LOI
mon respectueux attachement pour Son Altesse Sérénissinic, el à l'envie de vous plaire ; je vous marquai en même temps qu'il ne m'était plus possible, à mon ài,re de quatre-vingts ans, de négocier < les lettres de change.
Le S1 Meiner m'en envoie dix par le dernier ordinaire pour le paiemenl de l'ancien quartier échu le dernier septembre, de huit mille cinq cent trente el une livres cinq sous.
De ces lettres de change, il y en a quelques-unes sur îles villes de Suisse avee lesquelles on n'a aucun commerce; — Souvent on renvoie ces lettres ; souvent aussi on demande beaucoup de temps pour les païer, et quand on les négocie à Genève il en conte beaucoup , tant pour le change, que pour la conversion de l'argent courant de Genève en argenl île France.
Je vous ai supliés , Messieurs . et je vous suplie encor, de m'épargUer ces perles, et l'extrême désagrément de ces détails.
Monseigneur le hue de Virtemberg a eu la houle de s'engager à me faire païer chez moi en espèces ; permettez-moi de réclamer ses promesses el les vôtres, et de remettre entre vos mains les lettres de change du S1' Meiner. Il lui sera plus aise qu'à moi de se l'aire païer de ces lettres île change. Les négociants ont des facilités que je ne puis avoir. Je serais lâche de vous jelter dans le moindre embaras; mais je vous suplie de me tirer de celui où je suis.
J'ai l'honneur d'être, avec tous les sentiments que je vous dois,
Messieurs,
Voire 1res humble et très obéissant serviteur,
{Signée). (Collection /fusse/).
(22 décembre 1773)
Le Conseil de Montbéllard a Voltaire.
21 décembre 1 773.
Nous sommes infiniment sensibles à la manière obligeante avec laquelle vous voulez bien vous prêter aux arrangements que nous avons eu l'honneur de vous proposer, pour le remboursement du restant du capital, que vous avez prêté dans le courant de cette année, à S. A. S. En conséquence de votre désir, i\<ms vous ferons païer, dans le courant de 1T7J. 5.000 L. à compte dudit capital, et le surplus en 4 termes, dont le premier commencera en 1775.
Signé : De Goll, De Sponeck.
(Archives Nationales),
(28 décembre 1773)
Note. — A partir de ce moment, commencent les difficultés avec Meiner l'aîné, qui le payait par lettres de change, que Vol taire finit par refuser coin nie non négociables.
Archive* NationalcsJ. (lettre Meiner, 28 décembre !''■>).
I i janvier 1774)
Voltaire à Rosé.
Mes derniers arrangements, .Monsieur, avec Messieurs de la régence de Montbelliard, me mettent dans la nécessité d'avoir recours à vous pour le dernier quartier qui vient déchoir. Si vous n'avez pas d'argent comptant et si vous voulez nie donner des lettres, soit sur Lyon, soil sur Paris, à courts jours, je les recevrai volontiers. Je suis, Monsieur, bien véritablement, votre très humble et très obéissant serviteur,
(Signée). (Archives Colmar).
(4 janvier 17"'* i
Voltaire au Conseil de Moiitbéliaru.
A Ferney, V' janvier 177't.
Messieurs.
Aïanl pris la liberté de remettre entre entre vos mains les lettres de change du Sr Ménier, el aïanl appris depuis qu'il esl difficile au S1 Ménier de m'envoïer de l'argent comptant, je me suis arrangé pour ne point négocier mes lettres de changea Genève ; ce qui est difficile et dispendieux à cause de la différence de l'argent.
Je perdrai moins en acceptant des lettres de change païables. à courts jours, a Lyon ou à Paris ; mais je ne puis accepter de lettres pour la Suisse.
Je vous suplie de vouloir bien avoir la boute de me faciliter mes paiements, et de porter les Srs Rozé et Meiner a me satisfaire. Le Sr Ménier me doit actuellement deux quartiers, el le S1 Rozé m'en doit un. — La nécessite puissante de païer mes dettes me force a vous importuner. - .le me Batte que vous ne m'en saurez pas mauvais gré. J'ai l'honneur d'être avec tous les sentiments que je vous dois.
