‹ Voltaire. Bibliographie de ses œuvres (volume 2)Chapitre 91 sur 119 · VIII. Poésies mêlées · texte numérisé non relu

VIII. Poésies mêlées

2347. Adieux de M. de Voltaire aux Muses. La Haye, J, Néauhiie, 1739. în-12 de i f. de titre et 10 pp. (Bibl.

nat. Z. 2284, 3. Zd. 2538, 3.) — S. 1. n. d. In-12 de 8 pp. (C. V. Beuchot, 88.)

Il est question de « cette tirade contre Voltaire, qu'on « attribue à Piron », dans les Lettres du commissaire Dubuisson au marquis de Caumont [Paris, Arnould, in-i8, p. 544). L'éditeur de ces Lettres, M. A. Rouxel, a confondu cette pièce avec les Adieux du poète aux 3/Mse5 (par Denesle], qui avaient paru en lySy, in-12'.

2348. Un disciple de Socrate aux Athéniens, héroïde (par J.-F. Marmontel?). Athènes, olymp. XXV, an I. [Paris, août 1768.) In-8 de 15 pp.

Nous décrivons cette Héroïde d'après Barbier {Dict. des ouvr. anonymes, éd. Daffis, IV, 868).

Une note de Beuchot nous apprend que cet ouvrage a été attribué à Voltaire (voyez l'édition Moland, t. XLI, p. 94). En tout cas, il n'est pas de 1768, puisque Voltaire en parle dans sa lettre à Helvétius, du 12 décembre 1760, et qu'il en est question dans VAnnée littéraire de Fréron, le 12 août de la même année (t. V de 1760, p. 341). Cette Héroïde n'est dans aucune édition des CEuvres de Marmontel; mais Mercier de Compiègne l'a réimprimée, dit Barbier, à la suite des Opuscules de Guimond de La Touche (lygS, in-i8).

2349. Le Vieux de la Moxtagxe. Genève et Paris, Oiiillau, 1772. In-8 de 20 pp. (C. V. Beuchot, 1833 2.)

C'est Voltaire qui est censé parler dans cette pièce.

2330. Voltaire aux Welches, facétie datée du Purgatoire. Amsterdam et Paris, Gueffier, 1780. In-8 de 20 pp. (C. V. Bengesco.)

On lit sur le frontispice : « Cette pièce a été trouvée dans

1. Une note manuscrite attribue à Voltaire une plaquette intitulée : Actions de grâces après la victoire sur les Anglais. (S. /. n. d., in-8° de 14 pp.; C. V. Beuchot, 86.)

2. Voyez dans la même collection, n° 880, un petit écrit intitulé . Voltaire à La Harpe [S. t. n. d., in-S» de 8 pp.j et commençant ainsi :

Quelle nouvelle a passé l'onde noire?.,.

BIBLIOGRAPHIE DE SES ŒUVRES 3oi

« les papiers de feu M. de ***, jeune poète enlevé à la fleur « de son âge, et dont on va donner un recueil de petits vers « pleins de candeur, comme ceux-ci. »

2351. Voltaire des Champs Élysées a ses cokcitoyens. S. l. 11 . d. {chc'i P''oland, de l'imprimerie de Grange, vers 1789?). In-8 de 8 pp. (Bibl. nat. Lb 39, 7419 et C. V. Beuchot, 1857.)

Cette pièce débute par les deux vers suivants :

Poursuii [sic], prince, poursui/ [sic): couronne ton ouvrage; D'accord avec Necker artermi^ (i'/c) ton courage.

Dans une autre plaquette, intitulée les Màncs de Voltaire {S. l. n. d.), c'est encore le poète qui parle, et voici comment il s'exprime :

... un pacte entre les rois Invite tout un peuple à se donner des lois; ... Munir de sûrs ressorts l'administration, Et de l'Etat former la constitution.

2352. Lettre de François de Voliaire a Joseph de Ché- NiER. Paris, Marchand et Bacot [de Vimprimerie d'Égron), 1806. In-8 de I f. de titre et 25 pp. (C. V. Beuchot, 404.)

