IN
gentilhomme ordinaire de Sa Majesté? Très Chrétienne el chambellan de Sa Majesté prussienne, la somme de quatre mille drnx cents écus d'Empire, ou celle de quinze mille si-| il cenl cinquante livres argent de Franco annuellement el pendanl la vie de mondil sieur de Voltaire en qualrc payements égaux, doul le premier quartier esl déjà échu dès le 30 décembre dernier, ordonnanl de |ilns sadite Altesse sérénissime de payer après le décès de mondit sieur de Vol taire à sa nièce M"' Mignot, veuve du sieur Denis, quand il vivail commissaire îles guerres, la somme de deux mille écus d'Empire ou celle de sepl mille cinq cents livres de France, aussi annuellemenl el pendanl sa vie en quatre payements égaux, bien entendu néanmoins, que le cas du décès arrivant, soil de M. de Voltaire, soil de M" Mignot, sa nièce, il ne sera |iayc; de la pension de I un nu de l'autre que la rate du quartier commencé : le conseil enjoint en conséquence au receveur général balance de satisfaire régulièremenl auxdits payements, conformémenl aux intentions de Son Vitesse sérénissime exprimées ci dessus. Pour cet elTel il se pourvoira à temps de lettres de change pour Berlin, el incessanienl pour le premier quartier déjà échu Ie30décembre dernier, formant la somme de mille cinquante cens d'Empire, ou celle de trois mille neuf cenl trente sept livres dix sols aryent de France et prendra les arrangements nécessaires pour que les payements suivants soient
exacte ni acquittés contre la quittance de M. de Voltaire.
Et comme ces pensions viagères, tant de M. de Voltaire que de la dame sa nièce, doivent cesser entièrement par leurs décès, ledit receveur balance se procurera, pour éviter huiles surprises, des certificats en bonne due forme de la vie de l'un el ensuite de l'autre : île quoi il el aura soin de prévenir mondil sieur de Voltaire, en le pliant de les lui envoyer à l'échéance de chaque pavement. Mais connue il esl incertain si ledit receveur général pourra trouver dans cette ville des lettres de change pour Berlin, il en écrira au receveur Flachsland à Richevier, lequel s'adressera à ce sujel à quelque négociant de Strasbourg, le remboursera des payements dont il l'aura chargé pour Berlin et les mettra ensuite en compte à la recette générale de Montbéliard; celle-ci en fera autant à la Cammerschreiberey de Stoutgard à compte et en déduction des vingt-huil mille florins que Son Altesse sérénissime s est réservés des revenus des terres cidevaul séquestrées, en y ajoutant l'agio, les provisions, le change el les (aux frais à faire pour benvoi el payement desdites sommes. Fait en conseil le 1 1 janvier 17.'i:S.
Signé: H. n. Gemmingen .1. .1. Gbopp.
i rchives Col wur .
:il janvier 17">^
Reçu par Charles de Wartemberg.
Pour 39,000 « risdalers » en espèces, pour lesquels on constituera à M. de Voltaire, une rente. — Voltaire était à ce moment à Berlin. suivant une :
Iic/iiivs Nationales .
(13 lévrier 1753 Lettre de Flaehsland à (•eniinhigen.
Les paiements étaient faits par l'intermédiaire de Vf. de Turkheim,
banquier à Strasl rg: Jean de Turkheim, (voir si M. Adrien de Tur-
ckeim ae possède pas île documents relatifs à cette alîaii e
'Archives Xationales .
I mars l"ô:!i Kescripi de Charles Eugène en allemand)
Confirmant à Voltaire le paiement d'une somme de 3,300 risdallers
en i quartiers. Cela faisait par quartier 3,937 I. 10 s . suivant la lettre de Jean de Turkheim. en date du 26 mai 17,'i:i. annonçant à Flaehsland de lii'|ue\\ ilir. que la s ne est à sa disposition A Strasbourg
Achires Xationalest
(7 octobre 1753)
Lettre de Gemmiogen à Flaehsland.
Difficultés soulevées par le change des risdallers > . A celte date,
Voltaire accepte à :S I. 15 s. . se réservanl de corriger pour l'avenir. Il
demandai! auparavant 'i I.. suivant une :
Irchives Satiunales .
( 1 V Septembre 1753).
Lettre de lieiuiningen à Flaehsland.
Montbéliard, le il Septembre 1753.
