‹ Voltaire. Bibliographie de ses œuvresChapitre 71 sur 94 · Voyez le troisième des Articles extraits, etc · texte numérisé non relu

Voyez le troisième des Articles extraits, etc

4. Uns note de la page 568 porte : « Cet article est d'une main très illustre Il que personne ne méconnaîtra. » Voltaii-e ayant été désigne plus clairement dans deux autres notes des rédacteurs du Journal de politique et de littérature, écrivit, le 4 juin, à La Harpe, pour lui rappeler que Panckoucke « lui « avait promis le secret le plus inviolable. Il ne me l'a point gardé, ajoute- « t-il ; il m'a décelé très mal à propos, et m'a beaucoup plus exposé qu'il ne i( pense. «

34t VOLTAIRE

la Qj.i.itrièine partie des Qiiestions sur l'Encyclopédie (anicle Conscience, section III« : De la conscience trompeuse).

T. II (de l'jT]), pp. 38-43 : De l'homme ou des principes des lois, de Vinjluence de Vdme sur le corps et du corps sur l'âme, en trois volumes, par P. J. Marat, docteur en médecine; à Amsterdam, chtz Marc-Michel Rey, ijjb.

Une note de la page 38 porte : « Cet article est de la même « personne qui a bien voulu nous envoyer l'article de Trisci tram Shandy, Nous marquerons désormais d'une * tous a ceux dont il nous fera présent. »

L'ouvrage De Thomme, etc., est de Jean-Paul Marat, qui fut assassiné par Charlotte Corday, le i3 juillet 1793*.

T. Il (de 1777), pp. 85-87 • -O- ^'^ Félicité publique, nouvelle édition. A. Bouillon, de l'imprimerie de la Société typographique.

Une note de la page 85 porte : « Cet article est de M. de

L'ouvrage intitulé : De la Félicité publique, ou considérations .<;ur le sort des hommes dans les différentes époques de l'histoire (par Fr.-Jean de Chastellux), avait paru en 1772 (Amsterdam, Rey, 2 vols in-8). L'extrait de Voltaire fut écrit à l'occasion de la seconde édition augmentée, qui est de 1776, 2 vol. in-8. Une Nouvelle édition augmentée de notes inédites de Voltaire fut donnée en 1822 (Paris, Renouard), 1 vol. in-8 (voyez la division : Ouvrages annotés par Voltaire).

Sur le livre de la Félicité publique, voyez les lettres de Voltaire à Chastellux des 7 décembre 1772; — !«■■ février et 24 décembre 1773; — 10 mars et 14 avril 1775; — 4 décembre 1776 ; — 9 avril, 7 juin et 4 septembre 1777. Cf. VEpitre dédicatoire à M. a'Alembert, en tête de Don Pèdre (édition Moland, t. VII, p. 247); — la note de la page 55o du t. XXVIII de l'édition Moland; — le tome XXIX de la même édition, pp. 245 et^3i2.

T. II (de 1777), pp. i33-i36 -.Histoire véritable des temps fabuleux ; ouvrage qui en dévoilant le vrai que les histoires ont

1. Sur cet ouvrage, voyez G. Desnoireslerres, Voltaire, son retour et sa mort, pp. 146-149.

2. Il L'indiscrétion de Panckoucke avec son V... me fait une peine mor- « telle. Il accoutume le public à croire que non seulement je me porte bien, « mais que j'abuse de ma santé jusqu'à écrire des lettres un peu impudentes. » Voltaire à La Harpe, 4 juin 1777.)

RI lîLIO GRAPHIE DE SES ŒUVRES 345

travesti ou altéré, sert à éclaircir les antiquités des peuples et surtout à venger V Histoire sainte; par M. Gucrin du Rocher^, prêtre, 3 volumes d'environ 4jo pages chacun. A Paris, clie^ Cliarles-Pierre Berton, libraire, rue Saint- Victor.

Une note de la page i33 porte : a Cet article est de M. de

Sur ce morceau, voyez la note de Beuchot, t, XXX de Tcdition Moland, p. 38(j.

T. II (de 1777), pp- 2G^-'ih8: Mémoires d'Adrien Mawice de Noailles, duc et pair, maréchal de France et minisire d'Etat. 6 vol. in- 12. A Paris, che:^ Moutard, imprimeur de la Reine, quai des Augustins. Pp. 308017 : Suite des Mémoires d'Adrien Maurice de Noailles, duc et pair, maréchal de France et ministre d'Etat.

Ces Mémoires ont été composés par l'abbé Millot, sur les pièces originales recueillies par le maréchal. Ils ont été réimprimés dans les collections Petitot-Monmerqué, tome LXXl- LXXIV, 2« série (Bibl. N'% W'. -lo), et Michaud-Poujoulat, t. XXXII, pp. I à 42S.

