‹ Voltaire. Bibliographie de ses œuvresChapitre 68 sur 94 · I. B'.oge funèbre, ctc · texte numérisé non relu

I. B'.oge funèbre, ctc

3o2 V^OLTAIRE

et la détresse du pays de Gex : a Considérez, je vous prie, » dit Voltaire à M. Bouret, « que nulle province n'est située « comme la nôtre. Elle est entièrement séparée de la France « par une chaîne de montagnes inaccessibles, dans lesquelles « il n'y a que trois passages à peine praticables. Nous n'avons « de communication et de commerce qu'avec Genève. Traitez- « nous comme notre situation le demande, et comme la naît ture l'indique. Si vous mettez à grands frais des barrières « (d'ailleurs inutiles), entre Genève et nous, vous nous gênez, « vous nous découragez, vous nous faites déserter notre pai< trie, et vous n'y gagnez rien.

« Enfin, monsieur, c'est sur un mémoire de plusieurs de « vos confrères mêmes, que M. de Trudaine arrangea notre « abonnement du sel forcé, et qu'il écrivit à M. l'intendant de « Bourgogne. Nous acceptâmes l'arrangement. Faut-il qu'au- « jourd'hui, sur les calomnies de quelques regrattiers de sel, (( intéressés à nous nuire, on révoque, on désavoue le plan le « plus sage, le plus utile pour tout le m.onde, dressé par M. de « Trudaine lui-même?... Il est évident qu'on avait discuté le « pour et le contre de cet abonnement; qu'on avait consulté « messieurs des fermes, qu'on attendait de nous l'acceptation « de leurs bonnes raisons : nous les avons acceptées : nous « avons regardé la lettre de M. de Trudaine comme une loi ; « nous avons compté sur la convention faite avec vous. Qu'est-il « donc arrivé depuis, et qui a pu changer une résolution prise « avec tant de maturité?... »

M. Béatrix, dans son Histoire du pays de Gex {Lyon, i85i, in-8), a reproduit un passage intéressant d'un Mémoire pour servir à la justification de l'administration du pays de Gex, par M. Fabry, syndic général '; nous réimprimons, à notre tour, cet extrait, parce qu'il peut servir de commentaire et d'explication à la lettre de Voltaire à Bouret, du 20 novembre 1761 :

« Les habitants du pays de Gex, dit M. Fabry, étaient sé- « parés des autres provinces de la France par une chaîne de « montagnes d'un difficile accès, et éloignés de toutes les « villtsdu royaume; n'ayant de relations et de communications « qu'avec les Etats voisins, se trouvant chaque jour à Genève (c pour y vendre leurs denrées, ne pouvant se pourvoir, ail- « leurs que dans cette ville, des choses nécessaires à leur hait billement, à l'exploitation de leurs fonds et à l'exercice de « leur industrie, il était impossible qu'ils ne cherchassent pas « à éluder le paiement des droits excessifs auxquels ils étaient « soumis à l'entrée du pays pour tous ces objets.

I. Un exemplaire de co, Mémoire i^: trouve au Biiiibh Muséum, F. 10:4(1).

BlBLrOGRAPHIE DE SES ŒUVRES 3o3

« Ils y étaient enqaj^cs par le profit, déterminés par l'occa- « sion et entraînés par le besoin.

« II n'y avait que le sel et le tabac qui leur fussent fournis « dans le pays, mais à un prix quadruple de celui auquel ils « se vendaient en Suisse et à Genève.

« D'un autre côté, le pays étant ouvert partout, la ferme « avait été obligée de multiplier ses bureaux, sans pouvoir « réussir à fermer son enceinte.

« Par là, les frais de régie étaient si considérables que les >■ fermiers généraux ne retirèrent pas, en 1774, 10,000 livres « net du pays de Gex, pour les gabelles, les traites, etc..

R II résultait d'un pareil état de choses que la contrebande u se faisait nécessairement et continuellement..., que l'agrii< culture était négligée, que les terres devenaient incultes et « désertes, et que la source même de l'impôt était tarie... Vol- « taire imagina d'abonner la province avec les fermiers géné- « raux... Une négociation fut entamée à ce sujet. Grâce à « Turgot, cette négociation fut couronnée de succès en 1773 ». {Histoire du pays de Gex, pp. 5o8 à 5i3.)

