‹ Voltaire. Bibliographie de ses œuvresChapitre 53 sur 94 · I. Avec des changements et des additions · texte numérisé non relu

I. Avec des changements et des additions

dépôt de la marine et neveu de la Beaumelle, lui ayant communiqué un exemplaire de cette édition princeps, Beuchot rétablit les suppressions qui avaient été faites par les auteurs du Journal Encyclopédique (voyez sa Préface, en tête de la Table alphabétique et analytique de son édition, t. LXXl« pp. ii-iv: cf. les notes de M. Moland, t. XXVI» de son édition, pp. 355, 362, 363).

Dans le XI' de ses Fragments sur l'Histoire (voyez plus loin» année 1773), Voltaire a donné un Extrait d'un Mémoire sur les calomnies contre Louis XIV et contre Sa Majesté Régnante, et contre toute la famille Royale, et contre les principaux personnages de France.

Cet Extrait est en grande partie une réimpression du 3/émoire pour être mis à ta tête, etc..

1743. La Défense de mon oncle. S. /. n. d. [Genève,

1767), in-8 de viii et 136 pp. (C. V. Beuchot, 192,

Pp. J-iv, Avertissement essentiel ou inutile; — pp. v-viii, Table des chapitres.

Autres éditions :

Genève, 17Ô7, in-8 de vin et 100 pp. (sous le titre de ; LaDéfense de mon oncle contre ses infâmes persécuteurs par A... T de F***; C. V. Beuchot, 188). — Genève, 1768, in-8 de i: i pp. (le titre est le même que celui de l'édition précédente, C. V. Beuchot, 189 et 190).— Londres {Hollande), 1768, in-8 de io3 pp., et 2 ff. non chili. de Table (C. V. Beuchot, 191). — Londres, 1773, in-8. Edition augmentée {Cluérard, Les Supercheries littéraires dévoilées, éd. Daflis, I, 474).

La Défense de mon oncle est une réponse au Supplément à la philosophie de l'histoire de feu M. l'abbé Ba^in 1 nécessaire à ceux qui veulent lire cet ouvrage avec fruit {■pd^v Larcher), Amsterdam, Changuion, 1767, in-8 de 309 pp. et i f. non chitî. (C. V. Beuchot, 656): une seconde édition considérable- ^ ment augmentée [Amsterdam, Changuion, in-8 de 2 tf. et 414 pp.), fut donnée par Larcher, en 1769. Nous empruntons à M. Boissonade les détails suivants sur la polémique qui s'éleva entre Larcher et Voltaire :

Sur La Philosophie deVhistoire, par feu M. l abbé Ba-{in (V^oltaire), voy. notre tome I", pp. 333-334.

• L'année 1767 vit commencer les querelles de Voltaire et « de M. Larcher'... Lorsque Voltaire publia la Philosophie de . Vhistoire', l'abbé Mercier de Saint-Léger» et quelques autres « ecclésiastiques qui savaient que M. Larcher estimait peu « l'érudition de cet écrivain et qu'il était lui-même fort érudit, t allèrent le trouver... et l'engagèrent à réfuter le nouvel ouu vrage. Il se défendit longtemps, mais enfin il promit d'y « travailler. Ces messieurs le harcelèrent tant, qu'il leur porta ■ un premier cahier, auquel il ne voulait point donner de . suite. Mais la lecture de cette ébauche les enchanta, on lui « prodigua mille éloges, et comme il voulait laisser son papier, « on le lui enfonça dans la poche et on l'accompagna jusqu'au « bas de l'escalier', en lui faisant promettre qu'il continuerait. « Je rappelais un jour, m'écrit M. de la Rochette, dont je viens t de copier les paroles, cette anecdote à l'abbé de Saint-Léger, « principal auteur de cette scène ; il en rit aux éclats et me dit : « // est vrai et nous l'avons un peu escobardé. Voltaire avait « sans doute connaissance de cette espèce de complot; il dit

• dans VAvis des éditeurs^ au-devant de la Philosophie de « Vhistoire : Un répétiteur du collège Mazarin, nommé Lar-