Les cinq Articles extraits du Journal de politique et de littérature ont. été réimprimés par les éditeurs de Kehl, t. XLVllI, pp. 224 et suivantes, sous le titre d'Observations sur le livre intitulé de l'Homme, etc.; — sur le livre de la Félicité publique, etc.; — sur l'ouvrage intitulé : la Vie et les Opinions de Tristram Shandy, etc., etc..

1872. Commentaire sur l'esprit des lois de Montesquieu, PAR M. DE Voltaire, s. l. (Genève) 1778, (1777?) in-8 de 125 pp. (C. V. Beuchot, 164; cf. C. V. Beuchot, 701).

Le Commentaire sur l'Esprit des lois a dû paraître à la fin de l'année 1777, peut-être à la suite du Prix de la justice et de l'iiwnanité par l'auteur de la Henriade. Avec son portrait. A Ferney (Genève), in-8 de iv et 120 pp. (voyez le n» 1874). La réclame de la page 120 du Prix de la justice et de l'humanité

I. P. Mar-Stan. Gucrin du Rocher, né aux environs de Falaise en lySi, massacré au séminaire de Saint-Firmin, à Paris, le 2 septembre 1792; son Histoire véritable des temps fabuleux, etc..., a été réimprimée en 1S24 {Paris cl Besançon, Gauthier frères, 5 vol. in-S],

34b VOLTAIRE

porte en effet: Commentaire sur l'Esprit des lois. Toutefois, ce dernier ouvrage a sa pagination particulière, et nous Tavons toujours rencontré détaché du volume, auquel il semble avoir ■ appartenu.

On sait qu'en 1700, Voltaire, dans son Remerciement sincère à un homme cliaritable (voyez le n» 1607) avait pris la défense de Montesquieu contre les auteurs des Nouvelles ecclésiastiques. Plus tard, dans les Idées républicaines, qui sont de 17G2 (voyez le n» 1679}; — dans VA. B. C, qui est de 176S (voyez le n" 1772); enfin dans les Questions sur l'Encyclopédie (cinquième et huitième parties, 1771, aux mots Esclaves tt Lois, Esprit des lois), etc., etc., etc., Voltaire combattit Montesquieu, tout en reconnaissant que s'il « avait presque tou- « jours tort avec les savants, parce qu'il ne l'était pas, il avait « toujours raison contre les fanatiques et contre les promo- « teurs de l'esclavage. L'Europe, ajoute-t-il, lui en doit d'éter- « nels remerciements. » (voy. le tome XX de l'édition Moland, p. 14)-

En [776, Voltaire ayant fait insérer dans le Journal de politique et de littérature un article sur l'ouvrage de la Félicité publique (voy. le n» précédent), s'avisa de mettre le livre du chevalier de Chastellux sur la même ligne que l'Esprit des lois. « Cependant nous ne dissimulons pas, dit-il, que l'Esprit « des lois a plus de vogue en Europe que la Félicité publique, « parce que Montesquieu est venu le premier; parce qu'il est a plus plaisant: parce que ses chapitres de six lignes qui con- « tiennent une épigramme, ne fatiguent point le lecteur ; parce « qu'il effleure plus qu'il n'approfondit; parce qu'il est encore « plus satirique qu'il n'est législateur, et qu'ayant été peu <i favorable à certaines professions lucratives, il a flatté la mulet titude 15 1 (voyez le tome XXX de l'édition Moland, p. 388).

Sautereau de Marsy, dans une lettre anonyme insérée dans le Journal de Paris, du 19 mai 1777, protesta contre ce jugement, et prétendit que l'article sur le livre de la Félicité publique ne pouvait pas être de Voltaire. Cette lettre eut le don d'irriter singulièrement le patriarche, et nous le voyons demander, le 4 juin, à La Harpe « quel est le polisson que le « libraire de la Poste du soir (le Journal de Paris), a choisi

I. En envoyant cet article à Panckoucke le i5 février 1777, Voltaire lui disait : « Deux traits de plume peuvent adoucir l'article où l'on donne la pré- « férence à la Félicité publique sur VEsprit des lois, quoiqu'on soit persuadé « que le fameux ouvrage de Montesquieu n'est que de ['esprit sur les lois, « comme l'a très bien dit Mm» du Detfand.» Voltaire avait déjà cité ce mot de i\l"« du Detfand, dans sa lettre au duc d'Uzès, du 14 septembre i/So.

