582 et suivantes, et pp. 12, 24 et 25); — Cohen {Guide de Vamateur de livres à gravures du XVIIIc siècle, 5"^ édition, Paris, Rouquette, 1886, 612-614); — baron Roger Portalis [les Dessinateurs d'illustrations au XVIII<: siècle, Paris, Morgand et Fatout, 1877, f- ^^> PP-4^9" 442 et 463-464); — J. Sieurin [Manuel de l'amateur d'illustrations, Paris, Labitte, 1875, pp. 218-221); de Concourt [VArt du XVlIIe siècle, éd. Charpentier, 18S2, troisième série, pp. ii3 et suivantes)'.

On verra plus loin que l'édition de Kehl a été tirée sur cinq papiers différents : le papier bis et le papier ordinaire dit à la -]- de l'in-8° n'ont pas de figures. — Quant à l'édition in-i2, K le grand papier vélin, dit M. Cohen, contiendrait seul les tigures » ?

Dans le courant de l'année 1777, le libraire Panckoucke, qui était allé à plusieurs reprises visiter le patriarche en Suisse (notamment en 1766 et en 1775), et qui s'était associé avec les Cramer, sinon 'pour la publication, du moins pour le débit à Paris, des éditions in-4" et encadrée, avait formé le projet de donner une nouvelle édition des Œuvres complètes de l'auteur de Candide. A la tin de 1777, Voltaire recevait de Panckoucke un exemplaire interfolié de l'édition encadrée de Genève, divisée en quatre-vingts demivolumes, que le poète devait revoir et corriger, « J'ai, « reçu, écrivait-il le 12 janvier 1778 à son futur éditeur, « votre paquet, moitié imprimé, moitié feuilles blanches, « trois mois après que vous me l'aviez annoncé. J'avais «■ été si touché de votre dessein et de votre honnêteté « que j'avais déjà corrigé plus de douze volumes d'une

I. a Daas le format in-4°, dit .M. Emmanuel Bocher, il n'y eut que <( dix-sept gravures de faites. Ces di.x-sept gravures comprennent : un « titre gravé avec fleuron ; un frontispice alle'gorique avec portrait de « Frédéric-Guillaume, prince de Prusse; dix pièces pour la HenriaJc ; « trois pièces pour le Thcâtre [Œdipe, Mariamne, Drutus ; deux pièces « pour les Romans et Contes [le Pauvre Diable et l'Ingénu ; M''« de Saintu Yves et sa compagne regardant, à travers les roseaux, l'Ingénu, vu de a dos). » — Il existe, dans la collection de M. Maliérault, trente dessins de Morcau in-4", très largement lavés à la sépia, pour une suite de la Pucelle, qui n'a pas été continuée. (Voyez les Dessinateurs d'illustrations au XVIIIc siècle, par le baron Portalis, II, 464.) Voltaire (nous avons eu l'occasion de le dire ci-dessus) n'était pas d'avis que l'édition définitive de ses Œuvres (celle dont il s'occupait au moment de sa mort) parût avec des figures : il croyait que « des estampes seraient fort inutiles ». (Voyez page 81.)

io8 VOLTAIRE

« édition que j'ai entre les mains. Il ne s'agira que de « faire porter ces changements sur vos exemplaires .. Si je << suis en vie dans un an, je vous aiderai, autant que je « pourrai, à faire une édition digne de vous '. » Ce projet de l'infatigable vieillard ne devait point se réaliser: Voltaire mourait le 3o mai 1778, et laissait, non pas comme on l'a tant de fois dit et répété, trente et un volumes de ses Œuvres, corrigés de sa main, mais trente et quelques demivolumes de l'édition encadrée {so\i environ le quart de cette édition), sur lesquels il avait fait porter, très probablement par un copiste, les corrections et les changements dont il parle dans sa lettre à Panckoucke du 12 janvier 1778. Ces volumes, ainsi que « deux caisses de papiers et de manuscrits », furent remis par M°"^ Denis à Panckoucke, et, dès le 5 octobre 1778, les Mémoires secrets annonçaient que ce libraire serait « l'agent matériel de l'édition générale <' qu'on se proposait de faire des Œuvr.s de M. de Voltaire. « ... On ne nomme point encore l'homme de lettres qui « présidera à l'opération : il en faudrait plusieurs, tant elle « sera immense et diversifiée ». En même temps qu'il se faisait délivrer les papiers et les manuscrits de Voltaire, Panckoucke rassemblait la volumineuse correspondance du poète. 11 achetait de M""^ de Vimeux, moyennant quatre mille livres, les lettres de Voltaire à d'Argental-, réunissait tout ou }?artie de celles que Voltaire avait écrites à d'Alembert, à Condorcet 5, à La Harpe •♦, à François de Neufchàteau, à la duchesse de Saxe-Gotha, à Sénac de Meilhan, à Saint- Lambert, à l'abbé Morellet, etc., etc., et s'adressait, mais sans succès, au duc de Nivernois, détenteur d'une partie des

1. Dans son Exaimn des Mémoires de Dachaumont Mémoires sur Voltaire, II, 2-3 , Wagnière dit que Panckoucke avait apporté en 1777, à Voltaire, l'édition encadrée de Genève u partagée en quatre-vingts demivolumes, avec des feuillets blancs enire les pages .. ». L'auteur n'avait revu, à sa mort, « que trente et quelques demi-volumes, la plupart de (i la partie historique et du Théâtre ». Il résulte de la lettre de Voltaire à Panckoucke, du 12 janvier 1778, que ce paquet fut envoyé à Voltaire, et non point apporté par Panckoucke à Fcrney.