• cher, traducteur d'un vieux roman grec intitulé Callirhoé et

• du Martimis Scriblerus de Pope, fut chargé par ses cama- « rades d'écrire un libelle pédantesque contre les vérités trop « évidentes énoncées dans la Philosophie de Vhistoire. — Ce « libelle pédantesque est le Supplément à la philosophie de t Vhistoire... Voltaire tâcha de répondre par la Défense de « mon oncle, production où il s'est emporté contre son adver-

• saire à des excès condamnables... • [ZxivdXx. A'nn Avertissement imprimé en tête du Catalogue des livres rares et précieux de la Bibliothèque de feu M. Pierre Henri Larcher, Paris, de Bure, iSi3, in-8, (Bibl. N'», Q). Cf. le Moniteur du 16 décembre iHi3}.

Nulle part Voltaire n'a été plus plaisant que dans la Défense de mon oncle; jamais il n'a manié l'ironie avec plus de verve, plus de bonne humeur, plus de gaieté^; quant aux

1. Sur Larcher, voyez la Nouvelle biographie générale de M. Hœfer t. XXIX, pp. 580-384.

2. Sur Mercier de Saint-Léger, voyez la notice de Barbier, reproduite par Quérard [La France littéraire^ t. VI, pp. 57-58).

3. Cet Ar/5 a paru pour la première fois en 1781-1785, dans l'édition de Kehl.

,). « 11 est impossible de rien lire de plus gai, de plus fou, de plus sage, de « plus érudit, déplus pliilosopliique, de plus puissant que cette Défense, et il « faut convenir qu'un jeune homme de soixante-treize ans, comme notre « neveu, sujet à ces saillies de jeunese, est un rare phénomène. » Grimm» Correspondance littéraire, éd. M. Tourneux, t. VII, p. 3117; u

• excès condamnables» auxquels il a pu se laisser aller, ne sont-ils pas justifiés par le ton provocant et agressif de Larcher r Qu'on lise plutôt ce passage de la Préface du Sup' plément à la philosophie de l'histoire :

• Il s'est élevé un homme audacieux, un Capanée, pour qui rien n'est sacré et qui, toute sa vie, s'est fait un plaisir de se jouer des plus grandes vérités, qui, si elles étaient des erreurs, seraient d'heureuses erreurs, des erreurs respectables aux yeux du sage, puisqu'elles seraient, du moins en cette vie, la source de notre bonheur. Après avoir épuisé dans son Dictionnaire Philosophique^ tous les sophismes que lui a pu suggérer une imagination déréglée, il a voulu essayer dans un autre ouvrage (La Philosophie de l'histoire), les mêmes armes que les Bochart et les Huet avaient maniées avec tant d'avantage, je veux dire, l'érudition. Peu fait pour une science où l'imagination n'a aucune part, et où il faut la remplacer par une vigueur de jugement peu commune, on le voit broncher à chaque pas. On croirait du moins qu'avant d'entreprendre un pareil ouvrage, il a fait, à l'exemple des deux grands hommes que je viens de nommer, une étude sérieuse et approfondie des langues savantes, de l'histoire, de la chronologie et principalement de la critique. Mais au lieu de cela, on est surpris de ne trouver qu'une fastueuse ignorance, qu'à la faveur d'un style brillant, il est sûr de faire passer auprès de la multitude,.... Aussi ne doit-on plus être étonné de lui voir entasser erreurs sur erreurs; mais on l'est toujours de ce que, devant connaître ses forces, il a voulu écrire sur des sujets qui lui

étaient entièrement? étrangers Pour moi, me renfermant

dans les bornes de l'érudition, je me suis contenté de mettre en évidence des plagiats, des fausses citations, des passages