Messieurs,
Votre très humble, el 1res obéissanl serviteur.
Voltaihk.
(Signée \. [Collection Rossel).
(22 janvier lTTii
Voltaire à Rosé.
La nécessite, Monsieur, me force à vous prier 1res instamment, de vouloir bien me faire toucher le quartier échu le dernier décembre ITTif. Je von- demande cette
justice comme une faveur dont je vous serai très obligé.
Je suis. Monsieur, votre 1res humble et très obéissant
serviteur.
A Ferney 22e janvier 1774.
[Signée). (Archives Colmar).
(22 janvier 1774) Voltaire au Conseil de Montbélinrd.
A Ferney, 22" janvier 177 't.
,le suis l'aelié de vous importuner ; mais je vous supplie instamment de vouloir bien engager les Srs Meiner et Rozé a me païer de mon quartier échu le dernier décembre 1773. — Je vous prie de m'accorder celle justice, que je regarderai comme une grande grâce.
Je ne nie plains point de n'avoir pas encore reçu à Genève l'argent que M. Meiner m'a délégué sur cette ville. — J'espère le recevoir bientôt ; mais j'ai encore plus d'espérance en vos bontés, que ma situation présente me force de réclamer.
J'ai l'honneur d'être, avec tous les sentiments que je
vous dois.
Messieurs,
Votre très humble et très
obéissant serviteur,
Voltaihk.
(Signée). [Collection Rossel).
(24 avril 1774) Voltaire à Kosé.
24* avril 1771 à Ferney.
J'attends, Monsieur, de la bienveillance que vous m'avez témoignée, que vous voudrez bien m'envoïer le quartier échu le dernier mars ; je n'en ai jamais eu tant de besoin.
— in;; —
J'ai l'honneur d'être avec reconnaissance, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur,
(Signée). (Archives Colmar).
Rusé envoie le 3 mai « lui group n cacheté . de Bàle . contenant 7000 Livres, par le coche Bàle Genève.)
(Archives Xalionales i.
(6 aoûl 1 77 i Voltaire €^ Rosé.
Le vieux malade de Ferney prie M. Rosé de vouloir bien lui mander quand il pourra lui païer le quartier échu le dernier juin afin/qu'il puisse prendre ses mesures en conséquence et régler ses dépenses. Il serait lâche de gêner Monsieur Rosé, mais il le prie de ne le pas oublier. Il a l'honneur d'être son 1res humble et 1res obéissanl serviteur.
A Ferney, 6" auguste 1 77 i .
[Signée). \ i rchives Colmar).
(2 novembre 1774 Voltaire à Rosé.
Ce n'est pas pour vous presser, Monsieur, que je vous écris, mais pour vous dire au contraire, combien je vous suis obligé de m'avoir paie toujours exactement. 'Nous me soulagerez beaucoup si vous voulez bien m'envoyer a votre loisir le quartier échu à la lin de septembre. J'ai l'honneur d'être, Monsieur, votre 1res humble el Ireobéissant serviteur.
A Ferney, - novembre 1774.
(.Signée), (Archives Colmar).
(7 novembre 17~ii
Rosé à Voltaire.
Rosé lui répond que pour éviter des [rais, il lui propose de ne le païer que tous les six mois au lieu de 3 mois.
Je suis persuadé d'avance i|ii il vous sera fort indilîérent de recevoir 7000 L. trois mois plus loi on plus tard pour les encaisser : D'ailleurs ma caisse est actuellement vide.
(Voir plus loin l'A fév. l'T.'i. Rosé au Conseil).
{Archives Nationales).
(12 novembre 177 li
Voltaire à Rosé.