a pour son bel esprit ». Trois jours après, \"oltaire écrivait au clievalier de Chastellux: « 11 est vrai que je ne sais pas quel « est le chevalier de la Poste du soir qui croit m'avoir abattu « de sa lance enchantée. 11 serait bon de savoir à qui on a af- « faire; mais, quel qu'il soit, si nous étions aux prises, je lui « ferais bien voir que son héros est un charlatan, qui en a imv( posé au public. Je lui démontrerais que ce charlatan, devenu (c si fameux, n'a pas mis une citation dans son ouvrage qui ne K soit fausse, ou qui ne dise précisément tout le contraire de « ce qu'il avance. Je prouverais à tous les gens raisonnables « que ses raisonnements et ses systèmes sont aussi faux que « ses citations; que des plaisanteries et des peintures bril- « lantes ne sont pas des raisons, et qu'un homme qui n'a re- « gardé la nature humaine que d'un côté ridicule, ne vaut pas « celui qui lui fait sentir sa dignité et son bonheur. Voilà ce « qui m'occupe à présent, monsieur, mais pour remplir mon « projet, j'ai besoin d'un long travail qui me mette à portée de « citer plus juste que l'auteur de l'Esprit des lois. »

Le 1 1 juin, le Commentaire sur VEsprit des lois était achevé, et envoyé à de Vaines, pour être remis à Panckouke, avec une lettre qui manque.

On n'a pas non plus une lettre adressée, vers la même époque, par 'V'oltaire à La Harpe, et dans laquelle le patriarche semble avoir donné un libre cours à son irritation contre Mon tesquieu ; mais nous savons par une lettre de Condorcet à Voltaire, du 20 juin 1777 (lettre 10012 de l'édition Moland), quel était à peu près le contenu de cette lettre de Voltaire à La Harpe: « Mon cher et illustre maître, écrit Condorcet à Vol- « taire, M. de Vaines m'a communiqué une lettre que vous « écriviez à M. de La Harpe sur Montesquieu et le chevalier « de Chastellux. Plusieurs de vos amis l'ont lue comme moi, « et tous pensent avec moi que vous ne devez pas la rendre « publique.

« 1° Le nom de Montesquieu est l'objet de la vénération pu- « blique, non seulement en France, mais dans toute l'Europe ; « si son ouvrage contient des fautes, elles sont bien rachetées « par la foule des vérités grandes et utiles dont il est rempli. tt Le livre de la Félicité publique n'a eu aucun succès ; on ne

«■ lui a pas même rendu justice à Paris On sera toujours

« blessé de voir comparer ces deux ouvrages. Montesquieu n'y « perdra rien, et l'on couvrira de ridicule l'auteur mis en pa- « rallèle avec lui

I. Voltaire attaque encore Montesquieu, dans sa lettre à M. Gin, du 20 juin

« 2° On ne songe plus à ce que vous avez dit de la Félicité « publique, ni à ce qu'on a répondu. L'auteur de la réponse est « un jeune homme très honnête, qui annonce des talents, qui (i vous admire plus que personne

tt

« 6" Ce que vous dites du chancelier d'Aguesseau est exagéré. « Comment pouvez-vous louer ainsi un chancelier mort après « i75o, et qui a laissé un manuscrit sur la divinité du Verbe ; « qui n'a pas voulu détruire le droit d'Aubaine, parceque c'était « la loi la plus ancienne de la monarchie; qui^ en trente ans a de ministère, n'a fait que trois ou quatre ordonnances sur

« des objets peu importants ; un homme fort inférieur à

« son siècle, et dont tout le mérite est d'avoir eu une érudition u prodigieuse.

« 7» Vous dites que Montesquieu ressemble à Montaigne, et « le chevalier de Chastellux à Charron. Je doute que le cheva- « lier fût content de ce parallèle, car Charron est oublié, et « Montaigne ne le sera jamais. Ainsi, la publication de votre « lettre serait désagréable pour vous ; elle soulèverait les admi- « rateurs de Montesquieu, qui sont aussi vos admirateurs ; et « comme un journal se répand beaucoup plus vite que tout a autre ouvrage, le déchaînement serait plus grand.... »

Voltaire paraît s'être rendu à ces bonnes raisons, car le 2 juillet 1777, '' écrit à Condorcet : « Il n'y a pas un motà répondre « à ce qu'un vrai philosophe m'a écrit le 20 juin. Je l'en re- « mercie très sincèrement. On voit toujours mal les choses, « quand on les voit de trop loin. Je ne savais pas l'aventure de « la divinité du Verbe et celle du droit d'Aubaine ; cela est cu- « rieux. 11 ne faut jamais rougir d'aller à l'école, eût-on l'âge a de Mathusalem. »

QuérarJ (Bibliogr. Volt., n" 77), a donné au Commentaire sur l'Esprit des lois le nom de Paris, l'adresse de Panckoucke et le millésime 1777 ; mais il est peu probable que Panckoucke ait imprimé cet ouvrage; car il se disposait à partir pour Genève, lorsque le manuscrit du Commentaire lui parvint à Paris (voyez Voltaire à de Vaines, 25 juin 1777).

