‹ Voltaire. Bibliographie de ses œuvresChapitre 70 sur 94 · CONTRÔLEUR GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

CONTRÔLEUR GÉNÉRAL

Ces Prières et Questions, numérotées et écrites sur un papier séparé, ont été adressées à Turgot, avec la lettre du i3 janvier 1776. Les éditeurs de Kehl les ont imprimées dans la Correspondance, à la suite de cette dernière lettre (voyez leur tome LXIII, p. ibj). Dans l'édition en g5 volumes, ce morceau est au tome XXXIX, p. 364.

1856. Supplique a M. Turgot.

Imprimée par les éditeurs de Kehl, dans la Correspondance, t. LXIII, pp. 161-162, à la suite des Prières et Questions qui précèdent, et sous le titre suivant : Lettre LXXXIX. Au même (Turgot). Le titre actuel est de 1827 (t. XXXIX de l'édition en 95 volumes, p. 448) : « Ce très court Mémoire, dit

« M. Clogenson, doit être de février ou de mars 177G. Il y « est fait allusion à l'édit rendu, contre les corvées, au mois « de février de cette même année, et enregistré le 12 du mois " suivant. Peut-être même est-il du mois de janvier précé-

« dent Voyez au surplus, pour ce qui concerne les serfs

« de Chézeri et de Lelex, les lettres du 26 janvier 1776, à « MM. de Trudaine et de Fargès et celle du 23 février à « M. Dupont de Nemours. » (Ibid.)

1857. DÉLIBÉRATION DES ÉtATS DE GeX DU I4 MARS

1776. A Mgr le contrôleur général.

Imprimée en 1827, par M. Clogenson, dans le tome XXXIX de l'édition en g5 volumes, p. 368. « L'original de celte Déli- « bération, dit M. Clogenson, est de la main de Wagniére; il « fut adressé à Turgot. La dernière signature est celle de : « Voltaire pour les absents. » {Ibid.)

1858. A M. Turgot, 29 mars 1776.

Beuchot dit que, dans l'édition de Kelil, cette pièce a été mise dans la Correspondance. Nous l'y avons vainement cherchée. M. Clogenson la donne pour inédite, dans sa Note préliminaire sur les écrits composés par Voltaire à Ferney

pour les habitants du pays de Gex, etc (t. XXXIX, p. 3c8).

a Cette espèce de requête, dit-il ailleurs (même tome, p. 379), « de la main de Wagniére, fut envoyée par Voltaire sur trois « feuillets composant un seul cahier. Déjà, dans sa lettre du « 8 janvier 177'"), il avait recommandé les sieurs Scdillot et « Rouph au contrôleur général. »

1859. Lettres chinoises , indiennes et tartares a M. Paw, par un bénédictin. Avec plusieurs autres PIÈCES intéressantes. A Paris (Genève), 1776, in-o de 2 fî. de litre et 292 pp. (Bibl. N'% Z 1032 + B et C. et C. V. Beuchot, 490). — Londres (Amsterdam), 1776, in-o de 2 ff. non chifT., 182 pp. et 2 pp. non chiff. pour la Table (C. V. Beuchot, 491).

Corneille de Pauw, chanoine de Xanten, dans le duché de Clèves, avait publié, en 1774, des Recherches philosop/iiques sur les Egyptiens et les Chinois. Londres (Berlin), 2 volumes in-8 (voyez Quérard, la France littéraire, t. VI, p. 643).

Voltaire parle de cet ouvrage dans sa lettre à d'Argental, du 3 septembre 1774. A la lin cîe 1775, Voltaire annonce à Fré-

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déric « des lettres assez scientifiques, assez ridicules, qu'il a « pris la liberté d'écrire à M. Pauw sur ses Chinois, ses a Egj-ptiens et ses Indiens, n Frédéric lut cette lettre à l'abbé Pauw :« Il a été pénétré, mande-t-il à Voltaire, le lo jan- « vier 1776, des choses obligeantes que vous écrivez sur son « sujet; il vous estime et vous admire, mais je crois qu'il ne « changera pas d'opinion au sujet des Chinois. »

Les Lettres chinoises, etc , étaient imprimées en partie le

17 janvier 1776 (voyez Voltaire à Frédéric, lettre 9618 de l'édition Moland); l'ouvrage dut paraître au commencement de mars (voyez Voltaire à d'Argental, 6 et 20 mars; — à Frédéric, 1 1 mars; — Frédéric à Voltaire, 7 et 20 avril; — Voltaire à La Harpe, g avril, etc., etc.).

Sur les Lettres chinoises, etc., voyez les Mémoires secrets des 21 avril, 12 mai, 27 et 29 juin 177G; — la Correspondance littéraire, etc., de Grimm, éd. M. Tourneux, t. XI, pp. 238 et suivantes : avril 1776); — la Correspondance littéraire de La Harpe (Œuvres de la Harpe, Paris, Verdière, 1820, t. X, pp. 297 et 3o6).

L'édition princeps des Lettres chinoises (qui a en marge des sommaires que Beuchot n'a pas reproduits; voyez sa note, tome XXIX de l'édition Moland, p. 45i), comprend, outre les

Lettres chinoises, etc , au nombre de douze, les morceaux

suivants :

P. 145. Dialogue de Maxime de Madaure (voyez notre r.» 1 7 1 6; .

P. 175. Lettres de M. le chevalier de Boufflers pendant son voyage en Suisse à madame sa mère, avec des notes. Nouvelle édition. (Ces Lettres avaient paru en 1770, sous le titre suivant : Lettres du chevalier de Boufflers à sa mère, sur son voyage en Suisse. Paris, in-S'). — Une édition de 1771, s. /., in-8 de 3i pp. (C. V. Ben) est intitulée : Lettres de M. le chevalier d& Boufflers pendant son voy^age en Suisse à madame sa mère. — Une autre édition, in-8 de 26 pages, fut donnée en 1772 (voyez la Correspondance littéraire de Grimm, édition M. Tourneux, t. IX, p. 473; i5 mars 1772*).

P. 212. Lettre de M. de Voltaire à M. Vabbé d'Olivet sur la langue française. A Ferney^, 5 janvier 176 y. (Cette Lettre

1 . Voy. Quérard, la France littéraire, t. I, p. 445. Cf. la note de M. Asse, dans le volume intitulé : Lettres de .Ume J^ GraJJlgny, etc., Paris, Charpenti.'r, IÎ579, p. 3og.

2. Voyez encore une édition de 1772, En Suisse {sic}, in-8 de 24 pp., à la Bibliothèque Nationale, Y. 6120, E.

BIBLIOGRAPHIE DE SES ŒUVRES 3i9

avait été imprimée séparément, dès lyôy. Voyez, dans notre tome III", la division : Correspondance, année 1767.

P. 234. Fragment d'une autre lettre de M. de Voltaire à M. d'Olivet. (Sur ce Fragment, voyez les notes de Beuchot, t. XLI de l'édition Moland, pp. 404 et 408.)

P. 244. Le mois d'auguste, épitre à AI. de Voltaire par M. François de Neufclu'iteau, docteur en droit, avocat du roi au bailliage de Ve:{eli:{e, des A cadémies de Dijon, Lyon, Marseille, Nancy. Cette Epitre est datée du G auguste 1774.

On lit : 6 août 1774, dans l'édition séparée [Paris, Valade, 1774, in-S de 8 pp. Bibl. N'^ Y. 6492, O. 10).

Voltaire répondit à François de Neufchàteau par sa lettre du 3i auguste 1774.

P. 2bi. Sentiment d'un académicien de Lyon sur. quelques endroits des Commentaires de Corneille (\oyez notre n" i838).

P. 268. Fragment d'un poème, par M. le clievalier de Cubières, écuy^er du roi qui a concouru pour le prix de l'Académie française en lyyS, (En 1775, le prix de poésie fut décerné à La Harpe, pour ses Conseils à un jeune poète. Voyez la Correspondance littéraire de Grimm, etc., éd. M. Tourneux, t. XI, p. iio. Cf. La Harpe, Correspondance littéraire (Œuvres de La Harpe, Paris, Verdière, 1820, t. X, pp. 217-218}. Le poème de Cubières n'est pas imprimé dans ses Opuscules poétiques, Orléans, Couret de Ville?ieuve, 17S6, 3 vol. in-i8 (Bibl. N'% Y. 5492. R. 64).

P. 270. Vers sur un bref attribué au yape Clément XIV, contre la castration, par M. de Bordes, de l'Académie de Lyon. (Cette pièce de vers, qu'on avait fait courir sous le nom de Voltaire, et dont celui-ci n'a donné qu'un extrait, à la suite de ses Lettres chinoises, etc., est imprimée dans la Correspondance littéraire de Gnmm, etc., sous la date du i5 mars 1771. Elle y est intitulée : Les Castrats; voyez l'édition M. Tourneux, t. IX, p. 264).

P. 273. Les Finances (voyez notre tome h^, wGbb. Cf. les Mémoires secrets du 27 juin 1776).

P. 276. Fragment d'une lettre sur les Dictionnaires satiriques (voyez notre n» 1819).

P. 28G. Réponse a cette lettre, par M. de Mor;;a (voyez notre n» 18 19).

On ne trouve, pas dans l'édition pri)iceps des Lettres danoises, etc., la romance de Sedaine, rapportée par Meister {Corresponda?ice littéraire de Grimm, etc., éd. M. Tourneux, t. XI, pp. 243-244).

L'édition avec le nom de Londres contient de plus que l'édition /ir/Hce/'5 ; Le Dimanche ou les Filles de Minée (voyez notre t. I, n» 657) et la Diatribe à l'auteur des Epliémérides (voyez notre n» 1844).

