‹ Voltaire. Bibliographie de ses œuvresChapitre 86 sur 94 · Cette édition est encadrée · texte numérisé non relu

Cette édition est encadrée

4i'J VOLTAIRE

Moland, p. 285): la vérité est qu'il existe de l'édition de Genève, des exemplaires — en très petit nombre, il. est vrai, — conformes, quant au texte, à l'édition publiée par Marc-Michel Rey. L'un de ces exemplaires est ainsi décrit dans la Deuxième partie des livres rares et curieux en tous genres (formant le cabinet de feu M. A. Rochebiiière; Paris, Claudin, 18S4, page 336, n" 2204).

« Les Souvenirs de madame de Caylus. Amsterdam, che^ Jean « Robert, 1770, in-8 de 8 pag. prélim. non chiti". et 17G pp. « chiffr.

« Première édition, etc.. Cet exemplaire est de premier état « et avant le carton, c'est-à-dire sans les changements et sup- « pressions qui ont été faits aux exemplaires de l'édition, les- « quels finissent tous, au milieu de la page 174 réimprimée, « par ces mots : Je ne puis douter de sa tendresse pour le roi. « Cet exemplaire a deux pages et demie de texte de plus et se « termine au bas de la page 176 par cette phrase : C'était bien 1 plutôt une galanterie innocente qu'une passion ».

Le rédacteur du catalogue Rochebiiière ajoute ailleurs (n» 2208, page 337 ^^ la Deuxième partie) qu'on reconnaît le feuillet réimprimé, à une faute qui se trouve à la page 174, ligne 16' « de bonne /oi au lieu de si noNXE/o?». Dans tous les exemplaires que nous avons vus (Bibl. N'«. Lb" i38; — C. V. Beuchot, 1039 ; — C. V Ben), il y a : de si bonne/oï. M. Rochebiiière possédait d'ailleurs lui-même un exemplaire de l'édition de 1770 (1-69), en 174 pp., avec )a faute corrigée (n^ 2207) 1.

L'édition de Marc-Michel Rey est plus correcte que l'édition publiée avec le nom de Jean Robert. La Pré/ace de Voltaire et ses notes n'ont pas été retranchées, ainsi que l'afhrme Beuchot (tome XXVIIl de l'édition Moland, p. 285); cette Préface et ces notes forment, dans l'exemplaire de la Bibliothèque nationale (Lb'"', i38 A) un cahier de 22 pp., qui manque à beaucoup d'exemplaires. Voici, pour le sur^dus, les différences qui existent entre les deux éditions :

Il n'y a pas de note à la page 4 de l'édition de Genève, au bas du passage suivant: « M"= d'Aubigné étant venue à Paris « demander au cardinal de Richelieu la grâce de son mari... » — Dans l'édition de Marc-Michel Rey, on lit en note, au bas de ce même passage, page 5: « Il fut accusé d'avoir fait de la « fausse monnaie ». — Cette note serait de M"» de Caylus ellemême (voyez le tome XVIII de l'édition .Moland, p. 288).

I. Voyez, sous le n» 2208 du même catalogue, l'indication d'un exemplaire de l'édition de 1770, collationué par M. de Monmerqué, jusqu'à la page 64, avec le te.xte du mss. d'Aumalc.

P. 37 de l'Jdition de Genève, on lit en note: « C'est elle qui la première, etc.. » — Dans l'édition Rey, p. 86, on a admis la première phrase dans le texte centre parenthèses).

P. 108 de l'édition de Genève, Voltaire a mis dans le texte tout ce qui concerne madame Hérault; M. -M. Rey a reproduit ce passage en note (p. i58).

P. 128 de rédition de Goxcvc, on trouve également dans le texte un passage sur Louvois que l'édition Rey a donne en note (p. i85).

Le texte des dernières pages de l'édition de M.-x'VI. Rey est conduit aussi loin que dans l'édition non cartonnée de Genève, à l'exception cependant de cette dernière phrase : « C'était bien plutôt une galanterie innocente qu'une passion ».