L'écrit intitulé : Au Roi eu sou couseil est de la seconde moitié de l'année 1774' : Voltaire en parle dans sa lettre à M'" du Deffand, du 7 septembre, et Condorcet mande à Turgot, en lui envoyant cette requête, au mois d'août 1774 : «Je « voudrais qu'elle fût discutée dans le conseil, que le roi vît a que le plus grand écrivain de la nation est aussi un des « hommes les plus bienfaisants et un des meilleurs citoyens. « C'est vraiment un homme bien extraordinaire, et quoi qu'on « en puisse dire, si la vertu consiste à faire du bien et à aimer a l'humanité avec passion, quel homme a eu plus de vertu? « L'amour du bien et de la gloire sont les seules passions qu'il « ait connues. » Desnoiresterres, Voltaire et Genève, p. 48^. — Sur l'atlVanchissement du pays de Gsx par Voltaire, voyez la brochure intitulée : Voltaire et le pays de Gex, Lettres et documents inédits, par M. A. Vayssière, Bourg, Grandin, 1876, in-8. Tir. à 100 exemplaires (Bibl. N'" Ln " 28825. Réserve).

1836. Au RÉVÉREND PÈRE EN DiEU MeSSIRE JeAN DE

Beauvais, créé par le feu roi Louis XV évèque DE Senez. s. /. n. d. {Gcnc'jc, 1774), in-o de o pp.

I. Dans le tome XXXIX de lY'ditioii en (j3 volumes, p. 'iafi, celte requête est datée du 20 juillet 1774.

(Bibl. N'% Lbss, i^ç^ et C. V. Beuchot, 107 A et 107 B).

Les Mémoires secrets font mention de cet écrit, le iG septennbre 1774. Frédéric en parle, dans sa lettre à Voltaire du 10 décembre 1774.

Sur Jean-Baptiste-Charles-Marie de Beauvais (qui prononça le 27 juillet 1774, dans l'abbaye de Saint-Denis, l'oraison funèbre de Louis XV), voyez la note de Beuchot, t. XXIX de l'édition Moland, p. Sog. Cf. les Mémoires secrets du 28 juillet 1774 et la. Correspondance littéraire de Grimm, éd. M. Tourneux, t. X, pp. 477 et suiv.; août 1774.

Réimp. dans la Correspondance secrète de Métra (t. I, p. q5 ; 12 octobre 1774) <; — dans le tome XXXVII de l'édition encadrée, p. 437; — dans le tome XXVI de l'édition in-4 (1777,', p. 387 ; — dans le tome XLVI de l'édition de Kehl, p. 364.

Cet écrit est signé : B., académicien.

L'éditeur des Mémoires sur Voltaire fait, à l'occasion de cette brochure, les réflexions suivantes (t. I, pp. 365-306, note 92) :

« Parmi les auteurs français, il n'y en a peut-être aucun qui, « dans toutes les circonstances, ait loué avec plus d'éclat et » plus de succès les événements mémorables du règne de « Louis XV. Il était sans doute lui-même un des titres de M gloire de ce régne. Les souverains étrangers enviaient un « pareil écrivain à la France. Ils le comblaient à l'envi des « témoignages de leur estime et de bienfaits. Cependant '< Louis XV parut toujours méconnaître le mérite de cet « homme extraordinaire, et ne montra pour lui que du dédain « et presque de la haine. Lors même que Voltaire fut appelé « à la cour pour travailler aux fûtes du mariage du Dauphin, « il n'attribua cette espèce de faveur et les récompenses qui la « suivirent qu'à la bienveillance de M"" de Pompadour et à « l'amiiié de MM. d'Argenson et Richelieu. Il ne paraît pas « que durant tout ce temps de quinze à seize mois, le roi ait « daigné quelquefois converser avec lui; on pourrait même « douter qu'il lui eût adressé une seule fois la parole. Environ

I Le passage qui, au dire de Beucliot, ne se trouve ni dans l'édition princcps, ni dans l'édition de Kehl, mais qui, rapporté par Grimm, dans sa Correspondance littéraire (août 1774), a été rétabli, en 1817, dans le tome XIV de l'édition en 42 volumes, (édition Lefèvreet Uéterville, p. 6:Si), existe dans la réimpression qui fait partie du tome 1 de !a Corresp nidancc secrète. —

Dans l'édition de la Correspondance littéraire, elc de Grimm, donnée par

M. 'lourneux, il n'est pas fait mention, au mois d'août 1774, de l'écrit de Voltaire.

BIBLIOGRAPHIE DE SES ŒUVRES 3o5

« trente ans après, Louis X\' meurt. \'oltaire, confiné, depuis « un temps presque aussi long, dans une espèce d'exil volon- « taire ou non, à cent trente lieues de Paris, sur les confins « de la Suisse, apprend la mort du roi. Aussitôt, sans se dé- « mentir, il est encore, entre les gens de lettres, le premier u qui s'empresse à rendre à la mémoire de son souverain un « hommage solennel, dans un Eloge funèbre, bien différent de « l'oraison de l'abbé de Beauvais. »

1837. Lettre écrite a M. Turgot, contrôleur général DES FINANCES, PAR MM. LES SYNDICS GÉNÉRAUX

DU Clergé, de la Noblesse et du Tiers-État du

PAYS de GeX. Le 26 NOVEMBRE I774.