Quoi que j'aie quatre-vingl el un an, .Monsieur, et qu'à mon âge six mois soienl un temps considérable, je me conformerai cependant avec plaisir a tout ce qui vous conviendra pour le peu de temps qui me reste encore à vivre. Je vous prierai seulement d'observer que suivant mes arrangemens avec la régence on doit me rembourser environ soixante el treize mille livres dans l'année 1 7 7 ." V à compter du 1" janvier, de trois en trois mois. J'ignore si les tonds de Richwir peuvent suffire à ce remboursement ; je ne le crois pas el je pense qu'il faudra que la forge d'Audricourt se charge d'une partie. Je suis bien véritablement, Monsieur, vo|re Ires humble et très obéissant
serviteur.
12 novembre I77'i à Ferney.
[Signée). (Archives Calmar),
(l* janvier 1":>
Voltaire au Conseil de Moutbéliard.
A Ferney, I l janvier 177.">.
Messieurs,
Permettez que je vous souhaite de longues el heureuses années, qui ne sonl pas faittes pour an malade de quatrevingt ci un ans, tel que je le suis. — Je vous remercie de l'attention obligeante avec laquelle vous voulûtes bien me promettre l'année passée, de me faire pain ce qui m'esl du, quartiers par quartiers de l'année suivante où nous outrons. Je nie llatte qu'en conséquence vous avez donné vos ordres S1- Roze el Meyner. Je vous dois d'autant plus de remerciements, qu'aïant fondé une petite colonie dans nia terre de Ferney, je me suis arrangé avec tous mes ouvriers conséquemmenl a vus bontés, et aux promesses que vous m'avez faittes.
Agréez les sentiments respectueux avec lesquels j'ai l'honneur d'être.
Messieurs, votre très humble et très obéissant
serviteur.
YOLTAIKE.
(Signée . Collection Rosse/
17 janvier 1775
Voltaire à Kosé.
A Ferney. 17 janvier 1 775.
Peut-être. Monsieur, y a-l-il quelque lettre de vous pour moi en chemin ; mais je suis bien aise de vous prévenir en vous souhaitant la bonne année. Je ne doute pas que nous
ne me lassiez toucher incessamment les deux quartiers que vous me devez, el j'espère même que Messieurs de la régence se seront arrangés avec vous pour me payer dans tes quatre quartiers de cette année I77."> une somme assez considérable donl je suis leur créancier. Mon âge de quatre-vingt el un ans et mes maladies ne me permettent guère d'attendre. Au reste, vous pourriez 1res aisément me faire envoyer mon aryen! sans vous donner la peine d'aller jusqu'à Bâle, puisque les voitures publiques vont de Colmar à IJàle sans difficulté. J'ai l'honneur d'être, .Monsieur, voire 1res humble el 1res obéissant serviteur.
[Signée). Irchives Colmar).
(12 février 1775)
Rosé au Conseil de Montbélianl.
(Lettre expliquant les m hue-, o qu'il a trouvés et appliqués pour différer ses paiements); par exemple :
Lorsque son quartier de 7000 L. de sa rente viagère était échu au 1" octobre dernier, ma caisse s'esl trouvée .sans ressources [unir longtemps. J'ai pris le parti de lui*écrire au commencement du mois tic novembre dernier, soi s prétexte qu'il m'était trop gênant et trop coûteux de faire tous les trois mois un coïage à Bâle pour soigner l'envoi de 7/m L. — Je l'ai prié d'agréer qu'à l'aoenir je le paie par un semestre de 6' mois, — Je lui ai promis en même temps l'exactitude des
paiements '
1 1 rimes Nationales
• Il lévrier 177») Le Conseil de Montbélianl à Voltaire.
Il lui accuse réception de sa lettre du 13 courant. Voir où est
cette lettre.
i rchives Nationales).
i 2? mars 177.'i) Voltaire au Conseil de Monibéliard.
A Ferney, 27e mars 177'i.
Messieurs,
Permettez que je prenne lu liberté de remettre en vos mains les lettres de ehange que je suis obligé de renvoïer au Sr Meiner. -- Si vous pouvez avoir la bonté de l'engager à prendre avec moi îles mesures plus sûres el plus conformes à vos engagements . je vous aurai une très grande obligation.
