Voyez page 109, note
3. Vente de la bibliothèque de Voltaire à Catherine II. — Reçu de Mme Denis, publié dans l'Amateur d'autographes de 1866, et reproduit par M. Moland dans le tome I de l'e'dition Garnier, p. 464.
4. Cf. Beaumarchais et son temps, par Louis de Loménic [Paris, C. Lèvy, 1880, in-iS, II, 216-217). — Beaumarchais. Fine Biographie von Anton Bettelheim. Frankfiirt n/.M. Rutten und Lœning, 1886, 424.
rait hors dedoutc, c'est la protection promise à Beaumar».hais par le comte de Maurepas, non point pour favoriser au grand jour une opération qu'il eût été difficile de poursuivre en France malgré « l'intérêt qu'y aurait trouvé la gloire du « règne de Louis XVI », mais pour tolérer l'entrée et le débit dans le royaume d'une collection que, très vraisemblablement, Maurepas lui-même conseilla au trop entreprenant éditeur de publier à l'étranger. On sait le reste: l'acquisition faite par Beaumarchais, moyennant i5o,ooo francs, des caractères et poinçons du célèbre imprimeur anglais Baskerville; l'envoi en Hollande d'agents spéciaux, avec la mission d'y étudier les meilleurs procédés de fabrication du papier; l'achat de trois papeteries dans les Vosges; l'établissement d'une Société littéraire- typographique , dont Beaumarchais s'intitula le correspondant général ; enfin la constitution d'une sorte de triumvirat composé de Beaumarchais, de Condorcet, chargé d'annoter la future édition des Œuvres de Voltaire', et de Decroix, désigné pour en revoir les épreuves-.
Ces premières dispositions une fois prises, il s'agissait de trouver un territoire étranger, assez voisin de la France, pour pouvoir « tirer du royaume tout ce qui serait utile à <( la grande entreprise projetée», et néanmoins assez éloigné des frontières pour ■< se mettre hors du pouvoir des ministres " et de celui du roi' ». Après avoir hésité entre la capitale
1. 11 résulte de la correspondance inédite de Decroix avec Ruault que Panckoucke (qui, au commencement de 1783, n'avait pas encore achevé de remettre à Beaumarchais tous les manuscrits qu'il avait entre les mains prit aussi part, dans une certaine mesure, à la publication de l'édition de Kehl, ou qu'il en surveilla tout au moins l'impression.
2. Decroix, dont la correspondance inédite avec le libraire Fuault a été très obligeamment mise à notre disposition par notre confrère et ami, M. Maurice Tourneux (cette correspondance abonde en détails curieux et intéressants sur l'impression de l'édition de Kehl), était un admirateur passionné de Voltaire : originaire de Lille, né en 1744, et mort à Lille le 2S juin 1826, il avait, avec son compatriote Panckoucke, visité le patriarche à Ferney, et lui avait soumis, à ce que nous apprend Beuchot, un tableau « où ses ouvrages étaient rangés par genres « ou par sujets. Voltaire en fut très flatté et l'approuva. Ce tableau a « depuis été gravé et joint à des exemplaires de l'édition de Kehl... » (Éd. Lefèvre, I, xiv.) C'est encore Decroix qui avait engagé Voltaire à adopter, dans la nouvelle édition de ses Œuvres complètes, dont il voulait confier, en 1777, l'exécution à Panckoucke, la grande division des Vers et de la Prose, et, dans une lettre du 7 juillet 17S2, adressée à Ruault, nous voyons Decroix se plaindre de ce que Condorcet ne suivait point exactement cette classification.