I, Il Cet ouvrage est sûrement du prétendu abbé Bazin. Je n'en citerai qu'un « endroit : Ex ungiie Iconem. Cet auteur dit à l'article Guerre : u La famine, (( la peste et la guerre sont les trois ingrédients les plus fameux de ce bas « monde. On peut ranger dans la première classe toutes les mauvaises nour- <i ritures... On comprend la peste dans toutes les maladies contagieuses... Ces u deux présents nous viennent de la Providence : mais la guerre, qui réunit « tous ses dons, nous vient de l'imagination de trois ou quatre cents personnes (I répandues sur la surface de ce globe sous le nom de Princes ou de minisa très ; et c'est peut-être pour cette raison que dans plusieurs dédicaces, on les u appelle les images vivantee de la Divinité. » — La plume me tombe des u mains; à ces blasphèmes, à cet horrible portrait de la Divinité, je ne reconu nais point l'auteur qui nous la peint en plusieurs de ses écrits avec les cou- « leurs les plus aimables. C'est de gaîté de cœur s'esposer à la haine du genre u humain, et vouloir se faire chasser de la société, comme une bête féroce 0 dont on a tout à craindr , (Note de Larcher. )

BIBLIOGRAPHIE DE SES ŒUVRES 2o3

« mal entendus et des traits d'ignorance dans l'histoire et la

• chronologie ' J'ai cru devoir écarter le voile qui nous ca-

• chait l'idole, et l'exposer nue et à découvert aux regards de a ses adorateurs, persuadé qu'ils n'en pourraient soutenir la a diftormité » (pp. 33 à 37 de l'édition pvinceps).

Voltaire ne connaissait point Larcher; et dans une lettre du mois d'avril lyfîy, nous le voyons demander h Lacombe : — • « Quel est l'auteur du Supplément à la philosophie de l'his~ « toire? C'est un digne homme, " ajoute-t-il, qui mérite de a i-ecevoir incessamment de mes nouvelles • (lettre 68G7 de l'édition Moland). Le 9 mai, il écrit à d'Alembert : < Dites-moi tt quel est le cuistre, nommé Foucher (sic), qui vient, dit-on, de « faire un Supplément à la philosophie de l'histoire'^ i N'est-il « pas de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres^? S'il y a

• des académies de politesse et de raison, je ne crois pas qu'il

• y soit reçu. » Cf. d'Alembert à Voltaire, 23 mai; — Voltaire à d'Alembert, 19 juin (Voltaire, à cette dernière date, savait que l'ouvrage était de Larcher, et il annonce à d'Alembert que le neveu de l'abbé Bazin est « obligé, en conscience, de prendre ]a Défense de son oncle » ) ; — Voltaire à Damilaviiie, 24 juin; — à d'Argental, 4 juillet (Voltaire informe d'Argental qu'il lui a adressé sa petite drôlerie, par M. Marin) ; — à Borde, 10 juillet; — à l'abbé d'Olivet, 23 auguste; — à la duchesse de Saxe-Gotha, 26 auguste 1767.

Dès le 4 auguste, d'Alembert avait « reçu et lu avec grand « plaisir la Défense de mon oncle » ; et il prie Voltaire « d'en

• faire ses remerciements au neveu de l'abbé Bazin, qui de- « meure, à ce qu'on dit, dans ses quartiers. Je ne sais, ajoute- « t-il, qui est Larcher des gueux auquel le jeune abbé Bazin (( répond : les coups de gaule qu'il lui donne me divertissent « fort; cependant j'aimerais encore mieux qu'il s'en dispensât,

• et il me semble voir César qui étrille des porte-faix; il ne « doit se battre que contre Pompée '*. »

1 . Cf. Vln.iex du Siipplcmcnl à la philosophie de l'histoire (page '.^og de Véd\l\on princeps) : « Bévues; fausses citations ; ignorance du grec, du latin, « de la chronologie de l'histoire; plagiats de l'abbé Bazin (Voltaire) depuis la « page 49 jusqu'à la page 3of). »

2. Voltaire croyait réellement que l'abbé Foucher avait écr'it\e Supplément à la philosophie de l'histoire (voyez la Défense de mon oncle, chap. vni (dernier alinéa) et chap. x).

3. Larcher n'entra à l'Institut qu'en juillet 1796, à la place de M. Silvestre de Sacy, démissionnaire [Nouvelle biographie générale, t. XXIX, p, 582).— L'abbé Foucher était membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres depuis 1753.