Le Commentaire n'était pas encore imprimé en septembre 1 777 (voyez Voltaire au chevalier de Chastellux, 4 septembre).

S'il a été publié à la suite du Prix de la justice et de l'humanité, il doit avoir paru en octobre ou novembre 1777 (voyez plus loin, le n» 1874. Cf. les Mémoires secrets du 26 novembre et la Correspondance littéraire de Grimm, etc., éd. M. Tourneux, t. XII, p. 33; décembre 1777).

M. Vian cite deux éditions du Commentaire avec le nom de Lon.ires et les millésimes 1777 et 1778 {Histoire de Montes-

BIBLIOGRAPHIE 1)1- SKS ŒUVRES 349

qiticu, 2« édition, Paris, Didier, iHyq, in-8, p. 082). Nous n'avons rencontré aucun exemplaire appartenant à ces éditions.

Le Commentaire sur l'Esprit des lois est au tome XXIX de l'édition de Kehl, pp. 349 et 517...

Voltaire a reproduit, dans le Commentaire, différents passages des Idées républicaines (voyez notre n° 167g et la note 5 de la page 112 du présent volume), ainsi que plusieurs phrases de l'article Lois, Esprit des lois, des Questions sur l'Encyclopédie, huitième partie, 1771 (voyez le tome XX de l'édition Moland, p. 3).

Les remarques de Voltaire sur Montesquieu ont été réimprimées plusieurs fois avec VEsprit des lois ou dans les Œuvres complètes de Montesquieu (voyez les éditions de VEsprit des lois de 1821 (Paris, Touquet, 2 vol. in-12); de 1824 (Paris, Béchet aîné, 2 vol. in-i2), etc., et des Œuvres complètes de Montesquieu (Paris, Lequien, 1819, 8 vol. in-8 (le Commentaire sur l'Esprit des lois est au tome VIII»); Paris, Duprat-Duvergcr, 1823, gr. in-S, etc., etc..)

Voici comment M. Laboulayc juge le Commentaire sur l'Esprit des lois de Voltaire, dans son Introduction à VEsprit des lois (t. III des Œuvres complètes de Montesquieu, p. LIX, Paris, Garnier frères, i8-j5 et années suivantes) : «Voltaire et Helvé- « tius ont voulu, eux aussi, commenter VEsprit des lois. Monte tesquieu avait peu de goût pour le premier; il s'en est exi< pliqué plusieurs fois, avec quelque dureté: Voltaire, dit-il « dans ses Pensées, est comme les moines, qui n'écrivent pas « pour le sujet qu'ils traitent, mais pour la gloire de leur ordre; « Voltaire écrit pour son couvent. C'est la même opinion qu'il « exprime, en 1752, dans une lettre aufidèle Guasco :« Quant « à Voltaire, il a trop d'esprit pour m'entendre. Tous les livres (> qu'il lit, il les fait; après quoi, il approuve ou critique ce « qu'il a fait. On peut trouver ce jugement sévère, mais il con- « tient un fond de vérité. Montesquieu a saisi le défaut de son « rival. Qu'on lise les Dialogues de l'A. B. C. ou le Commen- « taire sur l'Esprit des lois publié en 1778, on verra bientôt « que Voltaire se parle et se répond à lui-même. Il a, comme « toujours, un esprit prodigieux; il sème à pleines mains des « plaisanteries qui ne manquent pas toujours de justesse; « mais l'œuvre n'est pas sérieuse ; Voltaire est à côté du sujet. « Du reste, il en eut conscience ; il se lassa vite de lutter avec « un aussi rude jouteur. Son Commentaire n'est qu'une ébau- « che inachevée. »

1873. Dialogues d'Evhémère, Londres (Amsterdam)

35o VOLTAIRE

1777, in-8 de i f. de titre et 132 pp. (C. V. Beuchot, 202).

On lit dans les Mémoires secrets du iG novembre 1777: «On a parle ici d'une nouvelle brochure de M. de Voltaire, ayant « pour titre Ephémère. C'est encore un dialogue sur la religion, « à ce qu'on dit. »

Wagnière, dans son Examen des Mémoires de Bacïiaumont {Mémoires sur Voltaire, t. I, p. 424), dit qu'il s'agit, dans ce passage, des Dialogues d'Evhémère, qui venaient de paraître.