Je serai charmé d'apprendre qu'on ail pu s'arranger avec M.
de Voltaire pour le prix de 1 écu d'Allemagne à raison de 3 I. 15 s. Il a
écril M. de Hardcnberg à ce sujel Pi il insiste i|ii on lui paye I I. par Riksdaler. Comme je l'ai mis au (ail de celle petile difficulté je ne doule point qu'il ne lui dérive dans un goût a se tranquiliser el qu il acquiesce an prix qu'on lui a offert. Je vous prie de me donner part de
la suite de relie affaire"
Archives Calmar .
(9 octobre 1753).
(•eminingeii à Flachsland.
A Montbéliard, le 9 octobre 1753.
Monsieur.
On m'avertit hier malin que M de Voltaire s'était rendu à Col ma r dans l'intention de plaider contre Sou Altesse sérénissime Monseigneur le duc à raison de certaines sommes qu'on lui retenait et qui lui sont dues par une convention faite avec sadite Altesse sérénissime. En arrivant chez moi j'ai trouvé votre lettre du 7 de ce mois qui m'apprend le contraire; j'y ai vu avec plaisir que M. de Voltaire s'est déterminé à accepter les sommes échues à raison de 3 1. 15 s. le Risdabter et que \l. île Turckheim se Maltail même île le disposer à recevoir sur le
même pied les paye nis qu'on lui devra faire par la suite. J'espère
que M. de Turckhein négligera rien pour faire revenir M. de
Voltaire de l'idée nu il esl de ne recevoir son payemenl qu'en valeur
déçus de Brandel rg. Si absolument il ne veut pas se relâcher sur
cet article, il faut bien passer par la. Son Altesse sérénissime m'a autorisé à lui faire faire ses payements sur ce pied par une lettre du 18 avril de cette année et j'ai donné l'ordre en conséquence au receveur généra] Lalance le 16' mai suivant : il vous en aura fail part. Cela ne doit pourtant pas vous empêcher d'en venir soit par vous même soit par M. de Turckheim à une nouvelle et dernière tentative pour le disposer à accepter les payements à raison de ;i 1. 15 s. l'écu d'Allemagne, la différence fail un objet assez considérable pour la caisse. Il convient au reste d'avoir de lionnes façons avec lui et de lui faire comprendre que le cours du Risdahler était tel qu'on le lui avait proposé. Enfin vous ferez le tout de votre mieux et vous tâcherez de finir avec lui d'une manière ou d'une autre en évitant soigneusement tout ce qui pourrait engager M. de Voltaire à nous susciter à ce sujet une difficulté.
Votre liés humide el très obéissant serviteur R. de Gemmingen.
à relu en Col m or .
18 octobre 1753) Reçu de Voltaire De 1,187 I. 10 s. i'l de 15,750 1. pour deux renies viagères crimes le dernier septembre 1783, en billets de M. Jean de Turckheim.
Fait à Munster.
(28 Janvier 1754.) Voltaire à Geiiimingen. (Extrait. I Monsieur, fie Soufïrés, M', que je prenne cette occasion pour vous parler d'une petite formalité ausujel de la rente de 7500 R. que j'ai sut- siui A. Mgr. If Duc de W. .le suis convenu avec If S' Flachsland, receveur de vos domaines en Alsace, qu'il ne me payerai! que sur mes quitances accompagnées d'une If lire de moj . Il esl bien sûr que des If lires de ma main sonl des certificats de vie plus authentiques que des témoignages étrangers d'un notaire inconnu. Il seroil très-gênant pour moi même el très préjudiciable d'être obligé de me présenter lotis les trois mois à des notaires. Je vous suplie, M1, très-instamment, d'entrer dans ma situation, .le peux vivre dans une campagne, éloigné des notaires fi des juges et très-aise de leur flic inconnu. Cette formalité d'un certificat de vie n'est admise dans aucun (If nos tribunaux : elle ne se pratique qu'à l'hôtel de ville df Paris, à cause de la grande quantité d'étrangers et d'inconnus qui ont des rentes viagères sur ce fond publique. Mon contrai avec S. A. S. ne porte point cette formalité; je ne peux certainement exiger le paiement de ma rente viagère après ma mort. Enfin, M1, je vous aurai une 1res grande obligation, si vous voulés bien avoir la bonté <\i' me délivrer de cet embaras el écrire au S1 Flachsland qu'il continue à me payer sur mes lettres et quitances, il n'aura pas longtems cette peine etc.
I niurrs ColniilT .
(6 Février 1734).
Oemmlngeii à Klaohsland.
Montbéliard, 6 février 1754.