2. D'Argental avait d'abord confié ces lettres à Panckoucke; puis il les lui avait reprises pour en faire don à M""e de Vimeux, qu'il avait élevée, et qui lui servait de secrétaire. L'acte passé par M™'= Vimeux avec Panckoucke est du 8 août 177S. (Voyez Desnoireslerres, Voltaire, son retour et sa mort, pp. 45i-.p2.j

3. L'édition de Beuchot ne contient pas toutes les lettres de Voltaire à Condorcet; les Œuvres de Condorcet (éd. Arago) en ont révélé cinquante-deux complètement inédites. (Note de M. Desnoireslerres, ibid., p. 45 I.)

4. Œuvres de La Harp:. Paris, \'eruière, 1820. T. XI, Correspondance littéraire, p. 91.

lettres de Voltaire à Thieriot ', ati duc de Choiseul, à jVime Necker-, aux Tronchin 5, etc., etc., pour obtenir l'autorisation de publier les lettres qu'ils avaient reçues du patriarche.

Cependant ce n'était pas à Panckoucke que devait être réservé l'honneur d'élever à Voltaire le grand monument dont il avait, pour ainsi dire, jeté les assises. Soit qu'il eût reculé devant une opération grosse de difficultés et même de périls; soit qu'il n'eût pas trouvé dans l'impératrice de Russie, dont il avait, disait-on, invoqué l'appui, une protectrice assez empressée, ni surtout assez généreuse-*; soit enfin qu'il eût été « à la veille de faillir » 5, Panckoucke céda

1. Ces lettres ont été publiées en it>2o lKi:is les l'ijccs iiiJJiWs, etc.

2. Ces lettres ont été publiées dans les Lettres diverses recueillies en Suisse (par le comte Fédor Golowkin, Genève et Paris, Paschoud, 1821, in-8).

3. Quelques-unes des lettres de Voltaire aux Tronchin ont été publiées, en i85 5, par M. Gaullieur dans ses MéUing-es historiques et littéraires sur la Suisse française, Paris et Genève, Cherbuliez, in-S». « Mais, dit « M. Desnoiresterres, il existe un ensemble de lettres autographes ne « formant pas moins de sept volumes, qu'on se refuse, avec une obsti- « nation qu'il faut respecter, à laisser publier, n

4. D'après la Biographie universelle [Michaud), Panckoucl;e, » désirant (( avoir une protection pour son entreprise, avait imaginé de la dédier « à Catherine II, et avait écrit à l'impératrice. Depuis longtemps il « attendait la réponse, lorsque Beaumarchais, qui était bien aise d'avoir « une opération qu'il pût présenter comme la source de sa fortune, « afin d'en déguiser l'origine (ses fournitures aux Américains insur- « gés), traita du Voltaire avec Panckoucke. Le lendemain de la signait turc du traité, le libraire, après sept mois d'attente, reçut une lettre u de l'impératrice, qui acceptait la dédicace, se chargeait des frais de Il l'édition, et accompagnait sa réponse d'une lettre de change de Il i5o,ooo francs... d (Article Panckoucke, t. XXXII, 62-63.) — Les lettres de Catherine II au baron Grimm, publiées par la Société impériale de l'Histoire de Russie, en 1878, et reproduites dans le tome I de l'édition des Œuvres de Voltaire, donnée par M. Moland, contredisent ce récit. Dès le 17, 18, ou ig {sic) d'octobre 1778, c'est-à-dire moins de cinq mois après la mort du poète, et avant même que Panckoucke eût cédé ses droits à Beaumarchais, Catherine II avait chargé le baron Grimm « de souscrire pour cent exemplaires de la nouvelle édition des G-^uvres de Voltaire. » (Voyez plus loin, page iii.)

5. Mémoires secrets, 20 mai 1779. Wagnière dément le bruit de la faillite de Panckoucke. Les éditeurs des Mémoires sur Voltaire renvoient, pour plus d'éclaircissements sur ce point, à l'article Panckoucke de la Biographie universelle. C'est à cet article, dont nous avons reproduit ci-dessus un passage, que Beuchot a emprunté les détails qu'il a donnés, dans sa Préface générale (Œuvres de Voltaire, t. I, pp. xiv à xv), sur la cession faite par Panckoucke à Beaumarchais des manuscrits de Voltaire. Ces détails nous semblent erronés.