4. En 1772, d'Alembert avait changé d'avis sur Larcher. qu'il trouvait « un

Il est question de la Défense de mon oncle dans les Mémoires secrets des II et 24 juillet 1767. Grimm en parle longuement dans sa Correi^owdiiHce littéraire des i5 juillet et I" août de la même année (éd. M. Tourneux, t. VII, pp. 3o6

et 378).

Réimpr. en 1768, dans le tome VII des Nouveaux Mélanges, etc., pp. 128-232 (dans cette réimpression, la Défense de mon oncle a xxii chapitres; l'ouvrage n'en avait que xxi dans l'édition /ir/HCÉ'/'5, parce que l'imprimeur avait mis deux chapitres viii); — en i77i,dans]e tome XVI de l'édition in-4, pp. 218-288; — en 1775, dans le tome XXXV de l'édition encadrée, pp. 5i-i35 ; — en 1784-1783, dans l'édition de Kehl, t. XXVII, pp. i83 à -^82. (Avec un Avertissement des éditeurs).

Condamn. par décret de la Cour de Rome, du 29 no-, vembre 1771 {Catalogue des ouvrages mis à l'index, Paris, 1825, in-8, p. 240).

1743. A Warburton. s. l. n. d. [Genève, 1767), in-8 de 6 pp. (C. V. Beuchot, 83 hh.)

Les Mémoires secrets parlent de cette brochure en 4 (lisez : 6) pages, le 6 décembre 1773 {Additions, année 1773); mnis elle est de 1767.

D'Alembert écrit, en effet, à Voltaire, le 4 auguste 1767 :

• La réponse à Warburton, dans la- petite feuille, est juste; « mais je la voudrais moins amère; il faut pincer bien fort, et a même jusqu'au sang, mais ne jamais écorcher; ou du moins « il faut écorcher avec gaieté, et donner le knout en riant à ceux

• qui le méritent. J'en dis autant du ministre ou ex-ministre « La Beaumelle que de l'évêque Warburton. Le premier est

• un va-nu-pieds; le second est un pédant; mais ni l'un ni 0 l'autre ne sont dignes de votre colère. » Cf. Grimm, CorrcS' pondance littéraire, éd. M. Tourneux, t. VII, p. 492; lOf avril

1770 : « La Lettre à Warburton n'est pas tendre. Ce War-

« burton qui, de son côté, écrit sans cesse contre le patriarche, c( peut passer pour son La Beaumelle d'Angleterre. »

< galant homme, tolérant, modcrc, modeste, et vrai phiiosoplic dans ses sen- (i timents et sa conduite. » (D'Alembert à Voltaire, 26 décembre 1772.) (2et éloge ne devait point désarmer V^oltaire qui laissa subsister dans son Epitrc à d'Alembert (cette Epitre est de 1771, — voyez notre tome I", n» 821) des vers et une note contre Larcher. — Larcher eut aussi, plus tard, un défenseur dans La Harpe (voyez sa Correspondance littéraire, t. X[« de ses Œuvres complètes, Paris, Verdiére, 1820, pp. 3i-:^2 ; lettre lxxxiv).

BIBLIOGRAPHIE DE SES ŒUVRES 2o5

Voltaire avait déjà attaqué Warburton dans la Défense de mon oncle (chapitres xiir, xtv, xv, xvii); cf. Essai sur les mœurs et l'esprit des nations [Introduction ; — chap. xxv : Des législateurs grecs, de Mlnos, d'Orphée, de Y Immortalité de râine) ; — Dictionnaire philosophique {Ame, section v) ; — Histoire de Jenni, chap. iv; — Les oreilles du comte de Cliesterfield, chap. m, etc., etc., etc.

Réimpr. en 1769, dans le tome II des Choses utiles et agréables, pp. 124-129, et dans le tome III de l'Evangile du jour, pp. 79-82. Cf. le tome XLVI de l'édition de Kehl', pp. 192-195.

Sur Warburton, né à Newark, en 1698, mort en 1779, à Glocester, voyez l'article de M. P. Louisy, dans la Nouvelle biographie générale, t. XLVI, pp. 546-549.

