M. Moland, t. XVII de i'e'dition Garnier, page m
'i. Une e'dilion de lyôS est intitule'e : Dictionnaire philosophique portatif. (Voyez le n" 1401 de notre Bibliographie, t. [, page 414.)
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tion; hâtons-nous d'ajouter que ce chiffre n'a rien de limitatif, et que nous pourrons le porter, selon l'accueil que voudra bien nous faire le public, jusqu'à treize ou quatorze volumes, soit que nous réimprimions l'Histoire de Charles XII, soit que nous augmentions notre édition des Dialogues philosophiques^, ou du Traité sur la tolérance, ainsi que des autres ouvrages écrits par Voltaire à l'occasion des affaires Calas et Sirven '.
« Jusqu'ici tous les éditeurs modernes qui ont réimprimé les Œuvres de Voltaire ont suivi le texte de l'édition de Kehi. Nous avons préféré nous en tenir au texte de l'édition de 1775, dite encadrée, qui est la dernière édition publiée à Genève du vivant de l'auteur. Voltaire a certainement participé à cette édition; la meilleure preuve en est que les éditeurs de Kehl ont reproduit, à la première page de leur tome 1'='', V Avertissement placé, dans cette édition de 1775, en tête du Théâtre. C'est d'ailleurs sur celte même édition qu'a été établi le texte de l'édition de Kehl; seulement, il paraît que, Voltaire ayant laissé à sa mort trente et un volumes de l'édition encadrée corrigés de sa main, les éditeurs de Kehl ont fait passer ces corrections dans leur texte : de là les quelques différences qui existent entre le texte de 1775 et celui de 1784-1785. Comme personne ne sait aujourd'hui ce que sont devenus ces trente et un volumes corrigés par Voltaire, et comme il est certain, d'autre part, que beaucoup de corrections proviennent aussi du fait des éditeurs de Kehl eux-mêmes, nous avons donné la préférence au dernier texte publié à Genève du vivant de Voltaire, et nous avons rejeté dans les notes, que l'on trouvera à la fin de chacun de nos volumes, les principales variantes de l'édition de Kehl.
« Nous suivrons le texte de 1775 pour la réimpression du Théâtre, des Poésies, des Romans, et entîn du Siècle de Louis XIV. Nous avons déjà dit plus haut que nous réimprimerions le Dictionnaire philosophique et les Lettres philosophiques sur les éditions princeps de 1764 et de 1734. Quant à la Correspondance, comme la plupart des lettres de Voltaire n'ont pas été publiées de son vivant, force nous sera de reproduire le texte des éditeurs de Kehl, sauf, bien
1. « Je ne vois pas, a dit M. Taine, quelle idée importante manquerait à un homme qui aurait pour bréviaire les Dialogues, le Dictionnaire philosophique e t les Romans. » [Les Origines de la France contemporaine, I, 344.)
2. M Ces ouvrages, pour être des actes encore plus que des ouvrages d'esprit, n'en sont pas moins marqués en plus d'un endroit delà beauté littéraire.» (Nisard, Histoire de la littérature française, édition de 1884, IV, 379.) ■ - ' •
entendu, pour les lettres dont nous pourrons retrouver les originaux, ou pour celles qui, imprimées postérieurement à l'édition de Kehl, ont paru dans divers recueils, que nous aurons toujours soin d'indiquer.
« Nous n'avons pas cru devoir suivre, dans notre édition, l'orthographe de l'édition de 1775. La typographie d'alors ne brillait ni par le soin ni par l'érudition; en outre. Voltaire n'a jamais mis l'orthographe d'une façon régulière et uniforme. Il n'est même pas l'inventeur de l'orthographe qui porte son nom, et qui consiste à remplacer l'o par Va dans la diphtongue 0/, prononcée comme (3/'. Néanmoins il contribua beaucoup à faire adopter cette orthographe, dont il s'était fait une règle presque constante depuis 1751, date de la publication du Siècle de Louis XIV, L'édition princeps de cet ouvrage est en effet le premier livre imprimé tout entier avec l'orthographe de Voltaire. Les a remplacent les 0 non seulement aux imparfaits, mais encore dans le mo\. faible. A part cette réforme, Voltaire a toujours conservé, en grande partie, l'orthographe du grand siècle. C'est ainsi qu'il écrit fréquemment avec un f le pluriel des substantifs et des participes passés terminés en é : boitte:^, cruaute:{ ; écrase^, empresse^; pour : bontés, cruautés; écrasés, empressés ; — qu'il maintient Vs dans les mots où on la gardait à cause de l'étymologie [prest, tost, aoust); — qu'il termine par un j' les mots que nous terminons par un / {aujourd'huy, icy, jeudy, moy, voicy), tandis que d'autres fois il met un / là où nous mettons un y [envoïer, pais, etc.); — entin qu'il emploie souvent simples les consonnes qui doivent être doubles [chancelerie, insuportable, suplicr), et doubles celles qui doivent être simples {traitté, jetter, cabanne). Reproduire cette orthographe [à. laquelle les éditeurs de 1775 se sont le plus souvent conformés) eût présenté de grands inconvénients, sans offrir le moindre avantage. Aussi avons-nous adopté l'orthographe moderne. Toutefois, obéissant à un usage qui tend à se répandre de plus en plus aujourd'hui, et qui avait presque force de loi au XVIIl'^ siècle, nous avons maintenu la suppression du t dans les mots terminés en an, en, comme enfans, sentimens.
« Chaque volume sera précédé d'une Préface, soit littéraire, soit bibliographique, et suivi de Notes destinées à faciliter la lecture des passages obscurs ou douteux, et à donner des renseignements biographiques sommaires sur les principaux personnages cités par l'auteur. »
i. Voyez à ce sujet V Intermédiaire des cliercheurs et curieux, t. II, 5 K( , et IX, :?04. Cf. le Courrier de Vaugelas, Paris, Didot, 1886, n» i, p. 2, et Desnoiresterres, Voltaire et Frédéric, p. 212 et suiv.
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