mars 1 776s à Ferney
[Signée . Collection Rosse/ .
(Voltaire commence à perdre patience).
(2" mars 1776)
Voltaire à Charles-Ensène.
A Fernej . 11 mars I77G.
Monseigneur,
En conséquence de la lettre dont Votre Altesse Sérénissime m'a honoré, j'ai l'ait des lettres de change de vingt el un mille livres chacune, pour le premier juin, premier septembre, premier décembre de cette année, et ainsi de suite, pour donner a votre chambre de Montbelliard le temps de s'arranger.
Elle m'a mande n'avoir point encore reçu d'ordres de Votre Altesse Sérénissime. — Les entrepreneurs de ma colonie se trouvenl ruines el moi avec eux. si nies lettres ne sonl pas acquittées. Je vous suplie très instamment de vouloir bien ordonner. Monseigneur, qu'on fournisse à la Régence de Montbelliard de quoi fournir ses engagements,
au moins au Ier juin cl au I" septembre. On verra ensuite quel parti on pourra prendre avec elle pour ne la point gêner. Mais il esl indispensable qu'elle paie vingt el un mille livres l«' premier septembre, indépendamment de ce qu'elle me doil d'ailleurs de ses anciens engagements. — J'attends cette justice de votre bonté, .le nous prie de considérer quelle trisle suite des lettres de change non acquittées entraînent. Plus de vingl Familles seraient à la mendicité. Je «lois prévenir un tel désastre à mon âge de quatrevingt-trois ans. Votre Altesse Sérénissime ne souflrira pas que je meure banqueroutier. Vous avez trop d'équité et de grandeur d'âme. - - Il ne s'agit que d'ordonner que l'on fournisse celle somme modique cette année à la Régence de Montbelliard pour le lems prescrit; après quoi je lâcherai d'obtenir de mes créanciers qu'ils ne me poursuivent pas pour le reste. -- Je vous conjure encore une fois de nie faire celle grâce, el de me lirer île l'étal cruel on je me trouve.
Je suis avec un pins profond respect, Monseigneur, De Votre Altesse Sérénissime,
le 1res humble el très obéissant, serviteur,
iutographe signée). Collection Rossel .
(Il attire l'attention de S. A. S. sur la gravité d'un relus de traite à un pareil moment, i
(30 mars 1776) Voltaire au Conseil de Monlbéliard
30" mars I77<>, à Ferney.
Messieurs,
Je suis oblige de vous donner avis que j'ai informé son Utesse Sérénissime de la dernière proposition que je vous
ai faitte, de me païer vingt el un mille cenl trente el une livre, par quartier, à commencer au premier juin prochain, pendant une année, afin de ne vous point gêner, el de vous donner tout le tems de remplir vos promesses. - J'ai poussé encore plus loin ma discrétion en écrivant a Monseigneur, et en lui représentant le triste état où je me vois réduit. Je lui ai mandé que je me contenterais cette année du paiement de deux quartiers.
J'ai fait en conséquence deux lettres de change de \ ingl et une mille cent trente el une livres chacune, aux entrepreneurs de ma colonie.
Ni Monseigneur, ni unis. Messieurs, ne voudrez pas me laisser à découverl pour une si légère somme, el m'exposer aux suites funestes des lettres de change protestées. Je ne doute pas que Monseigneur ne vous tasse fournir, ou que vous ne trouviez par vous-mêmes, ce peu d'argenl qui pourra apaiser mes créanciers, el me tirer du plus grand embaras où je me sois jamais trouvé.
Vous savez que je n'ai prêté cet argent à S. A. S. que pour lui marquer mon respect ri mon dévouement ; cl pour empêcher M. Jeanmaire de faire a Genève un marché très onéreux. Je me flatte que vous ferez tous vos efforts pour satisfaire mu' demande si juste cl si modérée, comme j'ai l'ail tous les miens pour servir Monseigneur ci vous. Je reste d'ailleurs dans tous nies droits cl je vous suplie de me faire la réponse la plus prompte. La situation violente où vous nie mettez exige de vôtre pari celle attention qui pourra réparer mon malheur.
J'ai l'honneur d'être avec lous les sentiments que je
vous dois,
Messieurs,
voire 1res humble cl très obéissant
serviteur. Voltaire.
{Signée {Collection llussrl).
(Il repasse ses deux lettres île 21.131 L. chacune aux entre preneurs de sa colonie.-- Il était évidemmenl ;i ce moment
dans mi très grand embarras « le plus grand où je me sois jamais trouvé »).
(delà terrifia le Conseil, qui voyait avoir ;i se débattre avec d'autres que Voltaire).
iij avril 1776) Le Conseil de Monlbéliard à Voltaire.
Monsieur : Nous venons tir recevoir la lettre que vous nous avez (ait l'honneur de nous écrire le 30 du mois dernier. Elle nous jette. M', dans la plus grande consternation. Nous attendions tous les jours la résolution tic S. A. S. sur les arrangements que nous lui avions proposé pour vous satisfaire, et nous n'avons reçu aucune réponse ! — Son retour, qui probablement n'esl plus éloigné, nous mettrait en étal de répondre plus positivement à votre demande, si vous pouviez, vous patienter jusqu'alors. — Mais, puisque votre dernière lettre ne nous permet plus de compter sur des délais sullisants. nous vous prions. M', vu les circonstances, de vouloir bien vous contenter du paiement de tous les intérêts qui vous sont dus. formant une somme de lO.ijOOL. que nous vous ferons immanquablement passer dans le courant de juin.
Connue nos revenus n'entrent pour la plupart qu'à la Saint Martin c'est à cette époque que nous pourrons commencer le remboursement que vous exige/.. Nous espérons. M', celle nouvelle marque d'attention de votre part, el nous sommes avec la considération la plus distinguée.
Signé : De Goll. Bouthenot.
(Archives Nationales).
(13 avril 1773 Voltaire au Conseil de Montbéliard.
A Ferney, 13 avril 1 770.