... « Il est inutile de demander à mondit sieur de Voltaire un certificat de vie tant qu'il restera dans votre voisinage, puisque vous lui ferez toujours vous-même 1rs payements <lunl vous êtes chargé. Comme c'est un bomme un peu difficile, à ce qu'on dit, vous aurez soin d'observer envers lui tous les ménagements convenables et les égards qui lui sont dus ; par conséquent lâche/, de l'entretenir toujours dans
de bonnes dispositions ». . . .
i rchives Colmar .
(19 mars 1 754).
Gemmingen a Flachsland.
Montbéliard, le lô mars 1754.
Monsieur,
Son Altesse sérénissime ayant foui récemment jugé à propos par un rescrit dû 26 février dernier d'exempter M. de Voltaire de la formalité de fournir des certificats de vie à chaque échéance de sa rente viagère,
je lui eu donne avis par cet ordinaire Nous vous contenterez donc ci-après des quittances qu'il mois enverra écrites et signées de sa main, auxquelles vous aurez soin de faire honneur. La précaution des certificats de \u- parait en effet d'autant moins essentielle vis-à-vis de M. île Voltaire, que sa mort sitôt qu'elle arrivera deviendra publique el ne lardera pas a vous être connue. J'ai l'honneur d'être parfaitement. Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.
A M. Flachsland li . d. Gemmingen.
Archive* Colmar .
17 mars I7.M
Voltaire à K. D. Gemmingen.
A Colmar, 17 mars 1754.
Monsieur,
Je ne puis trop vous remercier de vos soins obligeants, el je suis pénétré de reconnaissance pour les bontés du sérénissime Duc voire maître. Il ne me reste d'autre re-
grel que celui de n'avoir pu faire un établissemenl dans la Franche-Comté auprès de Montbelliard, comme je l'espérais, .l'aurais été |>l u> à portée de vous marquer la sensibilité que vos bontés m'inspirent. Je n'ai pas manqué de remercier Monsieur le Baron d'Hardemberg. Je vous supplie, Monsieur, de vouloir bien quand vous lui écrirez, l'assurer de mes respectueux sentiments, et d'être bien persuadé de ceux avec lesquels j'ai l'honneur d'être,
Monsieur,
Votre très humble et très obéissant serviteur, Voltaire.
Signée). Collection Rossel .
s mai 1754J Voltaire à Geuimingen.
A Colmar, 8 may 1754.
Monsieur, Permettez-moi de vous présenter le second lome des annales de l'Empire. Il esl du moins un peu pluscorrecl que le premier, dont 1rs premières feuilles qu'on tira, sunl malheureusement pleines de fautes. J'espère avoir l'honneur de vous fii offrir bientôt une édition meilleure, .le prends la liberté, Monsieur, de vous adresser ce paquet pour Monsieur d'Hardemberg; j'espère que vous me le pardonnerez; j'ai crû ne pouvoir trouver une voie plus sûre et plus agréable. Recevez encor une fois, Monsieur, mes remerclments des facilités que vous avez bien voulu me procurer dans ma petite correspondance avec le Receveur de Riquevir.
J'ai l'honneur d'être avec tous les sentiments que je vous dois.
Monsieur.
Votre très humble ri
très obéissant serviteur,
(Signée . ' otleclion Rossel
(24 Octobre 1754).
Geminingen à Flachsland.
Montbéliard, 24 Octobre 1754.
« Je me tlatte que vous vous donnerez Ions les soins possibles
de rembourser à M. le banquier de Turckheim les 7031 I. 5 s. qu'il vous a avancées pour payer M. de Voltaire et que vous lâcherez de satisfaire avec la dernière exactitude ce créancier peu complaisanl s;i us que vous ayez besoin de vous procurer par emprunt les fonds
dont vous aurez besoin pour le contenter »
1 1 chices Calmar .
19 \n\ embre I7.">4i.
Tureklielm à Flachsland.
Strasbourg, 19 Novembre 1754.
h J'ai eu avis dudil sieur de Voltaire par sa lettre du 10 de ce
mois iâ recherche] chez les Turckheim) qu'il vous avait commis de me payer pour lui au bout de chaque quartier ce qui lui compétail de sa rente .... Comme M. de Voltaire lire sur moi, et à l'impromptu à
mesure de l'emploi qu'il [ail de son argent, je suis bien aise de me \ oir en ordre de deux côtés .......
iniiii'is Colmur .
(9 décembre 1754, Voltaire à Flachsland.
A Monsieur Monsieur Flaxland, régisseur de Riquevir et el de Horbourg, à Riquevir.