Nous n'avons vu aucun exemplaire non cartonné de l'édition de Genève, et par conséquent, nous ne saurions dire si on y trouve les deux notes dont parle Beuchot, dans le tome XXVIH de l'édition Moland, p. 285. Toutefois, s'il est vrai, comme l'affirme le rédacteur du catalogue Rochebilière, (p. 337 de la Deuxième partie, n° 220g), que l'édition des Souvenirs de madame de Caylus publiée en 1770, sous la rubrique du Château de Fernei (voyez plus bas), reproduise le texte de la première édïùon, avant les cartons, l'une des notes auxquelles Beuchot l'ait allusion, est bien de Voltaire. En effet, non seulement cette note se trouve reproduite à la page iGo de l'édition des Souvenirs, publiée en 1770 sous la rubrique du Château de Fernei, mais on peut la lire dans l'édition de M. -M. Rey, parmi les Remarques tirées de l'édition faite à Genève des Souvenirs de madame de Caylus (p. 21 du cahier de 22 pp., dont il a été question plus haut). Quanta l'autre note, elle est à la page 24g de l'édition de M. -M. Rey.

Outre les éditions de Genève et à' Amsterdam, nous citerons encore des Souvenirs de madame de Caylus les éditions suivantes :

I» Au château Fernei (sic), 1770, in-12 de 186 pp. [Les Souvenirs de madame de Caylus sur les intrigues amoureuses de la Cour, avec des notes de M. de Voltaire. Seconde édition augmentée de la Défense de Louis XIV, pour servir de suite à son Siècle; B\h\. N^' Lb.''. i 38 B.) Cette édition est conforme, quant au texte, à l'édition de Genève, non cartonnée, sauf l'omission d'une note de la page io6 de cette dernière édition (voyez p. g8 de l'édition publiée sous la rubrique du Château de Fernei).

2° Maestricht, Dufour et Roux, 1778, in-8 (Bibl. N'« Lb", i38. H).

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3° Pai-Is, Colnet, in-8, an XII — 1S04 {ibid. Lb'", i38 C).

4» Paris, A. A. Renouard, in-12, an XU — 1804 [ibid. Lb''. i38. D. Réserve. Imp. sur vélin).

5° Paris, Barrois, pet. in-8, an XII, 1804 fC. V. Beuchot, 1040). Cette édition, dit le rédacteur du catalogue Rochebilière (p. 338 de la Deuxième partie, n" 221 1 et 2212), n'est autre chose que celle d'^»!5fertf(3m, M.-M. Rey, 1770, dont on a rajeuni le titre.

6» Paris, Renard, in-i8, an XIII— i8o5 (Bibl. ^'^ Lb.'', i38E).

7° Paris, A. A. Renouard, in-12, 1806 {ibid. Lb." i38 F. Réserve. Exemplaire unique sur vélin, enrichi d'une miniature peinte sur vélin).

8° Paris, Colnet, etc., in-8, 1822 {Collection des Mémoires historiques des dames françaises ; ibid., Lb.-", i38G).

g^ Paris, Techener, in-i8, 1860 (avec une introduction et des notes par M. Charles Asselineau; ibid. Lb.", i38 I).

10" Paris, Charpentier, in-i8 Jésus, 1881 {i" édition complète, publiée par M. E. Raunié; ibid. Lb.'^, i38 bis).

1 1° Paris, Lemerre, Marpon et Flammarion, in-i6, s. d. (édition donnée par M. de Lescure dans la Nouvelle collection Jannet-Picard).

11" Paris, Librairie des bibliophiles, in-i6, i883 (Avec une notice par M. J. Soury; frontispice de Lalauze; tirage à petit nombre; de la Bibliothèque des dames; Bibl. N'^ 8" Z. 1628).