Messieurs, Votre lettre du 6 avril est pour moi une grande consolation, elle me fail voir qu'en effel moD âge el mon Iriste étal vous oui louches.
J'accepte avec reconnaissance les dix mille cinq cent
Livres, que vous vous proposez de me faire païer dans le courant de juin prochain. Cette somme jointe aux quatorze mille livres que me devra alors le S1 Rozé, el a Iniil mille cinq cent trente et une Livres 5 s. que me devra le S1 Meiner , me mettra en état de satisfaire quelques créanciers qui me pressent, et d'attendre vos dispositions pour la lin de l'année. Je vous prie de me continuer vos bontés, el même de vouloir bien accélérer autant que vous le polirez, les paiements des S1S Ro/.e et Meiner. Je n'ai que des grâces à vous rendre.
J'ai l'honneur d'être avec respect, Messieurs, Notre très humble el 1res obéissant serviteur,
{Signée). VOLTAIRE.
Appartient à .1/. Emile Jeanmaire .
(20 avril 1776)
Le Conseil ;i Rosé, à Colmar.
On lui écrit de vendre, pour payer Voltaire, l'ensemble des grains disponibles, el des vins de Kiquevihr.
Signé: De Goll, G.-D. Kossel.
i rchives nationales).
(3 mai 1776) Voltaire au Conseil de Montbéliard.
3e ma y 1776, à Ferney.
Messieurs, J'ai reçu d'Angleterre une lettre dont S. A. S. Mgr le Duc de Virtemberg m'honore. — Il a la bonté de me dire qu'il donnera ses ordres positifs pour mon paiement. Je suis si pénétré de ses boules et t\c^ vôtres, que je me borne cette année à la proposition que vous m'avez faitte
de me paier dix mille francs vers le quinze du mois de juin. — Je vous prierai d'y ajouter vingi autres mille livres au mois de décembre. — Et ces sommes, jointes aux paiements réguliers que les Siv Rozé el Meiner doivent me raire tous les trois mois, suffiront pour me mettre en étal de satisfaire mes créanciers.
Seulement, je vous prierai, Messieurs, d'engager le S' Rozé à me fournir avanl le quinze juin prochain quatorze mille livres . parce que depuis quelque lems il me paie par semestre, au lieu de me paier tous les trois mois, ce qui m'est égal. Je lui demande cette fois-cj le paiement de semestre au quinze juin , parceque j'ai promis de paier plusieurs créanciers a cette échance. Je vous serai très obligé, Messieurs, de vouloir bien condescendre à toutes mes propositions.
J'ai l'honneur d'être avec respect, Messieurs,
Votre très humble el très obéissanl serviteur,
[Signée i. Collection Rossel)
(20 juin 1776 Voltaire au Conseil de Monlbéliard.
A Fernej . 20e juin 1776.
Messieurs, Je VOUS remercie des ordres que VOUS avez lionnes au S1 Rozé, ci de la manière donl il les a exécutés. Je me Halle qu'il voudra bien avoir les mêmes attentions à la lin de celle aunée, supposé que je vive encor jusques là. Vous m'aiderez sans doute à paier des délies indispensables au mois de décembre, comme vous venez de m'aider au mois de juin. Mg' le Duc de Virtemberg m'a écril deux fois qu'il avail donné des ordres positifs pour que je fusse entière-
— i âô
menl païè. — Cependanl je me borne à vingt mille francs que vous voudrez bien faire ajouter aux quatorze mille livres du semestre que le S1 Rozê doil me paier en décembre.
Ainsi, Messieurs, en me paianl par parties, vingl mille francs ;i vingl mille francs, de six mois en six mois, indépendammenl du courant, vous serez bientôt débarrassés de ce fardeau. -- Aïez la bonté de me mander votre résolution en conséquence. - - Si vous écrivez à S. A. S., je vous suplie de me mettre à ses pieds.
J'ai l'honneur d'être avec lous Ir^ sentiments que je \ mis dois.
Messieurs,
Votre 1res humble et très
obéissanl serviteur,
[Signée), i Collection lioasel.)
I ï.\ juin 1776}.
Rosé au Conseil de Montbéliard.
Nosseigneurs,
J'ai l'honneur de vous informer que j ai remis le I 1 de ce mois à M. de Voltaire à Ferney les 24.500 I. que j'ai eu à lui payer au nom de son Altesse sérénissirae. Il a eu la complaisance rie me faire loger chez lui ei île me (aire voir toul ce qu'il y avait à voir. Quoiqu'il teint d'être malade, il a l'apparence de vivre encore longtemps. Je ne suis plus surpris de ce qu'il presse tant sur l'argent : il fait bâtir considérablement : il a déjà fait bâtir 83 maisons dans le village el l'on est à bâtir 18 autres, il y fournil l'argenl à rentes viagères à sept pour cent
sur lui el sur sa nièce M Deny. Après la morl de ces deux personnes
les maisons restent aux possesseurs el les capitaux s'éteignent. Je prends la liberté. Nosseigneurs, de joindre un état de mes déboursés des frais de voyage a Ferney ; il se monte à i!0:i 1. 6 s : la moitié m'est remboursée par l'ami du voyage : quant à l'autre moitié qui tait loi I. 13 s. je vous supplie, Nosseigneurs, de le décréter eu m'autori-
saut d'en porter le montant dans la dépense de mes comptes de l'année courante. Suivant If calcul que j'ai fait l'envoi do Râle à Ferney desdits 24.500 !.. y eompris les frais de voyage de Colmar à Haie, aurait coûté environ 1W1 I. IVr tlez. Nosseigneurs, de vous témoigner mes remerciements respectueux de la fjràce que vous m'avez faite de consentir au voyage que je viens d'achever et que j'ai désiré de faire. J'ai l'honneur d'être avec un profond respect.
Nosseigneurs
A Colmar. le 23 juin 1776.
I rehives Colmar .
Note. — Rosé avait été certainement envoyé à Ferney pour se rendre compte des besoins d'argent de Voltaire, et il a dû être stupéfié de son activité, si peu en accord avec le ton plaintif de ses lettres. (Voir lettre Voltaire 21 novembre 1776
(13 août 1776)
Le Conseil de Montbéliard au Duc.
