‹ Voltaire. Bibliographie de ses œuvresChapitre 85 sur 94 · XV. T. XV^ Londres [Amsterdam), 1778 (C.V, Ben. et C · texte numérisé non relu

XV. T. XV^ Londres [Amsterdam), 1778 (C.V, Ben. et C

I. Sur cette oraison, attribuée à l'avocat général A.-J.-M. Servian ou au baron Fatono, voyez le Dict. des ouvrages anonymes, éd. Daffis, III, 728.

V. Beuchot, 290. L'exemplaire de la collection Beuchot est sans faux titre et sans titre de : V Evangile du jour).

Dialogues cfEvliémère, 3 IT. non chiff. et i32 pp. C'est la première édition de cet écrit (voyez notre n» iSyS). Le frontispice des Dialogues d'Evhémère porte le millésime 1777.

Lettre à MM. de l'Académie française sur la nouvelle traduction de Shakspeare, 32 pp.

XVI. T. XVI-. Londres (Amsterdam), 1780 (C. V. Beuchot, 290).

Eloge et Pensées de Pascal. Nouvelle édition commentée, corrigée et augmentée. En III parties par M. de "*. [Londres (Amsterdam), 1778, 2 ff. de titre (f. titre et titre du t. XVI de

VEvangile du jour), vm, 39, gb et 104 pp. (voyez le n" 1910).

1905. RÉPONSE d'un solitaire de la Trappe a la lettre DE l'abbé de Rangé, par M. de la H*** avec

UNE PRÉFAGE DE M. AbAUZIT.

Voyez notre n» 1753.

1906. Journal de la gour de Louis XIV depuis 1684 jusqu'à i7i5;aveg des notes intéressantes, etg..., ETG..., etc... a Londres (Genève) 1770, in-8 de i f. de titre et 174 pp. (Bibl. N'% Lb37, i j 5 ; ibid., D"^, 5296 et C. V. Beuchot, 1344).

On sait que Philippe de Courcillon, marquis de Dangeau, né le 21 septembre i63S, mort le 9 septembre 1720, a laissé manuscrit, un journal, où de 1684 à 1720, il a noté, parle menu, toutes les circonstances, toutes les particularités, tous les détails de la vie et du régne de Louis XIV. Le manuscrit original de Dangeau fait partie de la bibliothèque du château de Dampierre, et forme 37 volumes in-folio. 11 semble que, dès 1738, Voltaire ait eu ce manuscrit entre les mains, ou tout au moins qu'il en ait possédé une copie 1. On lit, en eftét, dans

I. MM. Soulié, Dussieux, de Cheiincvières, etc., qui ont public en entier pour la première fois, le Journal du marquis de Dangeau, citent, parmi les copies les plus importantes de ce Journal : i» Une copie en 60 volumes in-4, reliés aux armes de Mme de Pompadour (Bibliothèque de l'Arsenal); — 2» Une copie en 4 volumes in-folio, allant de 1684 à 1690 (ibid); — jû Une copie en 36 volumes in-folio, avec des additions de Saint-Simon (Archives du

sa lettre à l'abbé Dubos, du ?,o octobre lySS : « J'ai pour la vie a privée de Louis XIV les Mémoires du marquis de Dangeau, « en quarante volumes, dont j'ai extrait quarante pages ». Ce n'est, toutefois, que trente ans plus tard, vers la fin de J 7C9, que Voltaire se décida à donner ses soins à une édition d'extraits du Journal de Dangeau; c'est l'édition qui porte le millésime 1770, et dont il parle dans sa lettre au duc de Richelieu, du 22 novembre 1769. Outre les notes qui sont au bas des pages, on trouve aux pp. 170-174 du volume un Témoignage de l'éditeur concernant l'auteur de ces Anecdotes: c'est le morceau réimprimé, sous le titre de Réflexions, dans le t. XXVIU de l'édition Moland, pp. aS 1-253. En présentant au public, sous le voile de l'anonyme, le Journal de la cour de Louis XIV, \o\taire se demande « quel est le Tacite qui fit ce recueil » (voyez la page 256 du tome XXVIII de l'édition Moland), et pour mieux dérouter ses lecteurs, il dit, dans le Témoignage de l'éditeur, dont il a été question plus haut: « Nous ne savons pas de « quelle dignité était revêtu, à la cour, le seigneur qui écrivit « ces mémoires; on peut juger plus sûrement de l'étendue de « son esprit, que de celle des honneurs qu'il posséda de son « vivant. Il y a quelque apparence qu'il avait un emploi de « confiance dans Saint-Cyr, puisqu'il s'exprime ainsi, p. i5o: a La supérieure lui dit que nous demandions, etc.. »

Or, il résulte clairement de la lettre à l'abbé Dubos, du 3o octobre 1738, que Voltaire non seulement connaissait le nom de l'auteur de ce Journal, mais que, dés cette année 1738, il avait eu à sa disposition ce volumineux recueil.