Les Souvent' s de madame de Caylus ont été aussi réimprimés dans les collections Petitot, Michaud et Poujoulat (t. LXVl*, deuxième série de la Collection des mémoires relatifs à l'histoire de France, par Petitot et Monmerqué (Paris, 1828) pp. 333-487; — et tome XXX (VIII» de la troisième série) de la collection Michaud {Paris, 1839), pp. 467-515).

Les annotations de Voltaire ont été recueillies pour la première fois dans ses Œuvres, dans le tome LXXXIX de l'édition en y5 volumes pp. 475 et sq. Cf. les tomes XLVI de l'édition Lefèvre, pp. 339 à 375 et XXVIII de l'édition Moland, pp. 285-3o8. Dans ces différentes éditions, on n'a reproduit des Souvenus de madame de Caylus que les passages sur lesquels portent les notes de Voltaire.

1908. Le Philosophe, par M. Dumarsais, 1773.

Le Pliilosophe de Dumarsais a paru, en 1743, dans le volume

BIBLIOGRAPHin; DE SES ŒUVRES 419

intitulé : Nouvelles libertés de penser, Amsterdam (Paris, Piget), pet. in-i2, pp. 173-204. (Bibl. N'« D^ gySo). Réimprime par Naigeon dans le Recueil philosophique ou Mélange de pièces sur la religion et la morale, par différents auteurs, Londres {Amsterdam, M.-M. Rey), 1770, in-12, t. I, pp. i à 23 (Bibl. N'=. Réserve. D^. 285g. H. 1-2), et dans l'Encyclopédie méthodique (Philosophie, tome III, pp. 2o3-2o8), le Philosophe a été recueilli, en 1797, dans les Œuvres de Dumarsais (Paris, Pougin, an V, in-8; t. VI, pp. 23.41. Bibl. Nl^ Z. 2271. B. a. 22).

En 1773, Voltaire abrégea le Philosophe, et fît imprimer sa rédaction dans le volume intitulé : Les Lois de Minos, p. 265 (voyez notre tome I"", p. 81), Cf. le tome X de l'Evangile du jour. Voltaire croyait que le Philosophe était inédit; aussi at-il fait précéder la nouvelle version qu'il en donna, en 1773, de l'avertissement suivant : « Cette pièce est connue depuis « longtemps et s'est conservée dans les portefeuilles de tous « les curieux; elle est de l'année 1730. Voyez l'éloge de M. du « Marsay dans le troisième (lisez : septième) tome du grand « Dictionnaire encyclopédique. »

Le Philosophe a été réimprimé en 1826, dans le tome XLVI" de l'édition en g5 volumes, sous le titre suivant : Le Philosophe, par M. du M***. Les éditeurs en possédaient un exemplaire manuscrit, « corrigé avec le soin le plus scrupuleux, de a la main de Voltaire » (voyez leur note, p. 450 .

Beuchot fait remarquer, à ce sujet, que les éditeurs de 1826 ont réimprimé le texte de Dumarsais, « tel à peu près que « l'avait donné Naigeon. Je m'en suis tenu, ajoute-t-il, au (c texte de 1773, qui seul peut être admis dans les Œuvres de « Voltaire, puisque l'autre est de Dumarsais... Un autre « extrait du Philosophe avait paru dès 1765, dans le tome XII « de l'Encyclopédie (pp. Sog et suivantes). Cet extrait est « infidèle et mal fait, au jugement de Naigeon (voyez VEncy- « clopédie méthodique, Philosophie, t. 111, page 2o3j, l'auteur « a souvent substitué ses propres pensées à celles de Dumar- « sais. Quelques-uns des passaj^^es transcrits dans cet extrait « le sont aussi dans celui de Voltaire: mais, quoique ayant la « même source, les deux extraits ont plus de différences que « de ressemblances. L'extrait fait par Voltaire présente un « bien plus grand nombre de phrases extraites textuellement (' de l'écrit de Dumarsais; il en est presque entièrement com- « posé. Mais il faut le dire aussi, il était incorrectement « imprimé, et dans plusieurs phrases, j'ai fait des corrections « que j'ai prises dans le texte de Dumarsais. » (t. XXIX de l'édition Moland, p. 41).