Imprimée pour la première fois dans le tome XXXIX de l'édition en g5 volumes, pp. 332-334. ^^- Clogenson croit que Voltaire se contenta probablement de rendre le style de celte Lettre un peu moins pesant et sa rédaction plus courte.

Réimpr. dans le tome XLVIII de l'édition Beuchot, p. 43.

Cette Lettre est signée: Castin, de Sauvage, Fabry et Emery ,

1838. Sentiment d'un académicien de Lyon sur quelques endroits des Commentaires de Corneille.

En 1774, Clément fit paraître ses Cinquième et Sixième Lettres à M. de Voltaire, oii l'on examine ses Commentaires sur Corneille, La Haye et Paris, Moutard, in-8 de aSy et 36o pp.

Le Sentiment d'un aeadémicien de Lyon est une réponse, faite par Voltaire, à la critique véhémente et passionnée de Clément.

Imprimée dans le Mercure de décembre 1774, pp. 224-234, sous le titre de : Sentiments, etc..., cette réponse a été réimprimée en 1775, dans le tome XXXVU" de l'édition encadrée, p. 3g5; — dans le tome XIX» des Nouveaux Mélanges, p. 209; — en 1776, à la suite des Lettres chinoises, indiennes et tartares (voyez plus loin, année 177Ô), p. 25i. Cf. le tome Xlll de l'Evangile du jour, éd. de Londres, 177S, p. i35; — le tome XXVIII de l'édition in-4 (1777), P- ^-^'^j — ^^ tome L de l'éûition de Kehl, p. 17.

1839. De l'Encyclopédie.

Cet écrit est du mois d'août 1774. Les Mémoires secrets n'en

3o6 VOLTAIRE

parlent que le 27 septembre; mais il en est question, dès le I" septembre, dans une lettre de M. Hennin à Voltaire (lettre 9173 de l'édition Moland) : cf. Voltaire à Hennin, loseptembre : « Cest vous, mon cher historiographe, dit Voltaire à son cor- « respondant, qui m'apprenez que Je petit chiffon sur VEncy- « clopédie est imprimé séparément. C'était un chapitre destiné « pour la nouvelle édition des Questions sur l'Encyclopédie. »

Nous ne connaissons pas l'édition séparée de cet écrit, qui a été réimprimé à la suite de Don P'edre, roi de Castille, tragédie et autres pièces, s. l. {Genève), 1775, p. ii5 (voy. notre t. I^'', n» 295). Cf. le tome XII de V Evangile du jour, Londres, 1775, p. 91 ; — le tome XXXIV de l'édition encadrée, p. I; — le tome XXV'I.de l'édition in-4 (1777), p. 3i i ; — le tome XLVI de l'édition de Kehl, p. 5o6.

Sur cet écrit, et sur l'anachronisme qu'il y a à y faire figurer M"' de Pompadour, morte en 1764, voyez la note de Beuchot, t. XXIX de l'édition Moland, p. 323.

1840. De l'Ame par Soranus, médecin de Trajan.

Les éditeurs de Kehl ont daté cet écrit de 1774 (voyez leur tome LXX, p. 423); ils ne donnent pas, comme le prétend Beuchot (t. XXIX de l'édition Moland, p. 329), celte date comme incertaine.

Cet opuscule a été imprimé en 1775, dans le tome III des Pièces détachées attribuées à divers hommes célèbres (XL« de l'édition encadrée), p. 377; cf. le tome XVIII" des iVowi'edUAr jMclanges, etc., p. 33o (ce volume porte le millésime 1776; mais il doit être de 1775 : c'est, en effet, de cette année 1775 qu'est daté le X1X« et dernier volume des Nouveaux Mélanges); — le tome XXIX de l'édition in-4 (1777), p. Sog, et le tome XXXII» de l'édition de Kehl, p. 226.

Les éditeurs de Kehl ont reproduit la section intitulée : Action de Dieu sur Vhomme dans le Dictionnaire philosophique, au mot Homme (voyez leur tome XLI, pp. 93-100).

Sur Soranus, médecin de Trajan, voyez la note de Beuchot, t. XXIX de l'édition Moland, p. 329.