Les Lettres Chinoisns, etc., ont été réimprimées dans le tome XIII de l'Evangile du jour (Londres, 1778). Cf. les tomes XXVII de l'édition in-4 (1777), p. 447, et le t. XL\'II de l'édition de Kehl, p. i85.

1060. Un Chrétien contre six Juifs. La Haye , aux DÉPENS DES libraires (Genève), 1777, in-8 de 2 flf. non chiff. et 303 pp. (Bibl. N'% A, 11739 et C. V. Beuchot, 865). — Londres (xA-Msterdam), 1777, in-8 de i f. de titre et 188 pp. (C. V. Beuchot, 866).

L'ouvrage intitulé : Un Chrétien contre six Juifs est une réponse au livre de l'abbé Guénée : « Lettres de quelques juifs vortugais et allemands à Al. de Voltaire avec des réflexions critiques, etc., et un petit Commentaire extrait d'un plus grand, Lisbonne et Paris, Laurent Prault, 176g, in-8 de viii et 424 pp. (C. V. Beuchot, i3oo) *.

Antoine Guénée, né à Etampes, le 23 novembre 171 7, mort à Fontainebleau, le 27 novembre i8o3, fit ses études à Paris, embrassa l'état ecclésiastique, et, après s'être fait recevoir agrégé, professa, pendant vingt ans, la rhétorique, au collège du Plessis (1741-1762). Ses premières attaques contre Voltaire datent de 1765, époque de la publication de la Lettre du rabin Aaron Mathathai à Guillaume Vadé, traduite du liollaiidais par le lévite Joseph Ben Jonathan, et accompagr.ee de notes plus utiles. Amsterdam, Abraham Root (Paris), in-8 de 24 pp.*. — Cette Lettre fut écrite par Tabbé Guénée, à propos d'une note du chapitre xii du Traité sur la Tolérance, note relative au veau d'or (voyez le tome XXV de l'édition iMoland, pp. 66 et suivantes).

1. Le faux-titre porte : Lettre sur divers écrits de M. de Voltaire par quelques juifs portugais et allemands. « C'est, dit Beuchot, dans la qua- 11 trieme édition, que les Juifs polonais paraissent pour la première fois sur « le titre. » (T. XXIX de l'édition Moiand, p. 499.)

2. Smt \a. Lettre du rabin .\aron Mathathai, qui a été fondue depuis dans les Lettres de quelques juifs etc., voyez Quérard, les Supercheries litléraires. etc., éd. Daffis, I, i5o-i5i, et notre tome Ilfe {Ouvrages attribués à Voltaire, année 1765).

En 17Ô9, parurent les Lettres de quelques juifs portugais et allemands, etc.. (voyez Gvimvn, Correspoudance littéraire, etc., éd. M. Tourneux, t. VIII, pp. 324-325, et t. IX, p. 120). Dès 1770, Voltaire til une courte réponse à l'abbé Guenée, en publiant à la suite de sa brochure intitulée : Dieu. Réponse au Système de la nature. Section IL Article tiré d'un livre intitulé : Questions sur l'Encyclopédie, en quelques volumes, in-8, qui n\i pas encore paru, s. l. n. d. (in-8 de 56 pp.) ', le morceau qui a pour titre : Fonte. Art de jeter en fonte des figures considérables d'or ou de bronze. Réponse à un homme qui est d'un autre métier; article tiré des Questions sur l'Encyclopédie, t. IV (pp. 22 à 32). Ce n'est que dans le tome Vl» des Questions sur l'Encyclopédie (1771) que parut l'article : Fonte. Sur les différences qui existent entre le texte de 1770 et celui de 1771, voyez les notes de Beuchot, t. XIX de l'édition Moland, pp. 162. i65 et 168". — Il est question de la brochure intitulée : Dieu, etc., dans les Mémoires secrets du 8 septembre 1770. On lit dans le même ouvrage, à la date du i3 septembre : « A la suite du petit pamphlet intitulé Dieu, « M. de Voltaire a inséré une réponse à un livre qui a paru, il « y a déjà du temps, ayant pour titre : Lettres de quelques a Juifs portugais et allemands, etc.-. II paraît que cet autre « pamphlet fera aussi corps des remarques de l'auteur sur « l'Encyclopédie. >> Cf. la Correspondance littéraire, etc., de Grimm, éd. M. Tourneux, tome IX, pp. 117 et 120; i" septembre 1770.

Voltaire savait-il, en 1770, que l'abbé Guénée était l'auteur des Lettres de quelques Juifs? Il est permis d'en douter'. En effet, le 22 octobre 1776, Voltaire écrit à d'Alembert : « Ditesce moi , je vous prie, quel est le chien de chrétien qui a tait

« trois volumes de lettres à moi adressées, sous le nom de « trois Juifs? » Et d'Alembert répond au patriarche le 5 no-

l. C V. Beuchot, ti4|. — Une autre édition forme un in-S de ,^4 pp. (C. V. Beuchot, 1145).— Cf. lEvaiigilc dujuur, seconde édition, t. VIII(i778j, pp. 121 et suivantes.

4. L'article Dieu n'a pas été réimprimé dans le tome IV des Questions sur l'Encyclopédie, conformément au texte de 1770. Ni Beuchot, ni IMr. iMolaud n'ont donné, en variantes, les nombreux passages de 1770 qui n'ont pas été reproduits en 1 771.

3. Faisons remarquer toutefois qu'on lit dans l'ainicle Fonte, tel qu'il parut en 1770 : « Un ancien professeur du collèffe du Plessis a écrit contre nous « et contre tous les sculpteurs anciens et modernes, faute d'avoir consulté les V ateliers. » Ni l'auteur des Mémoires secrets, ni Gi'imm, ni Fréron {Année littéraire, ijf»), t. 111, lettre lie), ^^^ donnent, on 1770, le nom de l'auteur des Lettres de quelques juifs.

vembre, que « le secrétaire de ces Juifs est un pauvre chrétien « nommé Guénée, ci-devant professeur au collège du Plessis. » Voltaire n'avait pas encore reçu la réponse de d'Alembert, lorsqu'il lui demandait, le 8 novembre, « le nom de ce docte « janséniste qui a fait imprimer chez Moutard, trois scienti- « tiques volumes contre lui, sous le nom de six Juifs '. » Voltaire travaillait à l'ouvrage intitulé : Un Chrétien contre six Juifs *, à la fin de 1776 : il écrit à d'Alembert, le 18 novembre, « qu'il joue actuellement avec la souris nommée Guénée; )> il ajoute que « ses pattes sont bien faibles et qu'il ne sait si ce « combat du chat et du rat d'église pourra amuser les specta- « teurs. » Cf. Voltaire à d'Argental, 4 décembre 1776 et 4 février 1777; — à d'Alembert, 8 décembre 1-76: « Le secrétaire « juif, nommé Guénée, y. lit-on dans cette dernière lettre, « n'est pas sans esprit et sans connaissances, mais il est malin « comme un singe; il mord jusqu'au sang, en faisant semblant « de baiser la main. Il sera mordu de même. »

Nous croyons, contrairement à l'opinion de Beuchot (voyez son Avertissement, X. XXV de l'édition Moland, pp. 499-500), que le livre de Voltaire parut d'abord sous le titre que nous avons donné ci-dessus : Un Chrétien contre six Juifs, et que c'est la réimpression de ce volume qui est intitulée : Le Vieillard du mont Caucase aux Juifs portugais, allemands et polonais, ou Réfutation du livre intitulé : Lettres de quelques Juifs portugais, allemands et polonais, in-i 2, Paris, lyjô. Ouvrage attribué a un ami de l'auteur de la Henriade, orné du portrait de M. de K***, Rotterdam (Genève), 1777, in-12 de 2 ff. non chiff. et 296 pp. (G. V. Beuchot, 874)'. En effet, les Mémoires

1 . Les trois « scientifiques » volumes dont parle Voltaire appartenaient à la quatrième édition des Lettres de quelques jidf s, etc. .. (1776]. La seconde édition avait paru en 1771, i vol. in-8 ou i vol. in-12; — la troisième en 1772, 2 vol. in-8; — la cinquième est de 1781,3 vol. in-8; — la sixième de i8o5, 3 vol. in-8 et in-12; — la septième de i8i5, 4 vol. in-12 ; — la huitième, revue, corrigée, etc.. (par Beuchot), est de 1817, Versailles, Lebel^ in-8. Nous empruntons ces détails bibliographiques à une notede la page vi de cette dernière édition. Cf. Barbier, Dict. des ouvrages anonymes, éd. Daflis, II, 1260, et Quérard, La France littéraire, t. III, pp. 5o4-5o5.

2. La première des Lettres (sur quelques Juifs) « détachée dans les der- « nières éditions en forme de dédicace est signée : Joseph Lope^, Isaac Moii- < lenero, Benjamin Groot, etc.. iaUs des environs d'Utrecht. Le Petit com- « mentaire, qui suit les Lettres, est donné sous les noms de Joseph Ben « Jonathan, Aaron Mathathai et David Wincker. » iAvertissement de Beuchot, t. XXV de l'édition Moland, p. Sgg.)

3. Le titre doinic par Barbier au Vieillard du mont Caucase, etc., dans le tome I du Dictionnaire des ouvrages anonymes, éd. Dafllis, I, 320, est inexact. Le vrai titie est reproduit dans le même Dictionnaire, t. IV, coi.

secrets, qui ibnt mention de la réponse de Vollairc à l'abbé Gucnée, le 3o mai 1777, désignent cet ouvrage sous le nom de : Un Chrétien contre six Juifs. En outre, la plupart des fautes signalées dans l'Errata de : Un Chrétien contre six Juifs sont corrigées dans : Le Vieillard du mont Caucase.