Souffrez que je vous supplie aussi de vouloir bien m'ins- Iruirc des ordres que vous avez pu donner pour que je sois paie, quartier par quartier , dans le couranl de cette année, des quatre-vingl mille livres que je vous prêtai i! y a deux ans passés, .le suis dans une situatjon violente el je compte sur la justice de Monseigneur le Duc de Virtemberg i'l suc la votre.
J'ai l'honneur d'être avec respect, .Messieurs, Notre très humble el liés obéissant
serviteur,
(Signée.) Collection Rossel).
■"> ,i\ ril 17".'i i
Voltaire A Charles-Eugène.
A Ferney 5e avril 1 775.
Monseigneur,
C'est une grande consolation pour moi, que la boule dont Votre Altesse sérénissime m'honore. Je la remercie
très sensiblement des ordres qu'elle a bien voulu donner; ils me sonl bien précieux dans les peines que j'éprouve. Votre justice el votre magnanimité adoucironl la fin de ma vie. .1 'ai eu l'honneur d'envoyer à votre bibliothèque mi petit livre nouveau, que je vous prie de recevoir avec bonté, tout indigne qu'il en est. Je voudrais être ;i portée de marquer mieux le profond respect et le dévouement avec lesquels j'ai l'honneur d'être, Monseigneur, de Votre Altesse sérénissime te très humble el très obéissant serviteur.
[Signée), (Archives Colmar),
(5 avril 177.'>i
Le Conseil de Montbéltard à 8. A. S.
Rend compte qu'on ne peul payer à Yollaire les remboursements promis pour les 80. 00J L. qu'il a prêtées il y a deux ans passés. On a écrit à Voltaire pour lui demander une année de délai. « mais on est incertain de la réponse qu'il (era à cette proposition.
(Archives Nationales).
Cette lettre à Voltaire lut écrite par G. -D. Ilossel et signée de lui et de M. de Goll. La voici : )
(a avril 1775)
A M. de Voltaire.
Nous avons d'abord satisfait au premier objet de la lettre dont vous nous ave/, honorés le 27' mars dernier, en renvoyant au S' Meiner les lettres de change qui y étaient incluses, el en le chargeant de prendre des arrangements qui vous soient agréables. — Quant au remboursement de ce qui vous reste dû, M . des 80.000 L que vous ave/, eu la bonté de prêter pour le Séréiï Duc Notre Maître, nous ne désirerions rien tant que de pouvoir les acquitter aux termes stipulés. Mais des circonstances inattendues, (des paiements imprévus dont nous avons été chargés), nous empêchent de répondre quant à présent à vos désirs.
— Nous espérons cependant que par une suite de mis égards pour un Prince, dont les sentiments vous sont si bien connus, vous voudrez bien nous accorder encore une année pour le remboursement dont il s'agit.
Nous aurons soin. Monsieur, de vous faire païer exactement les intérêts échus du capital, ayant l'honneur d'être, avec une considéra lion infinie, etc.
Signé : G. D. Rossel.
De iIoll.
(.1 rchires Nationale* i.
Voltaire répondit par :
(11 avril 177.".
Voltaire au Conseil de Montbéliard.
A Férney, I I avril I TT.'i.
Messieurs,
J'ai reçu de Monseigneur le Duc de Virtemberg une lettre par laquelle il m'assure que vous avez l'ail ions les arrangements pour me païer. — Je reçois aujourd'hui votre lettre <lu •"> avril par laquelle vous me mandez que vous ne pourrez me rembourser les soixante el dix mille francs, et les arrérages en question, que dans nue année.
Je dois pins de quatre-vingt mille francs. Je tacherai d'engager de mon côte mes créanciers à attendre une année.
Voudriez-vous m'indiquer du moins la manière dont vous me paierez, les époques que vous choisirez, les sommes que vous me ferez toucher, le lenis précis où le paiement de chaque somme sera tait? Je prendrais sur cela toutes mes mesures. Il faut que je sache précisément sur quoi compter. Je me Malte que vous ne me refuserez pas cette faillie consolation ; je crois la mériter par la manière dont j'en ai use avec vous; mon âge, (railleurs, exige que foules mes affaires soienl en règle. Je vous prie 1res instamment de me faire réponse le plus promptemenl que vous pourrez.