1744. Fragment des Instructions pour le prince de ***. Berlin [Genève]^ 1766 (1767), in-8 de jj pp. Édition encadrée. (Collection de M. le comte de Berlaymont.)

On lit à la date du i«'' juillet i767,dansla Correspondance littéraire de Grimm, éd. M. Tourneux, t. VII, pp. 349-35o.

<' La manufacture intarissable pour le bien du genre hu- « main qui tieurit à Ferney, sous un chef dont le zèle est « infatigable, vient de fournir sous le titre de Berlin et l'année

• 1766 un Fragment des Instructions pour le prince Royal V. de ***, écrit en quarante petites pages in-12. Je n'en connais « qu'un seul exemplaire à Paris, que j'ai eu bien de la peine

• à me faire prêter pour un quart d'heure La brochure

• dont il s'agit ici, et qui fait en tout soixante-dix-sept pages, « contient outre le Fragment des Instructions, un chapitre « sur le divorce, un autre sur la liberté de conscience, et on lit " à la fin la première Anecdote sur Bélisaire. •

A la suite du Fragment des Instructions, etc., qui forme 40 pp. in-8 (et non petit in' 12), on tï-ouve en effet les morceaux suivants :

1° Du Divorce, (pp. 41-49) ;

2» De la Liberté de conscience, (pp. 49-57) ';

t. Sur ces deux morceaux, voyez la note de Beuchot, t. XX\'I de l'édition Moland, p. 439.

2o5 VOLTAIRE

3° Anecdote (première) sur Bélisaire, (pp. 38-77; '•

On s'est demandé pour quel prince avaient été écrites ces Instructions.

« L'auteur y parle à son cousin, et l'on a prétendu, dit « Grimm, que ce Fragment était adressé au prince royal de « Suède, au nom d"un prince de la maison de Prusse. Mais (c il ne s'y agit de rien relatif à la Suède. L'écrit peut s'adresser « atout prince protestant indistinctement*; il n'y est ques- « tion que d'attaquer les usurpations de l'Eglise romaine sur (( l'autorité légitime des souverains, et de combattre les prin- « cipes. .. sur lesquels cette usurpation s'est établie. «(Corce respondance littéraire, ïoc. cit.).

AUTRES ÉDITIONS DU FRAGMENT DES INSTRUCTIONS, ETC : Berlin [Genève), 1767, in-8 de 77 pp.; éd. encadrée (C. V. Ben); — Berlin (Genève), 1767, in-8 de 56 pp. (Edition encadrée qui ne contient pas la première Anecdote sur Bélisaire, Bib. N'=. R); — Londres (Hollande), l'jCy], in-8 de 3o pp. (C. V. Beuchot, 3o2); — Berlin [Genève), 1768, in-8 de G4 pp. (Edition encadrée, qui contient aussi la Seconde anecdote sur Bélisaire (p. 5o), et la Lettre de Varchevêque de Cantorbéry à l'archevêque de Paris (p. ôg; C. V. Beuchot, 304).

Réimpr. en 1770, dans le tome IX des Nouveaux Mélanges, etc. pp. 202 à 216; — en 1 771, dans le tome XVII de l'édition in-4, pp. 3i4 à 324; — en 1775, dans le tome XXXVI de l'édition encadrée, pp. 348 à 339; — enfin en 1784-1785, dans le tome XIX de l'édition de Kehl, pp. 109 à 124.

Les éditeurs de Kehl ont rangé à tort ces Instructions, parmi les écrits de l'année 1762 (voy.leur Table chronologique des Œuvres de Voltaire, i. LXX, p. 419}.

1745. Lettre de Gérofle a Cogé (sic).

Cette pièce est imprimée au tome II des Choses utiles et agréables, Berlin (Genève) 1769, pp. 11 3 à 11 G.