.1 ;i\ reçu votre lettre, mon cher monsieur, el je craignais que vous u'eussiez pas reçu les miennes. Je vous remercie de la bonté que vous avez de me payer par Mr Turkeim le quartier échu le Ie' octobre. Vous me rendrez par là le plus grand service. J'avais prévenu vus vues en vous proposanl de me payer dorénavant de six mois en six mois. Je suis charmé que celle facilité vous convienne. Vous prendrez d'ailleurs dorénavanl tout tes les mesures qu'il vous plaira, soit avec M' Turkeim, soit avec M1
Tronchin, mon banquier à Lyon, qui esl mon amy el parfaitteraenl honnête home Je m en remets entièremenl ;i votre volonté et ;i votre amitié, étanl de tout mon cœur, monsieur, votre très-humble el obéissanl serviteur.
A Lyon !» décembre 1754.
irc/tii es Colmav .
(18 mars et 15 mai 1755)
Turcktaeim à Flachsland.
Strasbourg, 18 mars el 15 mai 1755.
Deux noies adressées par Jean de Turkeim à Flachsland, pour deux quartiers de pensions alloués à M. de Voltaire.
i rchivex Nationales).
18 mai 1855
K. D. (iemiuingeu à Jt-anmaire
Mailie des eaux et forêts à Riquewihr, lui prescrivant de faire son possible pour rembourser Turchkeim des sommes ci dessus.
Ceci prouverait que Charles Eugène avait emprunté à Turklieim pour payer Voltaire, ne pouvant le faire autrement.
'l'ouïes les pièces qui suivent, dans la liasse des Archives, sont ii passer, concernanl surtout Riquewihr, el oon pas Monl béliard.
Irchives Nationales
(-'7 septembre 1755) fiemmingeii a la Régence de Montbéliard.
Prescrivant qu'on fassse paîer, sur les revenus de la Forge d'Au dincourt, les intérêts de 6 moi;-. « dus au Canton de Berne » (autre créancier de Charles Eugène probablement). Ensuite il ordonne de faire payer à M. de Turkheim 1rs avances faites par loi à Voltaire,
Horbourg el Riquewihr ne pouvant solide à les payer, de I aveu de
leur receveur Jeanmaire • .
ivehires Sation<
C'4 février lT.'iti)
Jeanniaire à Treitlinger (Strasbourg1).
De Riquewihr . au Conseil à Montbéliard, pour lui demander de
payer 14,062 1. 10 s., moitié de la renie de Voltaire II n'a pu le faire.
à cause de la mévente des grains.
■ icltircs Nationales).
(3 avril 1756J Jeanmairc à Treitlinger. Monsieur, Je viens de recevoir une lettre forl pressante de M. de Voltaire, par laquelle il me fait entendre qu'il risque de mourir de faim, si on ne lui paie pas le moulant de sa renie échue aul" de ce mois. S'il disait vrai, peut-être pourrait on trouver moyen de dilTcrcr encore
ce paiement. « niais c nie il n'y a pas à s'y lier, el qu'il faut plutôt
craindre qu'il ne nous fasse de i vaises difficultés... j'ai ordre de...
irchives Nationales .
(2 mai 1756) Jcanmaire a Treitlinger.
Il va faire un nouvel emprunt pour payer Voltaire, et partira pour
Strasbourg avec la sonii |ue M. de Turckheim lui a avancée à cel
eflet.
(.1 rchives Sationales).
(21 mai 1756)
Conseil de Montbéliard à Treitlinger.
Par post-scriptum.
Réponse du 21 May 1756.
Nous aurions plutôt répondu a l'honneur de vôtre Lettre du 8 May. Si les objets qu'elle renferme eussent exigé quelque célérité.
Nous sommes bien aise d'apprendre que le S' Receveur Jeau Maire ail acquitté la moitié de la somme avancée par M. de Turckheim pour le paiement de M. de Voltaire.
(>n a renvoyé au S1 Bracconol les faits el articles sur lesquels la veuve el le tuteur des enfans du Receveur Flachland doivent être interrogés.
On mandera au Procureur liscal de Richevihr de poursuivre l'instance contre le Minisire Millier au suiel de la Collecte,
Nous souhaitons que la permission que vous avez demandée à N.A. S. de vous absenter vous arrive dans peu cl que la cure que vous vous propose/, de taire contribue au rétablissement de votre Saute. S il se présente quelque chose de pressant on ne manquera pas de vous en informer.
.Vous sommes Signé L). N. Kosski.