Avertissant S. A. S. qu'on ne pourra païer ses deux lettres de change de 21.131 L. chacune (ce sont celles annoncées plus haut). On offrira à Voltaire de se contenter des intérêts.
i Irchives Nationales).
(28 septembre 1776)
Voltaire au Conseil de Montbéliard.
A Ferney, 28" 7bre 1776.
Messieurs.
Aïant l'ait tout ce que j'ai pu pour reculer les paiements que je dois faire, sans aucune remise, à la fin de cette année, et pour vous faciliter aussi le paiement de ce que vous me devez : me Irouvani enfin dans la nécessité absolue de satisfaire mes créanciers dans le mois de décembre prochain , j'ai recours à la justice cl à la générosité de Mg1 le Duc de Virtemberg. — Je lui ai demandé trente mille livres
pour le 15 décembre sur la somme que vous me devez depuis trois ans. — Voici ce qu'il a la bonté de me répondre :
» Votre prétention sur ma recette de Montbélliard étant a juste, je viens, Monsieur, de donner les ordres les plus pré- 1/ cis ù won Conseil de Régence de cette ville, de faire en h sorte que vous /missiez toucher les trente mille livres que « vous me demandez, ras In fui de celte année. »
Je vous conjure, Messieurs, d'avoir pour moi les mêmes attentions dont Monseigneur m'honore. Joignez-vous à lui pour me l'aire toucher au quinze décembre ces trente mille livres, indépendamenl de nies rentes ordinaires. -Si votre recette ne vous fournil pas cette somme, aïcz la bonté de le prier de vous la fournir lui-même sur les ressources de son duché.
Quand je demande au bout de Irois ans et demi trente mille livres sur soixante él dix mille, je mérite que vous m'écoutiez, el que vous me sauviez d'une ruine totale. Je compte sur voire équité, el sur voire humanité.
J'ai l'honneur d'être, avec tous les sentiments que je vous dois.
Messieurs,
Votre très bumble el 1res obéissant serviteur,
(Signée). {Collection Rossel).
1 12 octobre 17T(>> Le Conseil a Voltaire.
lin (ait semblant (lavoir mal compris sa lettre, el on le remercie d'avoir bien voulu encore accorder du délai.
(Ce « truc » nouveau fut du reste employé ^ans grande confiance en sa réussite , d'après la lettre au Duc, écrite par (il). Rossel, le 13 novembre, qu'on verra plus loin .
irchives Nationales .
[8 octobre 1776) Voltaire au Conseil de Moittbéliard.
IX' 8bre I77<>, à Ferney.
Messieurs,
Je vous conjure de m'accorder un peu de secours el «le justice (buis le triste étal où je suis. — Vous pouvez écrire à Mg1 le Duc de Virtemberg, el lui représenter ma déplorable situation. -■ Il peul aisémenl vous faire toucher de l'argenl pour mepaïer. - Il esl juste, il esl bienfesant, il ne voudra pas absolumenl abandonner un vieillard qui ne se trouve actuellemenl persécuté par ses créanciers que pour Tavoir servi. - Si. tout souverain qu'il esl, trente mille francs lui paraissent une somme trop forte, je vous suplie qu'il vous eu fasse du moins donner vingl mille pour le quinze île no\ embre.
.le vendrai ma vaisselle d'argent el quelques bijoux pour completter le reste de ce que je dois. — Monseigneur, en me faisan) cette justice el eu m'accordait! celle bonté, nie sauvera du précipice. — ,1e vous prie même, Messieurs, de lui envoyer celle lettre que je vous écris dans l'excès de ma douleur. - .le vous aurai une obligation infinie, el je regarderai Monseigneur comme un bienfaiteur à i|ui je dois èire dévoué lous les momens qui me restent à vivre.
J'ai l'honneur d'elle, avec respect,
Messieurs.
Votre 1res humble el très obéissant
serviteur,
[Signée). Collection Rossel .
7 Novembre 1776 Voltaire an Conseil de Montbéllard.
A Ferney, 7 9bre 17711.
Messieurs,
\'ous savez que j'ai obtenu rie mes créanciers qu'ils se réduiraient ;i vingl mille francs paîables au l.'i décembre prochain. — J'en donne pari à Monseigneur el je le suplie de vous faire loucher ces vingl mille livres pour me païer, — Comme c'esl à votre chambre, Messieurs, que j'ai prêté mon argenl sur la procuration el sur l'ordre exprès de S. A. Sp . je me flatte que vous lui avez écril en conséquence. Si vous ne l'avez pas fait il esl encore tems. Mais ce tems presse. Je vous demande en grâce de lui écrire el de lui envoïer ma lettre. Cel argenl avec relui que les Sr- Ho/e el Meiner medonneront, pourra me tirer de l'étaî cruel où je -ui>.
Aîez la houle de me rendre cette justice, donl je vous aurai la plus grande obligation.
J'ai l'honneur d'être avec tous les sentiments que je VOUS dois.
Messieurs.
Votre très humble el très obéissant serviteur.
P.-S. — Comme j'envoie ma lettre à Monseigneur je vous
suplie île lui envoïer aussi celle i[iie j'ai l'honneur de vous écrire.
[Signée) {Collection Rossel .
(13 Novembre 1776) Le Conseil au Duc.
(Lettre écrite de la main de G. D. Rossel. On l'engage à faire à toute force les paiements).
Nous vous signalons l'impérieuse nécessité où nous sommes d'effectuer ce paiement au terme que ce créancier , aujourd'hui inflexible, nous prescrit....
Si V. A. ne trouve pas elle même le moyen de l'engager à se départir de sa résolution, il nous sera impossible de prévenir les fâcheuses conséquences qui peuvent en résulter. Et ces considérations nous empêchent de lui répondre.
S. A. S- trouva encore un truc » par la lettre suivante :
(Archives Nationales).
(17 Novembre 1776).