On trouve dans le Dictionnaire des ouvrages anonymes de Barbier (éd. Daffis, IV, 3 16) l'indication d'une Réponse de Voltaire à M.-J. Chénier (par Auguste d'Aldeguier), Paris, 1806, in-8°, et nous avons eu entre les mains, à la Bibliothèque nationale, un écrit intitulé : Voltaire tel qu'il est maintenant ou tel qu'il doit être, ou Réponse de Voltaire à J. Chénier. Paris, Martinet, avril 1806, in-8° de 10 pp.

C'est en 1806 qu'avait paru VEpitre à Voltaire, par M. de Chénier, membre de VInstitut (la 3<= édition, de l'imprimerie de Didot jeune, chez Dabin, libraire, forme un in-8'' de 22 pp.). Cette Epitre renferme les vers suivants, qui ne manquent pas d'un certain souffle, et qui, pour l'époque, sont d'une belle facture :

Vain espoir! tout s'éteint; les conquérans périssent; Sur le front des héros les lauriers se flétrissent; Des antiques cites les débris sont épars ; Sur des remparts détruits s'élèvent des remparts;

L'un par l'autre a'oaitus, les empires s'écroulent; Les peuples entraînés, tels que des flots qui roulent, Disparaissent du monde, et les peuples nouveaux Iront presser les rangs dans l'ombre des tombeaux. Mais la pensée humaine est l'âme tout entière : La mort ne détruit pas ce qui n'est point matière; Le pouvoir absolu s'efforcerait en vain D'anéantir l'écrit né d'un souffle divin. Du front de Jupiter c'est Minerve élancée. Survivant au pouvoir, l'immortelle pensée, Reine de tous les lieux et de tous les instans, Traverse l'avenir sur les ailes du temps, Brisant des potentats la couronne éphémère. Trois mille ans ont passé sur la cendre d'Homère, Et, depuis trois mille ans, Homère respecté Est jeune encor de gloire et d'immortalité!

Outre ces diverses pièces imprimées séparément ', les Poésies mêlées publiées sous le nom de Voltaire, ou qui lui ont été faussement attribuées, soit dans les feuilles périodiques, soit dans les Correspondances et les Mémoires du temps, soit enfin dans les divers recueils poétiques du XVIII<= siècle, sont en nombre si considérable qu'il est impossible d'en dresser, même approximativement, la liste complète et détaillée. Un tel travail n'offrirait d'ailleurs qu'un médiocre intérêt, la plupart de ces pièces étant insignifiantes, et n'ayant généralement aucune valeur poétique. Nous avons rappelé dans notre tome P'', p. 3 12, ce que Voltaire disait des morceaux qui n'étaient pas de lui, et qu'on insérait dans ses Œuvres : « On fait mon inventaire « quoique je ne sois pas encore mort, et chacun y glisse ses « meubles pour les vendre. » Il y aurait de quoi composer tout un mobilier avec cette fausse défroque voltairienne.

Dans le tome XIV de l'édition Lefèvre [pp. 3o3-3o6), Beuchot a donné les détails suivants sur treize pièces (quatrains, madrigaux, énigme, impromptu, etc..) qui ne sont pas de Voltaire, et que le consciencieux éditeur a rejetées des Poésies mêlées.

« J'ai dû, dit-il, porter mon attention à faire disparaître « des Poésies mêlées les pièces qui ne sont point de Voltaire. « Voici à ce sujet quelques explications :

I. Citons encore parmi ces pièces une complainte en 57 couplets sur les amours de Saint-Preux et de Julie, intitulée : La Nouvelle Héloïse, romance. S. l. n. d. (vers 1761?;, in-12 de 22 pp. (C. V. Bengesco). — Sur cette complainte, attribuée à Voltaire, voyez la note de M. Desnoiresterres, dans Voltaire etJ.-J. Rousseau, p. 91.

BIBLIOGRAPHIE DE SES ŒUVRES 3o3

« ï° Le quatrain sur les sonneurs :

« Persécuteurs du genre humain, etc.,

<■ est imprimé dans la première édition du Ménagiana, « qui est de iGgS. Voltaire naquit l'année suivante.

« 2° Le madrigal :

« Projets flatteurs d'engager une belle, etc.,

<c est formellement attribué au marquis de La Faye par un « homme qui n'est pas disposé à dépouiller Voltaire, d'A- «. lembert. Cette pièce est imprimée dans le Mercure galant « de 1710, p. 2i5, avec les initiales M. D. L. F. (M. de La « Faye).