F. C. BOUTHENOI
Irchives Xationatts .
(6 septembre 1756 Jeanmaire au Conseil de Montbéiiard.
Il expose qu'il va (aire un nouvel emprunt (pour payer le quartier de rente de Voltaire), chez M. de Turckbeim à Strasbourg.
Archives nationales).
ili Septembre 1756 Conseil de Montbéiiard à Jean maire
L'exhortant à ne pas en arriver là :
i In ordonne au remontrant de tâcher d'engager par une lettre polie ledit sieur de Voltaire à se contenter d un à compte de huit mille livres sous promesse de lui faire toucher le restant au plus tôt possible et dans le temps qu'il croira que sa caisse pourra le fournir ».-.... Kn la chambre des finances, le -l septembre 1756.
de Fabkii. E. n. Franckknbeuu.
Archives Calmar .
28 septembre 1756 Voltaire à Jeanmaire (Lematre).
\ Monsieur Monsieur Lemaire, receveur des domaines de Mgr. le dur de Yirternberg à Colmar.
Aux délices, route de Lyon à Genève, ^s septembre 1 7'iii.
En conséquence de mes conventions, Monsieur, je vous instruis ions les six mois que je suis en vie, el je compte que vous avez bien voulu vous arranger pour me faire loucher ma rente par .M1 Turkeim. Je vous serai très-
obligé de votre attention, étant parfaitement, monsieur, votre très-humble et très-obéissanl serviteur.
Voltaire, gentilhomme ord' < i li roy.
I rchives Culmar .
C'est la lettre certilicat demandé le 6 février 1754,
l'.l Octobre 1756).
Voltaire à Jeanmalre.
Aux délices, 9 octobre.
En réponse à votre lettre, Monsieur je vous donne avis que M' Turckeim m'a déjà promis une lettre de change de l^i.'iO" sur l'argenl que vous nie devés. Vous m'obligerés beaucoup de faciliter celle partie t\i\ payement déjà promise el sur laquelle j'ai compté, tille excède peu celle que vous m'offres, .le vous serai très oblige de vouloir bien vous arranger pour celle petite affaire. La Rente que j'ai sur Riquevier l'ail la plus grande partie de ma subsistance, ci il faudrait que je rompisse ma maison, si je n'étais pas pavé. Je me flatte que vous voudrés bien entrer dans ma situation, .le me suis réduit à n'être paye que tous les six mois, je voudrois vous donner encore plus de facilité, tachés de votre cote de remplir vos Engagemens autant que vous h' pouvés, et soyés persuadé delà reconnaissance avec laquelle je serai toujours.
Signé Voltaire.
Au Receveur Jean Maire, à Riquevier Reçu le 21)8^6 1756.
I rc/iii'cs \<ii>i>ntil<,*l.
(27 Octobre 1756).
Voltaire à .leanmairc.
A Monsieur Jean le Maire, receveur des domaines de
S.A. S. Mgr. le duc de \ irleni lier»- par Colmar a Riquewyr,
Aux délices, près de Genève, 11 octobre I7.">7. •le ne peux vivre sans ma renie, monsieur, el il esl
stipulé par mon contrat"! avec S. A. s. que je serai payé exactemenl tous les trois mois. C'esl presque le seul bien qui me reste dans ma vieillesse. Je me suis acordé ;ï n'être payé que de six mois en six mois pour vous donner plus de facilité. Les trouppes qui sonl en Alsace . favorisent sans doute la vente de vos denrées. Enfin, monsieur, j'ay lieu d'attendre qui' vous entrerez dans ma situation. C'esl me priver des aliments que de différer le payement de mon bien. Si vous avez besoin d'ordres pour me rendra la justice que je demande, dites-moy, je vous prie, a qui je dois m'adresser? Que je sache au moins, monsieur, quand vous comptez me payer, je prendrai de concerl avec vous les arrangements convenables; mais songez, je vous prie, à la nécessite où je suis, el à la justice que j'attends de vous.
Je suis de toul mou cœur, monsieur, votre très-humble el très-obéissant serviteur.
lrchir.es Xalionales \.
Nota. -- Le dossier des archives de l'aii-- s'interrompt ici, pour ne se rouvrir qu'en juillet 1764, par des lettres de Dupont de Colmar, avocat de Voltaire. — Pourquoi cela ? Probablement parce que, dans la période 1736-1764, les renies de Voltaire lui furent payées par Montbéliard avec plus d'exactitude qu'aupavant el que par la suite). La Collection Rossel reprend en 17(17.