J'ai l'honneur d'être avec tous les sentiments que je
vous dois, .Messieurs.
Voire 1res humble el 1res obéissant serviteur, Voltaire.
[Signée). (Collection Rossel).
Voltaire accepta les délais, ei le Conseil l'en remercia par la lettre ci-dessous. (V. plus loin).
(29 avril 1775) Voltaire au Conseil de Montbéllard.
29e avril 1775, ;ï Ferney.
Messieurs,
Je vous ai siipl i»> de vouloir bien m'instruire du lenis où je serais païé des qualre-vingt mille livres qui me sont dues; el donl s. A. s. ;i daigné en dernier lieu me promettre le remboursement. Je vous réitère ma 1res instante prière de me dire positivement dans quelles époques, ei de quelle manière vous comptez remplir vos engagements, afin que je prenne de justes mesures avec mes créanciers qui me pressent de lous côtés. Je ne puis leur faire mes promesses que pour le temps préfix où vous pourez me païer vous-mêmes. Mais, u'aiant point reçu de vos nouvelles je me trouve dans le plus grand embarras, el ne sais que répondre à ceux qui exigent de l'argenJ ou des billets.
Si vous avez la boule de me donner des paroles sûres, je me conduirai en conséquence. — Je perdrai, à la vérité, l'intérêt d'une année; mais j'y gagnerai la certitude de me voir sans dette, et d'être lire de l'abîme où je suis. Vous pensez trop noblement, el vous êtes irop équitables, pour ne pas répondreà ma juste prière. — J'attends vos ordres avec une impatience bien pardonnable.
J'ai l'honneur d'être, avec tous les sentiments que je vous dois. Messieurs,
Votre très humble et très obéissant serviteur. Voltaire.
(Signée). (Collection Rostel).
(30 avril 1775) Le Conseil de Montbéiiard à Voltaire.
Réponse à sa lettre du 11 avril .
Nous sommes très sensibles au délai d'une année que vous avez bien voulu nous accorder par votre lettre du 11 de ce mois, pour entrer en paiement de ce qui vous esl encore dû, et nous nous empressons, M . de donner avis a notre Sérén' Maître des égards que vous lui témoignez de nouveau dans relie occasion, et dont il n'a jamais ilnulr. — (!)
Pour que cel objet se Unisse à votre satisfaction, nous vous proposons, M', le remboursement du capital el des intérêts en six termes égauv de :> en :i mois, dont le I" écherra au :t0 niai 177H. el pour votre sûreté, nous vous donnerons à votre choix îles délégations acceptées, suit du directeur des Forges, soit du receveur des terres d'Alsace, qui ont été l'un el l'autre jusqu'à présent chargés de I acquittement de vos rentes. — .Vous pouvons bien vous assurer. M*, que nous tiendrons la main à ce que vos propositions soient exécutées avec une exactitude égale à la reconnaissance dont nous sommes pénétrés.
Nous sommes avec une respectueuse considération, etc.
Signe : De Goll.
De Sponeck.
I/v/im'cs Nationale? .
(20 juin 1775)
Voltaire a Rosé.
.lui. Monsieur, plus de quatorze mille francs a païer les premiers jours de juillet. J'ai recours ;i vous ; \e vous prie très instamment , de m'envoïer mes doux quartiers ; je vous aurai une extrême obligation, .le suis bien véritablement. Monsieur, votre 1res humble e1 lies obéissant
serviteur.
A Ferney, 20 juin ITT.'i.
Archives Colmar .
(24 Novembre 1775).
Le Conseil de Montbéliard à Rosé.
(On le pousse à trouver de l'argent .