1841. Petit écrit sur l'arrêt du Conseil du 13 septembre 1774 qui permet le libre commerce des

BLEDS DANS LE ROYAUME. S. /. 71. d. {GeiÙVC, 177)),

in-3 de 7 pp. (Bibl. N'% Z 2284, Zd 2547. 19 et C. V. Beuchot, 643).

Un arrêt du Conseil du i3 septembre 1774 avait autorisé le libre commerce du blé dans le royaume. En recevant cette nouvelle, Voltaire écrivit le 28 septembre à Turgot : f Le vieux « malade de Ferney remercie la nature de Lavoir fait vivre « assez longtemps pour voir l'arrêt du Conseil du i3 sep- « tembre... 11 présente ses respects et ses vœux à l'auteur». Le même jour, il disait à d'Alembert : « .le viens de lire le chef-d'œuvre de M, Turgot, du i3 septembre; il me semble que voilà de nouveaux cieux et une nouvelle terre ».

Le Petit écrit sur Varrêt du Conseil, etc., quoique daté du « 2 janvier 1773 «.est de la fin de l'année 1774 : Voltaire l'envoya à Condorcet le 3o décembre; cf. Voltaire au même, 16 janvier l'j'jb.

Réimpr. dans le Mercure de janvier 1775, t. II, pp. i(3o-i6ô. Dans l'édition princeps, comme dans la réimpression du Mercure, le Petit écrit est signé : F. D. V. S. D. F. E. D. T. G. O. D. R. (François de Voltaire, seigneur de F'erney et de Tournay, gentilhomme ordinaire du roi).

Sur le Petit écrit, etc., voyez les Mémoires secrets du 27 janvier 1776 [Additions t. XXIX p. 342) et du 19 juin de la même année. Cf. la Correspondance littéraire, etc., de Grimm, éd. M. Tourneux, t. XI, p. 42 ; février 1775.

Le Petit écrit, etc., est au tome Xll" de V Evangile du jour, 1775, p. 95. Cf. le tome XXX de l'édition de Kehl, p. 536.

1842. Notes concernant le pays de Gex. 1775.

Imprimées pour la première fois, en 1827, dans le t. XXXlX de l'édition en 95 volumes, p. 333. — Sur cet écrit, voyez la note de xM. Clogenson, reproduite par Beuchot (t. XXIX de l'édition Moland, p. 049).

1043. MÉMOIRE SUR LE PAYS DE GeX. 3I MARS 177).

Imprimé pour la première fois dans le tome XXXIX de l'édition en 95 volumes, p. 337. Une copie de ce Mémoire, dit M. Clogenson, « avait été adressée à M. Trudaine. Celle que « j'ai sous les yeux porte ces mots en marge de la première « page : A répondre à M. l'abbé Morellet ou à M. de Voltaire. « Le Résumé (\v\\ termine ce Mémoire qsI, dans notre copie, de « la main de Wagniére ». Cf. les tomes XLVIII de l'édition Beuchot, p. 92, et le tome XXIX de l'édition Moland, p. 33 1.

Le Mémoire sur le pays de Gex est signé : Castin, comte de La Forêt, Sauvage, Fabry et Emcry,

3oS VoLTAIRk

1844. Diatribe a l'auteur des Éphémhrides. S. /. [Genève], 1775, '^"^ ^^ 32 pp. (C. V. Beuchot, 203). — Genève et Paris, Valleyre Vaîné, 1775, in-o de 27 pp. (C. V. Beuchot, 204, 205).

L'édition en 32 pp. contient (pp. 2(3-32), un Extrait de la Galette d'agriculture, commerce, arts et finances du 19 mai

1775, n-Sg.

Kayser {Index locupletissimus, etc., t. VI (i836), signale une édition avec le nom de Genève {177b, in-8; Rottman, à Berlin); est-ce l'édition de Genève et Paris?

Dans Védiùon princeps, la Diatribe est datée du 20 mai 1775.