Le Duc Charles-Eugène à Voltaire.
Monsieur,
La lettre, que vous m'avés adressée le 7. du courant, m'est bien parvenue. Je suis charmé de la manière complaisante dont vous avés usé à mon égard au sujet des payemens qui vous sont dus par ma recette de Montbéliard.
Cependant je ne saurois vous cacher, Monsieur, que mes finances dans cette principauté ne me paroissant pas être dans l'ordre que je désire, j'ai résolu d'y envoyer exprès au printemps prochain une commission qui doit se mettre au fait de l'état où elles se trouvent pour qu'ensuite je puisse prendre les arrangements nécessaires.
Vous me feriez par conséquent un sensible plaisir , si vous vouliés agréer, que votre payement se retarde encore une année . je vous répondrai alors moi même de l'exactitude, avec laquelle il doit se faire.
Je me flatte de recevoir une réponse conforme à mes désirs , étant etc.
(Pour gagner du temps, il lui annonce qu'il vient de » nommer une commission » chargée d'étudier l'affaire, et les moyens d'arriver à une solution. Il commence aussi à prendre un ton de dignité offensée, tout à fait réjouissant dans la circonstance).
(27 Novembre 1770).
Voltaire a Rosé.
A Ferney, il Novembre 1776.
Vous avex vu, Monsieur, à quoi je dépensais L'argent des vignes de Rikwir. Je compte sur vous pour une petite partie des paiements que j'ai a faire sur la lin de décembre. Je me tlatte qu'il n'y a rien qui vous empêche de me fournir quatorze mille francs vers le 15 dedécembre. Mon pays et moi nous vous aurons une extrême obligation. J'ai l'honneur d'être. Monsieur, votre très humble el très obéissant serviteur.
(Signée). i Archives Colmar).
(20 Novembre 1776).
Voltaire au Conseil de Montbéllard.
Messieurs,
Monseigneur Le Duc m'aiant écrit qu'il ne pouvait entrer en paiement de mes soixante et dix mille livres qu'à la lin de l'année 1777, je vous suplie du moins, d'avoir la bonté de recommander aux S" Rozé et Meiner, de me faire toucher au quinze décembre mes quartiers accoutumés, et si vous pouvez y joindre les intérêts 'les 79,000 I.., je vous aurai une extrême obligation.
J'ai L'honneur d'être avec tous les sentiments que je
vous dois,
Messieurs,
Votre très humble et 1res obéissanl serviteur,
(Signée). VOLTAIRE.
(Appartient « M. I mile •/< anmaire i.
7 décembre 1776 Le Conseil de Montbéllard à Voltaire.
Réponse du 7 X1"* 1776.
Nous recevons eu ce mqmenl, la lettre que vous nous avés fail l'honneur il>' nous écrire le 30' du mois dernier cl conlormémenl à mis désirs, nous écrivons aux S Meiner el Rozé d'apporter la plus scrupu leuse attention à remplir leurs engagemens à Votre égard el en particulier de vous faire loucher au 15' du courant mis quartiers accoutumés.
S'il est on notre pouvoir d'y joindre los intérêts des 70 m., vous
pouvés être persuadé, M . que nous n'aurons rien de |>lus ;'i cœur que
de vous prouver (hms cette occasion la vive reconnoissance dont nous
sommes pénétrés en noire particulier du nouveau délai que vous avés
bien voulu accorder pour le remboursement du principal.
Nous sommes, etc.
Sisné : De Goix.
Comte Dk Sponeck.
(Brouillon). appartient à M. Emile Jeanmain .
Il Xbre 17711
Voltaire à Rosé.
Il décembre 177G. à Ferney.
Je commence, .Monsieur, par vous faire mon compliment 1res sincère sur la place de receveur général donl Monseigneur le duc de Virtemberg a récompensé vos services. Je me félicite moi-même « le votre nouvel emploi. Je me Batte que mes créanciers, avec qui je m'étais arrangé pour le 15 de ce mois, attendronl bien jusqu'au ["janvier. Je vous serai très obligé si vous voulez bien alors m'envoyer les quatorze mille francs pour mes étrennes. J'ai l'honneur d'être, .Monsieur . voire très Inimitié el très
obéissant serviteur,
Signée ' Archives Col mat .
s j ;t 1 1 \ ier 1777
Voltaire à Rosé.
J'ai des maisons à payer, Monsieur; mes créanciers aboienl autour de moi. Je vous prie très instamment de m'envoïer de l'argent comptant, ou des lettres payables à vue. Vous me tirerez de l'étal du monde le plus désagréable el je vous serai infiniment obligé. J'ai l'honneur d'être, Monsieur, votre très humble el très obéissant serviteur,
s"/"<< Voltaire.
A Ferney, 8e janvier 1777.
i rcliùes Colmar .
7 juin 17""i Voltaire au Conseil de Montbéliard.
7 juin 1777. a Ferney.
Messieurs, Sun Altesse Sérénissime m'aïant l'ail l'honneur de m'écrire l'année passée qu'elle mettrai! un nouvel ordre dans ses finances de Montbelliard au printemps de 1777 et que je serais infailliblement paie des soixante el dix mille livres qui me son! dues. -- je suis obligé de vous représenter aujourd'hui que ce terme va bientôt passer, el vous nie pardonnerez de vous demander si mon paiement esl réglé. Je vous suplie de vouloir bien nie dire a qui jedois m'adresser pour la conclusion de cette affaire qui m'a mis si longtemps dans de si étranges embarras. Je compte sur les promesses sacrées de Monseigneur le Hue île Virtemberg, sur votre équité el snr votre boule.
•le suis avec respect,
Votre lies humble el lies obéissant
serviteur,
Signet [( ollection Rossel
(18 juin 17"~i.
Voltaire à Rosé.
18e juin 1777 à Ferney.