Voltaire a toujours professé pour Dangeau une sorte de mépris: on lit dans sa Dissertation sur la mort de Henri IV, imprimée en 1745 (voyez la page 7 du présent volume): « Ce « n'était point M. de Dangeau qui faisait ces malheureux Mé- « moires; c'était un vieux valet de chambre imbécile, qui se « mêlait de faire à tort et à travers des gazettes manuscrites « de toutes les sottises qu'il entendait dans les antichambres » ; et le 16 juillet 1756, Voltaire écrira à d'Argental : «Si jamais « on imprime les Mémoires du marquis de Uangeau, on verra <£ que j'ai eu raison de dire qu'il faisait écrire les nouvelles a par son valet de chambre. Le pauvre homme était si ivre de « la cour, qu'il croyait qu'il était digne de la postérité de mara quer à quelle heure un ministre était entré dans la chambre

Ministère des Affaires étrangères); — 40 Une copie en 22 volumes gr. in-4 (Bibliothèque Nationale); — 5» Une copie en 29 volumes in-folio (Bibliothèque de la ville de Versailles). — D'autres copies, ajoutent ces éditeurs, se trouvent chez les ducs de .Mouchy, de La Rochefoucauld, chez lord Spencer, etc..

« du roi. Quatorze volumes sont remplis de ces détails. Un « huissier y trouverait beaucoup à apprendre; un historien n'y « aurait pas grand profit à faire. »

Les mêmes reproches reviendront, en 1769, dans les notes ironiques mises par Voltaire au bas des extraits du Journal de Dangeau. M. Moland, pour excuser, dans une certaine mesure, l'injustice de Voltaire à l'égard de Dangeau, dit que le premier éditeur du célèbre annaliste ne pouvait apprécier son ouvrage à sa juste valeur, parce qu'il n'en connaissait « qu'une trop faible partie » (voyez le tome XXVIII de l'édition des Œuvres complètes de Voltaire, Paris, Garnier frères, p. 25 1 ) ; mais nous avons vu q\ie le manuscrit entier de Dangeau avait passé sous les yeux de Voltaire, et c'est ailleurs qu'il faut chercher l'origine de l'animosité de l'auteur de la Henriade contre l'auteur du Journal de la cour de Louis XIV. L'amour-propre de Voltaire avait dû certainement soutî'rir de certain passage de ce Journal, où il est question du « petit Arouet, poète satirique (( fort imprudent » (i3 mai 171 6; cf. ig mai 1 717 et 18 novembre 1718); et Voltaire ne devait point pardonner à Dangeau la sévérité dédaigneuse avec laquelle celui-ci l'avait jugé, au moment de ses premiers débuts dans la carrière poétique.

Voici la bibliographie complète des Mémoires de Dangeau:

Paris, Xhrouet, 1807, in-8 (Bibl. Ni». Lb" 145 A) >.

Paris, Londres et Strasbourg, Treuttel et Wurt:;, 1817, 4 volumes in-8 (Edition donnée par M""'' de Genlis, sous le patronage de Louis XVIII; Bibl. N'». Lb" 146).

Paris, Rosa, 1817, 2 volumes in-12 (Edition donnée par M™" de Sartory : Bibl. N'". Lb" 147).

Paris, Marne et Delaunay, Vallée, i83o, 4 volumes in-8 (Edition donnée par MM. Paul Lacroix et Amédée Pichot ; les extraits s'arrêtent au mois de juillet itjcjy ; Bibl. N'". Lbs' 148).

Paris, F. Didot, 1854 et ann. suiv. ; 19 volumes in-S (Edition donnée par MM. Soulié Dussieux,de Chennevicres, Mantz, de Montaiglon, avec les additions inédites de Saint-Simon, publiées par M. Feuillet de Couches; Bibl. N'«. Lb" 149).

Nous avons eu l'occasion de dire que la copie du Journal de Dangeau en 36 volumes in-folio, qui se trouve aux Archives du ministère des Affaires étrangères est accompagnée de notes de

1 . Réimpression de l'cdition de 1770 (1769), suivie de quelques autres pièces relatives au caractère de ce monarque (Louis XIV) et aux événements de son rè"ne.

Saint-Simon. Lemontey avait publié quelques-unes de ces notes en 1818, dans son Essai sur rétablissement monarchique de Louis XIV (Paris, Déterville, in-8, Bibl. NK Lb" 108). Les extraits de Dangeau, avec les notes de Saint-Simon, ont été réimprimés dans les Œuvres complètes de Lemontey (Paris, 1829 et années suivantes) ; ils en forment le 4"^ volume.

Les notes de Voltaire sur le Journal de Dangeau et les passages de ce Journal qui y ont donné lieu ont été recueillis, pour la première fois, dans les Œuvres de Voltaire, en 1818 (voyez le tome XX1= de l'édition donnée par Beuchot, chez madam.e veuve Perronneau, pp. 5gi et sq.). Cf. le tome XLIV* de l'édition Plancher, p. 2o3; — le tome XLVI de l'édition Lefèvre, pp. 287-338; enfin le tome XXVIII de l'édition Moland, pp. 249-283.