Nous avons déjà dit (voyez notre n» 1687), que les Eclaircissements historiques à l'occasion d'un libelle calomnieux sur l'Essai de l'histoire générale ont été réimprimés, en 1777, sous le nom de Damilaville, dans Un Chrétien contre six Juifs (pp. 228-3oi). et les pages 221-294 du Vieillard du mont Caucase, etc. . .

Le Fragment sur les femmes qui est aux pages 196-212 de : Un Chrétien contre six Juifs, et 191-203 du Vieillard du mont Caucase avait déjà paru, en 1771, dans le tome VI" des Ç>iestions sur \l' Encyclopédie. Cf. les tomes XIX, pp. 99-104 et XX\', p. 576 de l'édition Moland.

La lettre à Messieurs les six Juifs qui termine Un Chrétien contre six Juifs est signée : La Roupilière, et datée de Perpignan, i5 septembre 1776.

L'édition in-8 de i f. de litre et i88 pp., que nous avons citée plus haut, forme le tome XIV de l'Evangile du jour. On trouve aux pp. 172-188, quelques poésies (dont toutes ne sont pas de Voltaire), une lettre à M. de La Harpe, signée le marquis de C"", la lettre de Voltaire à l'abbé de La Chau, du 21 mars 1776, enfin les Remontrances du pays de Gex, rédigées par M. de Voltaire [voyez le n° i866j.

Barbier cite de Touvrage intitulé : Un Chrétien contre six Juifs, une édition avec le nom de Londres, 1785, in-8 (Dictionnaire des ouvrages anonymes, éd. Daffis, iV. 102 3) et Kayser une édition avec le nom de Lausanne, lySb, in-8 {Lidex locitpletissimiis, etc., t. Vi (i83G), p. 109).

Un Chrétien contre six Juifs QSt au tome XXVII de l'édition de Kchl, p. 283. — Le titre actuel date de cette dernière réimpression.

1861. La Bible enfin expliquée par plusieurs aumôniers DE s. M. L. R. D. P. (Sa Majesté le Roi de Prusse), Londres (Genève), 1776, 2 vol. in-8 de 2 ff. non chiff. et 316 pp. (t. I"); — de 2 il. non chifF. et 318 pp. (t. II; Bibl. N'% A 11736). — Londres (Amsterdam), 1776, in-4 de 2 ff. non chiff. et 27^ pp. (C. V. Ben); — Londres (Amsterdam), 1776, in-8 de

2 ff. non chiff. et 550 pp. plus i f. non chiff. pour un Avis au relieur et 2 ff. non chifî. pour les faux titre et titre du t. II, qui commence à la page 275 (Bibi. N'% A II 73 5). — Londres (Genève), in-8 de 2 ff. non chiff. et 274 pp. (t. I); de 2 ff. non chiff. et 260 pp. (t. II). Troisième édilion revue , corrigée et augmentée d'un Averlissemenl; (C. V. Beuchot, 119). — Londres, 1777, in-8 de 2 ff. non chiff. et 488 pp. (C. V. Beuchot, 28).

On lit dans la Correspondance littéraire de Grimm, etc., éd. M. Tourneux, t. X[, p. 348; septembre 1776 ' : « Le patriarche « de Ferney s'est entin décidé à nous donner la Bible expli- « qiiée par les aumôniers de sa Majesté le Roi de Prusse. On (C nous a assuré que cet ouvrage était depuis longtemps dans (( le portefeuille de M. de Voltaire, et que c'était le fruit des « loisirs de Cirey, où on lisait tous les matins, pendant le dé- « jeûner, un chapitre de l'Histoire Sainte, sur lequel chacun « faisait ses réflexions à sa manière; et le chantre de la « Pucelle s'était chargé d'en être le rédacteur ».

Selon Beuchot, madame du Châtelet s'était, de son côté, « exercée sur la Bible. Son travail, ajoute Beuchot, n'a pas « vu le jour; mais le manuscrit autographe existait encore en « 1829. Il n'y a pas, ce me semble, grande témérité à croire que « Voltaire n'avait pas été étranger à cet écrit de madame du f Châtelet ; et il ne serait pas étonnant que les deux ouvrages « continssent quelquefois les mêmes remarques ^ ».

Dès le 20 avril 1776, Frédéric annonce à Voltaire qu'il a reçu « des remarques sur la Bible : il soupçonne, dit-il, « d'où ce présent peut lui venir ». Cependant, c'est seulement quelques mois plus tard, qu'il est question dans les Mémoires secrets et dans la correspondance de Condorcet, de \'oltaire et de d'Alembert, de la Bible enfin e.xpliqiiée, etc.. Les Mé-

1. Meistcr avait annoncé l'ouvrage de Voltaire, dès le mois d'août 1771) (vovez la Correspondance litlcraire de Grimirij etc., éd. iNI. Tourneux. t. XI, p. 325).

2. 11 a paru en 1792 un volume intitulé : Doutes sur Iss religions révélées, adressés à Voltaire, par Emilie du Châtelet. Paris, Desenne et Janscii, in-îS (voyez C. V. Beuchot, 1162). Mais c'est le même ouvraf;e à peu près que les Doutes sur la religion, etc.. {Londres, 1767, in-12), attribués à Guéroult de Pival (voy. Quérard, les Supercheries littéraires dévoilées, éd. Daflîs, I, yyS).

BIBLIOGRAPHIE DE SI' S ŒUVRES 3j5

moires secrets font mention de l'ouvrage le 26 juillet 1776; (cf. 22 octobre, 7 et jo novembre); — Condorcet en parle, le 6 octobre (lettre 9857 de l'édition Moland); — Voltaire, le 18 octobre (lettre à Condorcet). Grimm, le rédacteur des Mémoires secrets, Condorcet, enfin Wagnière dans son Examen des Mémoires secrets, sont d'accord pour dire que les initiales R. D. p. doivent se traduire: (Le) Roi de Prusse. (Voyez le passage que nous citons ci-dessus de la Correspondance littéraire de Grimm ; — les Mémoires secrets du 7 novembre 177b ; — la lettre de Condorcet à Voltaire, du 6 octobre I77r) ; — enfin les Mémoires sur Voltaire, t. I, p. 394). Beuchot est d'un autre avis. Il croit que Y Avertissement imprimé en tête de la Troisième édition revue, corris^ée et augmentée, et dans lequel Voltaire dit que « les Commentaires sur la Bible ont été composés « par quatre savants théolofçiens du palatinat de San- <( domi) (voyez le tome XXX de l'édition Moland, p, 3), prouve que c'est à des aumôniers a du roi de Pologne» que Voltaire voulait attribuer ces Commentaires (t. XXX de l'édition Moland, p. 1).

On a déjà fait remarquer « qu'il n'y aurait aucun sel à sup- " poser un Commentaire sur la Bible par les aumôniers du roi « de Pologne, qui était dévot et avait effectivement des au- « môniers ou un aumônier. » (Voyez la note du tome Ij de l'édition Moland, p. 98). — Pour nous, il est hors de doute que, dans la pensée de Voltaire, la Bible enfin expliquée a été publiée comme l'ouvrage de : plusieurs aumôniers du roi de Prusse. Seulement, devant l'attitude menaçante prise par le nonce du Pape à Paris (voy. les Mémoires secrets du 23 octobre et du 7 novembre 177')), et par l'avocat général Séguier {Mémoires secrets du 10 novembre 177b), Voltaire ne se sentit pas rassuré. Il fit écrire par d'Alembert à Frédéric, pour que le roi donnât l'ordre à son ministre à Paris, de dire au premier président et aux gens du roi que l'ouvrage était bien celui de ses aumôniers : « On a imprimé, je ne sais comment, écrit d'A- « lembertà Frédéric le 3o décembre ijjG, {Œuvres de Frédéric « le Grand, éd. Preuss., t. XXV, page 64), et je ne sais où, un <( ouvrage assez curieux intitulé : La Bible enfin expliquée « par plusieurs aumôniers de Sa Majesté le roi de P. Vous « devinez, Sire, qui est ce roi-là. On s'est avisé, je ne sais « pourquoi, de croire et de dire que Voltaire était le sacristain '( de ces aumôniers, et on ajoute que nos seigneurs du parle- « ment, gens aussi éclairés que la Sainte-Hermandad, et qui « n'aiment pas que la Bible soit expliquée par des hérétiques, « veulent brûler solennellement cette explication, qui n'en « sera pas meilleure, et sont assez malintentionnés pour le « sacristain, qui pourtant est b.en bon de les craindre. V. M, « ne pourrait-elle pas lui rendre le service de faire dire par « son ministre au premier président du roi et aux gens du

« roi que cet ouvrage maudit est en elTet celui de ses au- « môniers, qui se sont amusés à cette besogne, pour soulager « l'oisiveté profonde où V. M. les laisse ». — Frédéric répondit à d'Alembcrt que « si l'on parlait sérieusement en France de « ses chapelains, on rirait au net de son ministre », et c'est alors que Voltaire, pour donner le change à l'opinion, fit précéder la Troisième édition revue, corrigée, etc., de la Bible enfin expliquée, etc., de l'Avertissement dont il a été déjà question plus haut, et où il mettait l'ouvrage sur le compte de « quatre théologiens du palatinat de Sandomir » '. Le premier alinéa de cet Avertissement, tel qu'on le lit aujourd'hui dans le tome XXV de l'édition Moland, p. 3, n'existe pas dans l'édition de 1777; il a été ajouté par les éditeurs de Kehl (voyez leur tome XXXIV, p. 5). Beuchot croit que ce premier alinéa est de Voltaire; nous sommées plutôt d'avis qu'il est l'œuvie des éditeurs de Kehl.