Nous ne saurions dire si l'édition en i32 pp., avec le nom de Londres, est \'éd\X.\ox\ princeps de ces Dialogues; l'édition en i3i pp. est, en effet, de Hollande, et l'ouvrage doit avoir été d'abord imprimé à Genève. M. Lefévre, dans son édition des Dialogues et entretiens philosophiques (de Voltaii-e), Paris, Lemerre, t. ill, p. 224, indique une édition de Londres, 1777» in-8 de 86 pages : peut-être est-ce l'édition de Genève, imprimée sous la rubrique de Londres. iViais nous n'avons vu aucun exemplaire de cette édition en 8(5 pp., et nous ignorons si elle est sortie des presses des Cramer.

Beuchot fait observer que dans un écrit publié en mai 1777 (Article sur le livre de la Félicité publique, inséré dans \q Journal de politique et de littérature; voyez le n» 1871), Voltaire rappelle une idée qui se trouve dans les Dialogues d'Evliémére (voyez sa note, t. XXX de l'édition Moland, p. 465) : faut-il en conclure que ce dernier ouvrage est antérieur au mois de mai :777 • ^^ Correspondance de Voltaire est muette à cet égard; il se peut, dit Beuchot, (\uc \&s Dialogues publiés en novembre, fussent à l'impression dès le mois de mai (Ibid).

« Le véritable Evhémère, natif d'Agrigente ou de Messine, « ou encore de Messène en Laconie, contemporain du roi de « Macédoine Cassandre (311-298 av. J.-C), auteur d'une His- « toire sacrée qui n'est pas venue jusqu'à nous, inaugura une « certaine interprétation des mythes, reprise aujourd'hui par « Robert Spencer.

« UEvhémérisme consiste à représenter les dieux et leurs « aventures comme des personnages et des souvenirs histori» « ques. La théorie est fausse, mais non l'idée qui lui donna « naissance. Les dieux ne turent pas des hommes, mais ils sont « d'origine humaine. Voir nos Mythologies et religions com- « parées, 1' édition, Ernest Leroux ». (Note de M. André Lcfèvre, t. m des Dialogues et entretiens philosophiques (de Voltaire), Paris, Lemerre, p. 224).

Sur Evhémère, voyez un Mémoire de l'abbé Sevin (du 3o avril

l'jii]}, dans le tome \'I1['^ des Mémoires de littérature tirés de l'Académie des Inscriptions et Bclles-Uttres, Pans, 17!^^, in-4, pp. 107 à 117. Cf. la note de Beuchot, t. XXX de l'édition Moland, p. 465.

Rcimpr. dans le tome XV de VEvaugile du jour, Londres (Amsterdam) 1778; (c'est la même composition qui a servi pour rimpression séparée et pour la réimpression qui fait partie du tome XV de [Evangile du joui-), et dans le tome XXXVI de l'édition de Kehl, pp. 441-534.

Voltaire a reproduit dans les Dialogues d'Evhémére deux alinéas qui avaient paru en 1770, dans l'article Ararat des Qitestions sur l'Encyclopédie (Il« partie). Voyez la note de Beucliot, t. XXX de l'édition Moland, p. 5icj.

Sur une addition faite par les éditeurs de Kehl à l'édition de Londres [Amsterdam), et sur une variante de cette dernière édition, voyez également la note de Beuchot, t. XXX de l'édition Moland, p. 629.

it)74. Prix de la justice et de l'humanité, par l'auteur DE LA HeNRIADE AVEC SON PORTRAIT. A FeR-

NE-v (Genève) 1770 (1777), in-8 de iv et 120 pp. Portrait (C. V. Beuchot, 701). — Londres (Amsterdam), 1768, in-8 de IV, 114 pp. et i f. non chifF. pour un CaLilogitc de livres français {édition, sans nom d'auteur; C. V. Beuchot, 702); — Genève, 1778, in-8 de iv et 120 pp. (C. V. Beuchot, 703); — Leipzig, Schneider. J778, in-8, (Kayser, Index locuplelissimus, etc., t.\l (1836), p. 108).

Nous avons dit précédemment (voy. le n° 1872) que le Co)«mcntaire sur l'Esprit des lois fut imprimé à la suite du Prix de la justice, etc., dans l'édition publiée sous la rubrique de Eerney. Un lit, en ellét, à la réclame de la page 120 de cette édition : Commentaire sur l'Esprit des lois.