Nous avons dit, en parlant des Anecdotes sur Bélisaire qu'on trouve dans le volum.e intitulé : Pièces relatives àl'exa-

1. Les Mémoires secrets du 2 août 1767 ne citent, comme étant à la suite du Fragment dés Instructions, que les deux « petits morceaux sur le Divorcé < et sur la Liberté de conscience. »

2. n Un prince dans ce morceau conseille un autre prince. Cet autre prince « ne serait-il pas Frédéric Guillaume, prince royal de Prusse, alors âgé de (I vingt-trois ans ? » (Note de .M. Avenel, reproduite par M. Moland, t. XXVi des Œuvres complètes de Voltaire, p. 439;.

nien de Bélisaire, une lettre de Voltaire à Coger du 27 juillet 1767, et deux réponses de Coger à Voltaire.

La Lettre de Gérofle à Cogé est, croyons-nous, une réponse à l'une des deux lettres de Coger à Voltaire : (on sait que ces lettres n'ont pas été recueillies dans les Œuvres de Voltaire).

Voici le texte de la lettre à laquelle répond, selon toute vraisemblance, la Lettre de Gérofle à Cogé; <( Monsieur, je n'ai « jamais eu intention de calomnier aucun citoyen, ni d'outraa ger des académiciens dont je connais tout le mérite. Je suis « encore bien plus éloigné d'avoir voulu, comme vous m'en « accusez, perdre un vieillard dont j'admire les talents supé- « rieurs, quoique je déplore l'abus qu'il en fait si souvent. « D'ailleurs comment les coups d'un adversaire, tel que je suis « dépeint dans la Défense de mon oncle, pourraient-ils aller « jusqu'à vous.'

« Je veux croire tout le bien que vous faites dans votre re- « traite; la renommée a soin de le publier; mais je ne puis me « dissimuler à moi-même tout le mal que vos écrits occasion* « nent parmi la jeunesse; et je suis témoin tous les jours des « vives alarmes qu'ils donnent aux pères de famille sensibles à « l'honneur et à la vertu. Je souhaite que vous parveniez enfin « à persuader le public que vous n'avez pas la plus légère « part, comme vous me l'assurez, au Dictionnaire philosoplii- « que, contre lequel il est vrai que le roi a marqué une vive « indignation. C'est un trait dont plus de vingt personnes ont « été témoins, de l'aveu même de M. le Président Hénault, et « auquel tous les cœurs vertueux ont applaudi. Quant au « Poème de la Religion naturelle, on sait qu'il n'est point « différent du Poème de la Loi naturelle : le titre seulement a « été changé dans les dernières éditions. C'est sous le prête mier titre qu'il a été réfuté par M. Thomas, dans de sa- « vantes rétlexions imprimées chez Hérissant, à Paris, 175G.

« Il est bien malheureux pour vous, Monsieur, que tout le ce monoe s'obstine à vous attribuer tant de libelles furtifs, qui « ne forment qu'un cercle de frivolité, d'indécence ou d'im- « piété, et qui révoltent les lecteurs sensés. Pourquoi ne pas « consacrer plutôt l'étendue de vos connaissances et la richesse « de votre style à des ouvrages qui aient droit à l'immortalité J « Votre plume est-elle donc taillée aujourd'hui, pour amuser « le loisir d'une foule de gens ineptes, dont les suffrages « déshonorent un écrivain comme vous i

« J'ose, Monsieur, parler comme un homme chargé par état « de donner à de jeunes disciples des leçons de sagesse et d'é- « loquence; et je voudrais ne trouver dans tous vos écrits que « des modèles dignes de leur être présentés. Vous êtes trop « judicieux, pour ne pas approuver au moins la droiture de

2o8 VOLTAIRE

« mes intentions. C'est avec ces sentiments que j'ai l'honneur a d'être,

« Monsieur,

« Votre très humble et très obéissant serviteur*** ' n.

La Lettre de Gérofle à Coger a été admise pour la première fois dans les Œuvres de Voltaire, en 1825, (tome LXI« de l'édition en 95 volumes, page 489).

M. Clogenson a confondu cet écrit avec la Défense de mon maître, dont Voltaire parle dans sa lettre à Marmontel du 14 octobre 17Ô7. Il sera question plus loin de ce dernier morceau.