La Bible enfin expliquée a été réimprimée, sans intitulé, en 1777, dans le tome XXX de l'édition in-4, pp. 71-502. On lit au haut de chaque page : « Commentaire historique ». UAvertissemoit de 1777 n'est pas dans cette réimpression.

Les éditeurs de Kehl ont placé cet ouvrage dans le tome XXXIV et dans une partie du tome XXXV de leur édition. Le faux titre du tome XXXIV porte : Ancien Testament ; — on lit au faux titre du tome XXXV : A'onvcau Tes tament.

La Bible e>ifin expliquée, etc., ne figure pas dans l'Index, parmi les ouvrages condamnés. Voyez, à ce sujet, Vlntermédiairc des chercheurs et curieux, t. IX, p. i55.

1862. Commentaire historique sur les œuvres de l'auteur de la Henriade, etc., avec les pièces originales et les preuves. Basle, les héritiers de Paul Duker. (Genève), 1776, in-o de iv et 282 pp. (Bibl. N'«, Z. 2284 M. a. h. et C. V. Beuchot, 162 bis). — Londres (Amsterdam), 1776, in-8 de iv et 197 pp. (C. V. Beuchot, 162 ter). — Neufchatel (Genève.^) 1776, in-8 de iv et 2p pp. Titre encadré {Œuvres complètes de Voltaire, éd. Moland, t. I, p. 69, note 5).

Ville de la Polosne russe, au confluent de la San et de la Vistul

— Genève et Berlin, Haude et Spener, 1777, in-8 de I f. de titre et 238 pp. (C. V. Bouchot, 163).

Le Commentaire liistoriquc est du mcme temps que la Bible enfin expliquée, etc. — Meister annonce ces deux ouvrages, à latin du mois d'août 1776, etilrend compte du Commentaire, dans l'ordinaire de septembre. [Correspondance littéraire, etc. de Grimm, éd. M. Tourneux, t. XI, pp. 327 et suivantes) : « Comme Alexandre ne voulut être peint que par Apelles, dit « Meister, il paraît fort simple que M. de Voltaire n'ait voulu « l'être que par lui-même; et pour faire oublier à jamais les « impertinents croquis des La Beaurnelle, des Fréron, des « Desfontaines et de tant d'autres... notre illustre patriarche « n'a point vu de moyen plus sûr que d'écrire lui-même les (' Mémoires de sa vie. Son Commentaire historique sur les « œuvres de l'auteur de la Henriade, ne renferme qu'une « notice abrégée d'une partie de ses ouvrages, car il en est « plusieurs dont il n'a pas même jugé à propos de faire men- « lion; mais on y trouve en revanche une liste pompeuse de « toutes ses liaisons avec les grandeurs et les puissances de « la terre, une énumération très édifiante de ses bonnes œuvres, « et un recueil de pièces originales pour servir de preuves. « M""î du Defland, qui n'a pu pardonner à l'auteur de ne « l'avoir pas nommée, une seule fois, dans tout l'ouvrage, dit « que M. de Voltaire n'a jamais rien écrit de plus mauvais, « que c'est tout platement V inventaire de ses vieilles nippes. a Quelque rarement que ce malheur puisse arriver à M'"" du a Deffand, il y a lieu de croire qu'elle restera seule de son avis, (c l,e nouveau Commentaire est plein de détails charmants et « d'une gaieté soutenue. On ne peut rien lire de plus légèrece ment pensé, de plus agréablement écrit, et l'on doute, en « vérité, si le livre eût gagné à avoir été fait trente ans plus « tôt ». — Cf. les Mémoires secrets des 3 et iG septembre et du II novembre l'j'jC) ; — la Correspondance secrète de Métra (t. m, pp. 296 et sq...; 14 septembre 1776); — la Correspondance littéraire de La Harpe [Œuvres de La Harpe, Paris, Verdière, 1820, t. X, pp. 374-375), etc., etc. Voyez enfin Voltaire à M. de Vaines, 4 septembre 1776; — ■ Condorcet à Voltaire, 6 octobre 1776 (lettre 9857 de l'édition Moland); — Voltaire au duc de Richelieu, i5 octobre, et à Condorcet, 18 octobre 177b.

Grimm, Métra, La Harpe, ainsi que le rédacteur des Mémoires secrets sont tous d'accord pour donner l'ouvrage à Voltaire. Métra dit que le Commentaire est « de M. Voltaire luimême • ; La Harpe écrit que cette brochure a a été composée « par M. de Voltaire lui-même, avec autant de réserve qu'il est « possible d'en avoir, en parlant de soi-même »; enfin, on lit

dans les Mémoires secrets du 3 septembre 1776 '. « M. de « Voltaire, sentant que sa carrière s'avance et que ses ennemis « n'attendent que le moment où il aura les yeux clos, pour ic donner les prétendus mémoires de sa vie, a cru devoir gagner « les devants : il les a lui-même composés en bref, et les répand « sous le titre de : Commentaire historique, etc., etc.. C'est un « tiers qui est censé parler ; mais au style et à la manière favo- « rable dont tous les faits sont présentés, d'ailleurs à une mul- « titude de détails secrets et particuliers, on ne peut douter a qu'il n'ait fourni les matériaux et mis le coloris ».

Voltaire ne pouvait pas avouer le Commentaire qui n'est point écrit en son nom ; dans sa lettre au duc de Richelieu, du i5 octobre, il dira que l'ouvrage « a été fait par un homme « sage, d'après toutes les pièces justificatives qui sont encore » entre ses mains ». Mais il se trahira trois jours après, dans sa lettre à Condorcet, du i8 octobre. Voltaire ayant écrit dans le Commentaire historique (p. 96 de l'édition princeps) que M"" Necker avait conçu, la première, le projet de lui faire élever une statue, Condorcet, dans sa lettre du 6 octobre 1776, contesta l'exactitude du fait : • L'idée, dit-il à Voltaire, est « venue à un homme de lettres. Tous ceux à qui on Ta com- « muniquce l'ont reçue avec transport; mais il fallait s'assem- « bler, pour convenir de ces faits et surtout il fallait dîner. « L'étrangère prêta sa maison et son cuisinier. L'homme « célèbre s'est trompé, en faisant à M"" de Montauron' un « hommage qu'elle ne mérite nullement. Il faut être juste « avant d'être galant. » Il eût été facile à Voltaire de mettre cette erreur sur le compte de l'auteur prétendu du Commentaire. 11 n'en fit rien, et il répondit à Condorcet, le 18 octobre : « J'avais toujours cru que c'était une étrangère qui avait ima- < giné le squelette en marbre (la statue de Pigallej, et je « l'avais cru, parce qu'on me l'avait fait croire ».

Le Commentaire historique, etc., a été successivement attribué à Durey de Morsan, à Christin et à Wagnière, qui nous a laissé des Additions à cet écrit.

Dès le II novembre 1776, les Mémoires secrets donnent au premier de ces trois personnages la paternité du Commentaire : « Le vrai est que l'ouvrage est de M. de Morsan... Après (c avoir fait beaucoup de sottises et avoir été déshérité par son a père, il est maître d'école dans ces cantons (à Ferney), et a

I. « Condorcet appelle Mm* Necker: il/me dg Montauron, parce que Necker « était un financier, comme ce Montauron à qui Corneille dédia Cinna [Œuvres complètes de Voltaire, t. L de l'édition Moland, p. 99, note 2).

BIBLIOGRAPHIi: DE SES ŒUVRES .-^ig

« gagne quelque argent à ce Commentaire, dont le patron lui « a fourni cependant les anecdotes et le style.... »

Dans sa brochure intitulée : Un cahier d'histoire littéraire {Paris, Delaiinay, 1818, in-8 de i f. de titre et 64 pp.; C. V. Beuchot, i23i), G. Feydel cherche à prouver que l'auteur du Commentaire est l'avocat Christin.

Enfin, l'éditeur des Mémoires sur Voltaire nous apprend que Wagnière « avait laissé croire en Russie » que c'était lui qui avait rédigé le Commentaire historique. (Voyez les Mémoires sur Voltaire et sur ses ouvrages, t. I, p. G.)

Ainsi que le fait justement remarquer Beuchot, Durey de Morsan, Christin et Wagnière furent chargés par Voltaire « du « soin de vérifier, rassembler les pièces justificatives, et d'en tt faire les extraits dont l'auteur pouvait avoir besoin. C'est (( toute la part qu'on peut leur faire ». (Mémoires sur Voltaire, t. I, p. 6). Durey et Christin ont même signé deux certificats, qui, dans l'édition princeps, sont imprimés au verso du titre (avec les dates des i" mai et i«'' juin 1776), et dont on trouvera le texte dans le tome I de l'édition Moland, p. 70. Mais le Commentaire n'est point d'eux. Les détails donnés par G. Feydel sur l'impression et la publication de cet ouvrage sont tout à fait erronés. Feydel dit que le Commentaire fut imprimé à Bdle et composé sans que Voltaire en ait eu connaissance. Or, la première édition de cet écrit sort des presses des Cramer', et a été certainement donnée avec la participation de Voltaire.