L'abbé Baudcau envoyait à Voltaire ses Nouvelles Ephéinérides économiques. Dans une lettre non datée, mais qui doit être du mois d'avril, — car elle parut dans le Mercure de mai 1775 (voyez la note de Beuchot, t. XLIX de l'édition Moland, p. 273), — Voltaire remercie l'abbé Baudeau de la bonté qu'il a de lui faire parvenir son journal. « Les vérités utiles y sont <( si clairement énoncées, que j'y apprends toujours quelque « chose, quoique à mon âge on soit d'ordinaire incapable d'ap- « prendre. La liberté du commerce des grains y est traitée « comme elle doit l'être; et cet avantage inestimable serait « encore plus grand, si l'Etat avait pu dépenser, en canaux de « province à province, la vingtième partie de ce qu'il nous en a Il coûté pour deux guerres dont la première fut entièrement « inutile et l'autre funeste ». (Les guerres de 1741 et de 1756.) « S'il y a jamais eu quelque chose de prouvé, c'est la néces- « site d'abolir pour jamais les corvées. Voilà deux services es- « sentiels que M. Turgot veut rendre à la France; et, en cela, a son administration sera très supérieure à celle du grand « Colbert... Continuez, monsieur, à nous éclairer, à nous enu courager, à préparer les matériaux avec lesquels nos mi- « nistres élèveront le temple de la félicité publique ».

C'est la lecture d'un article inséré dans le tome IV des A^ouvelles Ephémérides économiques de 1775 % qui donna l'idée à Voltaire d'écrire sa Diatribe à l'auteur des Ephémérides. Voltaire parle de cette brochure dans sa lettre à Âl"= du Def-

I. La Bibliothèque nationale ne possède pas les Nouvelles Ephémérides économiques de 1773; ce recueil s'imprimait à Paris, chez Lacombe, et avait pour sous-titre : Bibliothèque raisonnée de l'histoire, etc., (voyez le tome I Je l'année 1776; Bibl. N'», Z. 2259, F. z. y. k. ).

fand du [7 mai 1775. Cf. Voltaire à d'Ars^ental, !" juillet; — à La Harpe, i5 auguste; — à de Vaines, i5 auguste.

Les Mémoires secrets font mention de la Diatribe le G juillet 1775.

La Harpe en ayant fait un extrait, dans le Mercure d'août 1775, (pp. 59 et suivantes), un arrêt du Conseil du 19 août supprima la Diatribe « comme scandaleuse et calomnieuse, con- « traire au respect dû à la religion et à ses ministres » ; déclara Valleyre interdit de la profession de libraire et imprimeur ; enfin ordonna que le censeur du Mercure, Louvel, fût rayé de la liste des censeurs royaux. — Sur cet arrêt, voyez les Mémoires secrets des 22, 26 août et (5 septembre 1775 (l'article du 6 septembre est aux ^cY(.-fiY/o/!5 tome XXXI, p. 3i4); — la Correspondance secrète de Métra, t. Il, pp. 141 et suivantes et 157; — d'Alembert à Voltaire, i5 auguste 1775 (lettre 9464 de l'édition Moland) ; — Voltaire à l'abbé Morellet , 3i auguste 1775.

En dernier lieu, l'ouvrage ayant été dénoncé au Parlement, l'avocat général Séguier fit, le 7 septembre, un réquisitoire contre la Diatribe. D'après ses conclusions, disent les Mé~ moires secrets du 19 septembre 1775, « la cour enjoint à La «Harpe, auteur de l'article du Mercure susmentionné; à « Louvel, censeur et à Lacombe, imprimeur, d'être plus cir- « conspects à l'avenir; leur fait défenses de plus insérer, dans « cet ouvrage périodique, approuver ni imprimer aucune ré- « flexion et extraits d'ouvrages, qui pourraient attaquer la reli- « gion, le gouvernement et la mémoire de nos rois ». — Cf. \ts Mémoires secrets du. i5 septembre 1775; — la Correspondance littéraire de. Grimm, éd. M. Tourneux, t. XI, pp. 124-125 : septembre 1775 ; — Voltaire à d'Argental, i5 septembre 1775.

Réimpr. dans les tomes XVIII des Nouveaux Mélanges, p. 201 (loi) ; — 111= des Pièces détachées attribuées à divers hommes célèbres (XL" de l'édition encadrée), p. 46 ; — XXVIIl de l'édition in-4'' (1777), p. 434; — XIII de l'Evangile du jour (voy. l'édition de Lon<^re5, 1778), p. 166; — XXIX de l'édition de Kehl, p. 438. — Voyez aussi notre tome I", p. 472.

ir.45. Article extrait du Mercure de juin 1775 sur

LA SATIRE DE ClÉMENT, INTITULÉE I MON DERNIER MOT.

Cet article a été imprimé dans le Mercure de juin, pp. i55- 159, sous le titre suivant : iMon dernier mot, satire en vers de M. Clément, sous le faux titre de Genève. (C'est en cllct avec le nom de Genève qu'avait paru, en 1775, la satire de Clément, Mon dernier mot, in-8 de i5 pp. (Bibl. N'i^. Z.).

3io VOLTAIRE

Une note au bas de la page i55 du Mercure dit que cet article est de M. D. V. G. O. D. R. (M. de Voltaire, gentilhomme ordinaire du roi).