Si vous oe pouvez pourvoir à son traitement (de Voltaire) que par la vente des grains, vous nous en donnerez avis, pour que nous puissions vous y autoriser, sur le rapport que vous nous ferez sur le prix courant de chaque espèce de grains, etc.
Signé : De Goll.
I>k Sponeck, i 1 1 filtre* Nationales),
(2o décembre 1775).
Wagnlère à Kosé.
A Ferney, 25 décembre 1775.
M' île Voltaire qui ne se porte pas bien, me charge, Mr, de vous dire. qu'aïanl beaucoup de choses à païer au commencement du mois prochain, il vous prie de vouloir bien venir à son secours en lui envoyant son semestre; il vous en sera très obligé. 11 vous fait bien des compliments. J'ai l'honneur d'être, Monsieur, voire très humble et très obéissant serviteur.
Wagnière, secrétaire de M' de Voltaire.
[rchives Colmar .
(13 Janvier 1776).
Voltaire au Conseil de Montbéliard.
A Ferney. 13e janvier I77<'>.
Messieurs,
Dans l'état où je suis réduit à l'âge de quatre-vingt-deux an>. mes espérances H mes ressources sont dans la justice, dans la boutée! dans la magnanimité de Monseigneur le Duc el dans la vôtre.
Je me Malle que le S1 Rozé. votre receveur, qui me doit
deux quartiers, me tiendra la parole qu'il m'a donnée de me païer.
J'espère surtout que vous voudrez bien donner des ordres précis pour que je touche cette année, de quartier en quartier, l'argent que j'ai prêté à Son Altesse Sérénissime en dernier lieu.
Je vous suplie. Messieurs, de m'instruire des arrangements que nous prenez pour ces paiements, sans lesquels je ne puis vivre. — .levons aurai autant d'obligation de me rendre cette justice que je vous en aurais >i c'était une grâce. — Je vous en fais mes remerciements d'avance. J'ai l'honneur d'être avec les sentiments les plus respectueux, Messieurs,
Votre très humble et très obéissant serviteur.
(Signée {Collection ttossel).
24 janvier 1776)
Le Conseil de Montbéliard à Voltaire.
Il répond à sa lettre du 13 janvier pour lui assurer qu'on ne cesse de pensera lui. et aux moyens de le payer.
Irchives Valionali s -
:iO janvier 1776) Voltaire au Conseil de Montbéliard.
A Ferney, 30e janvier 177C.
Messieurs.
Je reçois la lettre donl vous m'honorez du 2i janvier. Je vous suplie très instamment de faire considérer a Son Altesse Sérénissime que j'ai quatre-"ving( deux ans el que
je suis accablé de maladies. — Que lorsque je lui prêtai en dernier lieu quatre vingl mille francs , j'établissais une colonie qui exige des paiements journaliers. Que j'ai compté sur les paiements dont vous m'avez flatté. — Que je dois actuellement près de soixante mille francs à cette colonie. - Que je suis perdu sm> ressource dans ma vieillesse, si Monseigneur le Duc ne vienl pus à mon secours.
J'ajoute ;ï mes représentations que le S1 Rozé, votre receveur, me doit depuis un mois I L000 francs.
Je vous conjure, Messieurs, de me rendre justice, el de solliciter en ma faveur l'équité el la bonté de Monseigneur le Duc à qui je vous prie d'envoïer cotte lettre.
J'ai l'honneur d'être avec respect, Messieurs.
votre très humble et très obéissant
serviteur.
P. -S. — Je reçois dans ce momenl une lettre du Sr Rozé, laquelle m'annonce que je recevrai incessammenl les quatorze mille francs qu'il me doit des anciennes dettes.
[Collection Kossel).
{Signée).
(13 mars 177(1 1
Le Conseil à Voltaire
(Nouvel atermoiement, cette fois sous prétexte de voyages ou d'absences de s. A. S. |
Monsieur.