Trouvez hou . Monsieur , que je vous prie de vous souvenir de moi pour me mettre en état de païer au premier juillet une partie des dépenses immenses auxquelles rétablissement «le ma colonie m'a engagé. Monseigneur le duc de Virtemberg me promit l'année passée de me faire paj er dans ce temps-ci les soixante et dix mille livres d'argent prêté qu'il me doit. J'ignore si la régence de Montbelliard s'est arrangée avec vous pour ce payement. Mais m vous pouvez me faire loucher du moins une année échue d'arrérages en attendanl le remboursement du fonds, je vous serai infiniment obligé, .l'ai l'honneur d'être, Monsieur, vohe très humble et très obéissant serviteur,
[Signée). (Archives Colmar).
A partir de celle époque, Voltaire écrivait en double, au Conseil et à Rosé, sans doute pour couper court à des prétextes de délai, provenant de lettres non reçues. Devant cette tactique, Rosé trouva un dernier expédient : il ne répondait plus, comme on le verra plus loin par la lettre de Voltaire du 15 juillet 1777).
(27 juin 1777).
Voltaire au Conseil de Hontbéliard.
A Ferney, 27'' juin 1777.
Messieurs,
Je présume que vous ne pouvez avoir le temps dérégler
vos affaires, et d'arranger mon paiement définitif de la
somme principale que vous devez me restituer, dans ce
premier semestre de l'année où nous sommes. Ma lettre
même ne vous parviendra qu'à l'expiration de ce semestre. Vous saurez combien ma situation était douloureuse. Je vous prie du moins, Messieurs, de vouioir bien exiger du Sr Rosé qu'il ajoute au paiement qu'il doit me faire de quatorze mille livres au dernier juin, le paiement de trois mille cinq cent livres pour les intérêts , échus d'une année, des soixante et dix mille livres qui auraient du m'ètre remboursées. — C'est une bien faible ressource dans le triste état où je suis. Vous ne me la refuserez pas. J'ai l'honneur d'être, avec tous les sentiments que je vous dois,
Messieurs,
Votre très humble et très obéissant serviteur,
(Signée.) (Collection Rossel).
(1" juillet 1777).
Voltaire à Rosé.
Vous savez, Monsieur, que Monseigneur le duc de Virtemberg me doit soixante et dix mille livres avec les intérêts d'une année à cinq pour cent , indépendamment des rentes que j'ai sur les biens de Montbelliard et sur ceux d'Alsace. Son Altesse sérénissime m'avait fait espérer que tout serait arrangé le printemps dernier, et que je pourrais être remboursé. Je vois que celte opération est longue et difficile.
J'ai écrit à Messieurs de la régence de Montbelliard , et je vous écris avons, Monsieur, qui probablement ne dépendez pas de cette régence pour vous prier de vouloir bien ajouter aux quatorze mille livres que j'attends de vous pour mes anciens arrérages les trois mille cinq cent livres pour l'intérêt d'une année des soixante et dix mille livres, eclin |e dernier du mois de juin passé. Ce petit se-
cours ne me tirerai! pas de l'embarras cruel où me mel le retardemenl de son Altesse sérénissime, mais il nie soulagerait un moment et je vous aurais une très grande obligation. J'ai l'honneur d'être, Monsieur, voire 1res humble el très obéissanl serviteur.
A Fernev, I"1 juillel 1777.
VOLTAIHE.
Archives Calmar .
1 15 juillel 1777i Voltaire à Kosé.
Il y a quinze jours, .Monsieur, que j'attendais îles marques de votre souvenir dans le triste étal où je suis. Les promesses de Son Altesse sérénissime me rassuraient encore davantage. Je ne puis désespérer ni de sa justice ni de votre attention pour moi. Je vous ai écrit deux lettres auxquelles vous n'avez pas répondu ; mais je me Halle que VOUS ne me laisserez pas mourir de faim, el que nous aurez pitié de mes créanciers comme de moi. Faites enfin réponse, Monsieur, a votre 1res humble el très obéissant servi leur.
A Fernev, 15 juillet 1777.
Archives Calmar .
(En même temps il écrivait au Conseil de Régence pour tâcher d'obtenir au moins une réponse).
I tô juillel 1777)
Voltaire au Conseil de Montbéliard.
A Fernev, 15e juillel 1777.
Messieurs,
J'ai plus que jamais recours à vous. M1 Rozé autrefois me
païait tous les trois mois, selon ses premières conventions.
11 aie demanda il y ;i deux ans de consentir à n'être païé quo de six mois en six mois. -- J'acceptai avec plaisir s;i proposition. Je lui ;ii ëcril deux lettres au commencement de ce présent semestre du mois de juillel : et, comptant qu'il voudrait bien m'envoier le semestre expiré à la lin de juin , je l'ai prié d'y joindre L'intérêt des soixante et dix mille livres de surplus que me doit S. A. S'".
C'est à nous, Messieurs, principalement . que je m'adresse pour qu'il nie tasse cette justice. Je n'ai point reçu de réponse du S1 Rozë. -- Mais j'espère que j'en recevrai une de vous, conforme à la bienveillance dont vous m'avez toujours honore. — Je voussupliede me la continuer. J'ai l'honneur d'être avec tous les sentiments que je vous dois.
Messieurs, Votre très humble el très obéissant serviteur,
P. S. Messieurs, — ,1e reçois dans ce moment la lettre que vous ave/, bien voulu m'écrire, par laquelle vous avez prévenu mes prières, el vous m'avez recommandé a Mr Rozé. — Agréez nies lies sincères remerciements.
i Signée). ( olleclion Rossel .
1 1 aoùl 1 777
Voltaire au Conseil de llonlbéliard.
A Ferney, 29e aoùl 1 777.
Messieurs.
Je vois bien que S. A. S-" a île la boule pour moi, el qu'elle veut me rendre justice, puisqu'elle s'en rapporte a vous, .le lui en fais mes 1res humbles remerciinens.
Vous savez que je su i> en droit d'exiger depuis longtems l'argent que je vous ai prêté, .le vous prie île me rembourser dix milles Livres au mois de septembre el dix nulle à la lin de décembre,
A l'égard de cinquante mille francs qui resteront à payer, la facilité que je propose est assez grande de me rendre la somme en cinq années.