Le Prix de la justice et de riiumanité fut écrit en 1777. La Ga:^ette de Berne du i5 février 1777 avait proposé un prix de cinquante louis en faveur du meilleur mémoire sur cette question : « Composer et rédiger un plan complet et détaillé « de législation sur les matières criminelles sous cj triple « point de vue : i» Des crimes et des peines proporiionnées « qu'il convient de leur appliquer ; — 2» De la nature et de la « lorcc des preuves et des présomptions; — 3'^ De la manière

a de les acquérir par la voie de la procédure criminelle, en « sorte que la douceur de l'instrucuon et des peines soit con- (( ciliée avec la certitude d'un châtiment prompt et exemplaire, « et que la société civile trouve la plus grande sûreté possible « pour la liberté et l'humanité'. »

Le prix (auquel Frédéric, le landgrave de Hesse-Cassel et Voltaire lui-même ajoutèrent des sommes d'argent) *, devait être adjugé à la fin de l'année 1779 : les pièces de concours (écrites en latin, français, allemand, italien ou anglais), pouvaient être envoyées au secrétaire perpétuel de la Société économique de Berne, jusqu'au i" juillet 1779.

Voltaire n'avait aucunement la pensée de concourir, car dès le 3i octobre, le Prix de la justice et df l'humanité éia'it imprime, et Bitaubé qui partait le 29 octobre de Genève, se chargeait de deux exemplaires de l'ouvrage pour d'Alembert et pour Condorcet (Voltaire à Condorcet, 3i octobre). Deux autres exemplaires étaient adressés le 1 1 novembre à de Vaines. Le iS novembre, d'Alembert avait reçu le Prix de la Justice et de l'humanité. « Je pense, écrit-il à Voltaire, qu'il « aurait fallu ne pas proposer les trois questions à la t'ois, et « qu'il eût été bon de les séparer : i" parce que la besogne est « trop considérable et que chacune des trois questions séparé- « ment vaut bien cent louis au moins; 2° parce que la troi- (( sième question ne peut guère être traitée à fond que par « un jurisconsulte, et que les deux premières, et la première « surtout, peuvent l'être par un homme qui ne serait que phi- « losophe. Peut-être serait-il encore temps d'écrire là-dessus « à rÂcadémie de Berne, et personne n'y est plus i>roprc « que vous. »

Sur le Prix de la justice et de l'humanité, voyez encore Voltaire à La Harpe, 19 novembre; — Frédéric, landgrave de Hesse-Cassel, à Voltaire, 24 novembre; — Voltaire à Frédéric, ib novembre; — à Condorcet, 26 novembre; — Catherine à Voltaire, 23 novembre (4 décembre); — Voltaire à Catherine, 5 décembre; — Condorcet à Voltaire, 21 décembre 1777 et 19 janvier 1778; — Voltaire à Frédéric, 6 janvier 1778.

Les Mémoires secrets font mention du Prix de la justice et

1. Cet article de la GiT{ctle dû Berne avait été réimprimé en partie par Voltaire, dans le Prix de la justice et de l'humanité; depuis, Beuchot l'a reproduit tout entier (voyez su note t. XXX de l'édition Moland, p. 534).

2. Voyez Frédéric à V^oltaire, i3 août 1777 et Voltaire à Frédéric 25 novembre; — Frédéric, landgrave de Hesse-Cassel, à Voltaire, 23 auguste 1777; — d'Alembert à Voltaire. iS novembre et La Harpe à Voltaire, 19 novembre

BIDLtOGRAPHrE DE SES ŒUVRES 333

ce r.'ui'vanità, le 26 novembre 1777 (cf. la Corresponiance littéraire de Grimm, etc..., éd. M. Tourneux, t. XII, p. 33; décembre 1777). Toutefois ce n'est qu'en avril 1778 que les Mémoires secrets parlent avec quelques détails de l'ouvrage de Voltaire (voyez les articles des 3 et 5 avril).

Le Prix de !a justice et de Vhumanité est au tome XXIX de l'édition de Kehl, p. 205; il a été aussi réimprimé par Brissot dans sa Bibliothèque philosopliiqne du lésçislateur, etc., Berlin et Paris, Desauges, 1782 et années suivantes, t. V, pp. i à 108 (Bibl. N'«, F.).

Sur un passage qui avait déjà été rapporté par Voltaire, dans l'article Jésuites des Questions sur V Encyclopédie {septième partie, 1771), voyez la note de Beuchot, t. XXX de l'édition Moland, p. 55g.

L'article xxii du Prix de la justice et de l'humanité a éié quelquefois réimprimé par des éditeurs modernes, dans le Commentaire sur le livre des délits et des peines (voyez la page 176 du présent volume).