« 3° J'ai, le premier, en 1823, admis dans les poésies de « Voltaire un autre madrigal :

« Il n'en est plus, Thémire, de ces cœurs, etc.,

« parce que je l'avais trouvé dans les Amusements littéraires, <( à la suite du madrigal Projets flatteurs, etc., qui est de La « Faye, ainsi qu'on l'a vu. Il n'y a donc plus de motif, « même léger, de croire que le second madrigal soit de <c Voltaire.

« 4° Treize vers au maréchal de Richelieu : « Rival du conquérant de l'Inde, etc.,

« ont pour auteur le poète Lebrun, surnommé Pindare, et « sont imprimés dans ses Œuvres.

« 5° Les bouts-rimés :

« Un simple soliveau me tient lieu d'architrave, etc.,

« qu'on avait admis, sur l'autorité deGrimm, avaient, il est « vrai, été imprimés, sous le nom de Voltaire, dans VAnne'e « littéraire, ij5g, tome VIII, page SSg; mais ils sont de « Dalmas, commissaire des guerres provincial et ordonna- « teur de la Lorraine, résidant à Nancy; voyez l'Année litté- « raire, 1760, tome I'^'', p. 263. Réimprimés sous le nom de ". Voltaire dans le Journal encyclopédique du i"^'' marsiyCS, '<■ ces bouts-rimés ont été désavoués par Voltaire dans une « lettre dont nous donnons dans la Correspondance le frag- « ment qui a été publié par le Journal encyclopédique du « 1""^ avril. Potier, gendre de Dalmas, fit insérer, dans le « même journal du i5 mai, une lettre où il réclame la pièce « pour son beau-père.

« G" L'inscription pour un cadran solaire :

« Vous qui vivez dans ces demeures, etc.,

<( est rapportée par Villette pour avoir été récitée par Vol-

« taire comme une vieillerie. En effet, dans le Mercure de « 1722, second volume de novembre, page 100, on lit ces « vers :

« Amants contents,

ce Soyez constants; « Ne changez jamais de demeures.

« Étes-vous bien ? tenez-vous-y, « Et n'allez pas chercher midi

« A quatorze Iieures.

« Ils font partie de la Suite du journal du voyage du roi à « Rheims (et Relation des fêtes de Villers-Cotterets). L'au- « teur est l'abbé de Vayrac.

« 7° L'énigme sur la tête à perruque :

« A la ville, ainsi qu'en province, etc.,

« est du chevalier de La Touraille, à qui Voltaire écrivit « quelques lettres, et qui la réclame en la reproduisant « page 161 de la première partie du Nouveau Recueil de « gaieté et de philosophie, 1785, deux parties in-12.

« 8° Le prétendu Impromptu fait à Cirey sur la beauté du « ciel dans une nuit d'été :

« Tous ces vastes pays d'azur et de lumière, etc.,

« est du P. Lemoine, auteur du poème de Saint Louis; « voyez \es Œuvres poétiques du P. Lemoine, 1671, in-folio, « épître XI du livre 1'=''.

« 9° Un autre impromptu, supposé fait à Auteuil dans la « maison de Gendron, qui avait appartenu à Boileau :

« C'est ici le vrai Parnasse, etc.,

« a été imprimé dans la Notice sur cet oculiste, en tête du « Catalogue de sa bibliothèque. Des éloges donnés par Vol- « taire ne sont pas sans importance; et les héritiers Gen- « dron, pour la gloire de leur parent, ne pouvaient mieux « faire que d'attribuer à Voltaire le quatrain dont il s'agit. « Fréron, en le réimprimant dans VAjinée littéraire, 1770, « tome IV, page 847, souligna les mots vrai et vrais, dont « la répétition n'est pas une élégance. Voltaire désavoue ces « vers dans une note de son Dialogue de Pégase et du « Vieillard; voyez note 2 de la page 200 (éd. Moland, t. X).