Si vous aimez mieux me faire une rente viagère elle pourrait vous coûter un peu d'avantage. Ces reutes à quatre vingt quatre ans se doivent païer à vingt pour cent.
Dans l'état où je suis je n'ai qu'à vous suplier dérégler vous même l'accord que vous voulez faire, le tems presse à mon âge. Si je meurs aujourd'hui vous devez payer demain soixante et dix mille livres à mes héritiers. Je suis prêt à faire tout ce que vous jugerez convenable dans le peu de tems qui me reste à vivre.
J'ai l'honneur d'être, etc.
Signé : Voltaire.
(.1 rch i ves Na I tonales).
(10 septembre 1777).
Le Conseil de Montbéliard an Duc Charles-Eugène.
Lettre lui conseillant de ne pas mettre trop d'empressement à payer les arrérages. — On pourrait peut être même trouver un moyen pour diminuer le taux de la rente, qu'ils trouvent trop élevé, «puisqu'il serait remboursé dans 6 ans IIS, de son capital et de ses intérêts »! ! — On
lui offrira 15-16 •/•■
(Ardu ies Nationales).
(Il est probable que Charles-Eugène suivit en partie ces conseils plutôt malhonnêtes, si l'on en juge par la lettre suivante de Voltaire).
(7 octobre 1777).
Voltaire au Duc Cbarles-Ktigène.
A Ferney, 7e octobre 1777.
Monseigneur,
Votre lettre du 24 septembre me consolerait autant qu'elle m'honore , si la chambre de Montbelliard avait secondé votre justice et votre humanité. J'ai été obligé de
vendre une partie de ma terre et ma vaisselle. Je suis tombé malade dans ma quatre vingt quatrième année, et je suis menacé de mourir sans avoir pu payer mes dettes, .le remercie avec la plus grande sensibilité Votre Altesse sérénissime, qui veut bien me payer vingt mille francs sur les soixante et dix mille livres qu'elle me doit, et qui vient à mon secours avec tant de bonté dans la crise violente où je suis. Si la chambre de Montbelliard ne peut me donner cette légère somme, j'ose supplier votre Altesse sérénissime de daigner me l'envoyer de Stoutgard. Vous avez fait cent fois des libéralités beaucoup plus fortes et je vous aurai beaucoup plus d'obligation de me donner ce petit à compte que ne vous en ont eu ceux que vous avez comblés de tant de biens. Ils ont dépense en plaisirs plus d'argent que je ne vous en demande pour payer les dettes les plus pressantes et les plus sacrées et pour soutenir un établissement utile, prêt à être détruit. Vous pourriez ordonner qu'on m'envoyât une lettre de change sur Lyon payable à vue. La chambre de Montbelliard s'arrangerait avec moi ou avec mes héritiers pour les cinquante autres mille livres qui sont dues et je mourrais en vous regardant comme mon bienfaiteur, .le suis avec le plus profond respect, Monseigneur, de Votre Altesse sérénissime le très humble et très obéissant serviteur.
(Archives Cnlmar).
On lui répond que Stuttgart ne peut le payer, et que ce doit être Montbéliard. Lettre de Charles Eugène. 11 octobre).
(21 octobre 1777).
Voltaire au Conseil de Montbéliard.
A Ferney, 21° Kbre 1777.
Messieurs,
Dans l'excèz d'abattement où je suis, et dans le déplorable état de mes affaires et de ma santé, je reçois une
espèce de consolation de Monseigneur. — Il rn'écril du 1 | 8bre ces propres paroles :
« Vous pouvez être assure que ma recette de Monlbel- « liarcl ne manquera pas île nous païer l'acompte que » vous me demandez ».
Vous savez, Messieurs, que cel acompte esl de vingt mille livres, dix aujourd'hui el dix à la lin de décembre. .le vous répète que je vous devrai la vie, — Les cinquante mille livres que vous me devrez encore nuire les renies ordinaires s'arrangeronl aisément, .le vous suplie de me tirer de peine par une réponse prompte.
.lai l'honneur d'être avec tous les sentiments que je vous dois,
Messieurs .
Voire très humble et 1res obéissant
serviteur,
(Signée). {Collection /disse/).
(Le Conseil répondit évidemment par de bonnes paroles, el
mie promesse de paiement à courl terme .
(3 novembre 1777)
Voltaire au Conseil de Moiitbéllarn.
A Ferney, 3e 9t>re 1777.
Messieurs, Votre lettre du 23e 8bre m'a en vérité rendu la vie, du moins pour quelque temps. — Je ne m'étais jamais trouvé dans une situation plus cruelle, et vous savez bien que je n'y étais que pour vous avoir l'ait plaisir. -- Vous me promettez de me lirer de cet étal alïreu.x avant la lin de cette année. -- La consolation que vous me donne/ m'est d'autan! plus chère qu'elle est conforme aux intentions île Monseigneur le Due de Virtemberg. — Je vous lais les remerciements les plus sincères, — Je regarde la justice
que vous me rendez, comme si elle étail la plus grande des grâces, H comme un secours que vous donnezà un homme mourant
J'attendrai sans aucune crainte le moment où vous pourrez exécuter ce que vous me promettez. J'en remercierai aussi Son Altesse Séfénissime. - Je serais perdu si j'avais eu une fausse espérance : mais je sui> dans une certitude entière; el il n'esl pas moins certain que j'ai l'honneur d'être avec toute la sensibilité possible,
Messieurs,
Votre très bumble el 1res obéissant
serviteur, Signée). [Collection Rossel).
1 17 décembre 1777 Voltaire à Rosé.
A Ferney, le 17 décembre 1777.