Dans les premières éditions du Prix de la justice et de l'hiimanité, Voltaire avait reproduit (à l'article xxvii), une très grande partie de l'article Confscation des Questions sur l'Encyclopédie [quatrième partie, 1771), ainsi que VExtrait du plai' doyer de l'avocat général Orner Talon sur des biens coniïsqucs, qui est au chapitre xxi du Commentaire sur le livre des délits et des peines (t. XXV de l'édition Moland, p. 571).

1875. Dernières remarques sur les pensées de M. Pascal ET sur quelques AUTRES OBJETS.

Voyez la division : Ouvrages édités par \'oltaire.

1876. Note sur une pensée de Vauvenargues.

Cette A'ofc, qui était écrite delà main de Voltaire, a été, dit Beuchot, publiée pour la première fois, à la suite de la Notice sur la vie et les écrits de Vauvenargues, mise par Suard en tête de l'édition qu'il donna en 1806 des Œuvres de Vauvenargues {Paris, Dentu, 2 vol. in-8, t. I, p. lxiv).

Reproduite aussi dans l'édition des Œuvres complètes de Vauvenargues, publiée en 182 i {Paris, Brière), ccno Note a été admise pour la première fois dans les Œuvres de Voltair.: en 182 1 (t. XLIII de l'édition Renouard, pp. Ô2C-!327)

\'auvcnargues a été l'un des correspondants de Voltaire. Les lettres que Voltaire lui écrivit de 1743 à 174(3 lui étaient adres-

secs à l'hôtel de Tours, rue du Paon, faubourg Saint-Germain, à Paris, où Vauvenargues demeurait depuis qu'il avait dû quitter le service, à la suite des infirmités contractées pendant la guerre de 1741 (voyez Choix de lettres inédites de Voltaire au marquis de Vauvenargues, Aix, Pontier, i8i3, iu-8, p. bj.

On sait que la dernière partie de l'Eloge funèbre des officiers morts dans la guerre de 174X (voyez le n» iSgy), est consacrée à Vauvenargues : Voltaire y pleure sa perte, en termes émus :

« Tu n'es plus, ô douce espérance du reste de mes jours, etc.» Il dit qu'en rendant « quelque honneur aux cendres de tant « de défenseurs de l'tltat î, il a voulu «élever aussi un monu- <( ment » à la mémoire du « tendre ami », que la mort lui avait enlevé.

Sur les derniers moments de Vauvenargues, voyez la note des éditeurs de Kehl, rapportée par Beuchot (t. XXXIX de l'édition Lefèvrc, pp. 46-47).

1077. Histoire de l'établissement du Christianisme.

Cet ouvrage est de l'année 1776 (voyez le tome XXXI de l'édition Moland, p. 99). Les éditeurs de Kehl l'ont imprimé, dans le tome XXXV de leur édition, p. 235. lis lui ont donné la date de 1777 (t. LXX de l'édition de Kehl, p. 425).

Sur l'Histoire de l'établissement du Christianisme, voyez la note de Beuchot, t. XXXI de l'édition Moland, p. 43.

1870. Pensées, Remarques et Observations de Voltaire. Ouvrage posthume (publié par Piccini). Paris, Barba, an X, 1802, in-S de 2 fT. , xvi et 156 pp. et in- 12 de 2 ff. XX et 178 pp. fig. * (C. V. Beuchot, 640, 641).

On lit dans VAvant-propos de cet ouvrage :

a Voltaire était loin de prévoir que des pensées, des remar- « ques, des souvenirs jetés au hasard sur le papier, seraient « un jour livrés à l'impression, et il s'abandonnait avec com- « plaisance à toute l'indépendance de son imagination, à toute

I. Quérard dit que ce volume avait d'abord paru sous le titre de Peiisces philosophiques de Voltaire. Ouvrage posthume. Paris, de l'imprimerie dà Didot aillé, Barba, an X (1802), in- 12 et in-8 [Bibliogr. Volt., p. -jb).

<( la causliciic de son esprit; il causait libiciiicnL avec lui- « même.

« C'est ce moiiolof^ue que nous imprimons; ce sont pour

« ainsi dire ses tablettes qu'on lui a dérobées.

« A la mort de Voltaire, ce recueil était entre les mains de " M. de Villevieille, son ancien et intime ami ; il passa dans « celles de M. Piccini, tîls du célèbre compositeur, qui s'est « enfin déterminé à le mettre au jour (pp). i et ii). »

Renouard a le premier recueilli dans les Œuvres de Voltaire quelques-unes de ces Pensées (t. XLIII, de 1821, pp. 628 et suivantes) : « Sans chercher à défendre ni à contester l'au- « thenticité plus ou moins complète de ce recueil, j'ai cru « convenable d'en extraire parmi le petit nombre de passages « qui m'ont paru vraiment dignes de faire partie de la colJec- « tion des Œuvres de Voltaire, ceux que l'habitude de la Icc- « ture de ses ouvrages m'a fait considérer comme pouvant lui « être attribués. » (Avis de Renouard, p. 628 du tome XLllI de son édition).