I rchives Nationales^.
(30 Octobre 17:16).
.Teaiimaire an Conseil de Montbéliard.
Ayant rendu sis grains, il a pu rembourser une partie de la dette de Turckbeim. Pour achever le paiement de la rente de Voltaire, il propose de vendre une partie tic la récolti» des vins de 1753 et 1755, bien qui' ce soit prématuré.
i rchiees Sationales .
1 15 mars 1757) Voltaire a Jeanmalre (.1. Maire).
A Monsieur Monsieur J. Maire, receveur de S. A. S1" Mg. le duc de Virtemberg à Colmar.
A Monrion, près de Lausanne, 15 mars I7.">7.
Selon l'usage établi entre nous, je vous avertis toujours vers l'échéance des quartiers de ma rente sur s. A. Sr Mg. le duc de Virtemberg, et je vous réitère que la subsistance de ma maison dépend de colle rente. Vous m'obligerez sensiblemenl de me faire payer au \" avril de six mois échus; prenez la voie qui vous sein la plus commode, soi i par les lettres de change de M. Turkeim, soi l en rrt'envoyanl des espèces à Lausanne. J'entrerai dans toutes les vues que nous aurez, et je me ferai un vrai plaisir de vous témoigner ma reconnaissance, étanl bien véritablement, monsieur, votre très-humble et Irès-obéissanl serviteur.
Voltaire, gentilhomme ord' du roy.
I rchicti Colmar ,
(20 avril 1757) Vollsire à Jeamnaire.
A Monsieur Monsieur Jean Maire, receveur de S. A. S. Mg. le due de Virtemberg à Colmar.
Aux Délices, ÎO avril I7.">7.
Vous n'ignore/, pas, monsieur, que l'intention de son Altesse Sérénissime est que je sois exactement payé de la renie qu'il me doit. Ma convention est que je louche ma renie de trois en dois mois. Je veux bien consentir pour voire facilité à o'être paye par an qu'en deux termes. Je vous prie encor de ne point faire attendre un argent
absélumenl nécessaire sans lequel je ne peux subsister. Le payemenl d'une rente viagère ne soufre point de retardement ; j'attends les etlets de votre équité et de votre exactitude, étanl entièrement, monsieur, votre trèshumble el très-obéissanl serviteur.
gentilhomn ni du roy.
Arehires Colmar .
(20 mais 1759) Voltaire à Tnickbelm [Lettre renvoyée à JeanmaireX
On a recours ;i ses amis dans l'occasion, monsieur; pou vos vous m'empêcher d'abandonner une pauvre petite maison que je tais bâtir? Mes ouvriers me ruinent, il leur fan I de l'argent tous les jours, el je n'en aj point. Vous serait-il difficile de me faire avoir une lettre de change de quatorze mille soixante el deux livres? C'est, je crois, mon compte au I ' avril, ou voulés-vous permettre que j'en tire une sur vous, j'en ay un besoing un peu pressant ; je suis une terre aride qu'il faul arroser Ions les mois, mais cette fois-cy je meurs de sécheresse : je me recommande à vos bontés el je vous embrasse de tout mon cœur.
I rchives Colmar .
Note. — Intervention de Dupont. — Voltaire entra en relations avec Dupont dès 1753 pour la rédaction des Annales de l'Empire. Celui-ci prit ses intérêts avec une grande habileté, et Voltaire en récompense, lui promit de le faire nommer avocat du Duc de Wurtemberg, par l'intermédiaire du Comte dé Montmartin.
En ITli'k Charles Eugène, abandonnant ses Etats de Montbéiard, Horbourg et Riquewihr, tous les paiements se taisaient avec une déplorable irrégularité. Voltaire n'en envoyait pas moins des lettres prouvant sa « vitalité ». Il chargea Dupont de prendre ses lieux et place pour ses réclamations.
(Juillet Août 1764).
Dupont à 1» Régence.
J't jnillii. 29 juillii. il août, l 'i aoùl : Quatre lettres de Dupont à la Régence de Montbëliard, réclamant les arriérés de Voltaire.
i rchires Xatinnales .
Dupont envoie les deux actes suivants, constatant les licites île Charles Eugène :
lu Octobre 1764 Contracl «le reconnaissance de dette de 200 000 Livres tournois
Constituant ;i Voltaire une rente viagère à 1- . valant 2V.000 L. au cours du jour, à paîer à partir du I*' octobre courant. Après son décès, rentes \ iagères aux taux de 8 à la personne suivante :
A la Dame \fignot-Denis, veuve du S Denis, ci-devant officier dans le régiment de Champagne et commissaire des guerres en France.