Je vous souhaite la lionne année. .Monsieur, el je vous prie de m'en donner une. Si vous pouvez m'envover mes quatorze mille francs pour te I" janvier 1778. il y a quelque apparence que vous ne serez pas obligé de me payer 177'.*. Monseigneur le >\^u- de Virlemberg qui me doit d'ailleurs soixante el dix mille liane- pour argent à lui prèle il y a cinq ans, a donne ordre qu'on me payât au moins vingt mille francs ce mois-ci. Messieurs de la régence de Montbéliard m'ont mondé que cet argent me serait fourni /'"/• un négociant de Montbéliard nommé Saluer. Vous pourriez avoir la honte de m'envover vos quatorze mille avec ces vingt mille par la même voilure. Cet argent pourrait apaiser pour quelque temps une foule de créanciers qui nie ruinent en frais. Vous consoleriez le- derniers jours de ma vie.
J'ai l'honneur d'être, Monsieur, votre 1res humble el très obéissant serviteur.
Signée . A relu ce* Col ma r .
(Au sujet de ce Sahler, c'est probablement le même dont Voltaire parle dans ses lettres au banquier Beaumont Jacob du 14 décembre 1765, et 16 décembre (1766 probablement). Elles font partie de la correspondance éditée par Cayrol et François. On les trouvera en appendice (extraits).
(31 décembre 1777).
Voltaire à Rosé.
A Ferney, 31 décembre 1777.
Je vous souhaite la bonne année, Monsieur, et je l'attends toujours de vous. Je vous prie de vouloir bien joindre aux quatorze mille francs 'que j'attends de votre exactitude et de votre amitié les mille sept cent cinquante livres qui me sont dues pour les six mois d'arrérages des soixante et dix mille livres par moi prêtées à Son Altesse Sérénissime, lesquelles soixante et dix mille livre.- vont être réduites dorénavant à cinquante mille, indépendamment des anciennes rentes courantes.
J'ai l'honneur d'être, Monsieur, votre très humble et
très obéissant serviteur.
[Signée), [Archives Colmar).
(31 décembre 1777 1.
Reçu de Voltaire à G. -S. Sahler.
J'ai reçu de M. Sahler Vingt mille livres en lettres de change sur Paris, Lyon et Genève, en conformité île l'arrangement que Messieurs de la Hégence de Montbeiliard ont pris avec lui pour me faire païer ces vingt mille livres, fesant partie des soixante et dix mille livres que me devait Monseigneur le Duc de Virtemberg , qui par ce paiement ne me devra plus que Cinquante mille livres de ce chef, en me païant seulement encor six mois d'arréra-
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ges du principal des Soixante et dix mille livres ; montant les dits arrérages à mille sept cent cinquante livres ». Je fournis à Monsieur Saliler un double de ce reçu, dont j'espère être paie à l'échéance. Les deux ne valant que pour un seul. Fait à Ferney, le Trente et un Décembre 1777.
{Signé). (Musée de Montbéliard).
(6 janvier 1778).
Voltaire au Conseil de Montbéliard.
Le 6 janvier 1778.
Messieurs, Je ne puis trop vous remercier de la bonté et de l'exactitude avec laquelle vous me faittes païer les vingt mille francs dont j'avais un si prodigieux besoin, sur les soixante et dix nulle Livres que me doit Son Altesse Sérénissime. J'espère être paie de ces vingt mille livres dans un mois, et appaiser un peu mes créanciers.
Je vous demande en grâce de vouloir bien engager le Sr Rozé à joindre aux quatorze mille francs qu'il me doit pour mes anciennes rentes, six mois d'arrérages échus *, des soixante etdix mille Livres; ce nouveau secours m'étant absolument nécessaire pour me tirer de l'abîme où j'étais. Je compte toujours sur la noblesse de vos sentiments et sur vos hontes ; et je suis persuadé que vous éteindrez le plus tôt que vous pourez la délie qui va être réduite à cinquante mille Livres.
J'ai l'honneur d'être avec respect, Messieurs, Votre très humble et très obéissant serviteur, (Signée). Voltaire.
* On me doit sur ces arrérages mille sepl cent cinquante livres.
(Appartient à ,1/. Emile Jeanntaire .
(2 février 177Ki Voltaire a Rosé.
A Ferney, 1" février I77K.
Messieurs de la Régence de Montbelliard, Monsieur, m'ont flatté que je recevrais de vous les quinze mille sept cenl cinquante livres qui me sonl ducs Mais je neveux point vous gêner. Je suis d'ailleurs obligé de faire un voyage à Dijon pour un procès assez considérable de ma famille. Je vous écrirai à mon retour pour prendre avec vous les arrangements convenables. J'ai l'honneur d'être, Monsieur, votre liés humble el liés obéissant serviteur.
(Signée). i Irchives Calmar),
(Ce Voyage, Voltaire le lii en partant pour Paris, d'où il ne devait plus revenir. Au sujet du procès en question, voir M. Cu nisset-Carnot : (La querelle du Président de Brosses avec Voltaire).
(? Mai 1778)
Wagnière n Kosé.
M. Voltaire fait mille tendres compliments à Monsieur Rosé. Il est
trop malade pour lui écrire. Il le remercie très sincèrement de ses
attentions obligeantes.
Archives ColmarJ.
,Ecrit probablement peu avanl la mort de Voltaire .
(23 juin 1778.)
Le Conseil à Charles-Eugène.
Du 23 juin 177N. Montbéliard.
.... Nous reiwns île recevoir la nouvelle certaine que M' lie Voltaire est mort la nuit du 30 iiiaij dernier. — Ce créancier (!!) avait à prétendre sur la caisse de ce pais différentes rentes pour argent donné à fonds perdu, savoir... (Suit rémunération des rentes).
Ce fut là toute l'oraison funèbre que lit ;i Voltaire le conseil de Rée-ence).
— II.)
(Deux lettres sans date se trouvent à Colmar. Dans l'im possibilité où on est de leur assigner leur place exacte dans ce recueil, nous les avons placées à la suite de toutes les autres).
, , \ N'204, à Jeanmaire, Délices 9 octobre.
( N' 20b, a Rose, 1-erney. 20 juin. La première est à placer entre 1756 et 1760. Pour la deuxième, probablement iO juin 1773.
Voltaire à Jeanmaire.