D'ailleurs, la brochure de G. Feydel est, sous d'autres rapports, sujette à caution, et les ignorances qu'on y trouve lui enlèvent tout crédit (voyez la longue note de M. G, Desnoiresterres, dans Voltaire à Cirey, pp. 4 et 5. Ct. une lettre adressée par A. -A. Barbier à Feydel, le i5 septembre 1818; Bulletin des Arts, An 10 avril 1846, pp. 344-345).

Quant à Wagnière, il avoue lui-même, dans VAvis préliminaire de ses Additions au Commentaire historique, que Voltaire lui remit le manuscrit de cet ouvrage, avec les pièces originales qui avaient servi à sa composition et que Durey et Christin ne firent que certifier, après vérification, l'authenticité des pièces justificatives (Mémoires sur Voltaire, t. I, p. 7).

I. Dans sa lettre à M. de Vaines, du 4 septembre 1776, Voltaire dit que le Cinnmcnlaire fut imprimé à Lausanne; nous croyons qu'il faut lire : Genève.

33o VOLTAIRE

Voyez une autre version du début de cet ^1^/5 préliminaire, dans l'Avertissement de Beuchot (t. I de l'édition Moland, p. 69). Beuchot ajoute, dans ce mê^^e Avertissement, que, dans deux endroits du Commentaire, Voltaire parle à la première personne, et que les événements auxquels il fait allusion, dans ces deux passages, sont antérieurs à la naissance de Ciiristin et de Wagnière (ibid.).

Les Additions au Commentaire historique, etc., par Wagnière sont au toxnQldts Mémoires sur Voltaire, etc., pp. i à 112 : elles ont été écrites, en partie, sur un exemplaire du Commentaire appartenant à l'édition publiée sous la rubrique de Neufchâtel (voyez Mémoires sur Voltaire, t. !, p. 4; cf. le tome I de l'édition Moland, p. Gg, note 5).

Le Commentaire historique a été réimprimé, en 1777, dans le tome XXX de l'édition in-4, pp. i à 70 (moins l'alinéa donné en note, t. I de l'édition Moland, p. 126). Cf. le tome XLVIII de l'édition de Kehl, pp. 89 et 5^7. . .

Nous avons déjà dit, sous le n° 1642, qu'une partie des Mémoires de M. de Voltaire, etc avait été refondue par

Beaumarchais dans le Commentaire historique ; c'est seulement après la mort de Frédéric (178g), que ces Mémoires ont été publiés dans le tome LXX de l'édition de Kehl. Les éditeurs modernes ont fait depuis disparaître du Commentaire historique les différents passages des Mémoires qui y avaient été intercalés. Cependant, dans plusieurs éditions, on a imprimé ces passages entre deux crochets [], et en plus petits caractères (voyez le tome I de l'édition Lefèvre et Déterville, Paris, 18 18, p. 2 36).

L'édition princeps du Commentaire historique est suivie des trente morc2aux suivants (dont vingt-neuf sous le titre de Lettres véritables de M. de Voltaire) :

I P. 123 « Copie fidèle de la lettre sur les langues qu'il

(Voltaire) écrivit à M. Tovasi Deodats (sic) le 24 janvier 1761, et qui a été si indignement défigurée dans une édition de Hollande (lettre n» 4432 de l'édition Moland).

II P. i35. Lettre à M. le comte de Caylus sur des morceaux de sculpture de Bouchardon (n» ioi5 de l'édition Moland).

III P. 139. Lettre de M. Clairaut à M. de Voltaire, datée de Paris, 16 acùt 1769 (n° 3908 de l'édition Moland).

IV P. 141. Réponse de M. de Voltaire à la lettre de M. Clairaut (n» 3914. de l'édition Moland).

BIBLIOGRAE'HIE DE SES ŒUVRES 33i

\' P. i j.5. Réponse à M. de La Noue, auteur de la tragédie de Mahomet second (n* i 127 de rédition Moland)',

VI P. i52. Réponse à M. le duc de Bouillon qui lui avait écrit wie lettre en vers, au sujet de l édition des Œuvres de Corneille, faite au profit de la nièce de ce grand homme (004623 de l'cdilioii de Moland)-.

VII P. 154. A monsieur le duc de La Vallièrc, gra^id fauconnier de France, sur Urceus Codrus (n" 453 1 de l'édition Moland) '.

VIII P. 169. Lettre de M. L... {Linguct), avocat au parlement de Paris, à M. de Voltaire. A Paris, le i ij février ijGj (n» G757 de rédition Moland).

IX P. T74. Réponse à M. l'avocat L... (Linguct) sur Montesquieu et Grotius (n» (J793 de l'édition Moland).

X P. 18.5. Réponse à la lettre de M. L. C. du 23 décembre ijOS (n» 742S de l'édition Moland) *.

XI P. iS3. Au même sur les qualités occultes (n» 7429 de l'édition Moland).

XII P. iSS. A AL P.... (Perret), avocat au parlement de Dijon, sur quelques lois ou C(nituiJies. A. L'crney, le 28 décembre ijji (n" 8448 de l'édition Moland).

XIII P. 190. A monsieur le baron de Faugères, officier de marine, sur un monument qu'il proposa d'ériger aux grands

1. « Le texte de cette lettre était très défiguré dans l'impression de 1776, à la (( fin du Commentaire hisloriqtw, et par suite dans les éditions de Kelil ; il a (. été rétabli dans l'impression qu'on en fit à la suite de Mon séjour anprcs de « Voltaire, etc. .., par Colini, iHoj, in-8 ; les altérations y sont indiquées, et « je les donne pour échantillon des mutilations faites. » (Note de Beuchot, t. XXXV de l'édition Woland, p. 336). — Il résulte de cette note qu'en dépit des certificats de Durey et de Chiistin, les pièces imprimées à la suite du Commentaire historique ne sont pas « entièrement conform.'s aux originaux. »

2. Le texte de cette lettre, dans le Commentaire historique, n'est pas confornie à l'original qui se trouve à la Bibliothèque de l'Arsenal (Mss. Belles lettres françaises, n» i32, in-folio. — Vovez le tome XLI de l'édition Moland, p. 3So). '

3. Le P. S. qu'on lit à la page 283 du tome XLI de l'édition Moland ne se trouve pas dans l'impression qui fait partie du Commentaire historique.

4. C'est à tort que cette leitie a été datée par les éditeurs modernes du •^3 décembre 176S : elle est du 3i décembre (voyez le Commentaire historique, p. it)3).

hommes du siècle de Louis XIV, dans la place de Montpellier (n» 9753 de rédition Moland).

XIV P. 196. Lettre à un ecclésiastique (l'abbé Hérault), auteur d'un poème épique sur la Terre promise, en dou:;e chants, imprimés [sic] à Paris, che^ Delalain, libraire, rue ^aint-Jacques, eji Ij66, avec privilège du Roi (n» 6788 de l'édition

Moland).

XV P. i()g. A monsieur H. Walpole. A Ferney, le 1 5 juillet lyôS {n" 7800 de l'édition Moland).

XVI P. 210. A un M {inistre) d'Ét (at^ en juillet l'Oj {n" 4Ô07 de l'édition Moland) '.

XVII P. 212. A M. Thieriot. A Ferney, 1 5 septembre ijCS [w 7334 de l'édition Moland).

XVIII P. 216. A mylord Chesterfield. A Ferney, 24 septembre 1771 (n° 8374 de l'édition Moland).

XIX P. 218. A Ferney, le 4 mai l'j'j^. (A l'abbé du \'ernet; n» 8488 de l'édition Moland)^.

XX P. 220. A M. le prince G... (Gaiitzin), ambassadeur à La Haye. A Ferney, le ig juin iyj3 (n» 88Gg de l'édition Moland).

XXI P. 223. A M. le chevalier Hamilton, ambassadeur à Naples. A Ferney, le i j juin i-y3 (n» 8868 de l'édition Moland).

XXII P. 227. A M. du M..., membre de plusieurs Académies, sur d'anciennes anecdotes (voyez plus loin le n» 18G7).

XXIII P. 235. A M Chaban (on), sur Pindare et Horace. A Ferney, le g mars ijj^ (n» 8492 de l'édition Moland).

XXIV^ p. 240. A une célèbre actrice [M^^' Clairon; n» 13209 de l'édition Moland).

XXV P. 243. Réponse à l'jibbé Bertinelli (Bettinelli), de Vérone. Cette lettre est ancieiDte (sic; n» 45ofJ de l'édition Moland).

XXVI P. 25o. Sur les lettres prétendues du pape Ganganelli Clément XIV, 2 mai lyjO (n" 9751 de l'édition Moland).

1. Cette lettre est un abrégé de la lettre ù M. le duc de Clioiseul, du i3 juillet 1761.

2. Sur cette lettre, voyez la note de Beuchot, t. XLVIII de lédition Moland, p. 37.

XX Vil P. iGo. Au même (sic), sur les anecdotes (voyez cidessus le n" i832).

XXVIII P. 2fJ4. Au même (Linguetr), sur le fameux cocher Gilbert (n» ojgô de l'édition Moland).

XXIX P. 270. A monsieur l'abbé Spalan:^ani. A Ferney, le 6 juin i/yù, (n° 9776 de l'édition Molandj.

XXX p. 273. A M.B... (Bailly) de V Académie des sciences, auteur d'un livre plein de science et de génie sur l'astronomie ancienne (n» 9644 de l'édition Moland) '.

XXXI P. 279. Sésostris (voyez notre tome I", n» G58).

Le Commentaire historique, etc., est au tome I de l'édition Moland, pp, 67 et sq...