Xmis aurions déjà eu l'honneur de répondre à la lettre que vous ave/ bien voulu nous écrire le 19 février dernier ('), si nous avions reçu la réponse de S. A. S. sur les arrangements à prendre pour vous satisfaire de ce qui est du pour le prêt fait en 1773. par la recette générale
(1) Cette lîttre n'est pas encore retrouvée.
do ce pays.... Mais, comme notre Sérén. maître esl encore en voyage,
i-t c|iii' probablement nous n aurons pas sitôt ses mitres relati\ enienl a ce qui vous concerne, nous vous prions. \l . de patienter jusqu'au retour de S. A. S dans ses Etal- — A moins que nous soyions plutôt à même de vous taire pari des mesures qui auront été prises pour votre remboursement. Votre procédé obligeant, et vos attentions pour ce Prince, nous autorisent à compter sur cette nouvelle complaisance de voire part.... Nous sommes avec la considération la plus distinguée..
Signé : De Goll, De Sponeck.
[Archices Nationales).
16 mars 1776) Voltaire au Duc Cliarles-Eogène
A Ferney, 16 mars I77(i.
Monseigneur,
Dans le triste étal où je me trouve, j'ose me flatter que votre Altesse Sérénissime, agréera la copie de la lettre que j'écris a la Régence de Montbelliard, et qu'elle daignera honorer de son approbation les propositions que je fais. J'attends toul de vôtre justice el de vôtre bonté. Je suis avec le plus profond respect, Monseigneur,
De votre Altesse Sérénissime, Le très humble el très obéissanl serviteur,
'Signée). VOLTAIRE.
< \ppartient « il. Albert Roua .
(16 mars 177b
Voltaire au Conseil de Montbéllard.
A Ferney, 16e mars 1 77<i.
Messieurs, Aïanl eu le bonheur, ou le malheur, de fonder une co lonie, i|tti l'ail un assez grand commerce : aïanl été obligé de bâtir pour les artistes beaucoup de maisons el de ma-
— lis —
gazins; étanl pressé par les architectes à qui je dois plus do quatre-vingl mille livres; ei me voïant menacé, à l'âge de près de quatre-vingl trois ans, de mourir sans avoir païé mes dettes, je n'ai d'espérance que dans la justice et dans la magnanimité de Son Altesse Sérénissime Monseigneur le Duc de Virtemberg.
Il in r (lc\ ra au 1 ' juin quatre-vingl mille cinq cenl livres. ,lc demande qu'il veuille bien nie taire fournir des lettres de change en quatre termes, soil -m- Strasbourg, soit sur telle autre ville qu'il lui plaira. — Mes créanciers consentent a ne recevoir leur paiement que de trois mois en trois mois.
Ainsi vous aurez, Messieurs, quinze mois entiers pour effectuer ce paiement, qui sera de vingt-un mille cinq cenl trente el uni' livré 5 s. par quartier, à commencer du Ier juin prochain.
Je me flatte que cel arrangement sera agréable à Monseigneur le Duc a qui j'ai autant d'envie de plaire, que j'en ai de païer mes dettes. Je lui envoie la copie de cette lettre
J'ai l'honneur d'être respectueusement, Messieurs,
Votre 1res humble et
lies obéissant serviteur, Voltaire.
Signée). Collection Rossel .
Cette lettre croisa avec celle du Conseil qui la précède. Et voici la réponse de Voltaire).
C22 mars 1776)
Voltaire an Couseil de Montbéllard.
22" mars 1776.
Messieurs,
Puisque Monseigneur le Due de Virtemberg est à Paris,
je vous prie 1res instauimeiil de lui envoler sur le champ
— II!)
la lettre que je lui ai écrite pour mon paiement. — La
chose esl très sérieuse. Je me vois écrasé, >i au vingt et
un juin je ne reçois pas les vingt el un mille livres que je
demande; et je ne réponds pas de ce que feront mes
créanciers. — Il sérail bien cruel el bien injuste qu'à mon
âge. un prince souverain me retint le fonds et les intérêts,
d'un argent que je lui ai prêté avec tant île confiance; et
S. A. S. en est incapable.
(l'es! avec une douleur extrême que j'ai l'honneur d'être,
Votre très humble el
1res obéissant serviteur.