A .Monsieur Monsieur Jean Maire, receveur des domaines de S. A. S. Mg. le due de Yirtemberg à Colmar.
Aux délices, 9 octobre.
En réponse à voire lettre, monsieur, je vous donne avis que M. Turkeim m'a déjà promis une lettre de change de lll'ÔO liv- sur l'argent que vous me devez. Vous m'obligerez baucoup de faciliter cette partie du payement déjà promise el sur laquelle j'ay compté. Elle excède peu celle (pie vous m'offrez. Je vous serai très-obligé de vouloir bien vous arranger pour celle petite affaire. La renie que j'ay sur Riquevir l'ail la plus grande partie de ma subsistance, et il faudrait que je rompisse ma maison, si je n'étais pas payé. Je me flatte que [vous] voudrez bien entrer dans ma situation. Je me suis réduit à n'être payé que tous les six mois. Je voudrais vous donner encor plus de facilité. Tacbez de voire côté de remplir vos engagements autant que vous le pourez, et soyez persuadé de la reconnaissance avec laquelle je serai toujours votre très-humble et obéissant serviteur.
gentilhome ord' du roy. Signée . Archives Colmar.)
(1764) Le Duc Charles-Eugène au Conseil de Montbéliard.
Corne il n'y a point à douter, que si le Conseil avoit fait les démarches nécessaires, et travaillé avec le zèle requis, au sujet de la prétention de M. de Voltaire, et en particulier pour procurer des deniers de suplément à la rente, on aurait pu contenter les créanciers, S. A. S. s'atend que le Conseil s'ocupera d'autant plus sérieusement du succès, qu'il seroit contre la dignité du Prime de décharger la rente des paiements, qui ont été assignés sur icelle.
Quant à ce qui concerne les paiements de M. de Voltaire, S. A. S. aprouve la proposition du Conseil pour tenter de la porter à une prolongation de terme, S. A. S. veut en même tems, que l'on mette tout en œuvre pour négocier cette afaire d'une manière conforme à sa dignité, et qu'en conséquence on lui envoie pour l'aprobation le projet de la lettre à écrire à ce créancier, sur tout quoi sad. A. S. douera sa résolution ultérieure.
(Archives Nationales).
Pièce non datée (probablement 1764).
(20 juin ***) Voltaire à Rosé.
Vous 'ne me répondez point, Monsieur, je vous prie cependant de me dire sur quoi je puis compter. Je n'ai prêté mon argent que sur la parole d'honneur de M. Jeanmaire que je serais payé exactement aux échéances. Vous me devez actuellement dix mille cinq cents livres d'une part, et treize mille deux cents d'une autre.
Je n'ai pas le sou, mais je suis Monsieur ** , votre très humble et très obéissant serviteur,
Ferney, 20 juin ***. (1773 ?)
{Signée). (Archives Colmar).
Par la mort de Voltaire, s'éteignaient les obligations de rentes pour la pins grande partie des dettes. Il est intéressant néanmoins de suivre dans les dossiers des Archives Nationales la série des réclamations formulées par ses neveux et nièces. C'étaient: M""' Denis, l'abbé Mignot, et M. de Fontaine d'Hornoy. La seconde nièce de Voltaire . M"1" de Florian. était vraisemblablement décédée auparavant, cai 0:1 ne trouve son nom dans aucune des procédures qui suivirent la mort de Voltaire . Elle mourut en 1771, croyons-nous.
Les réclamations furent conduites en général par le second mari de Mme Denis, nommé Duvivier, qu'elle épousa en 177!). (V. plus loin . Ce Duvivier n'avait pas l'urbanité de Voltaire, on n'avait pas de raison d'avoir pour lui les mêmes égards, et on le lui faisait voir.
Il est amusant de constater dans sa correspondance, l'emploi de phrases empruntées aux lettres de Voltaire, qu'il jugeait avoir produit bon etîet soit sur le Conseil, soit sur le Duc luimême. Il cherchait à modeler sa façon de faire sur celle de Voltaire, mais la « manière » manquait toujours ! — Par exemple, il offrit, après son remboursement, de prêter de nouveau à S. A. S. , à fonds perdu, moyennant une rente viagère. Mais il offrait la somme en assignats, sans vouloir se charger du change ni du transport. Ceci se passait en 1791 ! — On peut juger du succès.
On verra plus loin, par les pièces suivantes, relevées aux Archives Nationales, comment s'éteignirent les créances héritées, en outre des rentes viagères. — Celle de M. de Fontaine d'Hornoy lui fut payée, par Stuttgart, jusqu'à sa mort, en 182S.
(24 juillet 177S)
Meiner au Conseil.
Audinrourt. 2't juillet 1778.
Il envoie la lettre de M"" Denis (ci-dessous). Elle agiteomme héritière
de Voltaire , relativement à l'argent avancé par lui, et non encore
remboursé par le Duc. Elle envoya la même lettre à Rosé, suivant une
lettre de ce dernier au Conseil, en date du 14 juillet 1778, écrite à
Colmar.
[Archives nationales).
(9 juillet 1778) Mme Denis à Meiner l'aîné.
Paris, 9 juillet 1778.
Elle réclame son dû, et donne son adresse à Paris. Elle a réclamé
en même temps à Rosé.
[Archives Nationales).
(12 octobre 1778)
les Héritiers au Conseil.
(L'abbé Mignot, M"" Denis et M' d'Hornoy) donnent des instructions
pour que le paiement des rentes leur soit fait directement à Paris, au
lieu de l'être à Colmar.
(G janvier 1779)
M"" Denis au Conseil.
Elle écrit pour réclamer ses intérêts échus, et donne des indications pour les lieux où devront se faire les versements. Elle réclame un relevé très exact de son compte.
[Archives Nationales.)
(Ceci très probablement, parce qu'elle désirait mettre à jour sa situation, en vue de son second mariage, qui eut lieu dans le courant de l'année, avec le Sr Duvivier).
Compte adressé à M"" Denis (de la main de G.-D. Rossel) en réponse à la lettre du 6 janvier 1779.