« 10° Les vers sur l'envoi d'une branche de laurier cueillie « au tombeau de Virgile par la margrave de Bareith, pour <( le roi de Prusse son frère :

« Sur l'urne de Virgile un immortel laurier, etc.,

« imprimés sans nom d'auteur, en 1756, dans le Afercure, « tome II de janvier, page 20, réimprimés dans le même

BIBLIOGRAPHIE DE SES ŒUVRES 3o5

« journal en septembre 17Ô8, page 5, comme attribués à « Voltaire, ont été réclamés par La Condamine dans une « lettre insérée dans le tome II d'octobre 1768, pp. 60-62.

« 1 1° Dans le Journal de Paris du 12 janvier 1779, parut, « sous le nom de Voltaire, une pièce de dix-huit vers adres- « ses à M™o la comtesse de Boufflers. Ils furent, dans le « Journal du 7 février, réclamés par M. Pons de Verdun, « qui les a compris pages 48-49 de son Recueil de contes et <( poésies en vers, 1783, in-12, mais non dans \qs Loisirs, « ou Contes et Poésies diverses, 1807, in-8'*.

« 12° Le madrigal :

<c Aimable Églé, vous lirez les écrits, etc.,

« est de M. Leroy, qui le composa pour une dame de Brest.

« i3o Le quatrain à M""^ de Prie :

« lo, sans avoir l'art de feindre, etc.,

« est de Des Alleurs; voyez la Vie de Voltaire, par du Ver- « net, chapitre vi des premières éditions, ou chapitre vu de « la dernière. »

Parmi les autres Poésies mêlées attribuées à Voltaire, nous citerons :

1° Dans le Mercure de novembre 1755, p. 69, des vers sur la mort de Montesquieu, à M. de Secondât :

Digne fils d'un illustre père, etc.

2" Dans les Nouvelles littéraires de l'abbé Raynal (t. l de la Correspondance de Grimm, éd. Tourneux, p. 366), une épitaphe de M"""^ du Chùtelet:

Quoi! verrons-nous toujours une simple mortelle?...

Raynal rapporte, au même endroit, une autre épitaphe consacrée par Voltaire à sa célèbre amie : " L'univers a perdu la sublime Emilie...

Sur ce quatrain, que Beuchot a recueilli en 1823 dans les Poésies de Voltaire, voyez la note du tome X de l'édition Garnier, p. 544. Cf. notre tome P"", n° io23. Voltaire a désavoué ces vers dans sa lettre du 14 octobre i749àM™°du Boccage : <( ... Il a couru, après sa mort, quatre vers assez « médiocres à sa louange. Des gens qui n'ont ni goût ni << àme me les ont attribués. Il faut être bien indigne de « l'amitié, et avoir un cœur bien frivole, pour penser que, « dans l'état horrible où je suis, mon esprit eût la malheu- « reuse liberté de faire des vers pour elle... » Cependant Longchamp affirme, dans ses Mémoires sur Voltaire (t. II,

3o6 VOLTAIRE

p. 25i), que le poète écrivit ces vers « au bas d'un portrait « gravé de M™c du Ghâtelet » quelques jours après la mort de la belle Emilie.

On trouve encore dans les Nouvelles littéraires de l'abbé Raynal (t. F'' de la Correspondance de Grimm, p. 368) une pièce de vers dont nous avons déjà eu l'occasion de parier ', et qui a été également inspirée par la mort de M™'= du Ghâtelet; c'est le morceau qui débute par ces vers :

Un sommeil éternel a donc fermé ces yeux...

Il a été question de ces vers, dans lesquels on suppose que c'est Voltaire qui parle, sous notre n" 23o8.

3" Dans la Correspondance littéraire de Grimm :

a) Un quatrain fait anciennement pour Mme la duchesse de Luxembourg, pour M"'e la duchesse de La Vallière et pour M""-' la duchesse de BoufJJers :

Si vous eussiez été les trois déesses Qui de Paris pour juge firent choix, 11 eût coupé la pomme en trois Pour caresser vos six f — s^.

b) Des Vers sur les ruines de Lisbonne, attribués à M. de Voltaire.

Quel est ce dieu de nos calamités 3?...

Ges vers, cités également dans le Journal encyclopédique du i5 février lySG, comme ayant été attribués à Voltaire, sont du marquis de Xiraénès^.

c) Une Épigramme contre Dorât :

Bon Dieu ! que cet auteur est triste en sa gaîté5!...

Gette épigramme est de La Harpe (voyez sa Correspondance

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