Réimpr. dans le tome XLVIII* de l'édition de Kehl, p. 269, sous ce titre : {Observations) sur une satire en vers de M. Clément, intitulée : Mon dernier mot.

1846. Le cri du sang innocent. S. /. [Genève), 1775, in-8 de 37 pp. (C. V. Beuchot, 185).

PP. 3-23 : Au roi très chrétien, en son conseil.

PP. 24-37 : Précis de la procédure d'Abbeville.

Ces deux écrits sont rédigés au nom de d'Etallonde de Morival. On sait que Gaillard d'Etallonde de Morival, impliqué dans l'affaire d'Abbe%"ille, avait été condamné au bûcher, le 28 février 1766 (voy. le n" 1722). Réfugié en Prusse, il était entré comme cadet dans un des régiments de Frédéric, et en 1773, nous le retrouvons à Vesel, au service d'un roi, « qui « n'immole personne à des capucins, qui n'arrache point la t langue aux jeunes gens, et qui se sert mieux que personne « de sa langue, de sa plume et de son épée. » (Voltaire à Frédéric, 22 avril 1773).

Voltaire n'avait pas manqué de recommander chaudement d'Etallonde à Frédéric, et celui-ci avait promis qu'il aurait soin de l'avancement du jeune officier (voyez Frédéric à Voltaire, 12 août et 9 octobre 1773).

C'est dans une lettre du 20 décembre 1773 (de Voltaire à d'Etallonde) *, qu'il est, pour la première fois, question des démarches à faire et des voies à choisir pour obtenir en faveur du jeune officier, soit des lettres de grâce, soit la cassation de l'arrêt qui l'avait condamné, a Le point principal », dit Voltaire à d'EtallondedeMorival,«estde vous rendre capablede succéder « et de jouir, en France, de tous vos droits de citoyen, quoique ( vous serviez un autre monarque. Toutes ces considérations « exigeront probablement que vous soyez en France, pendant a le temps qu'on sollicitera la justice qui vous est due ». — Voltaire offre à d'Etallonde sa retraite de Ferney; il lui promet l'appui du chancelier, de l'abbé Mignot, conseiller de grand'chambre au Parlement de Paris, et son neveu : << Nous <c vous servirions de notre mieux... Mon âge et mes maladie

I, Voltaire était en correspondance avec d'Etallonde de Morival, depuis l'année 1767 (voyez les lettres 6671, 6y35, 6897 et 7038 de l'édition Moland).

BIBLIOGRAPHIE DE SES ŒUVRES 3ii

« ne m'empêcheraient pas d'agir avec vivacité. J'y mettrai plus « de chaleur que la vieillesse n'a de glace. »

En janvier 1774, Voltaire demande à Frédéric un congé d'un an pour d'Etallonde (voyez la lettre 9082 de l'édition Moland; cf. Voltaire à d'Etallonde, 17 janvier 1774), et le 16 février, Frédéric informe Voltaire que son protégé a une permission d'un an pour se rendre en Suisse. Cf. Voltaire à Frédéric, 1 1 mars et 26 avril 1774. A cette dernière date, d'Etallonde est arrivé à Ferney; Voltaire lui fait apprendre la géométrie, les fortifications, le dessin, sous un très bon maître, et il promet à Frédéric de le lui renvoyer « en état de lui rendre de vrais ser- « vices » et très digne de sa protection « dans ce diable de (c grand art de Lucifer, dont il est le plus grand maître « (voyez la lettre 9132 de l'édition Moland).

Au mois d'août 1774, Voltaire intercéda auprès du chancelier Maupeou pour d'Etallonde (voyez sa lettre à Maupeou du 14 auguste): mais le 24 août, Maupeou recevait l'ordre de remettre les sceaux, et sa chute venait ruiner toutes les espérances de N'oltaire. Il s'agissait de trouver de nouveaux protecteurs au jeune lieutenant prussien ; d'Argental, d'Hornoy^ d'Alembert, furent mis en campagne, et la duchesse d'Enville promit de disposer M. de Miroménil, le nouveau garde des sceaux, à se montrer favorable à d'Etallonde (voyez Voltaire à d'Argental, 10 et 24 octobre; — à d'Alembert, 29 octobre. Cf. Voltaire au même et à d'Argental, 7 novembre; — à Condorcet, 23 novembre, 7, 11, 23, 3o décembre '; — à d'Argental, 24 novembre et 23 décembre; — à M™« du Deffand, même date ; — à M™" la duchesse d'Enville, 26 novembre ; — à Malesherbes, i" janvier 1775).