1746. Essai historique et critique sur les dissentions (sic) des églises de Pologne, par Joseph

BOURDILLON, professeur EN DROIT PUBLIC. A Baslc.

(Genève) 1767, In-8 de 'i4pp. (C. V. Beuchot, 71 et 278).

C'est à la date du i5 septembre 1767* qu'il est question dans la Correspondance littéraire, etc., de VEssai historique et critique. « Nous n'en avons qu'un seul exemplaire à Paris, « dit Grimm, et c'est un grand malheur : de tels écrits de- « vraient être la nourriture du peuple; il en serait plus sage « et meilleur » (éd. M. Tourneux, t. VII, p. 421). — Le 18 octobre, l'ouvrage était encore « fort rare » à Paris et les Mémoires secrets n'en faisaient que cette mention sommaire : « On parle beaucoup d'un Mémoire liistorique et critique sur « Vaffaire des dissidents de Pologne. On l'attribue à M. de « Voltaire... » Cf. \qs Mémoires secrets du i5 novembre 1767 (Additions du t. XVllI, éd. de Londres, 1784, p. 3o5}.

Sur cet Essai, voyez aussi Voltaire à Stanislas-Auguste Po* niatowski, 6 décembre; — à Damilaville, 14 décembre (il est question dans cette lettre d'une édition parisienne de l'Essai, qui nous est inconnue) '; — à d'Argental 4 janvier 17G8.

t. Pièces relatives à l'examen de Bélisaire, etc.... par M. de Legge, Paris, de Hansy le je une ., 176S, ia-12, pp. 41-43.

2. Les éditeurs de Kehl ont donne à VEssai liistorique, etc.... \a dale de 176Ô (voy. leur tome LXX, p. 422),

3. Si une lettre à Bertrand du 7 mai 1770 n'est pas mal datée, VEsiai histo~ riquc el critique, etc.,., a dû être réimprimé en 1770, à La Haye.

« Senebier, dans son Histoire littéraire de Gotcve ', t. III, « p. 56, attribue à Jacob Bourdilion ^ l'Essai sur les disscn- « sions de Pologne, que Voltaire avait donné, comme on voit,. « sous le nom de Joseph Bourdilion » (Note de Beuchot, t. XXVI de l'édition Moland, p. 45i).

Réimpr. dans le tome VII des Nouveaux Mélanges, etc., (1768), pp. 5-32 ■■'; — dans le tome III de l'Evangile du jour^ (1769), pp. 83-107. Cf. les tomes XVI de l'édition in-4, pp. 200- 218; —XXXV de l'édition encadrée, pp. 28-5o; — XXVIII de l'édition de Kehl, pp. 141-167 (article XXI" des Fragments sur l'histoire).

C'est dans l'édition encadrée, (1775) que parut, pour la première fois, le texte actuîl des quatre derniers alinéas de l'hssai historique et critique, etc.; voyez la note de Beuchot, t. XXVI de l'édition Moland, pp. 466-467. Beuchot et M. Moland n'ont publié qu'un alinéa de la lettre du 29 janvier 1768, à laquelle renvoie cette note; la lettre entière (de Voltaire à Catherine) se trouve dans l'édition du Siècle, t. VII, p. 256.

UEssai historique a été condamné par décret de la Cour de Rome du 12 décembre i-]GS {Catalogue des ouvrages mis à l'Index, Paris, 1825, p. 117).

Sur Bourdilion, pseudonyme de Voltaire, dévoilé dès ijôy, voyez l'Intermédiaire des chercheurs et curieux, i^- année, 1864, p. 1 12.

1747. Lettres a Son Altesse Monseigneur le Prince DE *** (Brunswick) sur Rabelais et sur d'autres auteurs accusés d'avoir mal parlé de la religion chrétienne. Amsterdam, Marc-Michel Rey [Genève), 1767, in-8 de 2 flf. et 144 pp -'■. (Bibl. n"' Z, 103^ -f H.) — Londres, 1767, (d'après Lowndes, The Biblio(;^rapher's Manual, W, 2974). et 1768, in- 12 de 3 ff. non chiff. et 1 14 pp. (C. 'V. Beuchot, 488).

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