Le Philosophe est aux tomes XLVII de l'édition Lefèvre, pp. 230-237, et XXIX de l'édition Garnier frères, pp. 41-46,

1909. ÉpiTRE A Ninon de Lenclos et réponse a M. de

V***, PUBLIÉE PAR M. ASINOF, ANCIEN PASTEUR d'Ol-

DENBOURG. Nouvellc édiUon, Genève, 1774, in-8 de 24 pp. (C.V. Beuchot, 1756).

Voyez notre tome I", page 252.

1910. Éloge et Pensées de Pascal. Nouvelle édition commentée, corrigée et augmentée, par m. de *** (Voltaire), Paris (Genève), 1778, in-8 de xii et 316 pp. Portraits de Voltaire, gravé par Brichet, et de Pascal, gravé par Demeuse. Titre encadré. (C. V. Beuchot, 1086). — Londres (Amsterdam) 1778, in-o de VIII, 59, 95 et 104 pp.

Cette dernière réimpression,, augmentée de 2 fT. de titre, forme le tome XVI« deVEvangile du joui-; voyez le n° 1904 — On lit sur le frontispice : Eloi^e et Pensées de Pascal. Nouvelle édition commentée, corrigée et augmentée en III parties par M. de '" (C. V. Beuchot, 290).

II a été question, sous notre n» i358^ des premières remarques de Voltaire sur Pascal (voyez les pp. 17-18 du présent volume). Nous avons dit que ces remarques, au nombre de LVII, parurent pour la première fois, sous le titre de : (Lettre) sur les Pensées de M. Pascal dans les éditions françaises des Lettres philosophiques, imprimées en France et en Hollande. Plus tard, les remarques sur Pascal furent portées de 07 à j3; dans le tome IV'' de l'édition des Œuvres de Voltaire, publiée sous la rubrique de Genève, Bousquet, (Paris), 1742, les LVII remarques de 1734 sont augmentées de seize remarques nouvelles, dont huit numérotées LVIII à LXIV et huit remarques numérotées I à VIII (ces huit dernières portant la date du 10 mai 1738). Les premières Remarques sur les Pensées de Pascal sont au tome XXII de l'édition Moland, pp. 27-61.

En 1776, Condorcet fît imprimer un volume intitulé : Pensées de Pascal. Nouvelle édition corrigée et augmentée, Londres, 1776, in-8 de xxix et 5i2 pp. Titre encadré. (Bibl. X'«. D. 21 388) '.

I . Avec une Préface et un Eloge de Biaise Pascal, — Un autre exemplaire, dans la Réeerve (D. 21, 3S9), a un beau portrait, non signe, de Biaise Pascal.

niBLioGRAPHir: de ses œuvri:s 421

u Condorcet, dit Beuchot, avait mis au bas des pages des « notes, les unes de sa façon, les autres de Voltaire. Ces der- « nières, au nombre de vingt-sept, e'taient un choix de celles « qui avaient été publiées avec les Lettres philosophiques et « depuis. — C'était aussi un choix parmi les Pensées de Pas- « cal qu'avait fait Condoicet, et qu'il avait disposé dans « un ordre nouveau. Ayant consulté les manuscrits de « l'auteur, il avait ajouté beaucoup de Pensées nouvelles. Ce a fut l'objet de remarques nouvelles de la part de Voltaire, « qui fît réimprimer l'édition de Condorcet sous ce titre : « Eloge et Pensées de Pascal, etc. '. » (t. XXXI de l'édition Moland, pp. 1-2).