Voltaire voulait que d'Etallonde fît juger son procès. « Je « n'aime point qu'on demande grâce, quand on doit demander « justice », dit-il à d'Alembert, le 7 novembre 1774. Sa grande préoccupation, pendant les premiers mois de l'année 1775, est d'obtenir un sauf-conduit d'un an pour d'Etallonde (voyez Voltaire à Condorcet et à d'Argental, 16 janvier 1775 ; — à d'Argental, 22 janvier 2;— à M"» la duchesse d'Enville (lettre 93o3

1. La lettre du 11 décembre 1774, à Condorcet, contient un Rcsum} du procès d'Abbcville, qni est le premier jet du Précis de la procédure d'Abbeville, tel qu'on le lit dans le Cri du sayig innocent.

2. Beuchot, dans sa note de la page 3/5 du tome XXIX de l'édition Moland, dit que Voltaire envoya, en janvier 1775. à d'Argental u un modelé ou projet du Cri du sang innocent; » et il cite, à l'appui de son assertion, les lettres de Voltaire des 16 et 22 janvier à d'Argental. Mais il n'est question dans la lettre du i() janvier, que « d'un bout de requête réfonnable, » et il est possible que

de l'édition Moland); — en même temps, il s'occupe de la rédaction d'un mémoire qu'il annonce à Frédéric, le 4 février- Cf. Voltaire à Condorcet, 6 février; — à Frédéric, i5 février; — à d'Argental, 18 mars, 3 et 16 avril (« Ce sang innocent crie, « mon cher ange », lit-on dans cette dernière lettre, « et moi je « crie aussi et je crierai .jusqu'à ma mort»); — à Frédéric, 28 mars; — à Condorcet, 21 et 24 avril; etc., etc.

Toutefois le Cri du sang innocent ne parut qu'au commencement de juillet, avec la date du 3o juin (voyez Voltaire à d'Alembert, 7 juillet; — à d'Argental, 10 juillet; — à de Vaines , 25 juillet).

Résolu à ne pas accepter pour d'EtalIonde les lettres de grâce, qu'on était disposé à lui accorder. Voltaire s'était décidé à prendre le public pour juge (à d'Argental, 18 mars 1775). Mais nous voyons, par la lettre de Voltaire à d'Argental, du 5 auguste, que le ministère ne voulut point que le factum de d'EtalIonde « perçât dans le monde »; (cf. Voltaire au même, 21 auguste); aussi les Mémoires secrets ne font-ils mention du Cri du sang innocent que le i" septembre 1773, c'est-à-dire deux mois après sa publication.

D'EtalIonde quitta Ferney le 3i auguste 1775, après y avoir séjourné pendant plus de seize mois; le 20 octobre, dit Beuchot, « il fut nommé par Frédéric capitaine au corps du génie... « il était âgé d'un peu plus de trente-deux ans. A partir de a l'année 1787, on ne le trouve plus dans les rôles de son « corps. » (T.XLIX de l'édition Moland, p. 3o6.) Une note de la page 47 du tome XLV de la même édition nous apprend qu'ayant obtenu, en 1788, des lettres d'abolition. d'EtalIonde revint en France, et se fixa à Amiens, où il mourut pendant les premières années de la Révolution.

Le Cri du sang innocent est daté de Neufchâtel, parce que cette ville appartenait au roi de Prusse, et que d'EtalIonde était censé y résider.

Beuchot a rétabli, d'après l'édition princeps, la dernière phrase d'une note de Voltaire, qu'avaient supprimée les éditeurs de Kehl (voyez le tome XXIX de l'édition Moland, p. 377). Cette note est relative à Belleval qui, ainsi que Voltaire l'a dit

cet écrit soit le même que le Projet à réformer d'une requête au Roi. qui fait partie de la lettre à Condorcet du 3o décembre 1774. D'autre p.Trt, dans la lettre du 22 janvier, oii il est question du « projet de la petite pancarte que « l'on demande à M. de Vergenries, « Voltaire veut certainement parler du sauf-conduit qu'il sollicitait pour d'EtalIonde, Cf. V'^oltaire à la marquise du Deffand, 25 janvier 1775.