1907. Les Souvenirs de madame de Caylus. Amsterdam, Jean Robert (Genève), 1770, in-8 de viii et 174 pp. (Bibi. N'% Lb3', 138 et C. V. Beuchot, 1039).

Grimm écrit le i" décembre 1769 [Correspondance littéraire, etc-.., éd. M. Tourneux, t. IX, pp. 383-384) : « Le pa- « triarche s'est fait... l'éditeur des Souvenirs de madame de <! Caylus, qu'il a même enrichis de notes, et à la tête desquels « il a mis une courte préface, dans laquelle La Beaumelle est « aussi maltraité que dans la Défense de Louis XIV (voyez le « n" 1788). Ces Souvenirs forment un volume de cent soixante- « sei:[e pages et ne sont pas achevés; ce n'est proprement qu'un « fragment, que plusieurs personnes connaissaient depuis « longtemps en manuscrit, et qui avait beaucoup de réputation. « Après la mort du comte de Caylus, qui en tenait Toriginal « de sa mère, ces Souvenirs furent encore plus connus, et les « voilà imprimés, grâce aux soins du patriarche ; il est fâcheux « qu'ils fourmillent de fautes d'impression, de mots estropiés, « de ponctuations vicieuses ».

Dès le 10 octobre 1769, il est question dans une lettre de Voltaire au duc de Richelieu, des Souvenirs de madame de Caylus « qu'on imprime dans le pays étranger ». Cf. Voltaire au même 22 novembre, 3 décembre 1769 et 20 avril 1770.

Il s'est formé autour de madame de Caylus et de son livre une sorte de légende, que tous les éditeurs ont reproduite à l'envi ; la marquise, étendue sur le lit d'où elle ne devait plus se relever, et dictant ses Souvenirs à son fils, le comte de Caylus ; celui-ci gardant discrètement le manuscrit et ne le montrant qu'à quelques amis privilégiés ; puis le prêtant pour vingt-quatre heures à Diderot, qui le fait transcrire et le

vend, moyennant vingt-cinq louis, à un libraire de Hollande'; etc., etc., etc..

En l'absence de tout témoignage précis sur ces ditTérents points, nous croyons qu'il est préférable de s'en tenir au récit de Grimm, qui nous apprend qu'en lyôq, plusieurs personnes « connaissaient depuis longtemps ce manuscrit », et qu'aorès la mort de la marquise, arrivée, comme l'on sait, en 1720 « ces Souvenirs furent encore plus connus ». Nous avons dit plus haut qu'en 17^8, c'est-à-dire dix-huit ans seulement après la mort de Dangeau, Voltaire avait pu se procurer l'original ou la copie des 40 volumes in-folio du Journal de la cour de Louis XIV. Est-il étonnant que, plus de quarante ans après la mort de la marquise de Caylus, et alors que le comte de Caylus lui-même avait cessé de vivre depuis plusieurs années, Voltaire ait eu en sa possession un manscrit qui, au dire des contemporains eux-mêmes, était passé dans les mains d'un i;rand nombre de lecteurs. M. Raunié, l'un des derniers éditeurs des Souvenirs de madame de Caylus, rappelle que M. de Monmerqué a retrouvé ces Souvenirs intercalés par fragments dans les Mémoires d'une ancienne élève de Saint-Cyr, M'^» d'Aumale; « il est donc évident, ajoute-t-il avec raison, que les Souvenirs « ont été transcrits à diverses reprises, probablement après la « mort du comte de Caylus, et Voltaire put les faire imprimer, « sans doute à l'aide d'une copie qui était tombée entre ses « mains » (p. XXX\I1 de l'édition Charpentier).

Ce qui a contribué à accréditer la fable du manuscrit confié à Diderot, recopié en toute hâte par celui-ci, et imprimé par un libraire de Hollande, c'est qu'il existe une édition des Souvenirs, publiée à Amsterdam , chez Marc-Michel Rey (i~-jo, in-8 de 2 iï. de titre, 22 et 252 pp.; Bibl. N'''. Lb" i38 A) 2.

Cette édition, postérieure à celle de Genève, n'est pas entièrement conforme au texte donné par Voltaire; aussi n'a-t-on pas manqué de supposer qu'elle avait pu être faite sur la copie prise par Diderot (voyez la note de M. Tourneux, t. VIII de la Correspondance littéraire de Grimm, p. 383). Mais la différence entre les deux textes (celui de Genève ^t celui d'^;7;5^e/-dam) est plus apparente que réelle. L'édition d'Amsterdam ne contient pas, comme le dit Beuchot, « quelques pages de plus » que l'édition de Genève (voyez sa note, t. XXVIU de l'édition

1. C'est .Marin, censeur royal de la librairie, qui a accusé Dideiot de s'être rendu coupable de cet abus de confiance. Les lettres relatives à la publication des Souvenirs de Mme de Caylus ont été reproduites dans l'édition des Smive- Htrs, donnée par M. E. Raunié, chez Charpentier, en iSSi (pp, jsy-jji],

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