Dès le i3 février 1777, ^'oltaire écrivant à d'Alembert, lui dit qu'il <( serait bon qu'il y eût du Pascal-Condor... (cet) une « édition un peu plus répandue ». Le 28 février, Voltaire mande à Condorcet qu'un « libraire qui n'est point janséniste », veut imprimer Pascal : « Voulez-vous, ajoute-t-il, me per- « mettre de lui envoyer celui que je possède ». Condorcet répond, le 5 mars, à Voltaire, qu'il a « donné le manuscrit aux a imprimeurs des Deux Ponts, et qu'il n'est plus le maître de a cet ouvrage )^ Néanmoins le 3i octobre, Voltaire annoncée Condorcet qu' « on imprime à Genève, avec des augmenta- « tions, un Eloge de Pascal. Cette nouvelle édition, ajoute- « t-il, sera bientôt achevée, et je vous en ferai parvenir un « exemplaire ». Mais il ne semble pas que la réimpression donnée par Voltaire ait paru avant le mois d'avril 1778; les Mémoires secrets n'en rendent compte que les 3 et 6 avril (t. XI, pp. 180 et 182-183); cf. un billet de Voltaire à de Vaines, classé en avril 1778 (n° io2i4de l'édition Moland).

L'édition Acs, Pensées de Pascal, publiée en 1778, débute par un Avertissement du nouvel éditeur (Voltaire) : les notes dont il a enrichi cette édition portent :

I» Sur la Préface de l'illustre auteur de V Éloge de Pascal (Condorcet).

2» Sur VEloge de Biaise Pascal (par Condorcet).

3° Sur les Pensées de Pascal.

4» Sur les Réflexions sur l'argument de M. Pascal et de M. Locke, concernant la possibilité d'une autre vie d venir, par

I. Sur ce volume, voyez la Correspondance littéraire de La Harpe, t. 1 (X des Œuvres, Paris. Verdicre, 1820), p. 35 1. — Cf. Voltaire à Condorcet, l'i- novembre 177G; 8 janvier, 28 février 1777; — à d'Alembert, 4 janvier et i5 février 1777, etc., etc...

M. de Foiitenelle. — Ces Réflexions avaient été imprimées en 1743, dans le volume intitulé: Nouvelles libertés de penser (voyez ci-dessus, page 41g). Voltaire ne croyait pas que Fontanelle fût l'auteur de cet ouvrage (voyez le tome XXXI de l'édition Moland, p. 4).

5» Sur les notes de Condorcet.

Les notes de Voltaire sont signées : Note du présent éditeur (p. 8 de l'édition ^rnicÉ'/'s) ou : Second éditeur.

Les éditeurs de Kehl n'avaient admis dans leur édition que l'Avertissement placé par Voltaire en tête du volume de 177S (voyez leur tome XLVIII, p. 271).

En 1819, Beuchot réimprima, dans l'édition des Œuvres de Voltaire, publiée chez M"» veuve Perronneau, les remarques de Voltaire portant sur le texte de Pascal.

Enfin, en 1834, le même éditeur a recueilli, pour la première fois, dans le tome L.de l'édition Lefù-vre, pp. 337 et suivantes, outre les notes sur le texte de Pascal, celles qui portent sur le travail de Condorcet et sur l'écrit attribué à Fontenelle. Cf. le tome XXXI de l'édition Moland, pp. i et suivantes.

Vingt-deux de ces notes portent sur le travail de Condorcet, douze sur l'écrit attribué à Fontenelle, et quatre-vingt-quatorze sur les Pensées de Pascal.

Les Remarques de Voltaire ont été reproduites dans plusieurs éditions des Œuvres de Biaise Pascal ; nous citerons celles de Genève, 1778, 2 vols, in-12 [Bibliogr. Volt, de Quérard,n» 3, page 4)'; — de Paris, Lef'evre, i8ig, 5 vols, in-8; — de Paris, Froment, 2 vols. in-i8; — de Paris, de l'imprimerie de la Bibliothèque Nationale, i865, i vol. in-i8.