1863. Lettre de M. de la Visclède a M. le secrétaire PERPÉTUEL DE l'AcADÉMIE DE PaU.

En 1775, Voltaire avait fait paraître le conte intitulé : Le Dinianche ou les Filles de Mince. Poème adressé par M. de Voltaire sous le nom de M. de La Visclède, à madame Ihvnanclie. Londres. Aux dépens de la Société, in-8 de 16 pp. Portrait (C. V. Beuchot, 2i5; cf. notre tome I", n» 657).

La Lettre de il/, de la Visclède (sur La Fontaine) a dû paraître à la suite de ce conte, dans l'édition ^r/jic^yr^, ou dans une de ses réimpressions. (Voyez Voltaire à de Vaines, 21 juin 1773, et les Mémoires secrets du 8 juillet 1775; Additions, t. XXX, pp. 323-324.)

Toutefois, l'exemplaire de la collection Beuchot n'a pas cette Lettre et nous ne connaissons aucune édition séparée des Filles de Minée, où elle se trouve.

Elle a été réimprimée dans le tome XIII de l'édition encadrée (pp. 347-3(JG). Cf. le tome XVII des Nouveaux Mélanges^ pp. 2i5-238. Ces deux volumes sont de lyjb ; c'est donc à tort que les éditeurs de Kchl (t. XLIX, p. 335) et Beuchot, ont daté cette Lettre de 1770.

Dans la Lettre de M. de la Visclède, Voltaire célèbre, une fois de plus, la gloire des écrivains du siècle de Louis XIV. Parlant de La Fontaine, que ses contes « mettent infiniment « au-dessus de Boccace, et quelquefois même à côté de

I . Cette lettre a deux alinéas de plus, dans l'édition .Moland (vovez t. XLIX,

« l'Arioste, pour la manière de narrer », Voltaire ajoute : Il « avait ce grand don de la nature, le talent. L'esprit le plus a supérieur n'y saurait atteindre. C'est par les talents que le « siècle de Louis XIV sera distingué à jamais de tous les « siècles, dans notre France si longtemps grossière. Il y aura u toujours de l'esprit; les connaissances des hommes augmente teront ; on verra des ouvrages utiles; mais des talents, je « doute qu'il en naisse beaucoup. Je doute qu'on retrouve « l'auteur de Cinna, celui d'Ifliigénie, d'Athalie, de Phè.ire, « celui de VArt poétique, celui de Roland et à'Armide, celui « qui força en chaire jusqu'à des ministres, de pleurer et (( d'admirer la fille de Henri IV, veuve de Charles I", et sa « fille Henriette, Madame.... Le Télémaqiie est toujours l'ins- « truction et le charme de tous les jeunes gens bien nés. Com- « ment s'est-il pu faire que, dans la foule de nos prédicateurs, (i il n'y en ait pas un seul qui ait osé approcher de l'auteur « du Petit Carême. Vous voyez à regret que personne n'a osé « seulement tenter d'imiter le créateur du Tartuffe et du « Misanthrope. Nous avons quelques comédies très agréables; u mais un Molière, je vous prédis hardiment que nous n'en a aurons jamais. Quelle gloire pour La Fontaine d'être m.is « presque à côté de tous ces grands hommes ! »

Ant.-Louis Chalamont de La Visclède, littérateur provençal, fondateur de l'Académie de Marseille, né à Tarascon le 2 août 1692, mort à Marseille le 12 août 1760, est l'auteur de deux odes qui ont été couronnées en lyaS et en 1726 par l'Académie des Jeux floraux de Toulouse (voyez Quérard, la France littéraire, t. Il, p. ii3, et t. XI, p. 94;.

La Visclède était mort depuis quinze ans, lorsque Voltaire s'avisa d'écrire, sous son nom, Le Dimanche vu les Filles de Minée, et la Lettre a M. le secrétaire perpétuel de r Académie de Pau.

Voyez- d'autres réimpressions de cette Lettre à la suite de V Histoire de Jenni ou le sage et l'Athée, etc.. Londres, 1776, in-8 (voy. notre t. I, n» i5i4); — dans le tome XXVI de l'édition in-4 (1777), p. 238; — dans le tome XLIX de l'édition deKehl, pp. 335-356.

1064. Lettre du révérend père Polycarpe, prieur DES Bernardins de Chézery, a M. l'avocat géné^ RAL Séguier.

Imprimée par les éditeurs de Kehl, t. XLIX, p. 356. « Ce fut, « dit Beuchot, le 23 février 1776 que, sur le réquisitoire « d'Antoine-Louis Séguier, avocat général, le parlement de

BIBLIOGRAPHIi: DE SES Œ'uVRES 335

« Paris condamna la brochure intitulée: les Inconvénients des « droits féodaux^ (par P. -F. Boncerf, né en 1745, mort en u 1794), à être lacérée et brûlée au pied du grand escalier du « Palais, par l'exécuteur de la haute justice. La Lettre du R. P. « Polycarpe doit avoir suivi de très près Parrêt du 23 février » (t. XXX de l'édition Moland, p. 333). — Sur les habitants de Chézery, « esclaves de l'abbaye des Bernardins», voyez \'oltaire à Dupont (de Nemours), 23 février 1776.

1065. Lettre d'un bénédictin de Franche-Comté a

M. l'avocat général SÉGUIER.

Imprimée par les éditeurs de Kelil, à la suite de la Lettre précédente et sous ce invc : Autre lettre d'un bénédictin de Franche-Comté au même magistrat (t. XLIX, p. 364). « Celte vc Lettre, dit Beuchot, est évidemment du même temps que « celle qu'on vient de lire » (la Lettre du R. P. Polycarpe ; t. XXX de l'édition Moland, p. 33(j).

1066. Remontrances du pays de Gex au Roi. 5. /.

{Genève}) n. d. (1776), in-8 de 7 pp. (Bibl. N'", Lk"

L'écusson royal de France est imprimé, à la page i, audessous du titre de départ.

« Les Remontrances du pays de Gex au roi, dit le rédacteur « des Mémoires secrets (27 mars 1776), semblent, par leur « titre, un persiflage de celles du parlement^, mais elles conte tiennent, au contraire, de véritables actions de grâces à l'oc- « casion de la suppression des maîtrises, de l'abolition des « corvées, de l'iaipot territorial substitué par abonnement à « tous les autres, sur toutes les terres indistinctement, nobles, a ecclésiastiques et autres; enfin, de la liberté du commerce « des grains, tous objets qui ont, au contraire, excité les ré- « clamations de nos magistrats, au point de provoquer le « dernier lit de justice. »

i. Londres ci Paris, Valadc, 1776, 70 pp. (Voyez F. Rocquain, /.7r.v/';-!7 rci'vlulioniiaire avant ta RcvoliUiun. Paris, Plun, 1678, iii->S, p. d'.^2.] — Voyez aussi la leUrc de Voltaire à Boiiceif, du S mars 1776.

2. Le parlement de Dijon n'avait enregistré l'édit des friuichiscs du pays de Cjtx, qu'en se reservant de faiie des lemontrances (voyjz Voltaire a M. de l'"ar{;ès, 26 janvier 1776. Cf. Voltaire a M. de Trudaine, 10 décembre 1776 et ['Histoire du pays de Gex, par M. Béatrix, Lyon, i85 1, in-8, p. 5i3).

Voltaire envoya, le i(3 mars 1776, les Remontrances du pays de Gex, etc., à d'AIembert. Cf. Voltaire à d'Argental, 3o mars, et Frédéric à Voltaire, 20 avril 177Ô.

Réimpr. dans le Journal encyclopédique de 1776, t. V, p 325. Cf. l2S tomes XXVI de l'édition in-4 {1777), pp. 021-525 et XIV de l'Evangile du jour (1778J, pp. i85-]88.

Les Remontrances, etc., sont au tome XXIX de l'édition de Kehl, pp. 5i2-5i6.

1867. A M. DU M***, MEMBRE DE PLUSIEURS ACADÉ-- MIES, SUR PLUSIEURS ANECDOTES.

Ce morceau a été imprimé, en 1776, à la suite du Commentaire historique, p. 227 de l'édition princeps (voyez le n° 1862). Il est postérieur aux Lettres chinoises, etc., qui sont de la même année J776. (Voyez les noies de Beuchot, t. XXX de l'édition Moland, pp. $45 et 348).

Beuchot fait remarquer que le M. du M*'*, à qui est censé adressé cet opuscule, ne peut être du Molard, mort en 1772 (ibid., p. 345).

Réimpr. dans les différentes éditions An Commentaire historique (voyez notre n» 1862) et dans le tome XLIX de l'édition de Kehl, pp. 232-237.

1868. Lettre de M. de Voltaire a l'Académie française, LUE DANS cette ACADÉMIE A LA SOLENNITÉ DE

LA Saint- Louis, le 25 auguste 1776. s. l. n. d. (Genève, 1776). in-o de 32 pp. (C. V. Beuchot, 406, 407, 408). — Lettre de M. de Voltaire a l'Académie française sur Shakspeare et son théâtre, Paris, Renduel, 1827, in-i8 de 36 pp. (Bibl. N'% Y. Réserve).