BIBLIOGRAPHIE DE SES ŒUVRES 3i3

ailleurs (voyez sa lettre à Frédéric, du ii mars 1774), « fut la « première cause de l'horrible affaire d'Abbeville. » Belleval ayant déclaré, le 9 novembre 1770, que non seulement il avait le jugement du chevalier de La Barre « en horreur », mais « qu'il frémissait encore, au nom du juge qui avait instruit cet « exécrable procès ' », Voltaire, dans l'intérêt même de la défense de d'Etallonde, voulut rendre justice à Belleval (voyez Voltaire à Florian, 9 février 1774). Mais il n'en demeure pas moins établi que c'est sur les instances de Belleval que Moisnel, son pupille, chargea La Barre, dans la procédure d'Abbeville (voyez Desnoiresterres, Voltaire et J.-J. Rousseau, pp. 478-479) .

Le Cri du sang innocent a été réimprimé en 1776 (1775?) dans le tome XVIU" des Nouveaux Mélanges, pp. 355-38o; — en 1776, dans le Recueil intéressant sur l'affaire de la mutilation du crucifix d'Abbeville. Londres, in-12 (voyez le n« 1722);

— en 1777, dans le tome XXVI de l'édition in-4, p. 367. Cf. le tome XXX de l'édition de Kehl, p. 333.

■1O47. MÉMOIRE DES États du pays de Gex.

Ce Mémoire a été imprimé pour la première fois par les éditeurs de Kehl, tome XXIX, pp. Siy-SiS.

Voltaire en parle dans sa lettre à M™" de Saint-Julien, du 10 octobre 1775. Cf. Voltaire à la même, 8 octobre, et à Dupont (de Nemours), 10 octobre.

1843. MÉMOIRE DU PAYS DE GeX.

La première édition de ce Mémoire est de 1827 (t. XXXIX de l'édition en 95 volumes, pp. 353 et suivantes).

Voltaire envoya le Mémoire du pays de Gex à Trudaine, le i3 novembre 1773, et à l'abbé Morellet, le 14 novembre. Cf. Voltaire à M">» de Saint-Julien, 14 et 24 novembre. On sait que Trudaine et Turgot accueillirent favorablement les réclamations élevées par Voltaire au nom des habitants du pays de Gex, et qu'un arrêt du Conseil délivra cette contrée des vexations auxquelles l'avaient soumise jusque-là les employés des fermes. (Voyez Voltaire à Trudaine et à Turgot, .3 décembre;

— à Fabry et à de Vaines, 6 décembre; — à Trudaine, 12 décembre, etc.). a Le 12 décembre. Voltaire se rendit aux Etats

I. Voyez cette rétractation dans la lettre de Voltaire à Frédéric, du 11 mars

3i4 VOLTAIRE

« du pays de Gex et conseilla d'accepter purement les détermi- « nations du ministre sur l'abonnement annuel du pays de u Gex, pour la somme de 3o,ooo francs, sans insister sur des « demandesde réduction; ce que les Etatsadoptèrent aussitôt. » (Note de M. Hennin fils, rapportée par .M. Moland, dans le tome XLIX de son édition, p. 448. Cf. Voltaire à Trudaine, 8 et 23 décembre; — à M"" de Saint-Julien, 14 décembre; — à Turgot, 22 décembre lyyS).

Dans la copie sur laquelle M. Clogenson a imprimé ce Mé- 7noire,en 1827, le titre et la date étaient de la main de Voltaire; le reste de celle de Wagnière (voyez sa note, t. XXIX de l'édition Moland, p. SqS).

Voyez un autre Mémoire sur Vétat de l'agriculture du pays de Gex, dans la brochure de M. de Vayssière, dont il a été question sous le n» i835. Nous ne croyons pas que ce Mémoire ait été rédigé par Voltaire. Cf. notre tome III, Correspondance, année 1876.

1049. A M. Turgot, ministre d'État, contrôleur général DES Finances.

« Dans les éditions de Kehl ', dit Beuchot, et dans beaucoup 6 d'autres, cette requête était imprimée à la suite de la lettre « à M. de Trudaine, du 8 décembre 1775. M. Clogenson a, en « 1827*, extrait de la Correspondance cette pièce qui n'est « point une lettre. » (Voyez le tome XXIX de l'édition Moland, p. 397.)

Ce petit écrit doit être antérieur au 3 décembre; en effet, à cette dernière date, Voltaire avait reçu la minute de l'arrêt du Conseil, qui rendait la liberté au pays de Gex (voyez Voltaire à M""= de Saint-Julien, 3 décembre), et sa requête devenait, dès lors, sans objet.

1850. Les édits de Sa Majesté Louis XVI pendant l'administration de m. Turgot.

Beuchot croit qu'il s'agit de cet écrit dans le passage suivant des Mémoires secrets du 10 décembre 1775 : « Il est arrivé, de « Genève, une petite brochure sans titre, mais qu'on attribue « avec raison au philosophe de Ferney. Il se jette aujourd'hui

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