Voici comment M. Havet a jugé les Remarques de Voltaire sur Pascal, dans sa belle édition des Pensées (Paris, Delagrave, 188 1, 3' édition revue et corrigée, t. I, pp. xl et xli) :

« C'est le chrétien et non pas le janséniste que Voltaire attaqua en 1734 dans ses Remarques sur les pensées de M. Pascal- M. Sainte-Beuve a parlé supérieurement de ce petit écrit. Il en reconnaît toute la portée, sans se laisser prendre à des dédains affectés. La vérité est que dans ces notes, qui furent à peu près son début dans la polémique anti-chrétienne qui remplit sa vie. Voltaire met déjà tous ses défauts, mais aussi toute

I. Pensées de Pascal, avec lesnjtes de M. de Voltaire, Genève, 1778, 2 vol. in-iS, portr. gravé par De l^Mnd^y [Archives du bibliophile (Catalogue Claudin), no d'octobre 1884, p. 718).

sa force. Mais cette force, en entamant profondément l'ars^umentation de Pascal, n'entamait point Pascal lui-même et le laissait debout dans sa grandeur. Les esprits s'accoutument alors à séparer l'homme de sa thèse et à l'étudier en lui-même avec admiration et avec respect. Vauvenargues ne craint pas, en face de Voltaire, de parler de l'auteur des Pensées sur le ton de l'enthousiasme, en même temps qu'il écrivait avec l'ironie de Voltaire une sorte de parodie de l'apologétique de Pascal. L'édition de Condorcet, en 1776, fut, comme dit M. Sainte- Beuve, une sorte de prise de possession des Pensées par la philosophie du xvin" siècle ; « Le drapeau du vainqueur flottait désormais sur la place conquise. » C'est un Pascal à l'usage des philosophes; non que Condorcet prétende dissimuler en aucune manière le Pascal chrétien et janséniste ; il l'étudié au contraire et le fait ressortir de bonne foi, mais seulement par les grands traits, en écartant tout ce qui ne lui paraît qu'un détail ennuyeux de théologie et de dévotion. Il doute, dit-il, que ceux qui s'intéressent à la religion, suivant son expression singulière, puissent regretter beaucoup ce-qu'il supprime ; et je suis convaincu qu'il parle sincèrement, car ces choses n'édifiaient plus alors, elles étonnaient et elles fatiguaient. Et aujourd'hui mêmCj ceux qui tiennent le plus à ce que Pascal leur soit donné tout entier, trouveront, s'ils s'interrogent bien, qu'ils n'y tiennent pas tant dans l'intérêt de la religion que dans un esprit de curiosité historique et littéraire.

« Un grand nombre de pensées sceptiques, que les éditeurs de Port-Royal avaient supprimées, avaient été recueillies dans les Mémoires de littérature de Des Molets, et Voltaire, qui saisissait tout, en avait relevé plusieurs. Mais ces fragments n'avaient pas encore passé dans une édition, et c'est celle de Condorcet qui a véritablement mis en lumière pour tout le monde cette face du génie de Pascal, jusque-là à peu près inaperçue. Le cahier autographe même n'a pu nous donner à ce point de vue un autre Pascal que celui de Condorcet; il nous l'a seulement fait mieux voir, il a éclairci ce qui était obscur, expliqué ce dont on ne voyait pas la raison, et mis ce qui était encore débattu dans une évidence irrésistible. Et, au lieu qu'on avait à la fois dans Condorcet le premier et le second texte des Pensées, mêlés ensemble, qui se contredisaient et causaient à l'esprit un véritable embarras, le texte dernier et définitif efface la contradiction et rétablit l'unité et l'harmonie.