La Lettre à V Académie française a été écrite par Voltaire quelques mois après la publication des deux premiers volumes du Shakspeare (de Letourneur) '. Ces deux volumes avaient

I. SliaUspeare, traduit de l'anglais, dédie au roi (avec cette épigraphe: Homo sum, humani niliil a me alienum puto...) Paris, V<' Ducliesne, etc.... 1776-17S2, 20 voL iii-4 ou in-S; figg. de Moreau. (Une seule de ces figures a

ÈinLlOGRAPHlE DÉ SES ŒUVRES f^

paru au commencement de 177'") (voyez la Correspondance littéraire, etc. de Grimm, éd. M. Tourneux, t. XI, pp. 214 et suivantes); mais ce n'est que le 19 juillet qu'il en est question dans la Correspondance de Voltaire. « Il faut que je vous dise, « mande le patriarche à d'Argental, combien je suis fâché pour « l'honneur du tripot, contre un nommé Tourneur (sic), « qu'on dit secrétaire de la librairie, et qui ne me paraît pas « le secrétaire du bon goût. Auriez-vous lu deux volumes de a ce misérable, dans lesquels il veut nous faire regarder « Shakspeare comme le seul modèle de la véritable tragédie.' « Il l'appelle le Dieu du théâtre. Il sacrifie tous les Français « sans exception, à son idole, comme on sacrifiait autrefois « des cochons à Cérès. Il ne daigne pas même nommer Goret neille et Racine.... Ce qu'il y a d'affreux, c'est que le monstre « a un parti en France ; et pour comble de calamité et d'hor- « reur, c'est moi qui, autrefois, parlai le premier de ce « Shakspeare ' ; c'est moi qui, le premier, montrai aux Fran- « çais quelques perles que j'avais trouvées dans son énorme « fumier ».

Le 26 juillet, la Lettre à V Académie était composée et envoyée à d'Alembert, pour être soumise au jugement de l'Académie. D'Alembert en donna lecture à ses confrères, dans la séance du 3 août, et le 4, il écrivait à Voltaire : (( Vos « réflexions sur Shakspeare nous ont paru si intéressantes « pour la littérature en général, et pour la littérature française « en particulier, que nous sommes persuadés que le public en (' entendrait la lecture avec la plus grande satisfaction, dans la <( séance du 25 de ce mois, où les prix doivent être distribués... « Vous sentez cependant, mon cher et illustre confrère, que « cet écrit, dans l'état où il est, aurait besoin de quelques « légers changements, sinon pour être imprimé, au moins u pour être lu dans une assemblée publique. Il est indispensau ble de taire le nom du traducteur, que vous attaquez, et de « mettre seulement à la place le nom général de traducteurs; « car ils sont, en elfet, au nombre de trois. Il serait convenable « encore, même en ne nommant point ces traducteurs, de sup-

vu le jour. Voyez le Catalogue raisonné des Œuvres de Moreau le jeune, par .M. E. Bocher, Paris, Alorgand et Falout, 1882, in-4, p. 565j. iM. Hocher décrit six autres viguettcs de Moreau le jeune, qui ont paru, en 1785, dans une édition anglaise de Shakspeare (ibid., pp. 5(3()-56gJ. — Lepître dcdieatoire est signée : « Le comte de Caluelan, Letourneur, Fontaine-Malherbe. ■> Le privilège, du 8 février 1775, est au nom de ces trois personnes. A partir du tioisième volume, tous les titres portent : Traduit par M. Letourneur. (Note de Barbier, Dict. des ouvrages anonymes, éd. Daffis, IV, 486.)

I. Voyez la dix-huitième des Lettres philosophiques^ dans le tome XXII de l'édition .Motand, pp. 149 et suivantes

« primer tout ce qui pourrait avoir l'air de personnalité offen- <( santé. Il serait nécessaire, enfin, de retrancher, dans les cita- « lions de Shakspeare, quelques traits un peu trop libres pour « être hasardés dans une pareille lecture ». (Lettre g8i8 de l'édition Moland). La réponse de Voltaire est du lo août; il charge d'Alembert de présenter ses remerciements à l'Académie; il consent à ce qu'on ne nomme point le « vilain nom » de Letourneur ; quant aux suppressions, il se demande s'il ne serait pas bien * de passer le mot en lisant, » et « de faire « désirer au public qu'on le prononçât, afin de laisser voir le « divin Shakspeare dans toute son horreur et dans son in- »' croyable bassesse ». Cf. Voltaire à d'Alembert, i3 auguste; — à La Harpe, i5 auguste; — d'Alembert à Voltaire, 20 et 27 auguste, etc. etc.

\'ollaire voulait que sa Lettre fût imprimée par le libraire de l'Académie (voyez la lettre à d'Alembert du i3 auguste), et nous savons, par d'Alembert, qu'on imprima l'ouvrage à Paris ; mais le garde des sceaux refusa la permission de le vendre (d'Alembert à "\'oltaire, i" octobre. — Cf. V'oltaire à Necker, G octobre; — Voltaire à d'Alembert, 7 octobre, etc.). Dès le commencement de septembre, les Cramer avaient imprimé la Lettre de M. de Voltaire à l'Académie française, etc. « Ce « fut probablement, dit Beuchot, un des premiers exemplaires u que Voltaire adressa à Richelieu, le 1 1 septembre. » (Voyez le tome XXX de l'édition Moland, p. 349).

Un Avertissement placé au verso du titre porte : « Dans la « lecture publique qui a été faite de cette Lettre, le jour de « Saint-Louis J776, à la séance de l'Académie française, on a « retranché quelques passages de Shakspeare, dont l'indécence « prouve combien son critique a raison, mais ne permettait « pas qu'on les lût dans une si grave assemblée. »

P. 24, la Seconde partie est intitulée, par erreur : Première partie.

En 1822, parut dans la Revue encyclopédique ou Analyse raisonnée des productions les plus remarquables dans la littérature, les sciences et les arts, etc. Paris, in-8, t. XV, pp. 227- 232, une Notice (de Barbier) sur une nouvelle édition des Lettres * de M. de Voltaire à V Académie française, revue et aufçmentee (par lui-même), avec une esquisse de la tragédie d'Irène (in-8 de 41 pp., dont trois manuscrites et de la main

I. Voltaire, dans la seconde version de la Lettre à V Académie française, avait divisé cet écrit en deux Lettres. Beuchot a conservé l'ancienne division en deux Parties (voyez son Avertissement, t. XXX de l'édition Moland, p. 35o).

de Voltaire). « La nouvelle édition, dit Barbier, n'a pas eu « d'exécution; c'est un pro)et laissé par Voltaire et que le plus « heureux hasard vient de faire tomber dans mes mains. Vol- « taire avait plus de quatre-vingt-deux ans en 1776; il eut le i( courage de dénoncer à l'Académie le projet de la traduction « française du théâtre de Shakspeare, publiée par Letourneur. u Sa lettre, en deux parties, fit une vive sensation. D'Alembert ic qui en fit lecture à l'Académie, y trouvait des détails trop u licencieux; et il invita Lillustre auteur à les adoucir. Le but « de \"oltaire ayant été de dégoûter les F'rançais des mons- « truosités qu'otî're souvent le théâtre du dramatiste anglais, « loin de se rendre aux désirs de d'Alembert, il projeta une « seconde lettre plus intéressante que la première; mais il (( paraît s'être contenté d'ajouter de sa main un nouveau « morceau de Shakspeare à ceux qu'il avait cités, d'insérer, « dans le corps de la lettre, quelques nouveaux détails qui « fortifient ses arguments, et de corriger plusieurs passages. « Tel est l'état dans lequel il laissa un exemplaire de sa « Lettre... Les corrections et augmentations sont de sa main, « à l'exception du fragment traduit de la tragédie du grand « Shakspeare, intitulée : Troïlus ; il est écrit en grande partie « de la main de Wagnière, secrétaire de Voltaire. L'esquisse « de la tragédie d'Irène ne s'est point trouvée à la suite de la « Lettre ». Les corrections et additions signalées par Barbier dans cette Notice, ont été reproduites en 1822, par M. Lequien (t. XLVII de son édition, pp. 44.S et suivantes). Ces mêmes variantes ont été relevées par Beuchot [voyez t. XXX de l'édition Moland, pp. 365 à Sôg).

L'exemplaire sur lequel Voltaire corrigea sa Lettre à l'Académie, etc., avait été acquis par Barbier, au prix de 40 centimes ; il fut revendu 97 francs, à la vente d'une partie de ses livres, faite par lui, en i823 '. Cet exemplaire appartient aujourd'hui à l'Académie française.

La Lettre àl' Académie a été réimprimée dans le Journal encyclopédique de 1776, t. VII, p. 504 et t. VIII, p. 122 ; — dans le tome XXX de l'édition in-4 (1777), pp. 5o3-524; — dans le tome XV de l'Evangile du jour (1778), pp. i à 32 (in fine); — enfin dans le tome XLIX de l'édition de Kehl, p. 307.

La réimpression de 1S27 est conforme au texte des éditeurs de Kehl.

Sur la Lettre à l'Académie française, etc., voyez la Correspondance secrète de Métra, l. III, p. 370; — la Correspondance

1. Nous devons tes renseignements à l'obligeance de M. Louis Barbier.

littéraire de La Harpe {Œuvres de La Harpe, Paris, Verdière, 1820, t. X, pp. 343 et 353); — la Correspondance littéraire de Grimm, cd. M. Toiirneux, t. XI, pp. 214 et suivantes; — De l'influence de Shakspeare sur le théâtre français jusqu'à nos jours, par Albert Lacroix, Bruxelles, Lesigne, i856, grand in-8, pp. 124-1G6; — Voltaire, son retour et sa mort, par M. G. Desnoiresterres, Paris, Didier, 187G, in-8, pp. 107 et suivantes.