Beuchot a suivi l'exemple que lui avait donné Renouard, et s'est borné à réimprimer, dans son édition, les Pensées publiées par son prédécesseur, en 1821. '< Il me sembla, dit-il, que Volce taire devait être l'auteur d'une partie de ce volume; maisqu'on « pouvait avoir des doutes sur beaucoup d'articles. Ce fut en « ces termes que j'en pariai à La Harpe, que j'étais allé voir « dans son exil à Corbeil, et qui quelques jours après (le « 17 juin 1802), m'écrivit : Je suis absolument de votre avis « sur ces informes et misérables rapsodies que l'on nomme « Tablettes de Voltaire... M. Renouard a le premier, en 1821, * admis dans les Œ'iiiT^s de Voltaire (t. XLllI de son édition), « un choix fait par lui de ces Pensées, et c'est ce choix que je « reproduis aujourd'hui comme l'ont fait mes prédécesseurs. « (T. XXXI de l'édition Moland, p. 117.) Enfin, M. Moland a reproduit le texte de Renouard et de Beuchot et a réimprimé en outre, dans le tome XXXI de son édition (pp. i23 et suivantes), quelques Pensées qui avaient été écartées par ses devanciers, comme n'étant pas de Voltaire; mais il a lui-même fait un nouveau choix parmi les articles qu'on avait précédemment laissés de côté.

A notre avis, il fallait ou ne pas admettre cet ouvrage dans les Œuvres de Voltaire, si son authenticité n'était pas établie; ou bien, du moment qu'on l'y admettait, le réimprimer conformément au texte de 1802, sans essayer de créer des distinctions absolument arbitraires entre ce que Voltaire pouvait avoir écrit, et ce qui devait être considéré comme apocryphe. 11 se peut que ce recueil d'anecdotes, de remarques, de pensées, soit l'œuvre de Voltaire (comme le Sottisier, dont il sera

question sous le n» 1891'; il se peut aussi que nous nous trouvions en présence d'une supercherie littéraire qui a échappé à Quérard. Quant à nous, s'il nous est permis de hasarder une opinion, nous ne sommes pas éloigné de penser que Voltaire est réellement l'auteur de ce volume. On lit, en effet, à la page 74 de l'édition in-8 : « Le 12 juin 1754, j'ai cherché, « dans la vaste bibliothèque de Sénones, Torigine des commana déments de l'Eglise, etc.. », et plus loin, à la page 78 : « Le <' 6 décembre 1754, j'ai vu à Lyon un mangeur de feu. » Or, à ces deux dates, Voltaire était à Sénones et à Lyon. En outre, on retrouve, à la page i3, une anecdote sur M""" Fontaine- Martel que Voltaire avait déjà rapportée dans sa lettre à Richelieu du 19 juillet 1769, et à la page 44, une citation de Swift, qui est reproduite dans le Sottisier (voyez le t. XXXIl de l'édition Moland, p. 589).

Enfin, Piccini a publié, à la page 1 55 de cette même édition in-8 (à la suite d'Observations sur la langue française, qui doivent avoir été écrites par Voltaire et qu'on n'a pas encore recueillies dans ses Œuvres) une pièce qui est incontestablement de Voltaire, que Beuchot a copiée sur l'original, écrit tout entier de la main de l'auteur, et dontWagnière nous a laissé une version conforme au texte de Piccini (voyez le n» 1882). Or, les Pensées, Remarques et Observations de Voltaire, sont de 1802, et les Mémoires sur Voltaire par Longchamp et Wagnière, n'ont paru qu'en 1826. Il est donc à présumer que la publication de 1802 a été faite sur des pièces et des documents authentiques, et nous engageons les futurs éditeurs de Voltaire à la réimprimer intégralement dans ses Œuvres, à côté du Sottisier.

1879. Remarques sur le Christianisme dévoilé, ou Examen des principes et des effets de la religion chrétienne.

Voyez la division : Ouvrages annotés par Voltaire.

1880. Remarques sur l'ouvrage intitulé l'Existence DE Dieu démontrée par les merveilles de la nature, par m. Nieuwentyt.

Voyez la division : Ouvrages annotés par Voltaire.

1881. Remarques sur le bon sens ou Idées naturelles

DIBLIOGRAPHin DR SES ŒUVRAS 33;

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