« Condorcet avait mis dans son édition quelques-unes des Remarques de Voltaire et d'autres de lui. Deux ans après, Voltaire fit réimprimer l'édition et y ajouta des notes nouvelles, inférieures à ses anciennes Remarques. L'esprit et le ton de ces commentaires sont d'un étrange effet au bas des Pensées : il faut lire Voltaire dans Voltaire, non dans un livre

plein de Jésus-Christ crucifié. On a reproduit toutes ces annotations à la fin d'une très bonne e'dition de l'ancien texte des Petisées, celle de 1819 : je m'en étonne; c'est comme si on imprimait la Bible gravement avec les Explications des Aumôniers de S. M. L. R. D. P.^. Je n'ai pas suivi cet exemple. Lorsqu'on entre dans Port-Royal, et dans la cellule de Pascal, il faut fermer l'oreille à la voix ironique de Voltaire : elle se fera assez entendre dés qu'on se retrouvera au dehors *. »

Les Pensées de Pascal avec les notes de M. de Voltaire (Genèue, 1778, t. I et II), ont été condamnées par décret de la Cour de Rome du 18 septembre 1789 (Catalogue des ouvrages mis à l'index, Paris, 1825. p. 20 1).

191 1. Lettres de mademoiselle Aïssé a madame C (calandrinl) qui contiennent plusieurs anecdotes

DE l'histoire du TEMPS, DEPUIS l'aNNÉE I726 JUS- QU'eN 173 V< PRÉCÉDÉES d'uN NARRÉ TRES COURT DE l'histoire de MADEMOISELLE AïSSÉ, POUR SERVIR A

l'intelligence de SES Lettres. Avec des notes,

DONT quelques-unes SONT DE M. DE VOLTAIRE. PA- RIS, La Grange, 1787, in-12 de 242 et iv (lisez 11) pp. (Bibl. N'% Z. 1838 A. t. i).

Ce volume n'a pas eu Voltaire pour éditeur, puisqu'il a été imprimé neuf ans après sa mort. Néanmoins, nous avons cru devoir ranger les Lettres de ^P^' ^ils5^ parmi les ouvrages édités par notre auteur, parce que M''" Rieu, qui a donné cette édition de 1787, l'a enrichie de plusieurs notes de Voltaire. Ces notes (au nombre de neuf) doivent remonter à l'année 1738 : c'est, en effet, le 12 mars 1758, que Voltaire écrivait à

1. La Bible enfin expliquée, etc., dans les .Mélanges de Voltaire (Note de M. Havet).

2. « Je ne comprends même pas, quant à moi, pour le dire en passant, que dans les éditions de Corneille, on condamne le vieux poète à traîner à son pied, pour ainsi dire, le Commentaire àt Voltaire tout entier. Ces génies originaux qui donnent tour à tour le mouvement aux esprits en divers sens ne sont pas faits pour s'interpréter mutuellement. Quand on est de cet ordre, on a beau s'appeler commentateur, on ne l'est pas et on ne saurait l'être : on n'écrit pas pour son auteur, mais pour soi; on ne commente véritablement que son propre esprit aux dépens de tous les autres, -et d'abord de celui qui sert de prétexte au commentaire. Si on entrait profondément dans le génie de Corneille, comment serait-on Voltaire? mais à bien plus forte raison, comment serait-on Voltaire, si on entrait profondément dans Pascal ? « (Note de M. Havet).

d'Argental : « Je viens de lire un volume de Lettres de « 3/"« A'issé, écrites à une M™« Calendrin, de Genève. Cette « Circassienne était plus naïve qu'une Champenoise; ce qui « me plaît de ses lettres, c'est qu'elle vous aimait comme vous « méritez d'être aimé. Elle parle souvent de vous, comme j'en « parle et comme j'en pense. »