C'était la nièce de Voltaire). Elle étail probablement la sœur de l'abbé Mignot, donl il s'agit dans la pièce suivante.
In hit es Xalionales .
28 Octobre 1764
Contracl de reconnaissance de dette de so.ooo Livres tournois.
D'autre part : En rente viagère h Voltaire, 10.000 Livres. El après sa mort, 6. 000 livres ;i ses neveux et nièrps. en renies viagères de la façon suivante :
1 \ la Dame de Florian, épouse de M. de Plorian, Capitaine de cavalerie 2.000 L.
2 A 1/ de. Fontaine d'Hornoy, Conseiller an Parlement de Paris 2.000 L.
:> A .1/ l'abbé Mignot . pour I instant Conseiller au Grand Conseil 2.000 L.
Ceci sans préjudice des rentes stipulées au contracl du lOoctobre, lequel acte résumait les créances de Voltaire, évaluées à cette époque, isauf celles de la pièce B . à 200.000 Livres
Ces contracts furent faits sur hypothèques «de Ions les biens
meubles et im ubles de S. A. S. et spécialement ses seigneuries
■ et domaines de Montbëliard, Franche-Comté et Alsace
A cette époque et pour •< amadouer u Voltaire, le Duc lui offrit le château de Moutbéliard comme demeure.
13 Novembre 176i .
Voltaire à Dupont.
Ferney, 13 Novembre 1764.
» M1 le duc de Wurtemberg a lu bonté de m'accorder le château de Moritbéliard : je pourrais y aller passer les hivers avec loul nion train : mais j'ai bien peur de trouver des neiges partout. Je voudrais savoir ce que c'est que (■<■ Montbéliard ; \mb savez combien il me plairait, puisqu'il n'esl pas loin de Colmar. Vous pouvez aisémenl vous informer de toul Ge qui concerne cette habitation : M. Jean Maire pourrail vous dire >'il n'y a poinl quelque autre demeure dans le voisinage, où je serais commodément ; il me Eaul bien peu de chose pour moi. mais il en faut beaucoup pour toul ce qui m'entoure. .Te suis honteux de ne pouvoir marcher qu'avec vingt-cinq ou trente personnes. .!•• | m i > faciliter ino lran>niif,ralions par une nouvelle négociation entamée avec M. le duc de Wurtemberg : elle consommera dans les premiers jours de janvier au plus lard, el nous pourrons faire ce nouveau contrai dans peti de temps, comme nous avons t'ait le premier ; je trouve ces emplacements 1res convenables el très-sûrs. Tachez de savoir de M. Jean Maire s'il loge quelqu'un dans le château de Montbelliard, et si je l'aurais loul entier
a ma disposition ».
[Correspondance générale .
(20 Novembre 1764).
Voltaire à Dupont.
Ferney, 20 Novembre 1 764.
» || rne semble que quelques publicistes allemands
prétendenl que toutes les terres dépendantes du comté de Montbéliard sonl substituées à perpétuité par des pactes de Famille. Si cela était, comme je le présume, ma famille risquerait beaucoup. Ma nièce, surtout, aurait à se plaindre; et il se trouverait que je l'aurais dépouillée de mon bien, en voulant le lui assurer, .le s;iis que M. le duc de Wurtemberg s'oblige pour lui et ses hoirs; mais ses boirs pourront fort bien ne se point croire obligés. .M. le Prince Louis-Eugène de Virtemberg, frère du Dm- régnant, semble même refuser de s'engager par une simple parole d'bonnêteté ci de générosité qu'on lui demandait.
[Correspondance générale)
Ne pouvant avoir la certitude des renies promises . Voltaire cherchait de Ions côtés des garanties. 11 demanda à être remboursé de ses créances en prenant en paiement le château de Montbéliard. La cour de Stuttgart refusa . suivant la lettre suivante :
Voltaire a Dupont (20 avril 1765)
A Ferney, 20 avril 1765.
J'ai attendu, mou cber ami, pour vous répondre, qu'on m'eût écrit de Stuttgard. On ne veut point vendre. On est comme des assiégés manquant de vivres, qui font accroire aux assiégeants qu'ils l'ont bonne chère.
(Corresp mdavee générale).