à Beaumarchais ses droits et ses manuscrits'. Aucun des biographes de Beaumarchais, ni Cousin d'Avalon, ni Gudin, ni ^[. de Loménie, ni M. Edouard Fournier, ni M. Betlelheim, ni enfin M. Lintilhac, ne nous apprennent d'une façon précise à quel moment celte cession eut lieu. M. Fournier se borne à dire que, « dès ie mois de février 1779, Beaumar- « chais avait mis en train cette énorme affaire » îp. xlii de son Litrodiiction aux Œuvres d^ Beaitmarchais). Quant aux motifs qui déterminèrent l'auteur du Barbier de Séville à se substituer à Panckoucke et à se faire l'éditeur de Voltaire, Gudin de la Brenellerie rapporte que Beaumarchais obéit surtout, en celte circonstance, à des considérations et à des scrupules de patriotisme.

<' L'impératrice de toutes les Russies, Catherine II, dit-il, « ambitionna... la gloire de faire imprimer dans ses vastes « Etats la collection complète des œuvres du plus grand « homme de lettres qu'eût produit l'Europe. Lorsqu'on « avait persécuté les encyclopédistes, elle leur avait offert sa « cour pour asile, et Pétersbourg pour y achever l'impres- « sion de leur grand ouvrage.

« Beaumarchais, jaloux de l'honneur de la France, ne fut « pas plus tôt informé des démarches que faisaient les agents « de l'impératrice qu'il courut à Versailles remontrer au « comte de Maurepas quelle honte ce serait pour la France « de laisser imprimer chez les Russes les ouvrages de « l'homme qui avait le plus illustré la littérature française. « Ce n'était point chez les Scythes qu'Athènes faisait tran- « scrire, pour sa gloire et l'instruction de la postérité, les « tragédies de Sophocle et les ouvrages d'Aristotc. Ce mi- « nistre en fut vivement frappé; mais, placé entre les deux « grands corps du clergé et du Parlement, il appréhendait « leur opposition et les clameurs de ces esprits timides qui, « trop semblables aux oiseaux de la nuit, s'efTarouchent à « l'éclat du jour.

« Après quelques moments de silence et de réflexion, il « dit à M. de Bcaumarcliais : « Je ne connais qu'un seul « homme qui osât courir les chances d'une telle entreprise. « — Eh ! qui, Monsieur le comte? — Vous. — Oui, sans

I. « Le marché fut conclu au prix de cent soixante mille livres, dont « cent mille furent payées comptant, et le reste beaucoup plus tard. Un « acte du 27 novembre 1786 en régla le payement, par annuités de quinze « mille livres, du 3o décembre 17S9 au 3o décembre 1792. » (Éd. Fournier, Introduction aux Œuvres complètes de Beaumarchais, Paris, Laplace, Sanchez et C'^, 1876, p. XLiii;. L'acte cité par M. Fournier faisait partie de son cabinet. (Voyez le n" 2699 de son Catalogue, Paris, Labitte, 1S80, p. 297.)

BIBLIOGRAPHIE DE SES ŒUVRES m

« doute, Monsieur le comte, je Poserai, mais, quand j'aurai « exposé tous mes capitaux, le clergé se pourvoira au Parle- « ment; l'édition sera arrêtée, l'éditeur et les imprimeurs « flétris, et la honte de la France complétée et rendue plus « ostensible. »

« M. de Mavirepas promit la protection du roi pour une « entreprise qui aurait l'assentiment de tous les bons esprits <( et qui intéressait la gloire de son règne. Alors Beaumar- « chais se livra avec enthousiasme au plaisir d'honorer les « cendres du héros de la littérature, du défenseur de l'hu- « manité, du vengeur des Galas, des Sirven, du comte de « Lally, des serfs de Saint-Claude, de tous les opprimés, « victimes du fanatisme ou des mauvaises lois. Il résolut « d'élever au premier des auteurs le plus beau monument « typographique qu'on eût encore vu '. »

Ainsi que nous l'avons déjà dit -, rien dans la correspondance de Catherine II avec le baron Grimm, son agent à Paris, ne prouve que l'impératrice ait eu réellement l'idée de faire imprimer en Russie les Œuvres complètes de Voltaire : la Sémiramis du Nord s'était bornée à souscrire « pour cent exemplaires» de l'édition projetée par Panckoucke (au baron Grimm, 17, 18 ou 19 d'octobre 1778), et avait acheté moyennant trente mille roubles, payés à M™c Denis le i5 décembre 17785, la bibliothèque du poète. C'est très probablement l'envoi par l'impératrice de cette somme de trente mille roubles qui a induit en erreur l'auteur de l'article Panckoucke , de la Biographie universelle (voyez ci-dessus p. log, note 4), et qui lui a fait dire que Catherine avait consenti à supporter les frais de l'édition des Œuvres de Voltaire, et avait adressé, à cet effet, h. Panckoucke une lettre de change de i5o,ooo francs.

11 ne faut donc admettre qu'avec les plus grandes reserves le récit de Gudin, relativement au prétendu projet de l'impératrice de faire imprimera Saint-Pétersbourg une édition complète des Œuvres du patriarche de Ferney*. Ce qui pa-

1. Histoire de Beaumarchais, par Gudin de ia Brenellerie. Mciiioircs inédits publiés sur les maniiscrits ori^finaux, par M. Tourncux. Paris, Pion, 1888, in-i8, pp. 242-243.

Page 1