Sur le volume de 1787, voyez Grimm, Correspondance littéraire, etc..., éd. M. Tourneux, t. XV, pp. 129-130; août 1787 : « M"'' d'Aïssé fut prise à l'âge de quatre ans, dans une petite « ville de Circassie pillée par les Turcs, M. de Ferriol, ambasa sadeur de France à la Porte, l'acheta pour i,5oo francs et « l'amena dans sa patrie, où il fut rappelé peu de temps après; « elle fut élevée par M™« de Ferriol, sa belle-sœur, qu'il pria « de s'en charger. A une figure charmante, M"'' d'Aïssé joi- -< gnait l'âme la plus généreuse et la plus sensible; elle refusa u d'être la maltresse de M. le duc d'Orléans, qui l'ayant vue Il chez M'n« de Parabère, en fut enchanté, et lui fit faire les » propositions les plus brillantes. Elle ne put résister à la pas- « sion qu'elle avait inspirée au chevalier d'Aydie ; elle en eut « une tille qui existe encore aujourd'hui'. Le chevalier, qui « avait fait ses vœux à Malte, voulut plusieurs fois en être « relevé pour épouser M"« d'Aïssé; elle n'y consentit jamais.

« Ces lettres, qui ont été publiées par M"'' Rieu, de Genève, « sont d'un style naturel, et l'on y trouve quelques anecdotes « curieuses de la société de M"" de Tencin, de M"" du Deft'and, « de M"" la duchesse de Bouillon-Palatine, à qui l'on imputa « dans le temps la mort de M"e Lecouvreur; M. d'Argental, fils « de Viras cle Ferriol, avait été l'ami intime de cette célèbre ac- « trice, et elle le nomma exécuteur de son testament. M. de Vol- « taire, qui s'était fait une loi de ne jamais croire aux accusa- « tions de poison, assure dans une note que tout ce que dit « à ce sujet M"» d'Aïssé, sont des bruits populaires qui n'ont « aucun fondement. »

Les Lettres de AP^<^ Aïssé ont eu plusieurs réimpressions: Lausanne et Paris, Lagranf;e, 1788, in-12, avec un portrait de Wexelberg (C. V. Beuchot, g3o); — Paris, Collin, i8o5, in-12; — Paris, Chamerot, 1823, in-12, avec une notice biographique (par M. de Barante) et des notes explicatives (par Auger); — Paris, Gerdès et Lecoii, 1846, in-12 (édition donnée par M. Ravenel, avec une notice par Sainte-Beuve et un por* trait gravé par Eugène Leguay, d'après Hébert; C. V. Beuchot, q3o bis).

I. La fille de M'i» .Visse, Céline Leblond, épousa Pierre de Jaubcrt, vicomte de Nanthia, dont elle devint veuvo le 25 décembre 1773.

La meilleure édition des Lettres de 3/"" Aïssé c&i celle qui a été publiée en iSyS, par M. Eug. Asse, chez Charpentier, dans la collection des Lettres du xyw et du xvui' siècle (Lettres portugaises, avec les réponses. — Lettres de 3/"» Aissé, etc.. portrait d'après Wexelberg).

Les notes de Voltaire sur les Letti es de 3/"" Aïssé n'ont pas encore été recueillies dans ses Œuvres.

Il est question, dans une Lettre de La BeaumelleàM"", imprimée dans le Siècle politique de Louis XIV, etc. {Siéclopolie, 1733, p. 3i I, voyez notre tome l", p. 3(32, note 2), de quelques lettres de madame de Sévigné que Voltaire aurait fait imprimer à Troyes.

« Nous ignorons, dit à ce sujet M. Desnoiresterres, à quel « acte de la vie de \"oltaire La Beaumelle fait allusion. Nous « n'avons rien trouvé qui ait rapport, de près ou de loin, à « cette impression des Lettres de madame de Sévigné à « Troyes '. » ( Voltaire et Frédéric, p. 226.)

I. Il existe une édition des Lettres de M'"» de Sévigné, publiée par Tliie riot, .f. /. [Rouen], 1726, 2 vol. in- 12 (voyez le Cataloî;ae Rochebilièrc, i> partie, n» 671, page j52). Mais Voltaire n'y a eu, semble-t-il, aucune part.

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