Voltaire en ITti.'i 17(i(i. s'occupa de trouver de l'argent pour le Duc. à Genève el à Lyon. Il offrit au banquier Beaumont- Jacob. (Y. sa lettre du .'fl déc. I7ti.il. de la part de Jean maire, I ± pour cent par mois, pour les sommes qu'il avancerait. Mais tous les banquiers refusèrent de s'avancer pour le Dur. dont le crédit était lini. ( Voir ici l'affaire SahUr, à la fin).
2s novembre 1766.) Voltaire an Conseil.
js novembre 1766 au château de Ferney.
Etant obligé de vous écrire, el ne sachant pas vos noms ri vos titres, je me Batte que vous me pardonnerez la liberté que je prends, el que vous ne me saurez nul mal gré si je manque a des formalités que je ne puis connaître, lesquelles d'ailleurs ne dérogenl en rien aux respectueuses remontrances que je suis dans la nécessité de vous faire.
M. Jeanmaire, receveur de Montbelliard vint chez moi deux l'ois, il va plus d'un an de la pari île M. le comte de Montmartin, pour m'emprunter de l'argenl au nom de Monseigneur le duc de Wirtemberg : je ne balançai pas un moment : je connaissais trop quelle esl la générosité et la grandeur d'àme de s. A. s : je prêtai tout mon bien eu rentes viagères sur ma tête ci sur celle- île me- neveux el nièces, en gardanl la proportion de nos âges. J'avais alors soixante-douze ans : je suis dans un étal qui ne me permet pa- de me passer des secours que cette renie viagère doit me procurer, et vous savez. Messieurs, combien a mon âge une pareille rente e.-t sacrée. Elle sera bientôt éteinte: mai- S. A. S. m'a promis par un contrael que je serais paye exactement. M. Jeanmaire me doil plus de trente mille livres sur une année révolue : je lui ai écril plusieurs loi- : il n'a pas daigné me répondre encore. Mes rentes sont hipotéquées sur les terres que s. A. s. possède eu Alzace el en Franche-Comté, el le- contracta sont homologués au conseil souverain d'Alzace el au parlement de Besançon.
Os conventions n'ont rien de commun avec les affaires du duché de XI rleml.ter.ii : h'- domaines en Alzace cl eu Franche-Comté valent le double île nie- hipotèques ; ainsi il n'y a nulle excuse [mur M. Jeanmaire. J'ai arrête jus-
qu'ici le juste ressentiment de mes neveux el de mes nièces, qui n'onl presque pour vivre que l'argenl qui doil m 'être paie par M. Jeanmaire tous les Irois mois.
Je vous prie. Messieurs, très instamment da vouloir bien donner des. ordres positifs à M. Jeanmaire d'acquitter les engagements qu'il a jui > au nom de Monseigneur le <luc son maître, engagements qu'il ne peul différer de remplir sous aucun prétexte. C'est une justice que j'attends de vous et que je vous conjure de ne pas me refuser. J'ai l'honneur d'être avec respect, Messieurs,
votre très humble et 1res obéissant serviteur, Voltaire, Comte de . gentilhomme ord. de la chambre du Roy.
! irinii's Stuttgart.}
(39 septembre 1767) Voltaire à Dupont
A Ferney, ^'.i septembre I7U7.
Il faul que je vous avoue, mon cher ami, que j'ai soixante et quatorze ans; que j'ai donné toul mon bien à M. le duc le Wurtemberg, qui ne me pave point. Il me doit une année entière; il doit beaucoup à M. Dietricb sur ses terres d'Alsace; je ne sais ce qu'il doit sur celles de Franche-Comté; mais je n'ai pas le temps d'attendre. Les dissensions de Genève m'ont attiré un régimenl entier en garnison dans nies terres. Donnez-moi. je vous prie, un procureur qui puisse saisir les terres d'Alsace; j'en chercherai un pour celles de Franche-Comté, sans quoi il faul que je demande l'aumône, moi el ma Famille. M. le Duc de Wurtemberg devrait savoir qu'il faul payer ses dettes avant de donner des fêtes. Je vous embrasse de tout mon cœur, et je me recommande à votre justice.
[Correspondance générale).
Dupont se mit en relation avec le S1 Pioche, président du Parlement de Besançon, pour faire prendre une saisie-arrêt sur
les revenus des lerres 3e Franche Comté. Cependant, Voltaire entra eu relations directes avec le Conseil de Régence à Montbéliard. — Ce sont toutes ses lettres, réunies en une Liasse
SPÉCIALE SUIVANT ANNOTATION PORTÉE AU DOS DE LA PIÈCE DU -'il OC- TOBRE 17(17 Archives') qi i ont été consekvées par G. D. Rossel