Guizot, dans son étude littéraire sur Shakspeare et son temps (Paris, Didier, iSb-i, inS); — M. Mézières, dans son ouvrage intitulé : Shakspeare, ses œuvres et ^es critiques (Paris, Charpentier, 1860, in-8); — V. Hugo, dans son volume sur W. Shakspeare {Paris, Lacroix, 1864, in-8); — Villemain, dans son Cours de littérature française {Tcibleau de la littérature au xww siècle, nouvelle édition, Paris, Didier, i8'j4, in-i8, t. 1, pp. 286 et sq., et t. III, pp. 321-349); — enfin M. Taine, dans son Histoire de la littérature anglaise {Paris, Hachette, 1866, 2" édition, t. II, pp. i63-28o), ont tous parlé, avec plus ou moins de détails, mais avec une égale autorité, de la guerre déclarée à Shakspeare par Voltaire, qui avait révélé, pour ainsi dire, en France, le grand poète anglais.

Nous renvoyons aux ouvrages que nous venons de citer le lecteur qui voudrait pénétrer le secret de ce revirement d'opinion chez Voltaire; ce revirement est d'ailleurs plus apparent que réel; car la Lettre à VA cadémie française ne fait que reproduire, en les exagérant et en les outrant, les critiques adressées, dès 1734, à Shakspeare par l'&ut&ur des Lettres philosophiques.

1869. Au Roi en son Conseil,

Cette requête a été imprimée par les éditeurs de Kehl, t. XXIX, p. 519. M. Ciogenson, dans le tome XXXIX de l'édition en g5 volumes, p. 38i, lui a donné la date de novembre 1776. Cependant Voltaire en parle dans une lettre à M"" de Saint-Julien, du 3o octobre. Cf. Voltaire au prince de Condé, i3 novembre; — à M"" de SaintiJulien, i5 novembre et 5 décembre. Voyez aussi la lettre à M. de Trudaine, du 10 décembre 1773, dans laquelle Voltaire fait, pour la centième fois, le récit des tribulations de la province de Gex, et la lettre au prince de Condé, du 17 janvier 1777.

1870. Requête au Roi pour les serfs de Saint- Claude, ETC..

Imprimée par les éditeurs de Kehl, dans leur tome XLIX, p. 5oo.

Brni.IOGR APHTE DE SFS ŒCVRRS

Nous croyons, contrairement à l'opinion de Beuchot (voyez sa note, t. XXX de l'édition Moland, p. Sjo), que cette Requête est de 1775 (voyez la lettre de Voltaire à d'Alembert du 24 auguste 1775). La Requête a dû être écrite peu de temps après l'arrêt rendu par le parlement de Besançon, au mois d'août 1775, en faveur de la possession du chapitre de Saint-Claude. Il est vrai que dans les Mémoires secrets du 17 février 1777, il est question d'une Requête au roi pour les malheureux habitants du mont Jura au nombre de dou:{e mille; mais cette Requête (accompagnée d'une lettre écrite, le 24 août 1776, par les habitants du mont Jura, au comte de Saint Germain, rapporteur de leur affaire au conseil; voyez les Mémoires secrets du 17 février 1777), est non pas de Voltaire, mais de l'avocat de Mirbeck (voyez la lettre de Voltaire à de xMirbeck, du ci janvier 1777).

Avant nous, Quérard avait déjà donné à l'avocat de Mirbeck la Requête au roi pour les malheureux habitants du mont Jura au nombre de dou^e mille (voyez la France littéraire, t. VI, p. 162). Ajoutons enfin que Wagnière dans son Examen des Mémoires secrets {Mémoires sur Voltaire, t. I, p. 409), ne dit pas que la Requête au roi, dont les Mémoires secrets parlent le 17 février 1777, soit de Voltaire. Il serait donc préférable de classer la Requête de Voltaire, imprimée au tome XXX de l'édition Moland, p. 3-jb, parmi les Mélanges de la fin de l'année 1773.

1871. Articles extraits du Journal de politique et

DE littérature.

Le Journal de politique et de littérature contoiant les yrincipaux événements de toutes les cours, les nouvelles de la République des lettres, les causes célèbres, les notices des arrêts, édits, etc., Bruxelles et Paris, 1774 et années suivantes (Bibl. N'«. Le-, 78), fut fondé par Panckoucke, et imprimé à Paris, sous la rubrique de Bruxelles. La Harpe y collabora, à partir du 25 juillet 1776. En 1783 ou 1784, dit M. Hatin {Bibliographie historique et critique de la Pressa, Paris, Didot, 1866, gr. in-8, p. 73), le Journal de politique et de littérature fut réuni au Mercure, dont il forma la partie politique '; mais sa publication séparée fut reprise plus tard : M. Hatin en a vu trois numéros de février 1789. — La collection du Journal de

I. Le dernier n-' du Journal de politique et de litlcraturc est du i5 juin

politique et de littérature forme, d'après le même bibliographe, 24 volumes in-8.

Voltaire félicita La Harpe sur ses débuts au Journal de politique et de littérature, et ht, à plusieurs reprises, l'éloge de cette feuille (voyez Voltaire à La Harpe, i5 auguste 1777; — à M. de Vaines, 7 septembre).

Au mois de novembre 1776, Condorcet ayant prié Voltaire de dire, dans une lettre ostensible, tout le bien qu'il pensait du journal (Condorcet à Voltaire, 28 novembre 1776; lettre q,goo de l'édition Moland), Voltaire lui répondit par sa lettre du 6 décembre, dans laquelle on lit le passage suivant : « Les « dissertations de M. La Harpe n'ont, à mon gré, qu'un seul « défaut, c'est d'être trop courtes. Je trouve chez lui une « chose bien rare : c'est qu'il a toujours raison, c'est qu'il a un « goût sûr... Les gens instruits, et disant leur avis, pleuvent « de tous côtés; mais où trouver des hommes de génie qui « veuillent bien se consacrer au triste et dangereux métier « d'apprécier le génie des autres ' »

Nous savons, par une lettre de Condorcet à Voltaire, du !<"■ janvier 1777, que le Journal de littérature ne voulut point faire usage de la lettre de Voltaire du 6 décembre « par pure « modestie »; mais, ajoute Condorcet « ce journal a un succès « fort au-dessous de son mérite. On trouve que M. de La Harpe « parle de lui trop longuement et trop souvent; qu'il juge « trop durement ses ennemis; qu'il loue trop certaines gens. « Le public n'est indulgent que pour les Linguet*; il juge les « gens de mérite avec rigueur : on achetait le Linguet, en « disant qu'il était détestable; on n'achète point le nouveau « journal, parce qu'il n'est point absolument parfait, d

L'insuccès du Journal de politique décida Panckoucke à s'adresser directement à Voltaire pour lui demander sa collaboration. « Oui, oui », répond Voltaire à Panckoucke, le 1 5 février 1 777, « je ferai tout ce qu'il vous plaira... Tant qu'il « me restera un peu de force et un peu d'huile, je suis à votre « service... Si votre débit n'est pas aussi considérable qu'il « devrait l'être, n'imputez point ce désagrément passager au « prétendu mécontentement du public, fâché de voir M. de La e Harpe succéder à son ennemi (Linguet). Le public se soucie « peu des querelles des gens de lettres : on se borne à s'en « amuser et à en rire pour son argent. La véritable raison (c qui tait que vous vendez moins votre très bon journal, c'est

I. Linguet avait rédigé, avant La Harpe, la partie littéraire du Journ.il de politique ei de littérature.

BIBLIOGRAPHl 1£ DE SES ŒUVRES 343

« que vous avez quarante ou cinquante concurrents. S'il n'y « avait qu'un pâtissier dans Paris, il ferait une fortune im- « mense; quand il y en a mille, les profits se partagent.

« Je n'ai point reçu le Triitram Shandy en français', ni le « livre De L' Homme dont vous me parlez^. On est en état de « travailler aux extraits dont M. de La Harpe ne voudra pas « se charger. Tout ce qu'on demande, c'est d'être entièrement « ignoré, et que M. de La Harpe soit content de ce travail, qui « n'est entrepris que pour le soulager, parce qu'on sait bien « qu'il a d'autres occupations. On le prie de vouloir bien se « donner la peine de corriger tout ce qui ne paraîtra pas con- « venable. Deux traits de plume peuvent adoucir l'article où « l'on donne la préférence à la Félicité publique sur YEsprit « des lois 5.

Le 3o avril 1777, Voltaire envoya à Panckoucke, sous l'enveloppe du comte de Vergennes, l'extrait des Mémoires Noailles-Millot, qui forme le cinquième àts Articles extraits du Journal de politique et de littérature et lui promit un extrait de l'Histoire véritable des temps fabuleux par Guérin du Rocher : c'est le quatrième des Articles extraits, etc.

Les extraits fournis par Voltaire au Journal de politique, etc. furent publiés par ce journal dans l'ordre suivant :

T. I (de 1777), pp. 568-570 : La vie et les opinions de Tristram Shandy traduites de l'anglais de Sterne, par M. Frenay*. « La traduction par Prenais, de l'ouvrage de Sterne, avait, dit « Beuchot, paru à la fin de 1776, à Paris, chez Ruault, 2 vo- « lûmes in-i2, ne contenant que la moitié du roman anglais. « La suite ne fut traduite qu'en 1785, et deux traductions en « parurent à la fois en deux volumes, l'une par Griftet La- « Isaume, l'autre par de Bonnay. » (T. XXX de l'édition Moland, p. 379). Pour de plus amples détails, voyez Quérard, la France littéraire, t. IX, p. 264.

Voltaire avait déjà parlé de Tristram Shandy en 1771, dans

1. Voyez le premier des Articles extraits du Journal de politique et de littérature.

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